‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 79 sur 454 · ACTES APOCRYPHES DES APOTRES · texte numérisé non relu

ACTES APOCRYPHES DES APOTRES

Martyrium S. Matthæi in Ponto, publié pour la première fois par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p. 167-189. Il débute par une des plus gracieuses fictions de toute cette littérature: l'apparition devant saint Matthieu de l'enfant Jésus sous la figure d'un des samts Innocents, « qui chantent les psaumes dans le paradis. » On y ἃ relevé des traces de gnosticisme. D’après M. Lipsius, ces Acta auraient été composés au commencement du 117 siècle, op. cit., τι τι, 2, p. 121.— Les Bollandistes (le P. Stilting) ont publié le texte latin d'une légende éthiopienne de saint Matthieu, qui est une légende monophysite de beaucoup de valeur pour l'histoire du christianisme en Abyssinie, mais qui est indépendante de nos Acta gnostiques. Voir Acta sanctorum septembris, t. VI (1757), p. 220-9224.

VII. Acta S. Philippi. — Des quinze πράξεις où chapitres dont se composaient anciennement ces Acta, deux (la quinzième et la seconde) ont été publiées par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p. 75-104; huit (la première, et de la troisième à la neuvième) par M. l'abbé Batiffol dans les Analecta Bollandiana de 1890. M. Wright a donné la version syriaque de ces mêmes Acta grecs dans ses Apocryphal Acts of the Apostles, t. 11. Ici encore nous on affaire à une œuvre gnostique. D’après M. Lipsius, ἵ: Π, 2 2, p. 15, elle daterait du commencement ou de la première moitié du nie siècle. Mais, de plus, nous avons affaire à une légende en partie localisée à Hiérapolis (Phrygie), et dont les attaches archéologiques sont manifestes. Voyez Bulletin critique, t. x1, 1890, p. 478.

VIT. Acta S. Bartholomæi. — Nous en avons, sous le titre de Martyrium δ. Bartholomæi, une πρᾶξις; par le pseudo -Abdias, publiée en grec pour la première fois par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p. 243-260, en latin à peu près littéralement traduite dans les πες Acta sanctorum augusti, t.v (1741), p. 981-98. Ce qui nous reste là est tres FAR entaché de nestorianisme. D'après M. Lipsius, t. 11, 2, p. 71, ce Martyrium ne daterait que de la seconde moitié du ve siècle, ou de la première moitié du vi®; mais il dépendrait d'un récit purement juif, d'une date fort ancienne.

IX. Acta S. Burnabæ. — Un texte grec en ἃ été publié par le P. Papebroch, Bolland., Acta sanctorum junü, t. 11 (16098), p. 431-435, et réédité par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, p. 64-74. Ces Acta sont mis sous le nom de l’évangéliste saint Marc, comme les Acta S. Bartholomæi sont mis sous le nom de Craton, disciple des Apôtres, et ils sont un pastiche catholique des Actes canoniques des Apôtres. Cet apocryphe, sûrement antérieur à la fin du ve siecle, puisqu'il est oublié déjà de l'auteur grec de lInventio reliquiarum S. Barnabæ, lequel est de la fin du ve siècle ou du commencement du vi®, Bolland., ouvr. cit., p. 436-452; cet apocryphe, dis-je, serait, d'après M. Lipsius, fondé sur des Acta vraisemblablement gnostiques de la seconde moitié du Ie siècle au plus tôt.

X. Doctrina Addai. — ἘΠῚ représente ici tous les actes de Thaddée : c'est le récit de la mission de Thaddée (—Addai) et d'Aggée à Édesse. Elle ἃ été publiée en syriaque, qui est l'original, par Cureton, Ancient Syriac documents, Londres, 186%, et étudiée par M. Lipsius dans une monographie à part, Die edessenische Abgar - Sage, Brunswick, 1880, et tout récemment par M. l'abbé Tixea Les origines de l'Église d'Édesse, Paris, 1888. Voyez

l'article ABGAR de ce dictionnaire, et aussi Bulletin critique, 1889, p. 41-48. La Doctrina Addai est une œuvre catholique de la fin du re siècle ou du commencement du 1ve; mais elle ἃ eu pour source une légende écrite syriaque plus ancienne, connue de l'historien Eusèhe, remontant à la première moitié du 11e siècle, et que l'on est convenu de désigner sous le nom d’'Acta edessena. Des Acta Thaddæi grecs, datant de la première moitié du rve siècle, mais tributaires de la Doctrina Addai, ont été publiés pour la première fois par Tischendorf, Acta Apostolorum apocryphaœ, p. 261-265.

D'autres Actes ou légendes apostoliques ont été en circulation dans l’ancienne Église, mais on n’en a recueilli que des traces fort effacées : des Acta SS. Simonis et Judæ, des Acta S. Jacobi Zebedæi, des Acta S. Jacobi Alphæi, des Acta S. Mathiæ, dont il ne reste de vestige que dans la littérature copte. Signalons enfin des Acta S. Timothei, publiés en grec et étudiés par M. Usener, Acta S. Timothei, Bonn, 1877. Ils sont d'un intérêt tout à fait secondaire.

En résumé, nous avons : du 17 siècle, les Acta des saints Pierre et Paul, de saint Jean, de saint André, de sainte Thècle; du 11°, ceux de saint Thomas, de saint Matthieu, de saint Philippe, et ces Acta divers, à nous venus de milieux asiatiques ou phrygiens très pénétrés de gnosticisme et d’encratisme, nous sont un élément précieux pour l'histoire de la pensée chrétienne populaire à cette époque bien obscure de son développement. Cela soit dit de tout ce qu'il y ἃ de dogmatique et d'éthique dans cette littérature. Quant à tout ce qu'il y a d'historique, d’archéologique, et en un mot de tradition locale dans ces documents, on ne peut l'indiquer ici qu’in globo : l'analyse de ces éléments réels n’a pas été faite par M. Lipsius, et l’a été seulement pour une faible part par M. von Gutschmid, Die Künigsnamen in den apokryphen Apostelgeschichten, dans le Rheinisches Museum, 186#, p. 161-183, 380-401. Le travail reste à faire, et il suffit de mentionner quelques faits, je ne dis pas comme la venue de saint Pierre à Rome (les preuves en sont multiples et indépendantes tant du pseudo-Linus que du pseudo- Marcellus), mais comme le Domine quo vadis, la tradition des missions de saint Thomas dans l'Inde, etc., pour marquer l'intérêt d'une telle recherche.

En outre des publications mentionnées ci-dessus de Thilo, Tischendorf, Wright, Lipsius, Zahn, Usener, Bonnet, Batiffol, on consultera S. C. Malan, The conflicts of the holy Apostles, an apocryphal book of the eastern Church, translated from an Ethiopic manuscript, Londres, 1871; J. Guidi, Gli atti apocrifi degli Apostoli nei testi copti, arabi ed eliopici, dans le Giornale della società asiatica italiana, t. 11 (1888), p. 1-68; O. de Lemm, Koptische apokryphe Apostelacten, dans les Mélanges asiatiques, t. x (1890), de l'Académie des sciences de Saint- Pétersbourg ; un excellent exposé de vulgarisation dans G. Salmon, À historical introduction to the study of the books of the New Testament, 4° édit., 1889, ch. x1x : Apocryphal Acts of the Apostles, p. 352-386.

P. BATIFFOL.

ACTON Radulphe, prêtre anglais, qui écrivait vers l'an 1320, ἃ laissé des commentaires sur les Épitres de saint Paul. Voir J. Leland, De Scriploribus illustribus britannicis, 2 in-8&, Oxford, 1709.

ADA, hébreu : ‘Âdäh, « ornement:; » Septante : ᾿Αδά.

1. ADA, la première des deux femmes de Lamech, mère de Jabel et de Jubal. Gen., 1v, 19, 20, 93.

2. ADA, fille d'Élon, Héthéen, épouse d'Ésaü et mère d'Éliphaz. Gen., xxxv1, 2, 4, 10, 12, 16. Au chapitre xxvI, 34 de la Genèse, elle est appelée BASEMATH. Il ne faut pas confondre Ada ou Basemath, fille d'Élon, avec Basemath, fille d'Ismaël, autre femme d'Ésaü.

ADAD, hébreu : Hüdad; Septante : ᾿Αδάδ.

1. ADAD, fils de Badad et successeur de Husan dans le royaume d'Idumnée. Il défit les Madianites sur les terres de Moab. Le nom de sa capitale est Avith (Septante : Γετθαίμ). Gen., xxxvI, 35-36; 1 Par., 1, 46, 47.

2. ADAD, autre roi dIdumée, successeur de Balanan. Il régna dans la ville de Phaü. 1 Par., 1, 50, 51. Il est appelé Adar, Gen., xxxXv1, 39. Il vient le huitième sur la

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