ÉTAIN
dans l’expression « la pierre de bedîl », c’est-à-dire le fil à plomb placé dans la main de Zorobabel. Zach., iv, 1Ü. Les anciens confondaient parfois l’étain et le plomb sons la même dénomination ; ou bien le plomb employé pour cet instrument était mélangé avec de l’étain pour acquérir plus de dureté, de solidité. — Dans l’éloge de Salomon, rapporté par le texte grec de l'Ecclésiastique, xlvii, 18, il est dit que de son temps l'or et l'argent étaient communs comme l 'étain et le plomb :
Tu as amassé l’or comme V étain (xatroJTspoç),
Tu as accumulé l’argent comme le plomb.
Au lieu de l’étain, la Vulgate, xlvii, 20, a aurichalcum,
- ÉTAM 1992
trouve ni dans le texte hébreu ni dans les autres versions ; il n’en est pas moins un document historique, paraissant indiquer Étam dans le voisinage de Thécué, de Bethléhem et de Phagor. Étam est citée, II Par., xi, 6, entre Bethléhem et Thécué. La région (-/mpiov) appelée Étam est, d’après Josèphe, Ant. iud., VIII, vu, 3, distante de Jérusalem de deux schènes (ou soixante stades, c’est-à-dire onze kilomètres un quart); elle est remarquable par l’abondance des eaux et la fertilité de ses jardins. Les explorateurs modernes sont généralement d’accord à reconnaître dans le nom de 'Aïn-'Etân, gardé par une fontaine située à quatre kilomètres au sud-ouest de Bethléhem, près de l'ouadi ’Urtâs, le nom biblique d’Étam; ils sont d’avis que c’est dans les environs de ce
« le cuivre. » Mais les deux versions se trompent également : le texte original récemment découvert porte hî~D , barzel, « le fer. » A. E. Cowley et Ad. Neubauer, The original Hebrev) of a portion of Ecclesiasticus, in-4°, Oxford, 1897, p. 34, f. 18e. Voir Bronze. E. Levesque.
ÉTAM , nom de deux villes de Palestine et d’un rocher.
1. ÉTAM (hébreu : 'Êtâm; Septante: Akav ; Codex Alexandrinus , Aktxp, Jos., xv, 60; ’H-rc/p., Jud., xv, 8; Akâv; Codex Alexandrinus, Akavi, II Par., xi, 6), ville de la tribu de Juda.
I. Identification. — Étam, dans la version des Septante, .Tos., xv, 60, est nommée parmi les villes assignées à la tribu de Juda. Elle est du nombre de onze villes mentionnées dans l’ordre suivant: v Théco, et Éphrata, qui est Bethléhem, et Phagor, et Aitan (transcription de saint Jérôme : Ætham), et Coulon, et Tatam, et Soris, et Gallem, et Baiter, et Manocho, onze villes et leurs | villages. » Ce passage est particulier aux Septante et ne se j
'Aïn-'Etân, situé, en effet, entre Bethléhem et Téqua' (Thécué), à sept kilomètres au nord de Beit-Fadjur (Phagor) et à près de douze kilomètres au sud-sud-ouest de Jérusalem, qu’il faut chercher l’emplacement de la "ville de même nom.
Robinson, Van deVelde, Conder, Armstrong et plusieurs autres croient trouver Étam au village actuel d’Ourtâs (fig. 612), situé sur le côté nord de la vallée du même nom, à un kilomètre au nord-ouest du 'Aïn-'Etân. Victor Guérin, F. de Saulcy, Socin et quelques autres le voient dans un khirbet couvrant le sommet d’une colline sise du côté sud de la même vallée, à cinq cents mètres du village d’Ourtâs et à l’est de la fontaine de 'Etân. Un berger l’a désignée à V. Guérin sous le nom de Khirbet el - Khûkh ; c’est le nom que lui donnent généralement les habitants du pays. Khûkh est un mot arabe désignant la « prune » et la « pèche ». Cette ruine, à cause de son peu d’étendue, parait à ce savant occuper une partie seulement de l’antique ville d’Étam. Rien n’empêche d’admettre que des habitations établies aux
ÉTAM
environs et dépendantes de la ville augmentaient son ; importance ; un groupe de maisons, dans ces conditions, [ pouvaient, dès les temps anciens, se trouver à la place j où est aujourd’hui ’Ourtâs; le khirbet el-Khûkh pouvait être l’acropole de la ville. Toutefois un grand nombre de localités désignées dans l’Écriture sous le nom de villes et même de villes fortes, n’occupaient pas un emplacement plus vaste que celui de la ruine dont nous parlons. Comme il n’existe pas dans tous les alentours d'autre ruine plus considérable, et que le site d’Ourtâs ne se prête nullement à être fortilié et défendu, il ne semble pas que l'on puisse chercher ailleurs l’ancienne ville forte d’Étam qu'au Khirbet el-Khoùkh. La région (ytopi'ov) d’Étam dont parle Josèphe ne parait point différente de la vallée d'Ourtâs, située, en effet, à peu près exactement à la distance de Jérusalem indiquée par l’historien juif, se distinguant précisément par la fertilité de ses jardins, par l’abondance des eaux qui y convergent, et près de laquelle se retrouve le nom d'Étân.
II. Description. — Le Khirbet el-Klmkh occupe le sommet d'une colline se terminant en forme de cône. Des vallées assez profondes l'environnent comme d’un vaste fossé naturel. Ses lianes recèlent plusieurs grottes et des cavernes sépulcrales. La ville, d’après l’étendue -de ses ruines, pouvait contenir un millier d’habitants. Le village d'Ourtâs est distant de cette colline de moins d’un kilomètre. Il est situé au-dessous du chemin qui vient de Bethléhem, en suivant le côté nord de la vallée. Ses maisons descendent comme par gradins jusqu'au bas de la montagne. Elles sont généralement de misérable apparence, mal entretenues et tombant en ruines. Ses habitants, tous musulmans, n’atteignent pas le nombre de trois cents. Au pied du village jaillit une source abondante d’eau limpide et saine; elle est appelée 'Ain ’ Urtâs. Ces eaux se rendaient jadis , par un canal dont les restes sont visibles en plusieurs endroits, jusqu'au Djébel- Ferdés, l’antique Ilérodium. Elles passent aujourd’hui dans un petit bassin de dix mètres de longueur sur six de large, en grande partie ruiné. Un peu plus bas, un second bassin de onze mètres de côté, formé de belles pierres et bien conservé, recevait aussi une partie des eaux de la fontaine par un canal pratiqué sur le flanc de la montagne. On a trouvé, il y a quelques années, tout à côté une grande salle ruinée, où gisaient, parmi les débris, des tronçons de belles colonnes de marbre blanc et des chapiteaux corinthiens. Les gens de l’endroit nomment cette ruine El- Hammân , « le bain, » parce que cette construction parait, en effet, avoir eu cette destination. Sur un des contreforts de la montagne, en face du village d'Ourtâs, à l’ouest, s’élève une construction d’assez gracieuse apparence et environnée d’un mur élevé; elle est destinée à être habitée par une communauté de religieuses.
La vallée d’Ourtâs a son origine à deux kilomètres à l’ouest du village. Elle se dirige d’ouest à est l’espace de trois kilomètres; prenant alors la direction du sudest, elle change de nom et devient l’ouadi et-Tâhûnéh ,
« la vallée du Moulin. » Depuis ’Ourtâs presque jusqu’à ce point, la vallée est un grand jardin dont la végétation luxuriante contraste avec la nudité pierreuse des montagnes qui le resserrent au nord et au sud et paraissent le fermer de toutes parts. Les amandiers, les cognassiers, les citronniers, les orangers et les grenadiers y croissent à côté des pêchers, des poiriers, des pruniers, des pommiers et des noyers. Toutes les espèces de légumes y sont cultivées avec succès, et on a pu obtenir dans le cours d’une année jusqu’à cinq récoltes successives de pommes de terre. La prodigieuse fertilité de ce jardin est due sans doute à la nature du sol, à la température tiède de la région, protégée par les montagnes qui l’environnent contre la rigueur des vents; mais surtout à l’abondance de l’eau fournie spécialement par les trois grands bassins, El- Burak, connus des Européens sous le nom de Vasques
ou Étangs de Salomon. Voir t. i, col. 799 et fig. 190, ibid. Ces bassins occupent toute la partie supérieure de la vallée, au-dessus de la colline El-Khoùkh. A quelques pas de la piscine, en face de son angle nord-ouest, est un grand château de forme rectangulaire, avec des murs crénelés et flanqué d’une tour carrée à chacun de ses angles. Il a été bâti au xvne siècle, pour y loger les soldats chargés de la garde des bassins. L'intérieur en est maintenant fort délabré. Il est désigné sous le nom de Qala'at el-Burak, « le château des Vasques. » — Destinés à capter les eaux des pluies de l’hiver, comme on le voit par des canaux à ciel ouvert qui descendent des montagnes voisines, les trois bassins devaient recueillir en outre les eaux de toutes les sources importantes de la région. Celle qui leur a toujours apporté le tribut de ses eaux est le 'Ain $âleh. Voir t. i, col. 799. Une seconde source jaillit au sud du château et unit son eau à celle qui va se déverser dans le canal du 'Ain Sâléli. Une troisième source abondante sort dans la chambre du bassin inférieur. La quatrième, 'Ain 'Etcîn, captée dans une chambre à voûte cintrée , construite à deux cents pas du grand bassin, envoie ses eaux par un canal à un petit réservoir disposé au nord de ce bassin et destiné à recevoir également les eaux des autres sources qui devaient être conduites plus loin. Un canal long de huit kilomètres amène du sud, en passant par l’ouadi Deir el-Benât, les eaux des sources de l’ouadi el-Biâr, « la vallée des Puits. » Un autre canal prend les eaux des fontaines de 'Arrûb , à dix kilomètres des Vasques, près de la- route d’Hébron, et leur fait parcourir, par d’innombrables circuits à travers les montagnes, un espace de quarante-cinq kilomètres avant de les amener aux bassins d’ ’ Urtâs. Toutes ces eaux auraient été surabondantes pour l’arrosage des jardins; elles étaient destinées principalement au service du Temple et aux besoins de Jérusalem. On peut suivre encore les canaux, en grande partie ruinés aujourd’hui, partant des Vasques , qui conduisaient ces eaux par de longs détours jusqu’au Harâni es-Sérîf, qui a remplacé l’ancien Temple. Voir Aqueduc, t. i, col. 798-803.
III. Histoire. — Samson, après avoir incendié les moissons des Philistins , alla habiter une caverne du rocher d’Étam. Les Philistins pénétrèrent sur le territoire de Juda pour s’emparer de lui. Trois mille hommes de la tribu vinrent à Étam, à la caverne où était Samson, le lièrent et le conduisirent aux Philistins. Jud., xv, 8-13. Le rocher d’Étam, selon V. Guérin, n’est autre que la colline rocheuse sur laquelle se trouve le Khirbet el- Khûkh. Le récit de Josèphe, Ant. jud., V, vm, 8, faisant d’Étam un rocher fortifié, uÉTpa o'/upâ, confirme cette opinion. Cependant, d’après Conder et d’autres, le rocher d’Étam serait différent de la forteresse d’Étam ; il faudrait le chercher aux environs de Beit-'Atâb , et voir le refuge de Samson dans quelqu’une des cavernes des montagnes des environs. Nous ne voyons aucune raison solide pour supposer l’existence d’un second Étam. La Bible, en nommant Étam de la tribu de Juda, semble l'indiquer comme s'il était seul. — Une croyance répandue chez les Juifs, les chrétiens et les musulmans, attribue au roi Salomon la création des jardins d’Étam, la construction des piscines et de plusieurs des aqueducs et des autres travaux exécutés pour capter les eaux dœs sources. Le monarque ferait allusion à ces jardins lorsque, parlant de sa bien -aimée, Cant., iv, 12, il dit d’elle :
« C’est un jardin fermé, ma sœur, mon épouse, c’est un jardin fermé; » et il parlerait de la fontaine 'Ain Çâléh, lorsqu’il ajoute: « [Elle est] une fontaine scellée.» Fondés sur cette croyance, depuis plusieurs siècles les pèlerins chrétiens ont coutume d’appeler le 'Ain Sâléh Fons sir/natus, « la fontaine scellée, » et les jardins d'Ourtâs Hnrtus conclusus, « le jardin fermé. » Il semble même que c’est cette dénomination d ’hortus, acceptée des Arabes, qui se continue sous la forme 'Urtâs. Salomon aurait eu encore spécialement en vue les mêmes jardins et les
ÉTAM — ÉTÉ
mêmes œuvres, lorsqu’il dit, dans l’Ecclésiaste, n , 4-6 : « Je me suis fait des choses magnifiques,., Je me suis créé des jardins et des vergers, que j’ai remplis de toutes sortes d’arbres; je me suis construit des réservoirs d’eau pour arroser mes bosquets et mes plantations. » Cette opinion , en tant qu’elle attribue à Salomon l’établissement de jardins à Étam, aujourd’hui ’Ourtàs, est du moins d’une très grande probabilité, parce qu’elle s’appuie sur un passage de Josèphe qui peut être considéré comme l’expression de l’antique tradition du peuple juif: «Escorté de ses gardes armés et munis d'arcs, dit cet historien, le roi, monté lui-même sur un char et revêtu d'un manteau blanc, avait coutume, à l’aube naissante, de sortir de Jérusalem. Or il y avait un endroit éloigné de deux schènes de la ville et appelé Étam. Grâce à ses jardins et à l’abondance de ses eaux courantes, ce lieu était à la fois plein de charme et de fertilité. C’est là que Salomon se faisait transporter. » Ant. jud., VIII, vu, 3. Le Talmud fait déjà remonter la création des œuvres hydrauliques d’Étam au temps de l’établissement du premier Temple. Yoma, 31 b; Zebahim, 54 b. La nécessité d’y amener des eaux abondantes a dù, en effet, se faire sentir dès le principe, et l’on ne comprendrait pas que Salomon, avec les moyens dont il disposait, n’y eût pas pourvu. Les autres rois de Juda ont pu développer son œuvre; mais il paraît difficile de faire descendre l’origine de ces travaux jusqu’après la captivité de Babylone. — Roboam, fils et successeur de Salomon, pour se prémunir contre les tentatives du roi d'Israël, fit fortifier en .Juda un grand nombre de localités; Étam fut du nombre. II Par., xr, 6.
— Quelques écrivains ont cru pouvoir attribuer à Ponce Pilate les travaux d”Urtàs. Josèphe raconte, en effet, que ce procurateur provoqua de grands troubles, en s’emparant des fonds du trésor sacré, appelé qorbân, pour conduire des eaux à la ville. Il les avait fait venir d’une distance de quatre cents stades. Ant. jud., XVIII, ni, 2; Bell, jud., Il, ix, 4. L’historien désigne, selon toute vraisemblance, l’aqueduc de 'Arrûb, dont le parcours jusqu’à Jérusalem est de près de soixante kilomètres ou trois cent vingt stades; mais il peut parler d'une simple restauration. La création de ce canal aurait- elle été l’œuvre de Pilate , il n'en résulterait pas que les ■ piscines et les autres canaux, dont les ruines indiquent une grande différence de structure, fussent de lui. — Les piscines et les aqueducs ont souvent été restaurés dans la suite des temps. Il est difficile de déterminer quelles parties sont de l’œuvre primitive et quelles parties appartiennent aux diverses restaurations. Le canal, qui, il y a quelques années, avait cessé d’amener les eaux d’Ourtàs au Harâm es- Sérif , a été restauré en 1898 et les y conduit de nouveau.
— Voir V. Guérin, La Judée, Paris, 1869, t. ni, p. 104-119;
Survey of Western Palestine, Memoirs, in -4°, Londres, 1883, p. 43 et 83. L. IIeidet.
2. Étam (hébreu : ' Êtâm ; Septante : A!t4v), village (hébreu : hâsér ; ce qui correspond au douar des Arabes d’Afrique) de la tribu de Siméon (probablement aussi f. 4, ou père = fondateur). 1 Par., iv, 32. Il n’est pas contenu dans la liste parallèle de Josué, xix, 7. Aussi quelques auteurs ont-ils cru qu’il était mis pour Athar (hébreu : 'Etér; Septante : ’leOèp ), le troisième nom de cette dernière. Mais dans ce cas il devrait occuper la même place, au lieu de se trouver en tête de la liste : Athar ou Éther, en effet, est, dans Josué, xv, 43; xix, 7, placé près d’Asan. Cf. Keil, Chronik, Leipzig, 1870, p. 70. On l’a aussi à tort confondu avec Étam de Juda, Jos., xv, 60 (texte grec); II Par., xi, 6, qui, cité avec Bethléhem, Coulon, Thécué, etc., était plus haut, dans le district montagneux. Voir Étam 1. Le village de Siméon fait partie d’un groupe qui est déterminé principalement par Remmon, qu’on identifie généralement avec Khirbet Oumm er-Roumâmim, au nord de Bersabée. C’est donc dans ces parages qu’il faudrait le chercher. Voir Aïn 2, t. i, col. 315; Asan,
t. i, col. 1055. Conder a proposé de le reconnaître dans Khirbet ' Aïtoun , au sud de Beit Djibrîn. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. nr, p. 261; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Naines and places in the Old and New Testament , Londres, 1889, p. 62. Il n’est pas sur que la tribu de Siméon remontât jusque-là. A. Legendre.
3. ÉTAM (ROCHER D’) (hébreu : Séla' ‘ Êtâm ; Septante : névpa ’Htap. ; Vulgate : Silex Etam), rocher situé près d’Étam, dans lequel se trouvait une caverne où Samson s’était réfugié après avoir battu les Philistins. Jud., xv, 8, Tl. Ramathléchi était dans le voisinage, probablement au-dessous, au bas de la montagne, non loin de Bethléhem, dans la tribu de Juda. Jud., xv, 8-17. Voir Étam 1, col. 1994.
ÉTANG. La Vulgate rend par le mot stagnum, a. étang, » l’hébreu ’âgâm, Ps. cvi (hébreu, cvn), 35; cxm (cxiv), 8; Is., xxxv, 7; xli, 18; xlii, 15, et le grec Xt[rvv|, II Mach.,. xii, 16; Luc., v, 1, 2; vin, 22, 23, 33; Apoc., xix, 20; xx, 9, 14, 15; xxi, 8. Dans d’autres passages cependant elle a traduit le même terme par paludes , « marais, » Exod., vu, 19; vin, 5 (hébreu, 1); Is., xiv, 23; Jer., li, 32. On trouve dans les Septante les pluriels Xcpivat, Ps. cvi, 35; cxm, 8; 'tir, , Exod., vu, 19; vm, 5; Is., xxxv, 7; xli, 18; xlii, 15, et cru orr] para , Jer., li, 32. L’expression hébraïque indique donc d’une façon générale des eaux « stagnantes », où croissent les roseaux, par opposition aux eaux courantes du « torrent », nahal, ou de la « rivière », nâhâr. Elle désigne des bassins naturels, distincts par là même des réservoirs artificiels creusés dans le sol et entourés de murs, comme la «piscine», berêkâh, le birket arabe. L’Écriture du reste, parlant des eaux de l’Égypte, Exod., vu, 19; vm, 5, a bien soin de distinguer les ’âgammîm, « étangs, » des naharôt ou bras du Nil, des ye’ôrim, canaux, et des amas d’eaux laissées par le fleuve, kol miqvêh mayim, mares et bourbiers. — Dans le Nouveau Testament, la Vulgate a traduit par stagnum le grec Xipv/j , « lac, ». appliqué justement par saint Luc, v, 1, 2; vm, 22, 23, 33, au lac de Tibériade. Voir Vigouroux, Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques, 2e édit., p. 54; Id., Les Livres Saints et la critique rationaliste , 4e édit., t. i, p. 182. Nous lisons aussi stagnum Apoc., xix, 20; xx, 9, 14, 15; xxi, 8, et de là est venue l’habitude de traduire ces passages de saint Jean par « étangs de feu » ; mais « lacs de feu » serait plus exact. — Pour la signification précise et la distinction des termes hébreux qui concernent les eaux , on peut voir Stanley, Sinai and Palestine, Londres, 1866, p. 509-516. — Sur les étangs artificiels et entourés de maçonnerie, destinés à conserver l’eau des sources, voir Piscine. — Sur les étangs ou vasques de Salomon, voir t. i, col. 798, 799.
A. Legendre.
ÉTÉ ( qayis , de qû$, « couper, » le temps où l’on coupe la moisson; Septante : ôlpoç; Vulgate : æstas), la saison la plus chaude de l’année dans notre hémisphère boréal. Pour nous elle commence en juin, au solstice, et se termine à l’équinoxe de septembre; chez les Hébreux cette saison n’était point délimitée avec précision, et le mot qayi y désigne en général la saison chaude, celle où l’on coupe les moissons déjà mûries. En Palestine, la température de l’été varie suivant l’altitude. A Jérusalem et dans les régions montagneuses du pays, la moyenne de la température se maintient, du commencement de mai à la fin d’octobre , entre 22° et 26°, avec maximum en juillet. Dans les pays de plaine, la chaleur est beaucoup plus forte et les moissons se font un mois plus tôt qu’à Jérusalem. La vallée du Jourdain a des températures encore plus élevées, à cause de la dépression et de l'encaissement du sol. La moyenne de l’été est de 28° pendant le jour dans la plaine de Génézarelh ; elle va en