‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 307 sur 485 · ESRON, ville de Juda, Jos., xv, 3. Voir Hesron · texte numérisé non relu

ESRON, ville de Juda, Jos., xv, 3. Voir Hesron

ESS ( Léandre van), religieux bénédictin, né à Wartbourg en 1772, mort à Marbourg le 13 octobre 1843. Il avait embrassé la vie religieuse à l’abbaye de Munster. Après la suppression de ce monastère , il devint curé de Marbourg et enseigna la philosophie dans cette ville. Avec son cousin, Charles van Ess (25 septembre 1770- 22 octobre 1824), il traduisit en allemand le Nouveau Testament : Die heiligen Schriften des Neuen Testaments übersetzt, in-8°, Brunswick, 1807. Cette version, souvent réimprimée, fut condamnée par un décret de l’Index du 17 décembre 1821. Léandre publia de nombreuses éditions de la Bible, fort en honneur pendant longtemps près des protestants et des sociétés bibliques. Mentionnons : Testamentum Novum græce et latine expressum ad binas editiones a Leone X adprobatas ; additæ sunt aliarum novissimarum recensionum variantes lectiones græcæ una cum Vulgata editionis Clementinæ ad exemplar Romæ 1502, etc., in-8°, Tubingue, 1827; Testamentum Vêtus græcuni juxta LXX interprétés ex auctoritate Sixti V edituni, in-8°, Leipzig, 1835. En 1840, il publia une édition complète de la Bible en allemand, et en même temps il faisait paraître une série de brochures destinées à prouver qu’on ne saurait interdire aux laïques la lecture de l’Écriture Sainte en langue vulgaire. — Voir Hurter, Nomenclator litterarius , t. iii ( 1895), p. 1042. B. Heurtebize.

EST, point du ciel où le soleil se lève. Voir Cardinaux (Points), col. 257, et Orient.

ESTELLA (Diego de), franciscain portugais de la seconde moitié du xvie siècle. Orateur et écrivain , il fut le confesseur du cardinal de Granvelle, ministre de Phi-

ESTELLA — ESTHÉMO

lippe II. Parmi ses nombreux écrits, on remarque : In Evangelium Lucæ commentarii, 2 in-f°, Alcala, 1578. Ce commentaire fut condamné par l’Index et les théologiens espagnols. Une édition corrigée en fut publiée à Venise, en 1582, et à Anvers, en 1584. On doit encore à cet auteur une Explicatio Psalmi cxxxvi, qui parut à la suite d'un autre ouvrage intitulé Rhetorica ecclesiastica, in-8°, Cologne, 1586. — Voir Wadding, Scriptores Ordinis Minorum , p. 102; N. Antonio, Bibliotheca hispana nova, t. i, p. 282. B. Heurtebize.

4. ESTHAMO (hébreu: Éstemôa'; Septante: ’Et- Oxipt-wv; Codex Alexandrinus : ’EcrOsp-côv, I Par., iv, 17, et ’Ecr0aip.cjovïj ; Codex Alexandrinus : ’lEcr0e(j.a>ir), I Par., iv, 19) est donné par quelques-uns comme un nom d'homme dans I Par., IV, 17, parce qu’il est dit que Jesba est le père d’Esthamo. Mais cela signifie que des descendants de Jesba furent les habitants d’Esthamo. Voir Esthamo 2. Au f. 19, il semble bien aussi que Esthamo est le même nom de ville et qu'on doive traduire:

« Les fils de la femme d'Odaia ( Hôdiyyâli ) sont le

père de Ceïla, hag-Garmite, et (sous-entendu abi) le père d'Esthamo, le Maacathite. » Ceïla est un nom de ville, et l’épithète haggarmile s'applique au père ou fondateur de la ville; de même pour Esthamo, Maacathite se rapporte au père ou fondateur de la ville. Cependant un bon nombre d’exégètes voient dans ce ÿ. 19 un nom d'homme, qui serait peut-être un des fondateurs de la ville à laquelle il aurait donné son nom. E. Levesque.

2. ESTHAMO, ville de la tribu de Juda, ainsi appelée par la Vulgate. I fieg., xxx, 28. Son nom est écrit ailleurs Esthémo. Voir Esthémo.

ESTHAOL (hébreu : ’Éstd’ôl; Septante : Codex Vaticanus , ’AaxadA, Jos., xv, 33; ’Ao-â, Jos., xix, 41; ’EaOaôX , Jud., xm , 25; xvi , 31; xvm, 2, 8, 11; Codex Alexandrinus, ’EtOocoM, Jos., xv, 33; ’E9aïX, Jud., xm, 25; Vulgate : Estaol , Jos., xv, 33; Esthaol , Jos., xix, 41 ; Jud., xm, 25; xvi, 31 ; xvm, 2, 8, 11 ), ville primitivement attribuée à Juda et citée en tête du premier groupe de « la plaine » ou Séphélah, Jos., xv, 33; mais plus tard donnée à Dan. Jos., xix, 41. C'est entre cette place et Saraa , avec laquelle elle est toujours mentionnée, que se trouvait Mahânéh- Bân ou « le camp de Dan », où Samson ressentit pour la première fois l'impulsion divine. Jud., xm, 25. C’est entre ces deux localités, dans le sépulcre de son père Manué, que fut également enseveli le héros d'Israël. Jud., xvi, 31. Toutes deux enfin fournirent les cinq explorateurs envoyés par les Danites avant d’aller surprendre Lais, et les six cents hommes qui prirent part à l'expédition. Jud., xvm, 2, 8, 11. Elles se trouvaient non loin de Cariathiarim ( Qariet el-'Enab), Jud., xviii, 12, à laquelle les unissait une certaine communauté d’origine. 1 Par., il, 53.

Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœtlingue, 1870, p. 119, 255, placent Esthaol à dix milles (environ quinze kilomètres) d’Eleuthéropolis ( Beit Djibrîn) en allant au nord vers Nicopolis ( Amoâs ). On l’identifie généralement et justement avec le village actuel d’Esc/iu'a ou Aschu'a, situé dans cette direction. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. m, p. 25; G. Armstrong, W. Wilson et Couder, Names and places in the Old and New Testament , Londres, 1889, p. 62, etc. Voir la carte de Dan, col. 1232. Les raisons sont les suivantes : 1° Esthaol est toujours mentionnée avec Saraa (hébreu : Sor'âh). Dans l’énumération de Josué, xix, 41, elle se trouve entre cette ville et Hirsémès (hébreu : 'lr semés, « ville du soleil »), ou Bethsamès (hébreu : Bct semés, « maison du soleil »). Or Saraa subsiste encore actuellement sous le même nom, Silr' ah ou Sara'a, et Bethsamès a son correspondant exact dans 'Ain Schems, « la source du soleil, » au

sud de la première. Il est donc tout naturel de reconnaître Esthaol dans Eschu'a, situé à quatre kilomètres au plus au nord-est de Sara’à. — 2° Si le nom actuel ne reproduit qu’imparfaitement l’ancien, on peut s’appuyer sur une vieille tradition recueillie par M. V. Guérin, à Beit Athab, de la bouche de plusieurs vieillards, et d’après laquelle Aschu'a se serait primitivement appelé Aschu'al ou Aschthu'al. — - 3° « La Bible, ajoute le même auteur, Judée, t. il, p. 13, nous apprend que Samson fut enterré par ses frères entre Sara'a et Esthaol, dans le tombeau de son père Manué. Jud., xvi, 31. Or, chose singulière, entre Aschou'a et Sara'a, les musulmans vénèrent depuis des siècles un oualy qui porte, il est vrai, vulgairement le nom d'oualy Scheikh Gherib; mais qui m’a été désigné pareillement sous celui de Qabr Schamscliun (tombeau de Samson). » Voir aussi dans le même ouvrage, t. il, p. 382; t. m, p. 324-326. Ces raisons suffisent pour fixer l'emplacement d’Esthaol. — Eschou'a est situé sur une faible éminence et renferme à peine trois cents habitants. On n’y remarque aucun débris antique, à 1 exception d’une arcade ruinée, qui remonte peut-être à l'époque romaine et qui se voit près d’un puits probablement plus ancien. — Cf. C. Schick, Artuf und seine Umgebung , dans la Zeitschrift des Deutschen Palüstina-Vereins, Leipzig, t. x, 1887, p. 134 et suiv. A. Legendre.

ESTHAOL1TE (hébreu : hâ-’Éstâ’uli ; Septante : ■uïo’i ’EcÔxxp. ; Codex Alexandrinus: oc ’EcrrouoXaïo! ; Vulgate: Esthaolitæ ), habitants d’Esthaol, qui étaient primitivement de la même famille que les habitants de Cariathiarim et de Saraa. 1 Par., il , 53.

ESTHÉMO (hébreu : 'Éstemôa' , Jos., xxi, 14; I Reg., xxx, 28; I Par., iv, 17, 19; vi, 58; une fois sans ' aïn final, ’Estemôh, Jos., xv, 50; Septante: Codex Vaticanus, ’E<r/.aqj.àv, Jos., xv, 50; r j Tcp.â, Jos., xxi, 14; ’EcrOtxÉ, I Reg., xxx, 28; ’Eaôxcp.câv, I Par., iv, 17, 19; f, ’Eaûapüj, I Par., vi, 58; Codex Alexandrinus, ’EcTÔîgû, Jos., xv, 50; xxi, 14; 'Eabzyà, I Reg., xxx, 28; ’E<r0el’.'iV, , I Par., iv, 17; ’lecrQe jj.covj, I Par., iv, 19; \ulgate : Istemo, Jos., xv, 50; Esthémo, Jos., xxi, 14; I Par., vi, 58; Esthamo, I Reg., xxx, 28; I Par., IV, 17, 19), ville de la tribu de Juda, appartenant au premier groupe de « la montagne », Jos., xv, 50, donnée avec ses faubourgs aux enfants d’Aaron. Jos., xxi, 14; I Par., vi, 58. C'est une des places auxquelles David envoya de Siceleg une part du butin qu’il avait fait sur les Amalécites. 1 Reg., xxx, 28. D’après I Par., iv, 17, on peut croire qu elle eut pour fondateur ou pour chef de sa première population Jesba, appelé « père d’Esthamo ». A 1 époque d’Eusèbe et de saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 119, 254, c’était encore « un très grand village », habité par des Juifs, dans le Daroma, et faisant partie du district d’Éleuthéropolis. Sa situation est nettement indiquée par les villes du même groupe : Jéther ( Khirbet ’Attîr), Socoth ( Khirbet Schuéikéh), Dabir (Bhâheriyéh) , Anab ( 'Anab ), etc. On l’a justement identifiée avec Es- Semu'a, à l’est de Schuéikéh et au sud d’Hébron. Cf. Robinson , Biblical Besearches in Palestine, Londres, 1856, t. i, p. 494; IL J. Schwarz, Bas heilige Land, Francfort-sur-le-Main, 1852, p. 76; Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881- 1883, t. iii, p. 403. Le nom actuel, f. Es- Semu'a,

avec l’article, a bien la même racine que l’hébreu yinrirN, 'Éstemôa', dont la forme correspondante en arabe est

cL^ÔUoï, 'Istemâ'. Cf. G. Kampffmeyer, Alte Namen

im heutigen Palastina und Syrien, dans la Zeitschrift des deutschen Palüstina-Vereins , Leipzig, t. xvi, 1893, p. 19.

Le village d 'Es-Semu'a occupe le sommet et les pentes

ESTHÉMO — ESTHER

, d’une colline oblongue, qui, élevée sur un haut plateau,

, domine au loin la contrée. Sur le point culminant on j remarque les restes d'une forteresse , dont une partie , existe encore. Construite avec des pierres très régulières, elle date probablement de l’antiquité ; mais elle paraît ; avoir été réparée à différentes époques. Parmi les débris i, d'anciennes maisons, on distingue les arasements et L même les assises inférieures de plusieurs édifices publics, qui ont été construits avec des blocs gigantesques comti plètement aplanis ou relevés en bossage. L'un d’eux prinu cipalement a été, d'un côté, creusé dans le roc, et, de f l'autre, bâti avec des blocs immenses, très régulièrement f taillés et comparables par leurs dimensions à ceux du , Haram esch-Schérif de Jérusalem. Plusieurs portes ont " des pieds - (droits surmontés de linteaux élégamment i sculptés, avec de gracieuses arabesques, ou des grappes • de raisin , ou des vases à fleurs séparés par des espèces ; de rosaces, ou d'autres moulures d’un bon travail. Une - trentaine d'arceàux encore debout et de forme cintrée supportaient jadis des voûtes, maintenant écroulées; d’autres, avec la forme ogivale, accusent une époque i moins ancienne. Chaque édifice public, chaque maison , même renfermait un magasin souterrain creusé dans le roc. La ville était alimentée d'eau par des citernes et par des puits pratiqués de même dans le roc, et dont l’orifice était fermé avec une énorme pierre ronde, perforée à son centre. Le village actuel , qui possède des ruines si considérables, ne compte plus maintenant que deux cents habitants qui y séjournent constamment. Le reste de la population, qui peut être évalué à huit cents individus, vit sous la tente à la manière des Bédouins, ou dans des cavernes plus ou moins éloignées, afin de jouir d’une plus grande indépendance et d'échapper plus facilement à l’impôt et au recrutement militaire. Cf. V. Guérin, Judée, t. ni, p. 173, 174. A cinq minutes au sud-ouest, sur une montagne rocheuse jadis exploitée comme carrière, on voit les réstes d’un petit monument aux trois quarts détruit et appelé par les Arabes El- Benixjéh, « la Construétion. » De forme carrée , il mesurait cinq pas de chaque côté. La façade occidentale et une partie de la façade méridionale sont seules debout. Il s’élevait sur un soubassement formé de plusieurs gradins et était flanqué sur chaque face de trois pilastres couronnés de chapiteaux fort simples. La chambre intérieure était voûtée. C'est peut-être un ancien mausolée de l'époque romaine. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, t. iii, p. 412, plan, p. 413; Robinson , Biblical Besearches in Palestine, t. ii, p. 204-205. A. Legendre.

1. ESTHER (hébreu: ’Éstêr, du perse stâra, « astre, étoile; » Septante : ’E^O-np), reine de Perse, femme d’Assuérus. — 1° Elle était d’origine juive, de la tribu de Benjamin. Son nom hébreu était Édissa ( Hâdassâh), « myrte. » Sa famille (voir Cis 5, col. 781) avait été déportée de Jérusalem en Babylonie du temps de Jéchonias (599 avant J .- C. ) . Elle naquit dans la terre de la captivité. De bonne heure orpheline de père et de mère, elle fut élevée dans la ville de Suse, par Mardochée, son cousin (son oncle, selon laVulgate). Esth., n, 5-7. Voir Mardochée et Suse. La jeune Juive était d’une beauté remarquable. Assuérus, c’est-à-dire Xerxès Ier, fils de Darius 1er (voir Assuérus 1, t. i, col. 1141), ayant répudié la reine Vasthi (voir Vasthi), qui avilit refusé de lui obéir, Esth., i, 9-19, Esther devint reine ou épouse favorite (479 avant J.-C. ) en sa place, mais sans que le roi connût son origine et §a parenté. Esth., n, 8-18. — Quelque temps après, Aman l'Agagite (voir t. i, col. 433 et 260), devenu favori du roi et son premier ministre , conçut une haine violente contre Mardochée, qui refusait de lui rendre les honneurs auxquels il prétendait, et contre la nation juive tout entière. Il résolut de satisfaire sa rancune en exterminant tous les Juifs et confisquant leurs biens, et il obtint d' Assuérus plein pouvoir à cet effet. Suivant une

coutume perse, le jour du massacre fui déterminé par le sort (pur; Vulgate : phur ) et fixé au treizième jour du mois d’Adar ou douzième mois. Esth., iii, 7, 12-13. —

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