‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 129 sur 485 · Le dugong · texte numérisé non relu

Le dugong

p. 1299, et quelques autres interprètes, le tahas doit s'identifier avec le blaireau. Mais ce dernier, commun en Palestine, est très rare dans la presqu’île Sinaïtique. Des raisons de diverse nature devaient d’ailleurs empêcher Moïse de l’employer. Voir Blaireau. Wood, Bible animais, Londres, 1884, p. 72, trouve cependant que la rareté du blaireau et la difficulté de le capturer en grand nombre rendaient sa peau plus précieuse, plus digne par conséquent d’inspirer au peuple une haute idée des objets recouverts d'une pareille enveloppe. Mais cette raison est sans valeur. Il s’agissait pour Moïse de faire un toit pour le Tabernacle, et ce qui importait ici, c’était beaucoup moins la richesse de la matière que sa solidité. Cette toiture devait, en effet, résister pendant de longues années non seulement à la fatigue du transport, mais aussi à l’effet des intempéries, et particulièrement de ces pluies torrentielles qui fondent tout d’un coup sur les différents points de la presqu'île. Cf. Zschokke, Historia sacra antiqui Testamenti, Vienne, 1888, p. 105. D'autre part, le toit du Tabernacle était formé de deux espèces de peaux : de peaux de béliers, qui étaient en dessous, et de peaux de tahas, par-dessus les premières. Exod., xxvi, 14; xxxvi, 19. 11 va de soi que les peaux les plus résistantes étaient celles du dehors, et que les peaux de béliers auraient été placées par-dessus les peaux de blaireaux , si ces Ornières avaient été employées. Le nom du blaireau, miles taxus, ne saurait être un argument pour confondre le taxus avec le tahas. Le mot taxus est relativement récent. On le lit pour la première fois, sous la forme taxon, dans le De mirabilibus Scripturæ, imprimé parmi les œuvres de saint Augustin, t. xxxv, col. 2158, mais bien postérieur à ce Père. Si, comme l’insinue Gesenius, Thésaurus, p. 1500, le mot a une ori-

Riippel, Burckhardt, Ed. Robinson, etc., ont constaté qu'on utilisait la peau du lamantin et du dugong pour faire des chaussures, et en ont conclu que ces mammifères pourraient être le tahas biblique. Cf. Rœdiger, dans le Thésaurus de Gesenius, p. 1501. — 5° Aujourd'hui l’on admet communément que le tahas n’est autre que le dugong. Cet animal abonde dans le golfe d’Akabah et sur les bords de la mer Rouge, et il est d’une facile capture. Riippel l'avait appelé halicore tabernaculi, estimant que c’était l’animal dont la peau avait servi à couvrir le Tabernacle; ce dugong est probablement le même que celui qui est connu sous le nom de halicore hempricliii. Les Arabes des environs du Sinaï l’appellent tûn. Sa peau , grossière et commune , peut fort bien servir de couverture. On en fait des chaussures, dont se servent encore les Bédouins de nos jours. Les sandales fabriquées avec une autre peau, même celle de chameau, seraient vite coupées par les arêtes de rochers. Cf. Robinson, Biblical researches in Palestine, mount Sinaï and Arabia Pclræa, Londres, 1867, t. i, p. 116; Jullien, Sinaï et Syrie, Lille, 1893, p. 149; Tristram, The nalural history of tlie Bible, Londres, 1889, p. 44, 45. Les peaux de dugong ont été très propres à l'usage qu'indique Moïse, à raison de leur épaisseur et de leurs dimensions. Il n’est pas impossible non plus, bien que l’Écriture n’en parle pas, que les Israélites se soient fait des chaussures de même matière. — Le dugong ne se trouvant que sur les rivages delà presqu'île Sinaïtique, on s'explique très bien que l'emploi de sa peau ait cessé à partir de l'établissement du peuple en Palestine. — 6° Les souliers de femme, dont parle Ézéchiel, xvi, 10, sont également en peau de tahas. Cette peau semble à Robinson, loc. cit., bien grossière pour qu’on en puisse fabriquer des chaus-

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