‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 373 sur 485 · FARDEAU — FASCINATION · texte numérisé non relu

FARDEAU — FASCINATION

tant plus intolérable, qu’eux -mêmes ne mettent même pas un doigt à l’ouvrage. Matlh., xxin, 4; Luc., xi, 4G. Notre -Seigneur appelle à lui ceux qui sont écrasés sous le poids de ce fardeau, et les invite à prendre le sien, qui est léger. Matth., xi , 28, 30. Et, en effet, ses commandements ne sont pas pesants. I Joa., v, 3.

H. Lesêtre.

FARINE (hébreu : qémah; Septante : àXevpov, «gi- SxXt;; Vulgate : farina, farinula) , partie nutritive du grain de certaines céréales, réduite en poudre. Le mot hébreu vient d’une racine qâmah, « broyer, moudre; » en assyrien, farine se dit également qému, et en égyptien qamah. C’est ordinairement la farine de froment qui est désignée par ce mot ; quand on veut désigner la farine d’orge, on ajoute le mot ie'ôrîni. Num., v, 15.

1» Dans chaque famille habituellement on broyait le grain avec le moulin à bras : travail assez pénible et souvent réservé aux esclaves. Is. , xlvii, 2. Voir Meule. On gardait ainsi à la maison une provision de farine et on faisait le pain au fur et à mesure des besoins du jour. La femme ou l’esclave, quelquefois aussi l’homme lui-même, pétrissait et faisait cuire la quantité de farine nécessaire. Ainsi en est-il pour Gédéon, Jud., vi, 19; pour la pythonisse que consulte Saül, I Reg., xxvm, 24; pour Thamar allant visiter Amnon son frère. Il Reg. , xm , 8. — Quand les guerriers des diverses tribus vinrent à Hébron pour établir David roi d'Israël, les habitants des tribus limitrophes de Juda et même du nord de la Palestine vinrent apporter des vivres et en particulier de la farine. I Par., xn, 40.

— De même, quand David vint à Mahanaïm (Vulgate: au camp), II Reg., xvm, 28, les habitants l'accueillent avec empressement , et entre autres présents lui offrent de la farine. — Chaque jour il fallait pour la maison de Salomon soixante mesures (cors) de farine. IJ I Reg., IV, 22.

— Le pain formant en Palestine le fond de l’alimentation, menacer que le grain ne donnera pas de farine, c’était annoncer une famine. Ose., vm, 7. Ainsi au temps de la disette la veuve de Sarepta n’avait plus qu’une poignée de farine (Vulgate : farinula), quand Elie descendit chez elle. Comme elle la donna généreusement au prophète, en récompense la farine ne diminua pas dans le vase qui la contenait, jusqu’à la fin de la sécheresse. III Reg., xvii, 12-16. — La farine servit à Elisée pour un effet miraculeux : une poignée de farine adoucit l’amertume des coloquintes sauvages que les enfants des prophètes avaient fait cuire pour des concombres. IV Reg., iv, 41. Voir Coloquinte, col. 859. — La farine pétrie et cuite au four ou sous la cendre, III Reg., xvm, 13, était préparée avec ou sans levain. Le levain qu’une femme met dans trois mesures de farine exprime, dans une parabole de 1 Évangile, Matth., xm, 33; Luc., xm, 21, la force intime du royaume de Dieu ou de l’Église, pénétrant et gagnant peu à peu l’humanité. Voir Levain. — La farine était du nombre des choses qu’on pouvait offrir en sacrifice. Ainsi dans le sacrifice de jalousie on offrait la dixième partie d’une mesure (se’âh) de farine d’orge. Num., v, 15. Elcana, père de Samuel, vint offrir au Seigneur un éphi ou trois mesures de farine. I Reg., i, 24. Mais c’est la Heur de farine qui ordinairement devait être la matière de ce sacrifice — La Vulgate parle de farine dans deux endroits où, dans le texte original, il s’agit ou d’une sorte de pain ou petit gâteau blanc, hôrî, Gen., xl, 16, ou bien de la pâte, bâsèq. Exod., xn, 34, 39.

2U La farine qui entrait dans les sacrifices était la plus pure farine, la fleur de farine. Cette tleur de farine se nomme qémah sôlét, Gen., xvm, 6, ou sôlét hittîm: Exod., xxix, 2/; mais plus ordinairement sôlét tout court, que les Septante rendent par <re[xc8 aXiç, et 1a Vulgate par simila. La tleur de farine de froment avec l'huile d’olive constitue généralement l’offrande ou minliâh. Lev., n, 1, 2, 4, 5, 7; II Mach., i, 8. Elle s’offre de deux façons, ou Lien simplement en répandant dessus de l’huile et de l’encens, Lev., n, 2; Num., xv, 4-9, 12; xxvm, 7, 29;

ou bien en faisant une espèce de gâteau pétri avec l’huile sans levain, ou arrosé avec l’huile et cuit au four. Lev., h, 4-7; vu, 12. Cette offrande, faite de l’une ou l’autre façon, était brûlée sur l’autel. Lev., vi, 15, 20-22. L’oblation de tleur de farine, et en proportions déterminées, accompagnait certains sacrifices sanglants. Exod., xxix, 2, 40; Lev., xiv, 10, 21; xxm, 13; Num., vm, 8; xv, 4, 6, 9; xxvm, 5, 9, 12, 13, 20, 28; xxix, 3, 9, 14; Ezech., xlvi,

11, 14. Pour les plus pauvres, l’offrande de tleur de farine remplaçait le sacrifice d’une brebis ou de deux tourterelles. Lev., v, 11. — Le jour de la dédicace de l’autel, les tribus d'Israël vinrent en la personne de leurs chefs offrir au Seigneur des présents, parmi lesquels figure la tleur de farine. Num., vu, 13, 19, 25, 31, 37, 43, 49, 55,

61, 67, 73, 79. — On la conservait dans les dépendances du Temple pour les sacrifices, et des lévites étaient chargés de veiller à la garde de la tleur de farine comme des autres offrandes mises en réserve. I Par., ix, 29; xxm, 39. C’est avec celte tleur de farine que se faisaient les pains de proposition ou d’offrande. Lev., xxiv, 5. Ce qui restait de tleur de farine après les sacrifices devait être abandonné aux prêtres et à leurs enfants mâles, pour en faire des pains sans levain qui devaient être mangés dans l’enceinte du Temple. Lev., vi, 16. — En dehors des sacrifices, la tleur de farine servait à peu près aux mêmes usages que la farine ordinaire. Ainsi dans les repas : on voit Abraham , pour honorer sans doute ses trois mystérieux visiteurs, leur préparer des pains de tleur de farine. Gen., xvm, 6. En même temps qu’il fallait chaque jour pour la maison de Salomon soixante mesures de farine, on en apportait trente de tleur de farine. III Reg., iv, 22 ( hébreu, v, 11). Ainsi la nourriture que le Seigneur donnait à Jérusalem, comparée à son épouse, était excellente et délicate : on lui servait la plus pure farine; mais l’infidèle offrait aux idoles cette tleur de farine. Ezech., xvi, 13, 19. A Babylone, l'idole Bel recevait chaque jour douze artabes de fleur de farine, environ six cent soixante- I dix livres. Dan., xiv, 2. — La tleur de farine était un des objets de trafic de la grande Babylone de l'Apocalypse, xvm, 13. Sa rareté indiquait la disette; et pour annoncer la fin de la famine, Elisée prédit qu'une mesure (se’âh) de pure farine se vendra un sicle , à la porte de Samarie.

IV Reg., vil, 1, 16. — L’auteur de l’Ecclésiastique énumère parmi les choses nécessaires à la vie la farine de froment, cspiSaMs itupoO; la Vulgate met le « pain » de farine de froment, panis similagineus. Eccli., xxxiv, 31. Il invite à offrir au Seigneur l’oblation de tleur de farine, xxxviii, 11 ; cependant pour lui la pratique de la vertu vaut mieux ! que le sacrifice : car « celui qui rend grâce offre de la fleur de farine, la farine la plus pure ». — La Vulgate rend par frixam oleo similam le mot hébreu ’âsisdh,

« gâteau de raisin. » I Par., xvi, 3. E. Levesque.

FASCINATION, action de fasciner, c’est-à-dire, au propre, pouvoir attribué à certains animaux de paralyser ou de maîtriser les mouvements d'un autre en le regardant fixement, et, par extension, action de faire voir les choses autrement qu’elles ne sont, comme par une sorte de charme ou de puissance de séduction. Voir Charme, Charmeur, col. 594, 955. Les mots <r fasciner, fascination », s’emploient surtout au figuré pour signifier l’action d’aveugler, de tromper quelqu’un par l'influence ou l’espèce d’éblouissement qu’une personne ou une chose exerce sur lui. L’Écriture emploie une fois le substantif et une fois le verbe dans ce sens : « La fascination (ficur- ! xa-na ; Vulgate : fascinatio) du mal ( cpavXdnrroç ; Vulgate : nugdcitates, des futilités) obscurcit le bien. » Sap., iv, 12. Saint Paul écrit aux Galates, iii, 1 : « O Galates insensés, ; qui vous a fascinés (àëoco-xavE, fascinavit) pour vous empêcher de suivre la vérité, lorsque vous n’aviez qu’à regarder Jésus-Christ qui a été crucifié pour vous? » —

Le verbe pauxaivui est aussi employé dans le texte grec ' de l'Ecclésiastique, xiv, 8 : flov/ipôç o paffxatvcov 6;p0aXp.£>- j

fascination — faulx

Beaucoup traduisent ce passage par: « L'envieux est méchant.» (Vulgate : Nequarn est oculus lividi.) Mais l’on peut traduire aussi : « Celui qui fascine par le regard est méchant. » F. Vigouroux.

FAUCILLE (diminutif de faulx), instrument pour moissonner. Voir Faulx.

FAUCON, oiseau appartenant à Tordre des rapaces diurnes et à la famille des falconidés, dont il est le type. Les falconidés sont caractérisés par leur bec crochu et tranchant, leurs pieds robustes, armés de serres recourbées en faucille, leur vol élevé et rapide, leur vue

très perçante , qui leur permet d’apercevoir de très loin les proies vivantes dont ils se nourrissent exclusivement.

La famille des falconidés comprend les faucons, les aigles, les autours, les busards, les milans, etc.

Voir Aigle, Busard, Crécerelle, Épervier. Les faucons sont les plus beaux et les plus agiles de ces oiseaux de proie.

Ils ne sont pas nommés dans la Bible.

Mais , comme ils existent en Palestine, ils doivent être compris sous le nom générique de né?, qui désigne toutes sortes d'oiseaux rapaces , dont il est défendu 627. - Falco peregrlnus. de se nourrir, Lev.,

xi, 16; Deut.,xiv,15, et dont beaucoup sont migrateurs, les faucons en particulier. Job, xxxix, 26. On rencontre en Palestine le faucon commun ou pèlerin, f alco peregrinus (fig. 627), qui mesure cinquante centimètres de long, a le plumage brun noirâtre dans les parties supérieures et blanc sale dans les autres, et vit très longtemps, comme d ailleurs la plupart

pèlerin, et qui chasse les perdrix et les lapins; enfin trois autres espèces, le falco Èleonoræ, le falco vespertinus et Yelanus cæruleus, qui n’apparaissent que rarement et habitent dans les bois d’oliviers. Voir Tristram, The natural history of the Bible, Londres, 1889, p. 190; Wood, Bible animais, Londres, 1884, p. 360 - 363.

H. Lesètre.

FAULX, FAUX (hébreu : niaggâl, Jer., l, 16; Joël, iv, 13; hennés, Deut., xvi, 9^ xxm, 26; Septante: Spl- Tiavov; Vulgate: faix), instrument à un seul tranchant dont on se sert pour couper l'herbe et le blé.

I. Nom. — L’étymologie des deux noms hébreux est inconnue, de même que la différence qui pouvait exister entre ces deux termes. En français nous distinguons entre la faulx et son diminutif faucille, la première ayant de plus grandes dimensions que la seconde. Le diminutif SpsTiavtov, falcula , existait en grec et en latin; mais les mots SpÉTravov, faix, avaient une signification beaucoup plus large que « faulx » parmi nous. Faix désignait tout

628. — Faucille palestinienne trouvée à Tell el-Hésy (ancienne Lachis). D'après Fred. J. Bliss, A Alound of many cities , Londres, 1894, fig. 120.

instrument dont la lame était recourbée (Spfuxvov eùxxp.- Ttéç , Odys., xvni, 367; curvæ falces, Virgile, Georg., i, 508), par opposition à culter, qui signifiait un couteau à lame droite. On marquait les divers usages de la faix par une épithète explicative, fœnaria, messoria , vinitoria, putatoria , arboraria, silvatica. Caton, De re rust., 10, 11; Columelle, iv, 25. — Dans la langue hébraïque, maggdl et hernies signifient toujours une faulx ou plutôt une faucille à couper le blé. L’instrument dont on faisait usage pour tailler la vigne est appelé quatre fois en hébreu mazmêrôt (toujours employé au pluriel), dë zctmar, « couper, tailler. » Cf. Lev., xxv, 3, 4. Les Septante et la Vulgate, à cause du sens large qu’on attachait

G29. — Ve Dynastie. Ghizéh. D'après Lepsius, DenlcmcUer, Abili. ii, Bl. 51.

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