‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 80 sur 485 · Diamant de l’Afrique du Sud , dans sa gangue · texte numérisé non relu

Diamant de l’Afrique du Sud , dans sa gangue

D'après M. Bauer, Edelsleinkunde , in-8°, Leipzig, 189G, pl. i.

cnèdre et en bon nombre de dérivés de ces deux formes. Sa densité moyenne est 3,5. 11 est le plus dur de tous les corps; il coupe le verre, raye et perce tous les autres minéraux. Les diamants les plus estimés sont entièrement blancs ; mais on en trouve aux couleurs les plus diverses : toutefois un certain éclat particulier ne permet pas de les confondre avec les autres pierres précieuses de la même nuance. Les anciens connaissaient le diamant, Théophraste, De lapid., 19; Pline, H. N., xxxvii, 15; les auteurs grecs et romains l’appellent àSapaç, adamas, « indomptable, » à cause de sa dureté. 11 faut dire toutefois qu'assez souvent ces auteurs emploient ce nom comme un terme générique, pour désigner les corps très durs ou un métal excessivement résistant. Hésiode, Theogon., 161, 168; Eschyle, Prometh., 6; Ovide, Métam., vu , 104. ( Théophraste -est le premier à employer le mot àSàu.aç au sens particulier de diamant.) — Les anciens ignoraient la taille du diamant; aussi n’ont-ils pas soupçonné l’éclat incomparable que pouvait revêtir cette pierre précieuse. Avec les diamants les plus transparents, à l’état de nature ou obtenus par le frottement, ils ornaient des bagues, des vases de prix. Ils l'utilisaient surtout pour sa dureté, et s’en servaient pour graver ou percer les gemmes les plus résistantes. Dans leurs descriptions du diamant se mêlent de nombreuses légendes sur ses propriétés : en particulier sur l'impossibilité de le brûler en le soumettant au feu le plus intense, et sur sa résistance aux chocs les plus violents. Pline, 11. N., xxxvii, 15. 11 brûle, au contraire, facilement et est très fragile. Avant la découverte de l'Amérique tous les diamants venaient de l’Inde. Quand Pline, H. N., xxxv, 15, signale l’Éthiopie comme un des gisements du diamant, c’est par suite d’une confusion de nom : tout ce qu’il dit à ce sujet s’applique à l’Inde. Voir Jannettaz et Fontenay, Diamant et pierres précieuses , in-8°, Paris, 4881 ; Ch. Barbot et Baye, Guide pratique du joaillier, sans date, 4e édit., p. 116 et suiv.

IL Exégèse. — Dieu dit au prophète Ézéchiel, m, 9: « Je t'ai fait un front dur comme le sâmir, qui est plus dur que le rocher; » image marquant qu’il lui donnera la force de résister invinciblement à ses ennemis. Zacharie, vu, 12, emploie une image semblable: « Les Juifs ont rendu leur cœur dur comme le sâmir, » c’est-à-dire ont résisté à toutes les avances divines. Enfin d après Jérémie, xvii, 1, « le péché de Juda est écrit avec un stylet de fer et une pointe de sâmir. » Dans ces textes il est question d’une pierre excessivement dure, dont on arme la pointe du stylet pour graver ou percer les corps les plus résistants. Or ces propriétés sont excellemment celles du diamant. Le mot sâmir vient d'une racine signifiant « creuser, percer » : il aurait été donné au diamant parce qu’on l’employait pour graver ou percer les corps les plus durs. Cf. Pline, H. N., xxxvii, 15. « Adamas (le diamant), dit saint Jérôme ( Cornm . in Zach., vu, t. xxv, col. 1463; cf. Comm. in Amos , col 1073), est une pierre très résistante, qui s’appelle samir en hébreu; elle est si dure, qu’aucun métal ne lui résiste, tandis que tous sont impuissants à la réduire; aussi est-elle appelée indomptable par les Grecs. » La Vulgate traduit aux trois endroits cités le mot sâmir par adamas, adamantinus. Les Septante omettent le mot dans Ézéchiel, m, 9, et Zacharie, vu, 12. Quant au passage de Jérémie, xvii, 1, et aux quatre versets suivants, ils sont omis dans le Codex Vaticanus. Mais dans le Codex Alexandrinus, dans l’édition de Complote, on lit les cinq versets avec l’expression : h iérj-/1 àSapcxvTivw. Par contre, les Septante introduisent le mot « diamant » dans un passage d’Amos, vu, 7, 8, où il est question de fil à plomb dans l’original. Dans deux manuscrits cursifs de l’Ecclésiastique, dans l’édition de Cornplute, le syriaque et l’arabe, il est fait aussi mention du diamant au chapitre xvi, 16 : « 11 (Dieu) a séparé la lumière des ténèbres avec un diamant. » Mais les principaux manuscrits n’ont pas cette addition. — Le texte de Jérémie, xvii, 1, signale un usage particulier du sâmir qui convient à merveille au diamant; il parle d’un stylet de fer armé d’une pointe de diamant, destinée à graver les pierres les plus dures. C’est un emploi bien connu des anciens. Les fragments d’un diamant concassé sont, dit Pline, II. N., xxxvii, 15, « recherchés des graveurs, qui les enchâssent dans du fer, et par ce moyen entament aisément les substances les plus résistantes. » En cet endroit la Vulgate porte : in ungue adamantino ; traduction littérale de be-pppôrên sâmir. La pointe est appelée « ongle » parce que le stylet en est muni comme le doigt de son ongle, et que par cette pointe il entre dans les corps durs comme une sorte de griffe ou d’ongle. En résumé, les qualités et l’emploi du sâmir conviennent donc admirablement au diamant. — Cependant l’identification est loin d’être certaine; car il est douteux que le diamant fût bien connu des Égyptiens et des Assyriens, et par conséquent des Hébreux; et les comparaisons où il entre dans l’Écriture supposent une pierre assez répandue. D’autre part, les propriétés du sâmir conviennent également à une espèce de corindon, le corindon limpide, le yaqout blanc des Arabes, pierre plus connue, qui est employée dans l’Inde pour graver les corps durs. Selon Teifaschi , Le livre lumineux sur la propriété des gemmes et des pierres royales, cité par Clément Mullet, Essai de minéralogie arabe, p. 44, 45 : « 11 attaque toutes les autres pierres, comme fait le diamant. On adapte un morceau de corindon à un foret en fer, puis on opère la perforation, comme on fait sur le bois. » Le même auteur signale un des défauts de cette pierre, le ver. « Le ver est une fente qu’on observe dans l’intérieur du corindon et que surmonte certaine portion de la terre du gisement. Souvent on voit dans cette fente un vermisseau, qui s’agite et qui meurt aussitôt qu'il a été exposé à l’air. » U est curieux de rapprocher de ces paroles une ancienne légende rabbinique, d’après laquelle Moïse aurait gravé les pierres du national au moyen d’un ver appelé sâmir. Cholin,

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