ÉTHIOPIENNE (LANGUE
L'alphabet éthiopien dérive de l’ancien alphabet himya- , Tite ou sabéen. Historiquement, rien de plus naturel; les Éthiopiens, comme on l’a dit, sont originaires du pays de Saba ; ils ont donc apporté avec eux la langue et l’écriture de leurs ancêtres. Il n’y a du reste qu’à jeter un coup d’œil sur un alphabet sabéen pour reconnaître qu’à l'origine les deux peuples avaient une même écriture. Voir Alphabet, t. i, fig. 109, col. 414. — A une époque relativement récente, les Éthiopiens, comme les autres Sémites, éprouvèrent la nécessité de compléter leur alphabet en y adjoignant des signes spéciaux pour les j voyelles. Toutefois, au lieu de représenter leurs voyelles par des signes distincts des consonnes, ils les exprimèrent | par une simple modification de la consonne ou par l’ad- I jonction d’un petit appendice placé à côté de la consonne, qui, dans sa forme simple ou primitive, fut regardée j comme ayant la valeur de a ajouté à la valeur conso- | nautique. Il en est résulté que l’alphabet éthiopien s’est j transformé en un véritable syllabaire, puisque chaque ! consonne a toujours une valeur syllabique, et jamais, à proprement parler, une valeur purement consonantique. Les voyelles éthiopiennes étant au nombre de sept : a, û, î, û, ê, e, ô, on a, dans un alphabet éthiopien complet, sept fois les vingt-six consonnes, au total cent quatrevingt-deux signes. Le tableau suivant nous les donne tous et plus clairement que ne le ferait aucune explication.
Avec a |
It
if
ft*
th
ell.
ell
(in
an-
ip
fi
rt-
fi.
ht
lî
ïi*
Ïï
tu
ah
tp
‘il
il)'
ih
fl
fl.
fl*
ya
Pm
rn
fii.
Quatre consonnes peuvent aussi être vocalisées en diphtongues de la manière suivante :
‘f» qua
qui
“P. quà
4î quê
«J»*, que
•‘ftt hua
"h. hui
X huâ
•'#, huê
'’y. hue
h» kua
’([«. kui
kuà
Vl, kuê
\ f' kue
7" Sua
guâ
,7» guè
T- gue.
En dehors de ce syllabaire, les Éthiopiens ne connaissent pas d’autre signe graphique que les deux gros points ( : | placés après chaque mot, et qui sont portés au nombre de quatre ( : ï ) ou davantage à la fin des phrases. Rien n’indique, par exemple, les lettres redoublées, comme le fait le dâgés en hébreu, le tasdid en arabe. On sait enfin que dans les écritures sémitiques il faut lire en allant de droite à gauche; l’éthiopien et l’assyrien font exception, ils se lisent comme nos langues indo-européennes, de gauche à droite.
IL Grammaire giie'ez. — En éthiopien, comme dans les autres langues sémitiques, presque toutes les racines des mots se composent de trois lettres, et pour cette raison sont dites trilittères. Pour avoir une idée générale d’une langue sémitique quelconque et connaître en même temps ses caractères spéciaux et distinctifs, il suffit de jeter un coup d’œil sur les formes des trois principales espèces de mots : le pronom personnel, le verbe et le nom.
1° Le Pronom personnel. — Deux sortes de pronoms : pronoms séparés et pronoms suffixes. Ainsi en est-il dans toutes les langues de la famille.
Les pronoms séparés en éthiopien sont les suivants :