DANSE
quand ces sentiments atteignent un haut degré d’intensité, le corps entre en mouvement comme pour se mettre à l'unisson des vibrations de l’àme. Ce mouvement instinctif du corps a été soumis à des règles et est devenu la danse, de même que l’expression verbale de la pensée et l'émission de la voix, soumises à des cadences particulières, ont donné naissance à lu poésie et à la musique. Ces trois arts, poésie, musique et danse, se trouvèrent associés par la force même des choses. « L’exemple des enfants prouve que la poésie et la musique réunies conduisent naturellement à la danse. Les sensations vives, vivement exprimées par des paroles et par des sons, demandent l’accompagnement du geste. » Ilerder, Histoire de la poésie des Hébreux, trad. de Carlowitz, Paris, 1851, p. 445. Sur les monuments égyptiens, on voit les danseurs exécutant des mouvements cadencés et se présentant dans les attitudes les plus gracieuses. Ils sont souvent deux à deux, et reproduisent avec leurs bras et leurs jambes les mêmes figures symétriques (fig. 473-475). Chez les Hébreux, il n’est pas question de danse à l'époque patriarcale. Mais après le passage de la mer Rouge, Marie,
-173. — Danseurs égyptiens. ve dynastie. Pyramides de Ghizéh. D’après Lepsius, Denlcmcüer, Abth. ti, PI. 52.
Copenhague, 1607. Une seconde édition en fut préparée et donnée par Hans Swaning, archevêque de Seeland :
1 Biblia paa Danske, det er : Den gandske hellige Skriftis Bogger, paa ny igiennemseete efter den Ebræiske oe Grækiske Text (ved. Hans Svane), 2 in-4° ou 4 vol. in-8°, Copenhague, 1647. Cette édition revisée fut réimprimée en in-8°, dans la même ville, en 1715, en 1717-1718, en 1722, grâce au collège des Missions, fondé en 1714, qui répandit un nombre considérable d’exemplaires. Les éditions qui suivirent, de 1732 à 1748, reproduisent le ! même texte : en cette dernière année le Nouveau Testament fut retouché, mais la traduction de l’Ancien fut I laissée intacte. Depuis des réimpressions en furent don- I nées en 1760, 1766, 1771, 1780, 1787, 1791, 1799, toutes I in -8°. La Société biblique répandit à profusion deux édi-
I fions faites en 1810 et 1814, d’après celle de 1799. En 1819
II parut une édition in-8° revisée du Nouveau Testament ' par l'évêque Münter et cinq autres savants, réimprimée I en 1820, in -8°; et en 1824 le même travail fut achevé I pour l’Ancien Testament, qui fut publié avec le Nouveau I en in -4°. Une édition avec des notes de plusieurs théo- I logiens fut donnée à Copenhague, en 2 vol. gr. in -8°,
1846-1847. — Voir Le Long, Bibliotheca sacra, in-f°, ! 1723, t. i, p. 415-417; S. Bagster, The Bible of every | Land, in-4°, 1860, p. 217-221; Chr. V. Bruun, Biblio- I theca Danica, in -4°, 1877, t. i, p. 10. E. Levesque.
DANSE (hébreu : mâhôl et mehôlâh, de hûl ou hil, I « danser en rond; » Septante : -/opd;; Vulgate : chorus ), i| suite de sauts et de pas exécutés en cadence, ordinaire- I ment avec accompagnement de musique.
I. La danse en général. — 1° Chez tous les anciens ■ peuples, la danse est née naturellement du besoin d’exi primer extérieurement certains sentiments de lame ;
sœur d’Aaron et de Moïse, se montre habile à chanter et à danser. Exod., xv, 20. Même dès cette première époque, la danse n’est point un privilège de certaines classes de la société; c’est tout un peuple qui danse autour du veau d’or, quelques semaines seulement après la sortie d’Égypte. Exod., xxxn, 6, 19. — 2° Ce qui montre quelle place tenait la danse dans les habitudes des anciens Hébreux, c’est qu’ils n’ont pas moins de huit verbes pour désigner l’action de danser : hûl et hil, Jud., xxi, 21 , d’ou dérivent les deux substantifs qui signifient « danse »; — dûs, « sauter, » Job, xli, 13 (s’il ne faut pas lire rûj, « courir »); — hàgag , « danser, » I Reg.,
xxx, 16, verbe qui a cet autre sens caractéristique de « célébrer une fête », un hag; danse et fête apparaissent donc ici comme choses connexes ; — kcirar, « sauter, aller en rond, danser, » II Reg., vi, 14, 16; — pâzaz, « sauter et danser, » Il Reg., vi, 16; — pâsah, « boiter, » et par ironie « danser » ridiculement, III Reg., xvm, 26; — ràqad, « sauter de joie et danser, » I Par., xv, 29; Job, xxi, 11; Eccl., m, 4; Is., xm, 21; — èihaq, « danser, » pihel de sdhaq, qui veut dire «rire, jouer», 71 a;Ç=tv, ludere, Jud., xvi, 25; II Reg., vi, 5, 22; I Par., xm, 8; Jer., xxx, 19;
xxxi, 4. Cf. Prov., vin, 30. Le verbe grec TralÇsiv, « faire l’enfant, jouer,» a également le sens de « danser ». Odys., viii, 251; xxiii, 147; Hésiode, Sait., 277; Aristophane, Thesmoplior., 1227. — 3° La Sainte Écriture fait plusieurs allusions au goût des Hébreux pour la danse. Job, xxi, 1 1, parle des heureux du siècle dont « les enfants dansent ». Ailleurs, xli, 13, par une figure hardie, il dit que « l’épouvante danse devant le crocodile ». Dans le Cantique des cantiques, vu, 1, Salomon compare la Sulamite à « une danse des deux camps », c’est-à-dire à deux troupes de danseuses qui se répondent. L’Ecclésiaste, m, 4, rappelle qu'il y a « temps de pleurer et temps de danser ». Dans