‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 162 sur 485 · EFFRAIE — ÉGLISE · texte numérisé non relu

EFFRAIE — ÉGLISE

en hébreu tahmâs. Lev. , xi, IG ; Deut., xiv, 15. Ce nom vient de hâmas, « opprimer, » et convient par conséquent à un rapace. Les anciennes versions supposent que le tahmâs est un rapace nocturne : Septante : y),aù?; Vulgate : noctua; Gr. Venet. : vvnmy.opal;. Les Targums en font aussi un oiseau rapace. L’identification du tahmâs et de la strix flammea est donc possible et même très probable. H. Lesétre.

EGBERTI (CODEX). Ce manuscrit latin appartient à la bibliothèque de la ville de Trêves. L’écriture est onciale et d’une main du Xe siècle. C'est un volume de 105 feuillets format in -4° : 27 cent, de hauteur sur 21 cent, de largeur. Ce n’est pas un manuscrit des Évangiles, mais un évangéliaire, c’est-à-dire un recueil des leçons (épîtres et évangiles) du missel : Liber evangeliorum per circulum anni sumptus ex libro comitis. Le Codex Egberti est célèbre, non pour son texte, mais pour ses miniatures, dont la publication en phototypie a été faite par F. X. Kraus, Die Miniaturen des Codex Egberti, in-4°, Fribourg-en-Brisgau, 1881. Le manuscrit avec ses miniatures fut fait pour Egbert, archevêque de Trêves de 977 à 993; il fut exécuté à l’abbaye de Reichenau, par les moines Kerald et Héribert. C’est un important monument pour l’histoire de l’illustration de la Bible.

P. Batiffol.

EGÉE (hébreu : hègê', Esth., n, 3, et hôgay, Esth., H, 8, 15; Septante: Fai, Esth., ii, 8; omis ii, 3, 15; Vulgate : Egeus), eunuque de la cour d'Assuérus (Xerxès Ier), spécialement chargé de pourvoir au harem royal. Esth., ii, 3, 8, 15. Les Septante, qui omettent ce nom aux ff. 3 et 15, l’introduisent au f. 14, à la place de Susagazi (hébreu, Sa'asgaz) , nom d’un autre eunuque, préposé à la garde des concubines du roi. ün trouve un Tlyia; parmi les officiers de la cour de Xerxès. Ctésias, Pers., 24; Hérodote, ix, 33. D’autre part, selon quelques interprètes, liège ne serait pas un nom propre, mais un nom commun signifiant « eunuque », comme dga en sanscrit. Cf. turc : agha. Gesenius, Thésaurus , Addenda, p. 86.

E. Levesque.

EGLA (héb reu : 'Eglâh, « génisse ; » Septante : AlydtX et ’AyX.â), une des femmes de David, mère de Jethraam, le sixième des enfants qui naquirent au roi à Hébron. II Reg., iii, 5; I Par., ni, 3. D’après une ancienne tradition juive, mentionnée par l’auteur des Quæst. hebr., Pair, lat., t. xxm, col. 1347, 1370, Égla ne serait autre que Michol, l’épouse de sa jeunesse. Cette opinion repose uniquement sur la particularité suivante : parmi les six femmes de David, citées II Reg., iii, 2-5, et I Par., ni, 3, le nom d’Égla est seul accompagné de l’apposition, « épouse de David. » La raison n'est pas suffisante, même pour insinuer cette identification. E. Levesque.

EGLISE , du grec È/.y.Àïjrna , signifie proprement « assemblée ». Dans l’Ancien Testament, les Septante ont traduit par èxxXviaia l’hébreu qâliâl, qui désigne tantôt une réunion quelconque, Ps. xxv, 5; tantôt la réunion des Israélites, Num., xx, 4; tantôt la société religieuse formée par le peuple de Dieu, qehal Yehôvdh. Num., xix, 20; Deut., xxm, 2, 3, 7 (Vulgate, 1, 2, 3, 8), 8. Dans le Nouveau Testament, ÈxxXriui'a a des sens analogues. II signifie quelquefois une assemblée quelconque. Act., xix, 32, 39, 40. II désigne le plus souvent une réunion de fidèles, soit leur réunion en un même lieu, pour prier et accomplir d’autres devoirs religieux, I Cor., xi, 18; xiv, 4, 12, 19, 34; Col., iv, 15; Philem., 2 (cette réunion des chrétiens ne porte qu’une seule fois, Jac., il, 2, le nom de a-uvayioy/), qui était réservé aux réunions des Juifs et aux édifices où elles se faisaient); — soit la société particulière formée des fidèles d’une même ville, par exemple Jérusalem, Act., vm, 1; xi, 22; xv, 4; Antioche, Act., xm, 1; xiv, 26; xv, 3; Ephèse, Act., xx, 17; Cenchrée, Rom., xvi, 1 , — soit enfin la société

de tous les fidèles répandus dans le monde. Matth., xvi, 18; I Cor., xii, 28; Eph., i, 22, 23; iii, 10; v, 23, 24, 25, 27, 29,32; Col., i, 18, 24; I Tim., iii, 15. - C’est de I Eglise entendue en ce dernier sens que nous allons nous occuper. Nous ne parlerons pas de son organisation ni des sacrements et autres moyens de sanctification qui lui ont été confiés. H en est question dans d’autres articles. Nous l’envisagerons seulement comme la société des fidèles.

I. L’Église dans les Évangiles. — Pour nous donner ses enseignements sur l’Église, le Sauveur s’est servi de trois métaphores principales. H l’a appelée le royaume des cieux, Matth., xvi, 19, en promettant à saint Pierre de l’en constituer le chef. C’est de cette manière qu’il la désigne aussi dans les paraboles du festin nuptial, Matth., xxii, 2-14; des filets, Matth., xm, 47-50; du champ qui contient de l’ivraie, Matth., xm, 24-30, paraboles où il fuit ressortir que l’Église est destinée à recevoir des justes, et que cependant il s’y rencontre des pécheurs avec eux. H l’a encore appelée le royaume des cieux dans la parabole du grain de sénevé et dans celle du levain, Matth., xm, 31, 32, où il annonce comment elle devait se répandre par tout l’univers. — Il l’a désignée sous son nom propre d’Église, Matth., xvi, 18, lorsqu’il l’a représentée sous la figure d’un édifice bâti sur l’apôtre Pierre comme sur un rocher inébranlable. 11 lui donna alors une constitution monarchique , et lui promit une indéfectibilité qui devait rendre inutiles tous les assauts de l’enfer. — H l’a enfin comparée à un troupeau dont il est le

i pasteur, Joa., x, 1-16, et déclaré que ce troupeau doit être unique. Reprenant cette comparaison, il a établi

| saint Pierre le pasteur de ce troupeau. Joa., xxi, 15-17. II a ainsi réalisé les promesses qu’il avait faites à cet apôtre et l’a investi d’une primauté perpétuelle sur l’Église. — II a également conféré à ses Apôtres et à leurs successeurs une autorité perpétuelle dans cette Église, en les chargeant de porter sa doctrine à toutes les nations et d’en faire des chrétiens par le baptême. Matth., xxviii, 18-20; Marc., xvi, 15-20; Luc , i, 8.

II. L’Église dans les Epîtres. — Saint Paul nous montre l’Église comme une société organisée et unique. H se repent de l’avoir persécutée. I Cor., xv, 9; Gai., i, 13; cf. Act., viii, 3. H l’appelle « la maison de Dieu, l’Église du Dieu vivant, la colonne et la base de la vérité ». I Tim., ni, 15. Il montre l’union étroite de cette Église avec le Christ dans plusieurs comparaisons, où il fait ressortir en même temps son caractère social, son unité, les relations de ses membres, la sainteté surnaturelle que le Christ lui a assurée en la rachetant et qui lui est communiquée par le Saint-Esprit, sa fin, qui est la sanctification et le salut de ceux qui la composent. Elle est le « temple de Dieu », habité par le divin Esprit, bâti sur le Christ, en dehors de qui il ne saurait y avoir d’autre fondement; bâti aussi sur le fondement des Apôtres, avec le Christ pour pierre angulaire. I Cor,, ni, 9-17; vi, 19; Ephes., il, 20-22. Elle est le « corps du Christ », dont le Christ lui -même est la tête et dont les fidèles sont les membres. Tous ne font qu'un même corps en vertu de leur baptême, qu’ils soient juifs ou païens, esclaves ou libres; et cependant, comme les membres d'un même corps, ils se distinguent les uns des autres par la diversité des grâces, des ministères et des fonctions que l’Esprit Saint leur a partagés inégalement. Ils sont unis par la charité, et ils doivent s’appliquer à se revêtir de l’esprit et des vertus de Jésus -Christ, leur chef, comme d’une humanité nouvelle et parfaite. I Cor., xii, 4-30; Rom., xii, 4, 5; Eph., i, 22, 23; iv, 4-16; Col., i, 18. L’Église est encore appelée par saint Paul « l'épouse » soumise et bien -aimée du Christ, qui s'est livré pour elle, afin de la rendre sainte et sans tache. Eph., v, 23-32. — Les Épîtres pastorales à Tite et à Timothée nous font connaître avec plus de précision l'organisation et la législation intérieure de cette Église, et spécialement l’autorité

ÉGLISE — ÉGLON

qu'exerçait l'évêque sur l’église qu'il était chargé de I gouverner. — La première Épitre de saint Pierre revient sur la comparaison par laquelle le Christ et ensuite saint Paul avaient représenté l’Église comme un édifice et un temple. Elle insiste sur la dignité surnaturelle et sacerdotale que les fidèles reçoivent en entrant avec le I Christ , comme autant de pierres vivantes, dans cette divine bâtisse. I Petr., h, 4-10. Elle leur rappelle qu'ils sont ainsi devenus une nation sainte, le peuple de Dieu, et les exhorte à pratiquer en conséquence les vertus chrétiennes, afin que les nations au milieu desquelles j ils vivent rendent gloire à Dieu. Ils étaient des brebis errantes, mais ils sont revenus au Christ , le pasteur et l’évêque de leurs âmes. I Petr., il, 11-25.

III. L'Église dans les Actes des Apôtres. — Les Actes nous racontent l'histoire de l’Église pendant les années qui suivirent la mort du Sauveur. Nous y voyons sa fondation le jour de la Pentecôte, par la descente du Saint- Esprit sur les Apôtres, n , 4; les premières conversions des Juifs, il, 41, et des païens, x, xi ; leur entrée dans l'Église par le baptême, x, xi ; leur union dans la doctrine des Apôtres, dans la fraction du pain, dans les prières en commun, n, 42, et dans une charité mutuelle, H, 44; iv, 32, 34. Les Actes nous renseignent encore sur le rôle, les travaux et les miracles de saint Pierre, des Apôtres et des collaborateurs qu'ils se donnèrent, n, 14; ni, v, 15 , 25 , 42; vi, 1-8; vm, 35-38, etc.; ils nous exposent les hésitations des premiers chrétiens au sujet des observances mosaïques, et racontent comment tous se soumirent au décret porté à Jérusalem, sur la proposition de Pierre, par l’assemblée des Apôtres et des anciens, et adressé aux fidèles comme une décision inspirée par le Saint-Esprit, xv.

IV. Conclusion. — Il ressort de ces enseignements que l'Église est la société visible des fidèles, instituée par Jésus-Christ sous l’autorité de l’apôtre Pierre, fondée par les Apôtres, assistée par le Saint-Esprit, unie surnaturellement au Christ, son chef invisible, groupant les membres qui la composent dans la profession de la doctrine du Sauveur, l’observation de sa loi et l'usage de ses sacrements, pour procurer le règne de Dieu sur la terre et assurer aux fidèles le salut éternel. A. Vacant.

ÉGLON. Nom d'un roi de Moab et d'une ville chananéenne.

1. ÉGLON (hébreu : 'Eglôn ; Septante : ’EyXwp), roi de Moab. Lorsque les Israélites, délivrés une première fois par Otboniel de l’oppression de Chusan Rasathaïm, furent retombés dans leurs infidélités, Dieu les châtia encore par une nouvelle oppression. Ce fut Églon qu’il choisit, avec les Ammonites et les Amalécites, alliés de ce roi, comme les instruments de sa vengeance et le lléau de son peuple. Jud., iii, 12-14. Cf. Deut., xxm, 4; Exod., xvn, 8-16; Jud., vi, 3-5; vii, 12. L’intention d’Églon parait avoir été de s'établir d’une manière définitive dans le pays; car après avoir battu les Hébreux, il alla se fixer à la « ville des Palmes », c’est-à-dire à Jéricho. Voir Jéricho. Églon ne pouvait choisir une position plus heureuse pour le centre de son gouvernement. En arrière, le Jourdain, dont il lui était facile de garder les gués, opposait un obstacle infranchissable aux attaques d’ailleurs peu probables qu'auraient pu tenter les Gadites et les Rubénites. Devant lui s’ouvrait en éventail le réseau des ouadis et des diverses voies qui pouvaient le mettre en communication avec les territoires d’Éphraïm , de Benjamin et de Juda , et lui permettre de se porter rapidement partout où sa présence serait nécessaire. En outre, grâce au peu de distance qui séparait Jéricho de la frontière moabite, le conquérant avait la facilité d’aller luimême d’un pays à l’autre selon que les circonstances l'exigeraient. Il n'est pas à présumer, en effet, que ce prince ait fixé sa résidence à l’ouest du Jourdain, sur le terri-

toire conquis ; il dut continuer de demeurer dans ses États après sa victoire , et se rendre de là à Jéricho pour le règlement des affaires importantes et en particulier pour la perception du tribut annuel. Quoique le texte sacré ne dise pas expressément que cette perception eut lieu à Jéricho, cela semble bien résulter do l'ensemble du récit, et tel est le sentiment commun des interprètes. Jud., ni, 20. — Le livre des Juges no nous apprend rien touchant le caractère de ce prince et son administration. Il ne paraît pas avoir exercé sa domination sur une partie fort étendue du territoire israélite; elle ne dépassa pas probablement les limites des tribus méridionales à l'ouest du Jourdain; mais elle n’en dut peser que plus lourdement sur cet espace restreint. Quelques mots de Jud., iii, 19-20, pourraient faire penser que l’oppression matérielle des étrangers était encore aggravée par le spectacle d’un culte idolâtrique importé par eux au milieu du peuple vaincu. On lit en cet endroit qu’Aod passa par « Pesîlim, qui est à Gilgâl » (hébreu). Pesillm peut se traduire par « carrières » (voir col. 318) ou par « idoles ». La Vulgate et les Septante ont adopté ce dernier sens. S'il est fondé, on pourrait supposer que les Moabites avaient érigé en ce lieu quelque sanctuaire, où le culte des dieux étrangers offrait aux enfants de Jacob un perpétuel danger de tomber dans l’idolâtrie. Cf. Num., xxv, 1-3; 111 Reg., xi, 7. Le triste état dans lequel ils languissaient depuis dix -huit ans réveilla chez les Israélites le sentiment religieux et patriotique; ils invoquèrent le Seigneur, et il les délivra. Aod, de la tribu de Benjamin, fut le libérateur qu'il leur envoya; Églon fut tué par lui dans son palais, et cette mort, suivie du massacre général des étrangers, mit fin à la servitude du peuple de Dieu. Pour le récit de la mort d’Églon et des événements subséquents, voir Aod, t. i, col. 715-717. E. Palis.

2. ÉGLON (hébreu : ' Églôn , Jos., x, 3 , 5 , 23 , 37; xn, 12, xv, 39; 'Églônâh, avec hé local, Jos., x, 34, 36; Septante : ’OôoXXâp, Jos., x, 3, o, 23, 34, 37; Codex Vaticanus , AtXâp; Codex Alexandrinus , ’EyX<ip. ; Codex Ambrosianus, ’EyXwv, Jos., xn, 12), ancienne ville chananéenne dont le roi s’appelait Dabir. Jos., x, 3. Elle faisait partie du territoire amorrhéen, Jos., x, 5, fut prise par Josué, x, 34, 35, 37 ; xn, 12, et assignée à la tribu de Juda. Jos., xv, 39. Elle appartenait au second groupe de « la plaine » ou Séphélah, Jos., xv, 39, et était voisine de Lachis, avec laquelle elle est ordinairement mentionnée. Jos., x, 3, 5, 23, 34; xii, 12; xv, 39. Au chapitre x de Josué, les Septante ont mis Odollam au lieu à' Eglon. De là vient sans doute qu’Eusèbe et saint Jérôme Onomaslica sacra, Gœltingue, 1870, p. 118, 253, ne reconnaissent sous ces deux noms qu’une seule et même ville, qui de leur temps était encore « un très gros bourg, à dix milles (près de quinze kilomètres; saint Jérôme met ; douze milles, environ dix-huit kilomètres) à l’est d’Éleuthéropolis », aujourd’hui Beit- Djibrîn. Il y a ici une erreur évidente. D’abord la Bible distingue nettement Églon d’Odullam, Jos., xii, 12, 15, ou Adullam, Jos., xv, 35, 39. Voir Odollam. Ensuite il est impossible de placer Églon à quinze ou dix-huit kilomètres à l’est de Beit- Djibrin, parce qu’alors on quitte lu Séphélah et on s’éloigne beaucoup de Lachis, pour tomber dans la montagne de Juda. Faudrait-il donc corriger le texte des deux auteurs, et lire npo; 3u<7gâ;, « vers l’occident, » au lieu de Tipbc àvxt o)tx;, « vers l’orient »? Cette leçon nous conduirait directement à un endroit qu’ils appellent Agla, situé à dix milles d’Éleulhéropolis, sur la route de Gaza. Cf. Onomastica sacra, p. 103, 234, aux mots Bethagla et Bï)0a- Xacg. A cette distance et dans cette direction se trouve actuellement le village de Khirbet ' Adjldn, dont le nom reproduit exactement la forme hébraïque : pbrz, 'Eglcn,

, 'Adjldn, avec Vain initial. Cf. Ivampffmeyer, Aile Narnen irn heutigen Palàstina und Syrien, dans

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