‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 360 sur 485 · EXPIATION (FÊTE DE L’) - EXTRÊME-ONCTION · texte numérisé non relu

EXPIATION (FÊTE DE L’) - EXTRÊME-ONCTION

7° La conclusion. — Après le départ du bouc émis- | saire, le grand prêtre offrait son holocauste et celui du peuple. Puis l’on emportait hors du camp pour les brûler le taureau et le bouc expiatoires. Lev., xvi, 23-27. Pendant ce temps, le grand prêtre lisait au peuple une partie de la Loi dans le parvis des Femmes, de manière que personne ne pût à la fois entendre la lecture et voir brûler le bouc. Yonia, vu, 2. — Toutes les cérémonies de ce jour ne purent toujours s'accomplir dans la forme prévue par le Lévitique. Par exemple, dans le second Temple, où l’arche d’alliance ne se trouvait plus, les aspersions de sang et la combustion des parfums se faisaient sur une pierre qui remplaçait l’arche. La cérémonie devait être exécutée par le grand prêtre consacré pour succéder à son père dans le sacerdoce. Lev., xvi, 32. Dans les derniers temps, la succession des grands prêtres cessa d’être conforme à la Loi , et cependant ce fut toujours le grand prêtre en exercice, sauf les cas de force majeure, qui présida à la fête de l’Expiation. Enfin l’on entoura d’un bon nombre de pratiques accessoires le rituel de la fête, tel que l’avait fixé le Lévitique. Les prescriptions mosaïques ne cessèrent pourtant pas d’être respectées dans ce qu’elles avaient d’essentiel. Jusqu'au soir de la fête, après le soleil couché, on s’interdisait rigoureusement six choses : le manger, le boire, l’ablution, Ponction, l’usage du mariage et celui des chaussures de peau. La nuit venue, on se livrait aux festins et à la joie. Siphra, fol. 252 , 2. — En dehors du Pentateuque, il n’est plus fait mention, dans l’Ancien Testament, de la fête de l’Expiation. L’Épitre aux Hébreux, Philon et .Tosèphe sont les premiers à en parler après le Lévitique. Ce silence ne prouve rien contre la célébration annuelle de la solennité. 11 est probable, au contraire, que si l’on avait eu à la reprendre à la suite d’une interruption quelconque, [ il serait parlé quelque part de ce retour aux prescriptions | mosaïques.

8° L’effet produit. — Le texte du Lévitique, xvi, 16, 19, 33, dit expressément que l’expiation est faite à cause des transgressions et des péchés des enfants d’Israël. S’il y a expiation , il y a donc pardon des péchés. Saint Thomas, après avoir dit que la fête de 1 Expiation était instituée « en mémoire du bienfait accordé par Dieu à son peuple, quand il lui avait pardonné, à la prière de Moïse, le péché commis par l’adoration du veau d’or », Summ. theol., la 2æ, q. 102, a. 4, ad 10, ajoute ensuite, a. 5 ad 6, que les expiations pour les péchés faisaient partie des sacrements de l’ancienne Loi. Les boucs figuraient l’impureté; le bouc émissaire, chassé au désert, portait la peine méritée par les péchés du peuple ; l’immolation de l’autre bouc et du taureau hors du camp convenait à l’expiation des péchés graves et nombreux. Tous ces animaux d’ailleurs étaient la figure de Jésus -Christ, qui devait mourir pour expier les péchés des hommes. Tertullien, Advers. .Judæos, xiv, t. il, col. 640, avait déjà expliqué le symbole dans ce dernier sens. Voir aussi Advers. Marcion., in, 7, t. ii, col. 331; Epist. Barnab.,1, t. n, col. 743; S. Justin martyr, Advers. Thryplion., 40, t. vt, col. 563. — La fête de l’Expiation, comportant non seulement des cérémonies rituelles, mais en même temps le jeûne, la componction du cœur et la remise du péché, n’avait rien d’analogue dans les religions païennes, où les purifications consistaient en simples formalités extérieures. — Voir J. Buxtorf, Synagoga judaica, c. xxix, in-8°, Bàle, 1680, p. 553-563 ; Reland, Antiquitates Sacræ, Utrecht, 1741, p. 246-255; Winer, Biblisches Realwôrterbuch , 3e édit., 1848, t. ii, Versôhnungstag , p. 655-660; Bahr, Symbolik des mosaïsclien Quitus , Heidelberg, 1839, t. ii, p. 664-698; Elcan Durlacher, Erecli hatephiloth, ou L’ribres (rituel) de toutes les grandes fêtes et l’usage des Israélites du rite allemand (texte hébreu et traduction française en regard), 10 in-8°, Paris, 1852-1857, t. ni, iv et v. H. Lesètre.

EXPLORATEUR. Il est plusieurs fois question dans l’Écriture d’hommes que la Vulgate appelle exploratores, Nurn., xiiii, 26, etc., et qui étaient chargés d’« explorer» (explorare) , Num., xxiii, 22, etc., un pays en qualité d’espions pour en rendre compte à ceux qui les envoyaient. Voir Espion, col. 1966.

EXTERMINATEUR. Voir Abaddon.

EXTRÊME-ONCTION, sacrement de la Loi nouvelle institué pour le soutien spirituel et le soulagement corporel des malades. •

1° D’après le concile de Trente, sess. xiv, De extrem. unct., i, le sacrement de l’extrême-onction a été figuré par Notre -Seigneur quand, sur son ordre, les Apôtres « oignaient d'huile beaucoup de malades et les guérissaient ». Marc., vi, 13. On employait l’huile pour guérir les blessures. Is., i, 6; Luc., x, 34. Cf. Babyl., Joma , fol. 77, 2; Josèphe, Ant. jud., XVII, vi, 5. Voir Huile. Mais ce n’est pas en envoyant ses Apôtres oindre et guérir les malades que Notre-Seigneur institua le sacrement, puisque les Apôtres, n’étant pas encore prêtres, n’auraient pu l’administrer, et que les malades, n’étant pas baptisés, n’auraient pu le recevoir.

2° L’Évangile n’indique pas en quelle circonstance le sacrement fut institué; mais saint Jacques, v, 14-15, le mentionne de la manière la plus explicite : « Quelqu’un de vous est-il malade? qu'il fasse venir les prêtres de l'Église et que ceux-ci prient sur lui en l’oignant d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade, le Seigneur le soulagera, et, s’il a des péchés, ils lui seront remis. » Dans ce texte sont énumérés toutes les conditions du sacrement. — 1° Le sujet. C’est un chrétien, guis in vobis : par conséquent celui qui n’est pas entré dans la communauté chrétienne par le baptême ne peut recevoir l’extrême-onction. Ce chrétien est malade, àaOsveï, infirmatur. Le verbe grec suppose, non la simple indisposition, mais la maladie sérieuse, Hippocrate, Vet. rned., 12, qui a pour effet principal la perte des forces et l’acheminement vers la mort. Act. , xix, 12. D’ailleurs saint Jacques, au verset suivant, appelle le malade v.x uvtjov, ce qui indique un homme que le mal fatigue assez gravement. Le concile de Trente, ibid., ni, s’en tient au sens général des expressions de l’Apôtre, quand il déclare que l’extrême - onction doit être « administrée aux malades, mais surtout à ceux qui sont si dangereusement abattus, qu’ils semblent arrivés à la fin de leur vie ». La gravité de la maladie suffit donc, sans le danger extrême, pour légitimer l’administration dusacrement. Telle est bien la pensée de saint Jacques. — 2° Le ministre. L’apôtre dit d’appeler les prêtres de l'Église, et, d’après le concile, le mot upeaêuTÉpoi n’a pas ici simplement le sens d’anciens ou de chefs, mais celui de ministres sacrés, évêques ou prêtres. L’Apôtre parle de prêtres au pluriel. Dans les premiers siècles, le sacrement a été souvent administré par plusieurs prêtres à la fois. Concil. Cabillonense , xlviii, dans Labbe, Collect. Concil., t. vu, p. 1283; Chardon, Histoire des sacrements , Paris, 1874, p. 749 - 750. Mais on n’a jamais regardé comme essentielle à la validité du sacrement la présence de plusieurs prêtres ; car ceux qui n’ont qu’un seul prêtre à leur disposition seraient privés de l’extrême- onction. Le prêtre qui l’administre seul agit alors « par la vertu de toute l'Église ». S. Thomas, Summ. cont. Gent., iv, 73. — 3° Les cérémonies. Tout d’abord, les prêtres doivent prier sur le malade, èn a ù-rôv, expression qui suppose une prière faite directement pour le malade et accompagnée d’une imposition des mains. Ensuite ils doivent l’oindre d’huile. L’huile est ici employée comme dans la confirmation, et comme l’eau dans le baptême ou le pain et le vin dans l'eucharistie, en tant que signe sensible de l'effet que produira le sacrement. De même que l’huile adoucit les I plaies corporelles et fortifie les membres, ainsi l'extrême-

onction produira sur l’âme des effets bienfaisants. L’huile signifie en particulier, dit le Concile, « la grâce du Saint- Esprit dont l'âme du malade reçoit fonction invisible. »

— 4° Les effets. Saint Jacques en indique trois. — 1. « La prière de la foi sauvera le malade. » Cette prière de la foi n’est pas une prière dépendant de la foi du ministre, mais celle qui tire sa valeur de la foi de l’Église, dont le prêtre n’est ici que l’organe. Cette prière suppose aussi la foi dans le malade, et plus cette foi est grande, plus la prière est efficace. Elle « sauvera le malade » quant à l’âme, mais non pas nécessairement quant au corps; autrement l’extrême-onction rendrait l’homme immortel.

— 2. « Le Seigneur le soulagera, » ly speï, littéralement

« l’éveillera », l’excitera, le mettra debout, lui qui était y.â(j.v(üv, couché par le mal. Le concile explique ainsi ce mot : le sacrement « soulage et affermit l’âme du malade, en excitant en lui une grande confiance dans la divine miséricorde ; ainsi soutenu, le malade supporte plus aisément les inconvénients et les fatigues de la maladie; il résiste plus facilement aux tentations du démon et à ses embûches; et parfois il obtient la santé du corps, quand elle est utile au salut de l’âme ». Ce second effet vise donc l’àme directement , et atteint le corps indirectement et conditionnellement. — 3.« S’il a des péchés, ils lui seront remis. » Il s’agit ici, d’après saint Thomas, ibid., des péchés dont l’homme ne peut se purifier par la pénitence, parce qu’il n’a plus ni conscience ni souvenir, et aussi des péchés quotidiens dont la vie présente ne saurait être exempte. Le concile ajoute que le sacrement « efface les fautes qui sont encore à expier et les restes du péché ». — 5° L’usage. Saint Jacques suppose un rite sacramentel déjà existant, et il le rappelle au même titre que les autres pratiques religieuses dont il fait mention dans ce passage de son Épitre, la prière, le chant des psaumes, la confession des péchés, la correction fraternelle. — Il n’est pas question de l’extrême -onction dans les autres livres du Nouveau Testament; mais ce silence n’infirme en rien la valeur de la mention qu’en fait saint Jacques, parce que les Apôtres ne traitaient, dans leurs Epitres, que les sujets imposés par les circonstances. On ignore si les chrétiens de l’époque apostolique recevaient ce sacrement toutes les fois qu’ils étaient gravement malades. Néanmoins on conclut légitimement du texte de saint Jacques que l’extrême - onction peut se réitérer. Autrement le malade guéri une première fois serait privé du bienfait du sacrement quand une nouvelle maladie vient mettre ses jours en danger. IL Lesètre.

ÉZECHIAS. Hébreu : Hizqiyyâh, Hizqiyyâhû et Yehizqiyydhû, « celui que Jéhovah fortifie » Septante : ’EÇîy.ca;. Nom d’un roi de Juda et de trois autres Israélites. Voir aussi Hezécias, t. ni, col. 201.

1. ézéchias (sur les monuments cunéiformes : Ha- • za-qi-ya-hu Ya-liu-da-ai), fils et successeur d’Achaz, roi de Juda. IV Reg., xvi, 20. Sa mère se nommait Abia. Voir t. I, col. 41. Un ancêtre du prophète Sophonie, qui parait être le même qu’Ézéchias roi de Juda est appelé Ézécias dans la Vulgate, Soph. i, 1. Voir Ézéchias, col. 2162. Il avait vingt-cinq ans lorsqu’il monta sur le trône, et il régna vingt-neuf ans. Son règne commencé la troisième année d'Osée, roi d’Israël, dura de /26 à 697, selon la chronologie communément reçue, ou bien de 729 à 688, suivant une autre supputation. Il fut réparateur et agréable au Seigneur, et il ressembla à celui de David, le roi selon le cœur de Dieu. IV Reg., xviii, 1-3; II Par., xxix, 1-2. Les événements qui le remplirent sont racontés avec plus ou moins d’ampleur dans les récits parallèles du IVe livre des Rois et du IIe des Paralipomènes. L’auteur de ce dernier, d’après son plan particulier, insiste sur les réformes religieuses d’Ézéchias et passe rapidement sur les événements civils et politiques. Le premier narrateur, au contraire, se borne

à indiquer la restauration du culte et retrace longuement l’histoire politique du règne.

I. Réformes religieuses. — 1° Purification du Temple. — Ézéchias se montra toujours fermement attaché au culte de Jéhovah, et dès le début de son règne, par une décision prompte, qu’il exécuta sans recourir à aucune mesure de rigueur, il répara les ruines religieuses accumulées par son père. A peine sur le trône depuis un mois, il rouvrit les portes du Temple, fermées par Achaz, Il Par., xxviii, 24, et il les fit couvrir de lames d’or. IV Reg., xviii, 16. Il convoqua les prêtres et les lévites. Quand ils furent assemblés sur la place qui était proche de la porte orientale du Temple, il leur adressa un discours et les exhorta à purifier la maison de Jéhovah et à enlever les immondices qui souillaient le sanctuaire. Nos pères, dit-il en substance, ont commis une grande faute et une grave offense envers le Seigneur en abandonnant son culte et en s’éloignant de son tabernacle. Les portes du vestibule ont été fermées , les lampes éteintes, l’encens a cessé de brûler, et les holocaustes n’ont plus été offerts au Dieu d’Israël. Ces crimes ont enflammé la colère de Jéhovah contre Juda et Jérusalem, et le Seigneur a livré son royaume infidèle à la destruction, à la ruine et à la moquerie. Les hommes ont péri par le glaive, les femmes et les enfants ont été emmenés en captivité. Ces tristes effets sont encore visibles à tous les yeux. Afin de réparer ces désastres et de détourner les nouveaux coups réservés aux coupables par la colère du Très -Haut, le pieux roi a résolu de rétablir l’alliance d’Israël avec Jéhovah, son Dieu. Il fait donc appel au zèle des ministres sacrés pour la restauration du culte divin, dont ils sont chargés. II Par., xxix, 3-11. Les prêtres et les lévites de Jérusalem exécutent avec empressement les ordres du roi. Les lévites purifient les parvis; les prêtres pénètrent dans le sanctuaire et en enlèvent les impuretés , qu’ils déposent dans le vestibule et que les lévites jettent dans le Cédron. Ce travail, commencé le premier de nisan, dura seize jours entiers : huit jours furent employés à la purification des parvis, et les huit autres à celle du sanctuaire. Lorsqu’il fut achevé, les prêtres en prévinrent le roi et lui annoncèrent que l’autel des holocaustes , la table de proposition et tous les vases sacrés, que son père avait profanés, étaient remis en place. II Par., xxix, 12-19. — Dès le matin du dixseptième jour, Ézéchias célébra avec les princes de Jérusalem la solennité publique de la purification du Temple. Il fit offrir des sacrifices : sept taureaux, sept béliers et sept agneaux furent immolés en holocauste; sept boucs furent tués pour les péchés d’Israël. La musique sacrée, organisée par David, avait été rétablie, et pendant l’oblation des sacrifices les lévites chantèrent les louanges de Jéhovah et les prêtres sonnèrent des trompettes et jouèrent des instruments. Le roi et tous ceux qui étaient à ses côtés se prosternèrent ensuite et adorèrent le Seigneur. Ézéchias ordonna encore aux lévites de chanter quelques cantiques de David et d’Asaph. Il invita aussi le peuple à offrir des sacrifices de toute sorte : victimes pacifiques, victimes d’action de grâces et holocaustes. Les assistants répondirent à ce désir : soixante-dix taureaux, cent béliers, deux cents agneaux, furent brûlés en holocauste; six cents bœufs et trois mille moutons furent immolés comme victimes pacifiques et d’action de grâces. Les prêtres en état de remplir les fonctions sacerdotales n’étant pas assez nombreux pour suffire à tant de sacrifices et en particulier pour dépouiller les animaux destinés à l’holocauste, les lévites, qui étaient là en grand nombre, durent les aider. Le culte divin fut ainsi complètement rétabli à Jérusalem, à la grande joie du roi et du peuple. II Par., xxix, 20-36.

2° Reprise de la solennité de la Pâque. — La fête de la Pâque n’ayant .pu être célébrée à sa date régulière, je 15 nisan, Ézéchias décida, avec les princes de Juda et les notables de Jérusalem, qu’elle serait solennisée cette

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