‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 294 sur 485 · ESCLAVE · texte numérisé non relu

ESCLAVE

échappé, le marquait au ter rouge, et lui faisait mettre un collier, comme nous en mettons au cou des chiens, pour qu'on le ramenât à son maître. Fr. de Champagny, Les Césars, Paris, 1876, t. iv, p. 22. Mais en Palestine, comme partout, il devait arriver souvent que des esclaves s’échappaient de chez leurs maîtres. I Reg., xxv, 10. Sous Salomon , nous voyons Séméï courir après deux des siens de Jérusalem à Geth. III Reg., n, 39, 40. L’interdiction de ramener les esclaves fugitifs devait inspirer aux maîtres

Bas -relief trouvé à Capoue. D’après Holm, Deecke et Soltau,

Kulturgeschichte des Hassischen Alterthums, 1897, p. 327.

hébreux la pensée de les attacher à leur service par de bons traitements. La législation hébraïque était beaucoup plus humaine pour les esclaves que celle des autres peuples de l’antiquité, chez qui ils étaient souvent durement traités (fig. G02).

III. Les esclaves chez les Hébreux. — 1° Avant la captivité. — La présence des esclaves est souvent signalée par la Sainte Écriture chez les principaux personnages. A l’exemple des chefs étrangers, du roi de Moab en particulier, Jud., m, 24, Gédéon a ses esclaves. Jud., vi, 27. Samuel prédit aux Israélites que le roi qu’ils se donneront voudra avoir des esclaves et au besoin s’emparera des leurs. I Reg., vin, 14-16. De fait, les esclaves abondent autour de Saüï, I Reg., xvi, 17; xvm, 22; de David, I Reg., xn, 18, 19; xm, 31, 36; de Salomon, III Reg., x, 8; Eccle., n, 7. Les esclaves de Salomon se joignent à ceux du roi de Tyr, Hiram, pour la construction du Temple. III Reg., v, 1-9; ix, 27; II Par., n, 8. Ce prince a même pour le service du Temple une classe particulière d’esclaves dont nous voyons reparaître les descendants après la captivité. I Esdr., n, 58. Voir Nathinéens. Ézéchias a des esclaves. IV Reg., xix, 5. Le cadavre de Josias est rapporté du champ de bataille de Mageddo par ses esclaves. IV Reg., xxiii, 30. Joas et Amon sont assassinés parleurs esclaves. IV Reg., xn, 20; xiv, 5; xxi, 23. — 2° Après la captivité. Sur les Juifs emmenés en esclavage par les Assyriens et les Chaldéens, voir col. 228, 3° ; 233, 2°. Raguel a des esclaves à Ragès. Tob.,vm, 11, 20. Esther, n, 18; ni, 2, etc., vit au milieu des esclaves de la cour d’Assuérus. Durant la guerre des Machabées, il se fait un grand commerce d’esclaves juifs pris dans les combats. Quand l’armée syrienne de Nicanor pénètre en Judée, des marchands des pays voisins accourent de toutes parts pour acheter à bon compte des prisonniers qu'ils revendront comme esclaves. I Mach., iii, 41; II Mach., vin, 10, 11. Moïse avait prédit aux Israélites infidèles qu un jour ils s’offriraient en vente à leurs ennemis, pour être esclaves , et qu’il ne se trouverait personne pour les acheter. Deut., xxvm, 68- La prophétie s’accomplit particulièrement à la suite du siège de Jérusalem par Titus. Il y eut en tout pendant la guerre quatre-vingtdix-sept mille prisonniers. On ne savait qu’en faire, après la prise de la ville. Ceux qui avaient plus de dix-sept ans

furent envoyés aux mines d’Égypte ou aux arènes des villes des provinces romaines. Ceux qui avaient moins de dix-sept ans furent vendus à l’encan pour être esclaves. Un très grand nombre d’autres périrent de faim ou de désespoir. Josèphe, Bell, jud., VI, ix, 2, 3. — 3° Esclaves remarquables. — La Sainte Écriture nomme ou signale quelques esclaves qui ont joué un rôle plus ou moins important: Agar, l’esclave égyptienne de Sara, Gen., xvi, 1; Éliézer, l’intendant des biens d’Abraham, Gen., xv, 2; Zelpha , esclave de Lia, fille de Laban, Gen.,

xxix, 24; Bala, esclave de Rachel, Gen., xxxv, 25; Doeg, l’esclave de Saül, I Reg., xxii, 9; l’esclave égyptien qui conduit David contre les Amalécites, I Reg., xxx, 13-16; Siba, l’esclave de Saül, qui renseigne David sur la descendance du feu roi, II Reg., m, 2-11 ; Zambri, l’esclave (ou simplement le serviteur) du roi Éla , qui prend la place de son maître, III Reg., xvi, 9, 10; Giézi, l’esclave du prophète Élisée, IV Reg., v, 20-27; l’esclave juive qui indique à Naaman le Syrien le pouvoir du prophète Élisée, IV Reg., v, 2-4; Asaias, esclave du roi Josias, IV Reg., xxii, 12; Jéraa, esclave égyptien, qui devient la souche d’une famille juive, I Par., n, 34; l’esclave qui accompagne Judith au camp d’Holopherne, Judith, vin, 32; x, 5; xm, 11; celle qui soutient Esther en présence d’Assuérus, Esth., xv, 10; Tobias, esclave ammonite au service des satrapes perses. II Esdr., n, 10, 19. Voir chacun de ces noms. — 4° Remarques bibliques sur les esclaves. — La condition de l’esclave fait souvent l’objet du mépris. Goliath traite d’esclaves les soldats de Saül. I Reg., xvii, 8. Nabal, époux d’Abigaïl, méprise David et les siens, comme des esclaves échappés à leurs maîtres, des gens venus on ne sait d’où. I Reg., xxv, 10, 11. Michol reproche à David de s’être découvert devant des esclaves pour danser en avant de l’arche. II Reg.,vi, 20. Jérémie, il, 14, proteste parce que les ennemis veulent le traiter comme un esclave acheté ou né dans la maison. — La vie de l’esclave au travail est pénible; il soupire après l’ombre. Job, vu, 2. — Il ne faut pas accuser un bon esclave devant son maître, Prov., xxx, 10, ni lui causer de tort. Eccli, vu, 22. On doit, au contraire, l’aimer. Eccli., vu, 23. — C’est un malheur que l’esclave ambitieux et incapable vienne à commander et à régner. Prov., xix, 10;

xxx, 2; Eccle., x, 7. L’indocile n’apprend rien de ce qu’on lui enseigne. Prov., xxix, 19. Le paresseux ne veut pas entendre parler de travail. Eccli., xxxvn, 14. A de tels esclaves conviennent les châtiments. Eccli., xxxm, 27-30.

IV. Les esclaves dans le Nouveau Testament. — Bien souvent nous traduisons en français 8o07o;, servies, par« serviteur», parce que ceux qui portent ce nom dans les Évangiles remplissent des offices aujourd’hui dévolus aux serviteurs. En réalité, ces serviteurs sont presque toujours des esclaves proprement dits, hommes ou femmes de condition inférieure, mais s’élevant parfois, grâce à leur instruction et à leur savoir-faire, à une situation importante. — 1° Il faut donc regarder comme des esclaves le serviteur dont le centurion, son maître, demande la guérison à Notre-Seigneur, Matth., vm, 5-13; Luc., vu, 2-10; le serviteur du grand prêtre, Malchus, auquel saint Pierre coupe l’oreille, Matth., xxvi, 51; Marc., xiv, 47; Luc., xxii, 50; Joa., xvm, 10, 13, 26; les valets et les portières du palais de Caïphe, qui provoquent le reniement de saint Pierre, Matth., xxvi, 69, 71; Marc., xvi, 66, 69; Joa., xvm, 17, 18; cet Onésime dont saint Paul demande la grâce à Philémon. Philem., 8-21. — 2° Dans les paraboles, Notre-Seigneur parle souvent d’esclaves que le père de famille envoie faire la moisson, Matth., xm, 27, 28, ou la vendange, Matth., xxi, 34-36; Marc., xii, 2-4; Luc., xx, 10, 11; auxquels le maître demande leurs comptes, Matth., xvm, 23-32, ou confie de l’argent à faire valoir, Matth., xxv, 14-30; Luc., xix, 13-22; qui vont chercher les invités au festin, Matth., xxii, 3-10; Luc., xiv, 17-23; qui servent chez le père du prodigue. Luc., xv, 22-26. Notre-Seigneur daigne même esquisser

ESCLAVE — ESCOL (VALLÉE D’)

en quelques traits instructifs le portrait des esclaves employés dans une maison. Le serviteur fidèle et prudent, que le maître a chargé de veiller sur ses gens et de leur distribuer la nourriture, se verra confier des fonctions encore plus importantes, si son maître le trouve toujours à son devoir. Quant à l’esclave négligent, qui abuse de l’absence de son maître pour battre ses compagnons, manger et boire avec les débauchés , il sera maltraité comme il le mérite. Matth., xxiv, 45-51. L’esclave vigilant se tient en costume de service et la lampe à la main pour attendre le retour de son maître, à la deuxième ou à la troisième veille, c'est-à-dire même après minuit passé. Le châtiment atteindra l’esclave qui a connu la volonté du maître et ne l’a pas exécutée, et, proportion gardée, celui qui n’a pas connu la volonté de son maître, mais s’est mal comporté. Luc., xn, 35-38, 42-48. Quand l’esclave revient des champs, il a encore à préparer le souper de son maître, à le ceindre, à le servir, à attendre qu’il ait fini son repas. C’est seulement ensuite qu’il peut songer à sa propre nourriture. En servant son maître le premier, malgré sa propre fatigue, il ne fait que son devoir, sans qu'on ait à lui en rendre grâces. Luc., xvii, 7-9. — 3° Dans leurs Épitres, les Apôtres rappellent aux maîtres les devoirs de justice qu’ils ont à remplir vis-à-vis de leurs esclaves, Col., iv, 1, et à ceux-ci la soumission à laquelle ils sont obligés à l’égard des maîtres. Eph., vi, 5; Col., iu, 22; Tit., n, 9; I Petr., ji, 18.

V. Les esclaves dans le sens métaphorique ou spirituel. — 1° La Sainte Ecriture prend quelquefois le mot 'ébéd dans un sens moins strict que celui d'esclave proprement dit. Elle appelle de ce nom ceux qui tiennent à quelque supérieur par un lien de dépendance, comme les ministres d’un roi, Gen., XL, 20; Exod., v, 21 ; I Reg., xvi, 18; xxix, 3, etc., ceux-ci pouvant d’ailleurs parfois être des esclaves de naissance; les soldats qui obéissent à un chef militaire. II Reg., n, 12, 13; ni, 22, etc. — 2° La politesse orientale exige que quand on parle à un supérieur, on se dise son esclave. Le mot 'ébéd revient continuellement dans les textes sacrés avec ce sens métaphorique. Gen., xxxii, 18, 20; xxxm, 5; xlii, 10; xliii, 28; xliv, 7; xlvi , 34; xlvii, 3; Num., xxxi, 49; xxxii, 25; Ruth, n, 13; ni, 9; I Reg., xvm, 32, etc. Abigaïl fait même répondre à David, qui lui propose de l'épouser, qu’elle est son esclave ( ’âmâh ) pour être l'esclave (sifhâh) qui lavera les pieds des esclaves (' abdim ) de son seigneur. 1 Reg., xxv, 41. Il est difficile de pousser plus loin la formule de l’humilité. — 3° A plus forte raison, on prend le nom d’esclave quand on parle à Dieu. Gen., xvm, 3, 5; xix, 19; xxxii, 10; Exod., iv, 10. Ici, le mot 'ébéd ne constitue plus une simple formule, puisque Dieu est le maître de l’homme beaucoup plus que celuici ne l’est de son esclave. Le nom d’esclave ou de serviteur du Seigneur est donné à Moïse, Deut., xxxiv, 5; à Josué, xxiv, 29; à Samuel. I Reg., ni, 9. Marie prend le nom de ôoôXri Kupiou , « esclave du Seigneur, » Luc., I, 38, pour marquer son total acquiescement à la volonté divine, qui lui est révélée par l’ange. Dieu se plaît luimèrne à appeler son 'ébéd, « son esclave, » c’est-à-dire son serviteur parfaitement obéissant, Moïse, Jos., i, 2, 7 ; Job, i, 8; n, 3; David, II Reg., vu, 5; III Reg., xi, 13; etc. Il appelle aussi de ce nom son peuple élu, Is., xli, 8; Jer., xlvi, 27, 28, pour indiquer ce qu’il devrait être plutôt que ce qu’il est, et même Nabuchodonosor, Jer., xxv, 9; xxvii, 6, en tant qu’agissant au nom de Dieu pour le châtiment des Israélites. — 4° Les Apôtres aiment à s’appeler dans un sens figuré les « esclaves de Jésus- Christ », c’est-à-dire ses ministres. Rom., i, 1; Phil., i, 1; Jac., i, 1; Il Petr., i, 1; Jude, 1. Saint Paul fait profession d’être l’esclave de tous. I Cor., îx, 19; II Cor., IV, 5. Les chrétiens, jadis « esclaves du péché », Joa., viii, 34; Rom., vi, 17; II Petr., n, 19, sont devenus par la grâce « esclaves de la justice », Rom., vi , 18, et du Christ. I Cor., vu, 22.

VI. Le Messie 'ébéd de Jéhovah. — Par deux fois, le Seigneur promet d’envoyer au monde son 'ébéd. Is., xlii, 1; Zach., ni, 8. Jésus- Christ a été cet 'ébéd; « il s’est anéanti en prenant la forme d’esclave, » Phil., n, 7, et n’a vécu sur la terre que pour faire la volonté de son Père, comme un esclave fidèle fait celle de son maître. Joa., vi, 38. Cf. H. Hottinger, De servo Del electo, dans le Thésaurus de Ilasée et Iken, Leyde, 1732, t. i, p. 892-897. — Voir M. Maimonide, De servis et ancillis tractatus, trad. de J. C. Kall, Copenhague, 1744; M. Mielziner, Die Verhàltnisse der Sklaven bei den alten Hebràern, nach biblischen und talmudischen Quellen darg estellt , in -8°, Copenhague, 1859; Sam. Meyer, Die Bechte der Israeliten, Athener und Rômer, 2 in -8°, Leipzig, 1862-1866, t. ii, p. 40-67. H. Lesètre.

ESCOBAR Y MENDOZA Antoine, jésuite espagnol, né à Valladolid en 1589, mort dans la même ville le 4 juillet 1669. Entré au noviciat des Jésuites le 16 mars 1605, il fut presque toute sa vie appliqué à la prédication et se fit un nom dans la chaire ; il prêcha pendant cinquante ans le carême. Ses ouvrages sur l’Écriture Sainte se ressentent un peu de ce ministère, auquel il s’adonna spécialement. Mais c’est surtout comme théologien moraliste qu’il est connu, grâce à Pascal, qui a immortalisé son nom. Ses ouvrages exégétiques sont : 1» In caput VI Joannis de augustissimo ineffabilis Eucharistiæ arcano , in-f°, Valladolid, 1624. — 2° In Evangelia Sanctorum et temporis , Christi, Deiparæ, Apostolorum... Tomus primus de Sanclis. Christus. Volumen prius, in-f°, Arcos, 1637; — Volumen i-vi. Lignum vitale, in-f°, Lyon, 1642-1648. Chacun de ces volumes a un sous-titre : Christi vita , — Christi solemnia, — Maria vera, — Sunamitis , — Apostoli, — Religionum fundatores , — Angeli, martyres, conf essores..., defunctorum obsequia. — 3° In Evangelia temporis commentarii. Lignum vitale Christi miracula, — persecutiones , — colloquia , — sermones , — prophétisé, — parabolæ, 6 in-f°, Lyon, 1648. — 4° Vêtus ac Novum Testamentum litteralibus et moralibus commentariis illustratum, 8 in-f°, Lyon, 1652-1667. — 5° In Canticum commentarius sive de Mariæ Deiparæ elogiis, in - f°, Lyon, 1669. C. Sommervogel.

1. ESCOL (hébreu : ’Éskôl; Septante: ’E<t-/ù>X), Amorrhéen, frère de Mambré et d’Aner; tous les trois firent alliance avec Abraham et poursuivirent avec lui Chodorlahomor et ses alliés. Gen., xiv, 13, 24. Ils habitaient près d’Hébron. Gen., xm, 18. La vallée à' ’Éskôl, aux environs de cette ville, lui doit son nom, d’après quelques-uns. Voir Escol 2. Josèphe, Ant.jud., I, x, 2, le nomme ’EV/<âXr)ç , et prétend qu’il était l’aîné : ce qui s’accorde bien avec l’ordre suivi par les Septante, dans Gen., xiv, 24; mais non avec l’hébreu massorétique, qui nomme Aner le premier.

2. ESCOL (VALLÉE D’) (hébreu: Nahal ’Éskôl ; Septante : cpâpayi; pcapuo; ; Vulgate : Torrens botri, Num., xiii, 24; Nehelescol , id est Torrens botri, Num., xm, 25; Vallis botri, Num., xxxii, 9; Deut., i, 24), vallée des environs d’Hébron , d’où les espions envoyés par Moïse, pour explorer la Terre Promise, rapportèrent une magnifique grappe de raisin, avec des grenades et des figues. Num., xm, 24; xxxii , 9; Deut., I, 24. Les versions grecque et latine ont traduit littéralement l’hébreu; ’éskôl veut dire, en effet, « grappe » de raisin. D’après le texte sacré, Num., xm, 25, le lieu en question devait son nom au fait lui-même mentionné Num., xm, 24. Il faut remarquer cependant que, bien avant l’arrivée des Hébreux en Chanaan, l’un des frères de Mambré s’appelait Escol. Gen., xiv, 13. Celui-ci aurait-il primitivement, comme celui-là, donné son nom à une vallée voisine d’Hébron , nom que les Israélites auraient plus tard

ESCOL (VALLEE D’) — ESDRAS

appliqué sous forme de paronomase, suivant leur habitude? Nous ne savons. — Eusèbe, Onomastica sacra , Gœttingue, 1870, p. 299, expliquant le cpâpa yÇ (WTpuoç, dit, d’après une tradition, que « c’est Gophna (aujourd’hui Djifnéh) , dont le nom signifie vigne, et qui est éloignée d’Ælia de quinze milles (vingt-deux kilomètres), sur la route conduisant à Neapolis (Naplouse) ». Mais il a soin d’ajouter : « on se demande si cette tradition est fondée. » Il n’y a, en effet, aucune raison pour aller chercher si loin l’endroit dont nous parlons. Saint Jérôme, Epist. cviii, Epitaph. PauJæ, t. xxii, col. 886, est plus dans le vrai en le plaçant au sud de Jérusalem, entre Bethsur (actuellement Beit Sour) et Hébron. On a signalé au nord de cette dernière ville, à quelques minutes de distance, une source appelée 'Aïn Keschkaléh , mais mentionnée aussi sous la dénomination à' 'Aïn Eskali par Van de Velde, Reïse durch Syrien und Palàstina , Leipzig, 1855, t. n, p. 97; Memoir to accompany the Map of the Holy Land, Gotha, 1858, p. 210, et F. de Saulcy, Voyage en Terre Sainte, Paris, 1865, 1. 1, p. 152, Quelle est la vraie forme du mot? Est-ce un même nom. dont la prononciation vulgaire laisserait tomber la première consonne? Ce sont des questions qu’il nous serait difficile de trancher. Il y a donc là une certaine similitude, mais elle n’assure pas complètement l'identification. Suivant M. V. Guérin, Judée, t. m, p. 216, la colonie israélite qui habite aujourd’hui Hébron identifie la vallée d'Escol avec 1 ’ouadi Teffâh, qui s’étend à l’ouestnord -ouest de cette ville, vallée où l’on admire encore de belles plantations de vignes. Ce qu’il y a de certain, c’est que ces environs d’Hébron sont réputés pour leur fertilité, riches en vignobles et arbres à fruits, oliviers, figuiers, grenadiers, etc. Cf. Robinson, Biblical Besearches in Palestine, Londres, 1856, t. I, p. 214; Physical Geography of the Holy Land, Londres, 1865, p. 110; H. B. Tristram, The Land of Israël, Londres, 1866, p. 397 ; 4V. M. Thomson, The Land and the Book, Southern Palestine, Londres, 1881, p. 277; C. R. Conder, Tent Work in Palestine, Londres, 1889, p. 237. D’après ces auteurs, c’est là qu’on voit les plus beaux raisins de tout le pays. On y trouve des grappes pesant dix et douze livres. Cependant si celle que cueillirent les explorateurs hébreux fut « portée par deux hommes au moyen d’une perche », Num., xm, 24, ce n’est pas qu’un seul en eût été incapable , mais ce mode de transport permettait de la conserver plus fraîche jusqu’au retour.

A. Legendre.

ESDRAS. Hébreu : 'Ézrâ', « secours; » Septante : '"Eo-Spaç. Nom de plusieurs personnages et titre de deux livres canoniques et de deux livres apocryphes.

1 1. ESDRAS, prêtre et scribe, qui ramena de Babylone

■en Judée la seconde caravane de captifs, auteur du premier livre d’Esdras (Voir Esdras 5).

I. Histoire d’Esdras. — Il nous a fait connaître luimême sa généalogie. I Esdr., vu, 1-5. Il descendait d'Aaron par Phinées, Achitob, Sadoc, Helcias". Il se dit fils de Saraïas. Quelques commentateurs pensent que le mot « fils » doit se prendre ici à la lettre et que son père était réellement un prêtre, d’ailleurs inconnu, appelé Saraïas; mais on croit plus communément que le mot « fils » signifie simplement dans ce passage, comme dans plusieurs autres, « descendant » et qu’Esdras, énumérant seulement ses principaux ancêtres, rappelle qu’il avait pour aïeul le grand prêtre Saraïas, contemporain de Sédécias, qui fut mis à mort à Reblatha par ordre de Nabuchodonosor, IV Reg., xxv, 18-21, environ 130 ans avant l’arrivée de son arrière-petit-fils en Palestine. — Les détails authentiques de l’histoire d'Esdras ne nous sont connus que par le livre qu’il nous a laissé, I Esdr., vn-x, et par celui de Néhémie. II Esdr., vin; xn , 26. Cf. Josèphe, Ant. jud., XI, v, 1-5. — Le temple de Jérusalem, que le décret de Cyrus en 536 avait permis de rebâtir,

I Esdr., I, 1-4, avait été enfin achevé, après de longues difficultés et au prix de grands efforts, en 516, sous le règne de Darius Ier, fils d’IIystaspe. Esdras, plein de zèle et de piété en même temps que de science, conçut à Babylone, où il vivait au milieu des Juifs, qui y étaient demeurés depuis Cyrus, le projet d’aller à Jérusalem, pour y rehausser l’éclat du culte qu’on rendait à Dieu dans son temple et pour travailler à la réforme des abus qui s’étaient glissés parmi les Juifs de Palestine. Afin de réaliser son dessein, il mit à profit la faveur dont il jouissait auprès du roi de Perse, Artaxerxès Ier Longuemain (464-424). Voir Artaxerxès 1, t. i, col. 1040.

II obtint de ce prince l’autorisation d’aller en Judée avec d’autres Juifs vivant comme lui à Babylone, et au nombre de plus de 1700. I Esdr., n, 1-58 ; vu, 7; vin, 1-14. Le roi lui donna en même temps une somme d’argent, lui permit d’emporter les offrandes qui lui seraient faites pour le temple, et de demander aux gouverneurs royaux les sommes qui pourraient lui être nécessaires jusqu’à concurrence de cent talents d’argent, etc. Les prêtres, les lévites et les serviteurs du temple étaient en même temps affranchis de tout impôt, et Esdras recevait des pouvoirs très étendus qui comprenaient même le droit de vie et de mort. I Esdr., vu, 13-26.

Esdras donna rendez-vous à ceux qui devaient l’accompagner en Judée, sur les bords du lleuve Ahava (voir t. I, col. 290). Là on célébra un jeûne, pour obtenir un heureux voyage. On se mit en route sans aucune escorte.

I Esdr., viii, 22. Douze des principaux prêtres, aidés par dix de leurs frères, furent chargés du trésor. I Esdr., viii, 24-30. Toute la caravane partit d’ Ahava le 12 du premier mois, viii, 31, et elle arriva sans accident à Jérusalem le premier jour du cinquième mois (459 avant J.-C.), vu, 8-9. Après avoir remis au Temple les trésors apportés de la Chaldée et avoir offert des sacrifices, Esdras se mit aussitôt à l'œuvre de la réforme qu’il avait projetée. Elle consista principalement à obliger les prêtres, les lévites et les autres Israélites qui avaient épousé des femmes païennes à s’en séparer, afin d’échapper aux dangers de perversion auxquels plusieurs avaient succombé. I Esdr., ix-x. Il accomplit cette œuvre dans un espace d’environ six mois, I Esdr., x, 17, et avec le plus grand succès, car on ne voit pas qu’il ait rencontré de résistance sérieuse. Le premier livre d’Esdras se clôt brusquement sur le récit détaillé de ce fait, et avec la liste de ceux qui répudièrent leurs épouses étrangères. Pendant les treize années suivantes, nous ignorons ce que fit le réformateur. La vingtième année d’Artaxërxès Longuemain (444), nous le retrouvons à Jérusalem avec Néhémie. Il Esdr., il, 1; viii, 1. On suppose généralement qu’il était resté, dans l’intervalle, en Judée, comme gouverneur du pays; mais comme il n’avait quitté Babylone qu’avec une mission temporaire, I Esdr., vu, 14-15, on peut croire aussi qu’il était retourné auprès du roi de Perse, après les événements racontés à la fin de son livre: on s’expliquerait ainsi plus aisément, par son absence, les abus qui s’étaient de nouveau produits à Jérusalem à la suite de son départ et que le livre de Néhémie nous fait connaître. Néhémie était arrivé à Jérusalem avec des pouvoirs fort étendus, attachés à son titre d’ATHERSATHA (t. i, col. 1221). Esdras fut son principal auxiliaire dans toutes ses réformes religieuses, cf. II Esdr., viii, 9 ; xii, 26 ; c’est lui qui lit la Loi au peuple, qui l’interprète aux lévites, etc. II Esdr., viii, 1-6, 13. Sa présence est mentionnée lors de la dédicace des murailles de Jérusalem, Il Esdr., xn, 35; mais son nom ne figure pas parmi ceux qui signèrent l’alliance, II Esdr., x, 1-27 (l’opinion de ceux qui supposent que le Saraïas ou l’Azarias du f. 2 est Esdras semble peu vraisemblable). La signature de celui qui avait été un des principaux promoteurs de cet acte | put être considérée comme inutile. (Sur l’opinion qui I place les derniers événements de I Esdras après Néhéi mie, voir t. i, col. 1041.) — La date de la mort d’Esdras

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