I. DICTIONNAIRES HÉBREUX ET CHALDÉENS DE L'ANCIEN
testament. — 1° Ces livres, qui sont maintenant d’un emploi universel et qui facilitent tant l’étude de la langue hébraïque, sont d’origine relativement récente. Les anciens n’en possédaient pas, et dans tout le cours du moyen âge les chrétiens n’eurent à leur disposition que deux opuscules de saint Jérôme, le Liber de nominibus hebraicis et le Liber de situ et nominibus locorum hebraicorum, t. xxiii, col. 771-928. Ces opuscules contiennent la série alphabétique des noms propres et des noms de lieux de chacun des livres de la Bible. Le premier n’est que l’édition latine d’un glossaire grec, commencé par Philon et continué par Origène. Le second est la traduction d’un écrit d’Eusèbe de Césarée. Saint Jérôme n’a donc pas fait un travail original. Aussi a-t-il conservé des étymologies singulières et des allégories fantaisistes, qu’il a rejetées et réprouvées dans ses autres ouvrages. Cf. R. Simon, Lettres choisies, 2e édit., Amsterdam, 1739, t. I, p. 391-310. — Les interprétations de saint Jérôme ont été retouchées et augmentées dans des glossaires hébreux-latins, hébreux-grecs-latins ou hébreux-français, dont il reste des spécimens du xne siècle. Leurs auteurs parcouraient les œuvres de Philon et d’Origène et enrichissaient les traités de saint Jérôme de nouvelles explications hébraïques. Cf. A. Darmesteter, Glosses et glossaires hébreux- français du moyen âge, dans Reliques scientifiques, Paris, 1890, t. i, p. 165. — Au xme siècle, les docteurs de l’Université de Paris refondirent les interprétations hébraïques de saint Jérôme. Au lieu de les laisser disposées livre par livre , ils les rangèrent dans l’ordre
alphabétique. Ils y ajoutèrent des « glosses », extraites des deux opuscules de saint Jérôme, De aliquot Palæstinæ locis et Liber hebraicarum quæstionum in Genesim, t. xxm, col. 929-1010, ou des Quæstiones hebraicæ in libros Regum et Paralipomenon, ibid., col. 1329-1402, faussement attribuées au saint docteur. Cette compilation est faite sans ordre et sans critique ; elle reproduit même les explications que saint Jérôme avait rejetées. Cf. S. Berger, Quam notitiam linguæ hebraicæ habuerint christiani medii ævi temporibus in Gallia, Paris, 1893, p. 1-4, 16-25.
2° Les premiers lexiques hébreux proprement dits furent l’œuvre des docteurs juifs du Xe siècle. On trouve, il est vrai, dans les Talmuds les rudiments de la lexicographie hébraïque, puisque les rabbins y comparaient l’hébreu aux autres dialectes sémitiques. Mais l’histoire des véritables lexiques s'identifie avec celle de la grammaire. Or les premières études grammaticales régulières chez les Juifs furent faites par les caraïtes, qui s’attachaient au texte biblique seul (voir col. 242-245), et elles sont dues à Tinlluence des Arabes. On ne peut affirmer avec certitude que l’ordonnance alphabétique du lexique hébreu soit une imitation arabe; cependant les docteurs juifs citent le dictionnaire arabe Kitab el-'A'in. Les docteurs caraïtes avaient fait plusieurs lexiques sous le nom de Igaron, « Collection de mots. » Nous manquons de renseignements sur la nature et la disposition des premiers lexiques hébreux. Quoique la date de leur publication ne soit pas certaine, ils sont du xc siècle et presque contemporains. Le plus ancien est celui de Rabbi Saadia ha-Gaon. 11 était écrit en hébreu, et il a dû être perdu de très bonne heure, ou du moins il n’est pas parvenu en Espagne, où il n’est cité que par ouï-dire et sous des titres différents : nunns hsd ou rrann. Quatre autres lexiques ont été composés en arabe. Le premier, dont M. Neubauer a découvert un manuscrit dans la synagogue caraïte de Jérusalem ( bibliothèque Bodléienne d Oxford, Opp. add., fol. 25), est de R. David ben Abraham, de Fez. Ce manuscrit a 369 folios, écrits en beaux caractères hébreux carrés. L’ouvrage, précédé d'une introduction, est divisé en deux parties, dont la première va jusqu’au > inclusivement, et la seconde du s au n. C'est un vaste commentaire, comprenant des explications de genres très différents, et en particulier la signification géographique et ethnographique de beaucoup de noms propres de la Bible. L’auteur n’admet que des racines d’une seule lettre; il suit l'ordre alphabétique des racines, excepté pour les noms propres. Trois autres lexicographes arabes ne nous sont connus que par la mention qu’en a laite Aben-Ezra. Ce sont : 1. un grammairien anonyme de Jérusalem, qui admettait des racines de deux lettres et dont le dictionnaire était intitulé Al - Mouschtam.il ; 2. Dounasch ben Tamim ou Adomirn, en arabe Al-Schefalghi, né à Kairouan, qui comparait l’hébreu aux autres langues; 3. Jehouda ben Koreïsch, de Tahort, en Barbarie, dont l’œuvre était très considérable.
Ces lexiques, écrits en arabe, ne pouvaient servir aux Juifs qui vivaient en dehors des pays musulmans. Dans les contrées où l’arabe n’était pas parlé, les Juifs avaient deux dictionnaires , composés en hébreu : celui de Mena’hem ben Sarouk, intitulé nn:o irann, et celui de Dounasch ben Labrat, intitulé rôn rraniin. Ils ont été édités à Londres, en 1856, par Filipowski. Menahem était Espagnol et reconnaissait des racines bilittères. Sous chaque racine il indique d’abord, ses significations diverses, puis il les explique par un autre mot, ou bien il cite seulement les passages bibliques correspondants. Dounasch avait déjà quelque notion du système trilittère des racines hébraïques. Un caraïte, Abou Saïd Hal-levi ben Al-’llassan al-Baçri, abrégea le grand dictionnaire de David ben Abraham. — Abou Zacarya Ya’hya ben Daoud ou Yehouda Tladjoudj, né à Fez, mais habitant Cordoue, fut le chef d’une nouvelle école et développa
le premier le système trilittère des racines hébraïques. Il a adopté les principes des grammairiens arabes, et il complétait par un noun ou pur les quiescentes les lettres qui manquaient dans les mots de deux consonnes. — En Orient, R. Raya Gaon, fils de Scherira, composa en arabe un dictionnaire hébreu, intitulé qDtso, « Compilateur. »
Les mots y sont rangés suivant l'ordre alphabétique de la dernière radicale. On ne peut établir si ce rabbin connaissait le système trilittère. — Au XIe siècle, lbn-Djanah perfectionna le système de ’Hadjoudj. Son œuvre complète, qui a été publiée par Ad. Neubauer, in-4°, Oxford, 1875, est intitulée Kitâb al-tan'qi/i , « Livre d'examen, » et comprend deux parties. La première est une grammaire; la seconde, qui est le dictionnaire, a pour titre Kitâb al-ousoûl, « Livre des racines. » Sous chaque racine on trouve ses différents dérivés, verbes, substantifs, etc. Les racines sont disposées alphabétiquement, et le dictionnaire est divisé en 22 chapitres. 11 est très ample et compare l’hébreu avec l’arabe. Il a été traduit deux fois en hébreu, et il est cité souvent par Gesenius. S. Munk, Notice sur Abou’l-Walid Menvan Ibn-Djana'li et sur quelques autres grammairiens hébreux du Xe et du XIe siècle, dans le Journal asiatique, 1850, 4e série, t. xv, p. 297-337, et t. xvi, p. 5-50, 201-247 et 353-427.
D’après Aben-Ezra, Abou Ibrahim Yiç’hak ben Baroun, de Cordoue, a fait un dictionnaire semblable à celui de Ivoreïsch, et intitulé « La balance ». L’hébreu y était comparé à l’arabe, au syriaque, au berbère et au latin. Le caraïte Ali ben Soleïman a abrégé l’œuvre de David ben Abraham, d’après le résumé d’Abou-Saïd. — Salomon Par’hon, de Kal’ah, a fait en hébreu, à Salerne, à l’usage des Juifs napolitains, qui ne pouvaient consulter les dictionnaires arabes et n’avaient à leur disposition que le recueil de Menahem, un extrait du dictionnaire d’Ibn- Djanah. Il y a ajouté des explications d'autres commentateurs. Son Tj'ni’n mana a été publié en 1844, par Sal. Gottl. Stern.
Un dictionnaire hébreu éclipsa celui d’Ibn-Djanah ; il est l’œuvre de David Kimchi, de Narbonne, et il parut vers l’an 1200. Son bban, « Perfection, » a été regardé pendant tout le moyen âge comme le chef-d’œuvre de la philologie juive. Il comprend une grammaire et un dictionnaire. Celui-ci est connu ordinairement sous le nom de □rj/Ttf, « Racines. » Il fut imprimé deux fois à Naples, en 1490 et 1491; deux fois à Constantinople, en 1513 et 1530; trois fois à Venise, en 1529, 1545 et 1547, toujours in-folio. Elias Levite a joint des notes à l’édition de 1545. Robert Étienne l’a publiée à Paris, en 1548 : Thésaurus linguæ sanctæ ex R. David Kimclii contraclior et emendatior. Tous les chrétiens qui ont étudié la langue hébraïque se sont servis des travaux de Kimchi, qui ont exercé sur l'exégèse une influence considérable. Histoire littéraire de la France, Paris, t. xvi, 1824, p. 363-365, et t. xxvn, 1877, p. 483.
D’autres lexiques hébreux parurent en arabe, en français, en italien et en allemand. Ce sont de simples vocabulaires, qui ne sont guère que la répétition ou l’abrégé des précédents. 11 existe à la Bibliothèque Nationale de Paris, ancien fonds 485 et 4 80, un dictionnaire hébreuprovençal et un dictionnaire hébreu-français. Le manuscrit IV, 1, de la Bibliothèque de Turin renferme un lexique et une grammaire intitulés vnp pva , « Source sainte. » L’arrangement du lexique a un caractère particulier : les mots hébreux que l’auteur explique en français se trouvent régulièrement avec la phrase biblique dans laquelle ils figurent. Le lexique est ordonné alphabétiquement, et l’explication en français est tantôt à droite, tantôt à gauche. Histoire littéraire de la France, t. xxvn, p. 487-488. Un spécimen a été reproduit par Ad. Neubauer, Rapport sur une mission dans le midi de la France et en Italie, dans les Archives des missions scientifiques et littéraires, Paris, 3' série, t. i, 1873, p. 559-561. Le manuscrit n° 6
de Lyon contient une sorte de dictionnaire hébreu -latin et latin -hébreu avec une table des abréviations en usage chez les commentateurs de la Bible, composé par François Bouton. Ad. Neubauer, Rapport, dans les Archives des missions, ibid., p. 564.
Joseph ben David Ha-Yevani, c’est-à-dire le Grec, est | l'auteur du Menorath hamaor, dont des extraits ont été publiés par Dukes, dans le journal Der Orient, 1847, p. 486. Son ouvrage est une belle compilation des lexiques et des commentaires. 11 en existe à la Bibliothèque d'Oxford un manuscrit incomplet, qui ne va que jusqu'au milieu du n. Moïse han-Naqdan, de Londres, a composé un lexique intitulé Drwn -isd, « Livre de la pierre précieuse, » dont on possède un manuscrit à Oxford. Histoire littéraire de la France, t. xxvn, p. 484-487. Nous avons du savant logicien David ben Kaspi (1330) un dictionnaire logique, qui a pour titre pDB rvnw tv , « Chaînettes d’argent. » Selon lui, chaque racine n’a qu’une signification principale , dont les autres ne sont que des parties ou des dérivations. Ce plan conduit l'auteur à des interprétations minutieuses. Des extraits ont paru dans Der Orient, 1847, p. 482. Sur la fin du xve siècle, Sa’adyah ben Danân, fils de Maïmoun, écrivit en arabe un dictionnaire hébraïque qui a une certaine originalité. Les articles sont très courts et paraissent être une compilation des lexiques précédents. On y remarque des explications ingénieuses. Cf. Ad. Neubauer, Notice sur la lexicographie hébraïque, avec des remarques sur quelques grammaires postérieures à Ibn- Djanüih , dans le Journal asiatique, 5e série, t. xviii, 1861, p. 441-476; t. xix, 1862, p. 47-81, et t. xx, 1862, p. 201-267.
3° Vers la fin du xve siècle et au commencement du xvie, sous la double influence de la Renaissance et de la Réforme, les chrétiens, catholiques et protestants, étudièrent avec zèle la langue hébraïque. Ils se mirent naturellement à l’école des rabbins, et leurs premiers travaux sont fortement empreints de l’esprit de leurs maîtres. Leur science est toute rabbinique. Les deux premiers livres De rudimentis hebraicis, in-4°, Pforzheim, 1506, de Jean Reuchlin, sont un lexique, dont Sébastien Munster a donné une édition séparée , Dictionarium hebraicum, in-f°, Bâle, 1537. — Un Juif converti, Alphonse de Zamora, composa le Lexicon hebraicum de la Polyglotte d’Alcala , 1517, qui fut publié à part sous le titre de Vocabularium breve omnium fere primitivorum hebraicorum, in-4°, Alcala, 1526. Voir t. I, col. 420. — Sébastien Munster rédigea un Dictionarium hebraicum, in-8°, Bâle, 1523. Une deuxième édition beaucoup augmentée parut au même lieu et dans le même format, en 1525; elle fut reproduite en 1535, 1539, 1548 et 1564. Signalons encore son Dictionarium trilingue, latinum , græcum et hebraicum, in-f°, Bâle, 1530, 1543 et 1562. — Le dominicain Santé Pagnino publia
vnyn pv/b ixix, hoc est, Thésaurus linguæ sanctæ, sive
lexicon hebraicum, in-f°, Lyon, 1529 et 1536, d'après Kimchi. Cet ouvrage fut mis en ordre et augmenté par Jean Mercier, Antoine Chevallier et Bonaventure-Corneille Bertram, in-f°, Lyon, 1575, 1577, et Genève, 1614. Il fut aussi abrégé, Thésaurus linguæ sanctæ contractas et excerptus ex David Kimchi, in-4°, Paris, 1548. F. Raphalengius (Ravlenghien) revit et corrigea cet abrégé et l’adjoignit à la Polyglotte d’Anvers, in-f°, 1572. Cet Epilome thesauri linguæ sanctæ fut plusieurs fois réimprimé à part, in-8°, Anvers, 1572, 1578, 1588, 1609 et 1616; Leyde,
J 1599. — André Placus fit un Lexicon biblicum, id est, j græcarum , hebraicarum et aliarum peregrinarum di- \ ctionum quæ in sacris Litleris habentur interpretatio ,
1 in-f°, Cologne, 1536, 1543 et 1553.
Nous retrouvons des rabbins. Anschef est l’auteur du j Mirkébét hammiënéli, Le second char. Voir t. i, col. j 656. — Elias Lévite composa onm mau’, id est , Nomïna I rerum, traduit par Paul Fage, in -4°, 1542. Jean Drusius
le rangea par ordre alphabétique et y ajouta les mots grecs, Nomenclator Elise Levitæ in ordine alphabetico redactus et græcis vocibus auctus, in -8°, Franeker, 1652 et 1681. — Jean Forster, élève de Reuchlin, s'écarta des rabbins : Dictionarium hebraicum novum, non ex rabbinorum commentis , nec nostratiurn doctorum stulta imitatione description, sed ex ipsis thesauris S. Bibliorum depromptiun , in-f°, Bile, 1557 et 1561. — Antoine Reuchlin donna Lexicon hebraicæ linguæ, in quo singula capita concordantiarum in linguam latinam conversa sunt, in-f°, Bâle, 1556, et in-8°, 1569. — Jean Avenarius avait les mêmes principes que Forster et étudiait les mots de l’hébreu par une étude directe et sans recourir à la tradition rabbinique : Liber radicum , sive Lexicon hebraicum in quo omnium vocabidorum biblicorum propriæ et cerise redduntur signi/icaliones , in-f°, Wittemberg, 1568 et 1589. Voir t. i, col. 1288. — Luc Osiander publia Dictionarium hebraicum e concordantiis ab Ant. Reuchlino latinitale donalis, in -8°, Bâle, 1579. — François Junius lit, en 1586, un Lexicon hebraicum.
Un médecin juif, David de Pomis, est l'auteur d’un grand dictionnaire biblique et talmudique; il donne la signification des mots dans les trois langues, lutine, italienne et hébraïque vulgaire. L’ouvrage est intitulé nns in, id est, germen Davidis. — Marc Marini, de Brescia, fit ru rnn, id est, Area Noë. Thésaurus linguæ sanctæ novus, seu Lexicon hebræo-latinum amplissimum, in-f°, Venise, 1593. — Nous avons de Fauste Veranius, Dictionarium linguæ sanctæ, in -4°, Venise, 1595, et d’Élie Ilutter, Cubus alphabeticus linguæ sanctæ, in-f°, Hambourg, 1586, 1598; in-32, 1603. — Avec Jean Buxtorf le père, la science rabbinique est mise en honneur : Epitome radicum hebraicarum, in-12, Bâle, 1600 et 1607; Lexicon hebraicum et chaldaicUm cum brevi lexico rahbinico , in -8°, Bâle, 1607, 1615, 1621, 1631, 1645, 1655, 1663, 1667, 1689, 1698; Amsterdam, 1655; Bâle, 1710, 1735; Rome, 1815; Manuale hebraicum et clialdaicum, in-12, Bâle, 1602; 6e édit., 1658. Voir t. i, col. 1981. — Contentons-nous d’indiquer le Dictionnaire hébreu -anglais de Simon Sturtevunt, in-8°, Londres, 1602; — Jules Conrad Otto, Usus Ebrææ linguæ vel expositio mystica omnium vocum hebraicarum Veteris Testamenti, Nuremberg, 1604; — Joseph Barbatus, Spéculum hebraicum, radices hebraicæ, in-f», Louvain, 1615; — Léon de Modène, Novo Dittionario hebraico et italiano , cioe dechiaratione di tutte le voci hebraiche piu difficili delle Scritture hebree nella volgar lingua italiana, in-4°, Venise, 1612; Padoue, 1640. Cf. Richard Simon, Lettres choisies, 2e édit., Amsterdam, 1730, t. i, p. 225-232.— George Cruciger, Harmonia linguarum IV cardinalium, hebraicæ, græcæ, latinæ et germanicæ , in-f°, Francfort, 1616; — - Marius a Calasio, Dictionarium hebraicum, in-4°, Rome, 1617; Cologne, 1640 (en italien; voir col. 55); — • Jean Meelfuhrer, Manuale lexici hebraici, in-8°, Leipzig, 1617 et 1657, dont la méthode diffère de celle des autres dictionnaires; — Philippe d’Aquin, juif converti, Primigeniæ voces seu radices brèves lingiæ sanctæ, cum thematum investiganda ratione, in-16, Paris, 1620; msnynn qnyn, « Celui qui dispose en ordre, » in-f», Paris, 1629 (voir le titre complet, t. i, col. 813); — Christian Helvicus, Lexicon Ebræo-didacticum, in-4°, Giessen, 1621; — Grégoire Francus, Harmonia quinque linguarum hebraicæ, græcæ, latinæ, germanicæ et gallicæ, Francfort-sur- 1 Oder, 1623; — Sébastien Curtius, Radices linguæ hebraicæ, in -4°, Geismar, 1629, 1645, 1649; Cassell, 1618; — • Jean -Baptiste Martignac, Silva radicum hebraicarum, de Nicolas Riqueil, in -8°, Paris, 1622; — Antoine Jordin , Radices linguæ hebraicæ, seu Primigeniæ hebraismi voces centenis versuum decadibus comprehensæ, in-8°, Lyon, 1621; Cologne, 1630; — Jean Seger, Lexicon quadrilingue orthographicum , cognatas vocabulorum analogias ac differentias in lingua hebraica, græca,
latina et germanica exhibens, in-8", Leipzig, 1625; — D. Schwenter, Manipulus linguæ sanctæ, seu Lexicon hebraicum ad formata Cubi Hutteriani, in-18, Nuremberg, 1628, 1638; Leipzig, 1668; — Nicolas Petræus, Nomenclator hebraicus, in-8°, Copenhague, 1629, 1633; — Zacharie Rosenbach, Moses omniscius, seu omniscientia mosaïca exhibens supra 7 000 Veteris Testamenti voces hebraicas secundum locos communes dispositas , in-4’, Francfort, 1633; — Jean Plantavit de la Pause, jss fru, id est, Planta vitis, Thésaurus synnnymicus hebraico -chaldaico-rabbinicus, in-f°, Lodève, 1611; — Thomas Bang, Ilermes et Pan Hebraicus, quo vivum absoluti hebraici lexicographi exemplar proponitur, in-4°, Copenhague, 1651. — Édouard Leigh est l’auteur de Critica sacra, or Philological and theological Observations upon ail the Hebrew words of the Old and of the Greek of the New Testament in order alphabetical , 2 in-4°, Londres, 1641-1646; in-f», 1650; avec un supplément, 1662. Henri de Middoch a traduit cet ouvrage en latin, Critica sacra, id est, Observationes in omnes radices vel primitivas voces Hebræas Veteris Testamenti juxta ordinem alphabeticum , etc., in-f°, Amsterdam, 1678, 1688, 1696; in-4°, Leipzig, 1696; Gotha. 1701, 1707 et 1735. Louis de Wolzogue l'a traduit en français, Dictionnaire de la langue sainte, in-4°, Amsterdam, 1703 et 1712; Migne l'a réédité à la suite du Dictionnaire universel de Huré, in-i°, Paris, 1816, t. iv, col. 503-1104.
4° Dans la seconde moitié du xvne siècle, les études hébraïques devinrent plus indépendantes des rabbins ; elles portèrent plutôt sur la structure grammaticale de l’hébreu et sur sa comparaison avec les autres dialectes sémitiques. Le changement de direction fut dû en partie aux dictionnaires polyglottes. Valentin Schindler avait ouvert la voie, Lexicon pentaglotton , in-f», Hanovre, 1612 et 1619; Guillaume Alabaster en fit un abrégé, in-f°, Londres, 1635. Voir t. i, col. 330. — Jean Ernest Gerhard, Enrhiridion lexici pentaglotti harmonici linguarum hebraicæ, chaldaicæ, syræ, arabicæ et ethiopicæ, in-4°, Erfurl, 1647 ; — Guillaume Schickard, Harmonia perpétua linguarum Orientalium, hebrææ, chaldaicæ , syræ , arabicæ, ethiopicæ, in-4», léna, 1647; in-8°, Leipzig, 1678; — Jean Henri Hottinger, Lexicon heptaglotton , in-4°, Heidelberg, 1657 ; Francfort, 1661 ; — Jean Cocceius, Lexicon et commentarius sermonis hebraici et chaldaici Veteris Testamenti hebraice, in-f°, Amsterdam, 1669 (voir col. 816) ; — Edmond Castell, Lexicon heptaglotton, hebraicum, clialdaicum, syriacum , samaritanum, æthiopicum, arabicum conjunctim et persicum , separatim, 2 in-f°, Londres, 1669. La méthode comparative est appliquée dans ce dernier lexique avec une remarquable fermeté.
Elle est appliquée aussi, mais à des degrés différents, dans la plupart des dictionnaires suivants ; André Sennert, Compendium lexici Ebræi plenioris concinnatum ex concordantiis J. Buxtor/ii, in-4°, Wittemberg, 1663; — Jean Leusden, Compendium biblicum continens 2 289 versiculos Veteris Testamenti , in quibus omnes voces tam hebraice quam clialdaice cum interpretatione latina inveniuntur, in-8°, Utrecht, 1673; in-12, 1680, etc.; Claris hebraica et phïlologica Veteris Testamenti, in-4°, Utrecht, 1683, 1686; Lexicon novum hebræo-latinum ad modum lexici Schreveliani græci compositum , in-8°, Utrecht, 1687 ; — Antoine Hulsius, i2Tn ru>m, seu Compendium lexici hebraici, Compendio biblico Leusdano subjunctum , continens sub i 900 radicibus hebræis voces latinas 3268 quibus constat universus Veteris Testamenti texius, Leyde, 1673; edit. 4a, in-32, Utrecht, 1679, 1683; Nomenclator biblicus hebræo-latinus, in-8°, Brède, 1650 ; Scrutinium mémorisé, sive radices linguæ hebraicæ, in-12, Brède. — Jean Bagwh et André Simson achevèrent un Dictionnaire anglais de tous les mots de l’Ancien et du Nouveau Testament, qu’avait commencé Thomas Wilson, et le publièrent, in-f°, Londres, 1678 ; — Salomon di
Oliveyra fît un lexique hébreu- chaldéen- portugais, intitulé o»>n yy ; — Guillaume Robertson, vrripn puiS nxiN,
Thésaurus linguæ sanctæ, compendiose scilicet contractas, plane tamen reseralus pleneque explicatus , sive Concordantiale lexicon hebræo-latino-biblicum, 2 in-4°, Londres, 1686 (ce dictionnaire est fait d'après les Concordances de Buxtorf) ; — Henri Opitz, Lexicon hebræo-chaldæo-biblicum , in-4°, Leipzig, 1692; Hambourg, 1705 et 1714; — Christian Louis, Hebraismus , chaldaismus et syriasmus ad liannoniam et in compendium redacti , in-4°, Leipzig, 1696; — Christian Henning, Claris linguæ hebraicæ, in-12, Francfort et Leipzig, 1697; — Gaspard Neumann, Exodus linguæ sanctæ Veleris Testamenti ex captivitate Babylonien tentatus a Lexico etymologico hebræo-biblico , in-4°, Nuremberg, 1697-1700; — Louis | Thomassin, Glossarium universale hebraicum, quod ad hebraicæ linguæ fontes linguæ et dialecti pene omnes revocantur, in-f°, Paris, 1697; — George Christian Burklin, ] Lexicon hebraico - mnemonicum cum radicibus , in -4°, Francfort-sur-le-Mein, 1699 ; — Jacques Gousset, Commentarii linguæ ebraicæ instar annotationum ad Matinale Buxtorfii, in-f°, Amsterdam, 1702; 2e édit, par Clodius, in-4°, Leipzig, 1742; — Paul Martin Alberti, Porta linguæ sanctæ, hoc est, Lexicon novutn hebræo-latino-biblicum, in-4°, 1704 (voirt. I, col. 337); — Théodore Dassov, Lexicon hebræum empliaticum, in-f°, 1705; — Joachim Lange, Claris Ebræi codicis, in-8°, Halle, 1707 ; — Christian Reinecke, Lexicon hebræo-chaldæum , in-8°, Leipzig, 1707; Janua hebt'ææ linguæ Veteris Testamenti , in-12, Leipzig, 1756 ; — Jean Heeser, nsn ta, id est, Lapis adjutorii, Lexici philologici hebræo - chaldeo - sacri pars 7a continens n et a; in-4°, 1716; — Christian Stock, Claris linguæ sanctæ Veteris Testamenti, in-4°, léna, 1717 ; — dom Pierre Guarin, Lexicon hebraicum et chaldæo-biblicum, 2in-4°, Paris, 1746, achevé par dom Nicolas Le Tournois, Philibert Girardet et Jacques Martin ; — Houbigant, Racines hébraïques, versifiées sur le modèle des Racines grecques, in -8°, Paris, 1732 (Joubert, prêtre de Saint- Sulpice, a fait un travail semblable dont le manuscrit inédit est conservé à la bibliothèque du séminaire de Saint- | Sulpiee); — Antoine Zanolini, Lexicon hebraicum , in-4°, } Padoue, ,1732 ; — Ferdinand Reisner, jésuite, Lexicon eruditionis hebraicæ ad sacrant paginant pro dignitate tractandam theologis, concionatoribus , ascetis opportunum , in -8°, Augsbourg, 1777 (extrait de Zanolini);
— Didace Quadros, jésuite, Enrichidion, seu Manuale hebraicum ad usutn regii seminarii Matritensis , in-4°, Rome, 1733; — Jean Bouget, Lexicon liebraico-chaldaicobiblicum, 3 in-f°, Rome, 1737 (ouvrage estimé) ; — François Haselbauer, jésuite, Lexicon hebraico - chaldaicum una cum abbreviaturis in libris et sci'iptis Judæorum passim occurrentibus , in-f°, Prague, 1743; Hebràischteusches Wôrterbuch zum Nutzen derjenigen welche ohne die lateinische Sprache die hebrâische erlernen wollen, in-12, Dantzig, 1743. — Les particules avaient été réunies par Jean Michaelis, Lexicon particularum hebraicarum , in-8°, Francfort, 1689, et par Christ. Kœrber, Lexicon particularum hebræarum , in-8°, léna,
5° A partir du milieu du xvine siècle, l’étude philologique et rationnelle de l'hébreu influa sur la lexicographie , et les lexiques hébraïques furent dès lors rédigés d’après des procédés plus scientifiques. — 1. Jean Sirnonis, Lexicon manuale hebraicum et chaldaicum in quo omnium textus Veteris Testamenti vocabulorum hebraicurum et chaldaicorum signifeatus explicatur, in-8°, Amsterdam, 1757. Il a été corrigé et réimprimé par Eich- ! horn. — Plus tard,Wineren a fait une œuvre nouvelle, ! en la refondant d’après les travaux de Gesenius, 4e édit., Leipzig, 1828. — Ignace Weitenauer, jésuite, Hierolexicon linguarum orientalium, hebraicæ, chaldaicæ et syriaeæ, \ in-8°, Augsbourg, 1759. — Un rabbin allemand, Muselli, I
I publia avec le P. Jean Marie de Saint- Joseph , carme déchaussé, Lexicon hebraico-chaldaico-latino-biblicum, opus observationibus grammatico - criticis conflatum, 2 in-f°, Avignon, 1765. — Joseph Montaldi, dominicain, Lexicon hebraicum et chaldæo-biblicum, 4 in-4°, Rome, 1784. — J. D. Michaelis, Supplémenta ad lexica hebraica, in -4°, Gœttingue, 1785-1792. — Un Lexicon hebraicum contractant parut in -8°, Avignon, 1822. — Signalons chez les Juifs: Isaac ha-Lévi, dit Satanow, auteur d’un dictionnaire hébreu-allemand, nox nsvi; Benzew, auteur d’un bon dictionnaire hébreu -allemand, D’unwn txin; Marchand-Ennery, n>”y nsvi y»ba, Dictionnaire hébreufrançais, in -8°, Nancy, 1827, pour les écoles juives.
L’ouvrage de Guillaume Gesenius, Hebràisches und Chaldaisches Handwôrterbuch über das Alte Testament, 2 vol., Leipzig, 1812, a eu un légitime succès et a été souvent réimprimé. La 12e édition, revisée par A. Socin, 11. Zimmern et F. Buhl, a paru in -8°, Leipzig, 1895. Le Manuel a eu de nombreuses traductions. La lre et la 2S éditions ont été traduites en anglais par J. W. Gibbs, in-8°, Andover, 1824, et par Christophe Léo, 2 in -4°, Cambridge, 1825. La 9° édition, revue par Mühlau et Volck, in-8°, Leipzig, a été traduite en anglais d’abord par Édouard Robinson, Boston, 1836, revue en 1854, et parvenue à sa 20e édition en 1872; puis par Samuel Prideaux Tregelles, Londres, 1847 et 1857. L'abbé J. -B. Glaire en fit un abrégé qu’il disposa suivant l’ordre des racines, Lexicon manuale hebraicum et chaldaicum, in-8°, Paris, 1830 ; 2e édit, corrigée, 1843. Gesenius lui-même traduisit en latin la 3e édition allemande, Lexicon manuale hebraicum et chaldaicum in Veteris Testamenti libros, 1833, 2e édit, revue par A. Th. Hoffmann, in-8n, Leipzig, 1847. La première édition latine fut encore traduite en anglais par Édouard Robinson, in -8°, New-York, 1843. L’ancien rabbin P. Dracb l’a enrichie de notes et en a retranché les interprétations rationalistes, notamment dans les passages messianiques, Catholicum lexicon hebraicum et chaldaicum in Veteris Testamenti libros, in-4°, Paris, 1859. (Migne a ajouté à cette édition le Lexicon hebraico -latinum, cui accessit appendix diclionum chaldaicorum quæ in Veteris Testamenti leguntur, 18G0, de l’abbé J. du Verdier.) Mais Gesenius a publié un dictionnaire hébreu plus complet et plus savant, Thésaurus philologicus criticus linguæ hebrææ et chaldææ Veteris Teslamenti, 3 in-4°, Leipzig, 1829-1853, qui a été achevé par Rœdiger. On a reproché à Gesenius d’avoir exagéré les rapprochements entre l’hébreu et l’arabe, et d’avoir cherché dans cette dernière langue l'étymologie de la plupart des mots hébraïques. — E. É. Léopold suivit Winer et publia Lexicon hebraicum et chaldaicum in libros Veteris Testamenti ordine etymologico compositum in usum scholarum, in-18, 1832; souvent réimprimé. — Jean Frédéric Scbrœder utilisa les travaux de Gesenius, Nova scriptorurn Veteris Testamenti sacrorum Janua, id est, Vocum hebraicarum explicatio, cui notæ, ad Gesenii Excaldique grammaticas spectantes , aliæque adnolationes, sensum locorum dif feiliorum eruendo servientes, sunt adjectæ, 3 in-8°, Leipzig, 1834-1835.
Autres dictionnaires hébreux - allemands : J. Fürst, Hebràisches und Chaldaisclies Handwôrterbuch über das Alte Testament, 2 in -8°, Leipzig, 1857- 1860; 3e édition complétée par V. Ryssel, 1876; 4e édit., 1892. Traduction anglaise par Samuel Davidson, Leipzig, 1865, 1866; 4e édit., 1871. Ce vocabulaire est regardé comme inférieur à celui de Gesenius, à cause des théories philologiques de l’auteur. — E. Meier, Hebràisches Wurzelwôrterbuch, etc., in-8°, Manheim, 1845. — David Cassel, Hebràisch-deutsches Wôrterbuch , etc., in-8°, Breslau, 4° édit., 1889 ; 5e édit., 1891. — C. Siegfrid et B. Stade, Hebràisches Wôrterbuch zum Alten Testamente, in -8°, Leipzig, 1893. — H. Strack, Hebràisches Vocabular fur Anfünger, 4e édit., Berlin, 1894. — M. Schulbaum, Ne ues , vollslandiges deutsch- hebràisches Worteibuch
mit Berucksichtigung ' der talmudischen und neuhebrâischen Literatur, Lemberg, 1881.
2. Dictionnaires hébreux - anglais . — J. Bâte, Critica Hebræa. or a Hebrew -English Dirtionary. Voir t. I, col. 1505. — J. Andrew, Hebrew Dictionary, in-8°, Londres, 1823. Voir t. i, col. 565. — J. L. Potter, English- Hebrew Lexicon; Index to Gesenius Hebrew Lexicon , Boston, 1872. — Bagster, Pocket Iiebreiv- English Lexicon, containing ail the Hebrew and Chaldee words in the Old Testament , Londres, sans date. — B. Davidson, The analylical Hebrew Lexicon, Londres. Chaque mot de l’Ancien Testament est analysé et ramené à sa conjugaison propre, à sa forme primitive ou à sa racine, de sorte que toutes les difficultés grammaticales sont résolues. — B. Davies, Compendious and Complété Hebrew and Chaldee Lexicon to the Old Testament ; witli English -Hebrew Index revised , réimpression de la 3* édition anglaise, Andover, 1879. — Brown et Driver, A Hebrew and English Lexicon of the Old Testament , in-8°, Boston, 1891. — A. Mayher, A select glossary of Bible words ; in-8°, Londres, 1891. — Les noms propres ont été spécialement réunis : A lis't of the proper Names occurring in the Old Testament , Londres, 1844; — Alfred Jones, The proper Names of the Old Testament , expounded and illustrated , Londres, sans date; — The proper Names of the Old Testament , with an Appendix of Hebrew and Aramaic names in the New Testament , Londres, 1859; — W. F. Wilkinson, Personal Names in the Bible interpreted and illustrated, Londres, 1865; — Beharrell, A complété alphabetically arranged Biblical Biography , Indianopolis, 1867; — William llenderson, A Dictionary and Concordance of the Names of persons and places... in the Old and New Testaments , Edimbourg, 1869.
3. Dictionnaires hébreux- français. — Beuzelin, Vocabulaire hébreu- français , in-12, Paris, 1827; l’hébreu y est transcrit en caractères romains; — N.-Ph. Sander et J. Trenel, Dictionnaire hébreu- français, Paris, 1861; c’est en grande partie une simple traduction du Manuale Lexicon de Gesenius ; mais les passages bibliques sont reproduits et expliqués; des mots hébreux non bibliques y ont été insérés.
Cf. J. C. Wolf, Historia Lexicorum hebraicorum, in-8°, Wittemberg, 1705; J. Lelong, Bibliotheca sacra, in-f°, Paris, 1723, t. n, p. 1184-1189; Calmet, Bibliothèque sacrée, lre part., art. iv, dans Dictionnaire de la Bible, Paris, 1730, t. iv, p. 240-242; Fr. Delitzsch, Iesurun, seu Isagoge in grammaticam et lexicographiam linguæ hebraicæ contra G. Cesenium et H. Ewaldum, Grimm, 1838.
II. DICTIONNAIRES GRECS DES SEPTANTE ET DU NOU- VEAU TESTAMENT. — L’époque de la Renaissance vit refleurir Tétude du grec classique. Il ne semble pas que les savants aient porté tout de suite leur attention sur la y.otvYj Slaksy.ro;, sur ce grec populaire et postclassique dans lequel les écrits de l’Ancien Testament ont été traduits et ceux du Nouveau rédigés. C’est seulement au milieu du XVIe siècle que nous trouvons des lexiques spéciaux sur cette langue sainte. Mais les premiers lexicographes n’en connaissaient pas exactement les caractères. Ils identifiaient le grec alexandrin avec le grec classique, et tenaient pour de simples incorrections les particularités de la langue des Septante et du Nouveau Testament. Quelques-uns même étaient des puristes et prétendaient retrouver le plus pur atticisme dans le grec biblique. La première série des lexiques du grec biblique manque de critique scientifique. Le progrès de la philologie comparée et l’étude du développement historique des langues firent nettement distinguer le grec biblique du grec classique, et les plus récents dictionnaires grecs du Nouveau Testament rendent compte des caractères particuliers de ce dialecte populaire, devenu langue littéraire. Il faut donc y recourir pour étudier le grec biblique. Nous nous
bornerons à grouper tous ces dictionnaires suivant leur contenu et à les placer, sous chaque groupe, dans Tordre chronologique de leur publication.
1° Dictionnaires grecs de l’Ancien et du Nouveau Testament réunis. — Jean Lilhocome, Lexicon Novi Testament i et ex parte Veteris, in-8°, Cologne, 1552.
— Elie Hutter, Dictionarium biblicum græcum , in- 4° , Nuremberg, 1598. — Mathias Martini, Epitome Lexici et Etymologici græci, in-8°, Brème, 1616; Cadmus græco Phœnix, id est, Etymologicum vocum græcarum Veteris et Novi Testamenti , in -8°, Brême, 1631.
2° Dictionnaires grecs de l’Ancien Testament. — Zacharie Rosemback, Lexicon græcum in 10 interprètes et libros apocryphos, in-8°, Herborn, 1634. — Michel Crell. Lexicon breve in 10 interprètes , Altenbourg, 1646. — Christian Schotau, Lexicon in 10 interprètes , in-12, Franeker, 1662. — Jean Christian Biel, Novus thésaurus philologicus sive Lexicon in lxx et alios interprètes et scriptores apocryphos Veteris Testamenti, 3 in -8°, La Haye, 1779-1780. Voir t. i, col. 1791. — Ch. Gottl. Bretsehneider, Lexici in interprètes Græci Veteris Testamenti, maxime scriptorum apocryphorum spicilegium, in-8°, Leipzig, 1805. Voir t. i, col. 1927-1928. — E. G. A. Bockel , Novæ clavis in Græcos interprètes Veteris Testamenti scriptoresque apocryphos ita adornatæ ut eliam Lexici in Novi Fæderis libros usum præbere possit atque edilionis lxx interpretum hexaplaris specimina, in-4°, Vienne et Leipzig, 1820. Voir 1. 1, col. 1824.
— F. Schleusner, Novus thésaurus philologicus criticus, sive Lexicon in lxx et reliquos interprètes græcos, 5 in-8°, Leipzig, 1820-1821. Cet ouvrage estimé a été réimprimé, 3 in-8°, Glasgow, 1822. — C. A. Wahl, Clavis librorum Veteris Testamenti apocryphorum philologica , in -4°, Leipzig, 1853.
3» Dictionnaires grecs du Nouveau Testament. — Eilhard Lubin, Clavis Novi Testamenti seu Breve omnium diclionum quibus conscriptum est Lexicon, in-4°, Rostock, 1614. — Louis Lucius, Dictionarium Novi Testamenti græco-latinum, in-8°, Bâle, 1640. — Martin Pierre Cheitomæus, Novi Testamenti voces græco -barbaræ quæ orienti originem debent, in-12, Amsterdam, 1649. — La seconde partie de la Critica sacra de Leigh, mentionnée parmi les dictionnaires hébreux, col. 1416, est un lexique du Nouveau Testament. — George Pasor a publié : 1. Lexicon græco-latinum in Novum D. N. J. C. Testamentum, in -8°, Herbipolis, 1619; Herborn, 1622, 1626, 1632, 1648, 1663; Leipzig, 1646, 1686, 1702, 1717; Amsterdam, avec des additions de Schœttgen, 1641,1650, etc. ; 2. Manuale Novi Testamenti , præter indicem anomalorum et dif ftciliorum vocabulorum libellumque de accentibus , Herborn, 1633, 1636; in-18, Amsterdam, 1683, augmenté par Schotanus; in -32, Leipzig, 1702, 1716, etc.; 3. Syllabus græco - latinus omnium Novi Testamenti vocum, in-12, Amsterdam, 1632, 1633; augmenté par Leusden, 2e édit., in-18, Amsterdam, 1691, etc. Onomasticon Novi Testamenti mnemoniacum, in-8°, Giessen, 1653. — Jérémie. Felbinger, Lexicon græco-germanicum super Novum Testamentum , in-12, 1657. Gérard Maier, Dispositio methodica græcorum Novi Testamenti vocabulorum, in-12, Francfort, 1663. — George Crauser, Phosphorus græcarum vocum et phrasium Novi Testamenti theoretico-practicus , id est, Observationes philologico - theologicæ theoriæ et praxi sacræ inservientes, etc., in-8°, Radstadt, 1664; in-4°, Francfort et Leipzig, 1676. — Jean Conrad ûieterich, Antiquitates Novi Testamenti , seu Lexicon philologico -theologicogræco-lalinum , in-f®, Francfort, 1671 et 1680. — André Reyer, Voeabularium seu Lexicon græco-latinum et lat ino - græcum , in quo omnia Novi Testamenti græca vocabula recensentur, in -8°, Gotha, 1672. — Jean Leusden, Novi Testamenti clavis græca cum annotationibus philologicis, in-4°, Utrecht, 1672; Compendium græcum Novi Testamenti , continens ex 7 050 versiculis Novh
Testament i tantum 1 900 in quibus omnes voces Novi Testamenti inveniuntur cum versione latina , in- 12, Utrecht, 1675, 1677 et 1682. — Ad. Cocquius, Observationes critico - sacræ in sacrum N. T. codicem, qui agit de philosophia et doctrina morum , ubi præter etyma et significationes verborum græcorum, liorninis beatitudo, affectus , virtutes et vitia ex sacris litteris eruta philologiceet practice eruuntur, in-4°, Leyde, 1678. — Eb. van derHoogt, Lexicon Novi Testamenti græco -latino-belgicum, in-8», Amsterdam, 1690. — Jean Knoll, Vocabularium biblicum Novi Testamenti græco -latinum, in-8J, Radstadt, 1697, 1700; Leipzig, 1707. — Corneille Schrevel, Lexicon manuale Novi Testamenti græco- latinum et latino-græcum, in-8°, Amsterdam, 1700. — Pierre Nicolas du Mortier, Etymologiæ græco-latinæ, etc., in-l°, Rome, 1703. — Pierre Sigismond Papenius , Lexicon onomatophraseologicum in codicem sacrum Novi Testamenti , in-4°, Leipzig, 1718. — Pierre Mintert, Lexicon græcolatinum in N. T., 2 in-4°, Francfort-sur-le-Mein, 1728. — Jean Conrad Schwartz, Commentarii critici et philologici linguæ græcæ N. T., in-4°, Leipzig, 1736. — Martin Gaspard Wolfburg, Observationes sacræ in Novum Testamentum, seu Annotationes philologico-criticæ in voces plerasque N. T. ordine alphabetico et dicta præcipua tam Veteris quant Novi Testamenti , in-4°, Copenhague, 1738. — Jean Gaspard Hagenbuch donna une nouvelle recension du Novi Testamenti glossarium græco -latinum de Jean Gaspard Suicer, in-8°, Tigur, 1744. — Chr. Schœttgen, Novum Lexicon græco -latinum in Novum Testamentum, in-8°, Leipzig, 1746; corrigé et augmenté par J. T. Krebs, in-8°, Leipzig, 1765, et par G. L. Sophn, in -8°, Leipzig, 1790. — Christian Stock, Claris linguæ sanctæ Novi Testamenti , 5e édit, préparée par Fischer, in-8°, Leipzig, 1752. — Élie Palaieret, Prœve van een Oordelkundis Woordenbœck over de Heilige Bœken des Niewen Verbonds, in-8°, Leyde, 1754. — Jean Simonis, Lexicon Manuale græcum N. T., in-8°, Halle, 1766. — Jean Gustave Herrmann, Griechisch-teutsches Wôrlerbuch des N. T., in-8°, Francfort-sur-l'Oder, 1781. — Charles Frédéric Bahrdt, Griechisch-teutsches Lexicon über das N. J.,in-8°, Berlin, 1786. — Euchaire Œrtel, Griechischteutsches Wôrterbuch des N. T., in-8°, Gœttingue, 1799. Cf. J. Lelong, Bibliotheca sacra, in-f°, Paris, 1732, t. n, p. 1197-1198. — Jean Frédéric Schleusner, Novum Lexicon græco-latinum in Novum Testamentum, 2 in-8°, Leipzig, 1792, 1801; 4e édit., 1819. — C. A. Wahl, Claris Novi Testamenti philologica , in-8°, Leipzig, 1822; 3e édit., 1843. — C. G. Bretschneider, Lexicon manuale græcolatinum in libros Novi Testamenti, 2 in-8°, Leipzig, 1829, 1840. Voir t. i, col. 1928. — C. G. Wilke, Claris Novi Testamenti philologica usibus scholarum et juvenum theologiæ studiosorum accommodata, Dresde, 1839, 1851. Cet ouvrage a été revu par C. L. W. Grimm, Lexicon græco-latinum in libros N. T., Leipzig, 1867, 1879, 1888, 1896. J. II. Thayer l'a traduit en anglais et l’a révisé, A Greek-English Lexicon of the New Testament, being Grimm’s Wilke' s Claris Novi Testamenti , Edimbourg, 1886. — H. Cremer, Biblisch-theologischesWôrterbuch der neutestamentlichen Grücitât, Gotha, 1867, 1862, 1882; 8e édit., 1895. Ce dictionnaire ne contient pas tous les mots, mais il est utile pour l’exégèse. Il a été traduit en anglais avec des additions par William Urwick, Biblico-lheological Lexicon of New Testament Greek,É dimbourg, 1872; 3e édit., 1880, 1892. — Schirlitz, Griechisclideutsches Wôrterbuch zum Neuen Testamenle, in -8°, 2° édit., 1858 ; 5e édit., Giessen, 1893. — B. Kuhne, Neutestamentlisches Wôrterbuch, Gotha, 1892. — F.W. Stellhorn, Kurzgef. Wôrterbuch zum griechischen N. T., Leipzig, 1886. — S. Th. Bloomfield, A Greek and English Lexicon of the New Testament , édition revue et augmentée par E. Robinson, 1829; New -York, 1836; nouvelle édition revue, 1850. Voir 1. 1, col. 1821. — E. W. Bullinger, Crilical Lexicon and Concordance to the En-
glish and Greek New Testament, Londres, 1877. — W. J. Ilickie, Greek English Lexicon to the New Testament , in-8°, Londres, 1893. Greenfield, Polymicrian Greek Lexicon , in - 32 , Londres. — The Analytical Greek Lexicon to the New Testament , Londres, rédigé sur le même plan que Y Analytical Hebrew Lexicon. Cf. Classical Review, t. i, 1887, p. 106-109, 403, 485.
IL Dictionnaires des matières bibliques. — Ces dictionnaires, qui rangent par ordre alphabétique les sujets de la Bible, sont de deux espèces: les uns sont spéciaux à la Bible, les autres sont des encyclopédies théologiques dans lesquelles la science biblique a sa part.
I. DICTIONNAIRES SPÉCIAUX DE LA BIBLE. — 1° Le moyeu âge a eu des résumés alphabétiques de la Bible aussi bien que de la théologie. Leurs exemplaires manuscrits ou imprimés existent en grand nombre dans les bibliothèques, et ces dictionnaires bibliques ont été jusqu’aux xive et xve siècles les manuels ordinaires et la principale source de l’érudition exégétique des clercs et des moines. Leur valeur va toujours en décroissant. Les plus récents sont des compilations des plus anciens et leur sont inférieurs en exactitude.
Le premier est le Vêtus Glossarium, qui a été attribué pendant longtemps à Salomon III, abbé de Saint-Gall et évêque de Constance; mais qui parait avoir eu pour auteur un évêque goth , nommé Ansileube. 11 en existe un superbe manuscrit du vu Ie ou du ixe siècle, d’une belle écriture lombarde, à la Bibliothèque Nationale de Paris, lat. 11529-11530. Le Glossaire d'Ansileube est une encyclopédie complète, dont la science est de bon aloi et dont les nombreux résumés ont fourni la matière de tous les dictionnaires du moyen âge.
En 1053, le Lombard Papias refondit le Vieux Glossaire; mais son Rudimentum doctrinæ, tout en contenant de nouveaux éléments, reste un travail de seconde main. Il est moins imparfait dans les manuscrits que dans 1 édition imprimée à Milan, en 1476. Le Pisan Uguccione, évêque de Ferrare, connu sous le nom de Hugution, rédigea vers l'an 1200, peut-être à l’abbaye de Nonantule, les Derivaliones majores, qui contiennent de singulières étymologies. Son ouvrage a servi pendant trois cents ans de guide pour l’étude de la Bible. La création des ordres mendiants multiplia le nombre des docteurs et des manuels. Celui qui lut usité chez les Frères Mineurs est court, pauvre et maigre. C’est la Summa Britonis, ou vocabulaire de la Bible de Guillaume le Breton, compilation des Derivationes d’ilugution. On l'a parfois attribuée à Adam de Saint -Victor. Voir t. I, col. 206-207. Jean Balbi, dit Jean de Gènes, travailla pour les Dominicains, et composa, en 1286, son Catholicon , que lui même avait intitulé Prosodia. Cetle compilation indigeste fut imprimée à Mayence, en 1460, et rééditée à Augsbourg, en 1469. Voir t. i, col. 1409.
Le XVe siècle vit sortir des presses toute une bibliothèque de dictionnaires de la Bible : le Comprehensorium de Jean, in-f°, Valence, 1475; — le Vocabularium ecclesiasticum de Jean Bernard le Fort, de Savone, augustin, in-f°, Milan, 1480, 1489, et Venise, in-8°, 1625; — Y Elucidai' lus Scripturarum de Henri Jerung, syndic de Nuremberg, in-f°, Nuremberg, 1476; — le Vocabularius breviloquus , in-f°, Bâle, 1482 et 1501, qui est l’œuvre de Jean Reuchlin. — Mais le principal est Mammotrectus super Bibliam , « Le nourrisson, » composé par Marchisino, frère mineur de.Reggio, entre 1279 et 1312. Cet ouvrage, dont il existe beaucoup de manuscrits et qui a eu trente-quatre éditions, échelonnées de 1470 à 1596, explique les mois difficiles de la Bible, livre par livre, aussi bipn que ceux des leçons du bréviaire. Il a disparu de l'usage sous le mépris des lettrés de la Renaissance. Cependant un dictionnaire italien, publié en 1625, n’est guère qu’un résumé alphabétique du Mammotrectus. Cf. Samuel Berger, La Bible au xv P siècle, in-8°, Paris, 1879, p. 15-28; De glossariis
et compendiis exegeticis quibusdam medii ævi, in-8°, Paris, 1879.
2° Des dictionnaires analogues, expliquant le sens des mots de la Bible, reparaissent au xvii« et au xviii' siècle. François Lalouette publia Hierolexicon , seu Dictionarium variorum Sacræ Scripturæ sensuum, in-8°, Paris, 1694. Nous devons à Charles Duré le Dictionnaire universel de l’Ecriture Sainte, dans lequel on marque toutes les différentes significations de chaque mot de l’Écriture, son étymologie , et toutes les difficulté z que peut faire un même mot dans tous les divers endroits de la Bible où il se rencontre. On y explique aussi les Hébraïsmes , les phrases ou façons de parler particulières du Texte sacré, les contradictions apparentes, les difficultez de Chronologie, l’Histoire sainte, la Géographie , les noms propres des Hommes, des Villes, etc., avec tout ce qui peut faire entendre le sens littéral et métaphorique , en sorte que rien ne puisse arrêter le Lecteur qui y aura recours. On a mis aussi à la marge le mot Grec des Septante qui répond à la signification de chaque mot Latin, avec l’explication de ce que porte le sens de l’Hébreu, quand il est différent de celui du Latin de la Vulgate, 2 in-f°, Paris, 1715. Ce long tilre fait suffisamment connaître le contenu de l’ouvrage, qui a été réédité par Migne, 4 in -4°, Paris, 1846, mais sans les mots grecs correspondants, sous le titre de Dictionnaire universel de philologie sacrée, revu et augmenté par Tempestini. — Pierre François Zanoni, Polygraphia sacra, seu Elucidarium biblicum historico-mysticum, Augsbourg, 1725. Tous les mots de l’Ecriture sont expliqués au sens littéral, anagogique et moral, d’après les originaux et les meilleurs interprètes, mais d’une façon trop prolixe. — Ignace Weitenauer , jésuite , Lexicon biblicon in quo explicantur Vulgatæ vocabula et phrases, in-8°, Augsbourg, 1758, 1780; Venise, 1760; Avignon, 1835; Paris, 1857, 1863; Naples, 1857, etc. On y trouve l’explication des métaphores et des passages difficiles de la Vulgate. — Frédéric de Jésus, carme, Lexicon scripturisticum , in -8°, Augsbourg, 1782, exposition suivant l’ordre alphabétique des sens multiples de 1 Écriture.
3° Une autre série de dictionnaires bibliques s’attache principalement au sens littéral de l’Écriture et résume en articles distincts, rangés alphabétiquement, l’histoire et la géographie de la Bible. Ce genre de recueils a été inauguré par Bichard Simon, ancien curé de Saint-Uze, dans le Dauphiné. 11 publia Le Grand Dictionnaire de la Bible, ou Explication littérale et historique de tous les mots propres du Vieux et du Nouveau Testament , etc., in-f°, Lyon, 1693. Le titre complet, qui est très étendu, indique le contenu du dictionnaire, à savoir : la vie des principaux personnages, les noms des animaux, des fêtes, des provinces, des villes et des bourgs, des montagnes, des lleuves, des poids et mesures; en un mot, toutes les matières bibliques. Le succès de cet ouvrage encouragea l’auteur à le développer; il le compléta et l’augmenta du double. La seconde édition parut en 2 in-f°, Lyon, 1703. Ainsi étendue, elle est devenue un dictionnaire universel, qui contient beaucoup de choses étrangères à la Bible. Par ailleurs, l’ouvrage est peu correct et peu exact. L’auteur ne connaissait pas les langues orientales et n’avait pas l’érudition suffisante pour réussir; il a eu le mérite d’ouvrir une voie dans laquelle d’autres font suivi.
On avait conseillé à dom Calmet de retoucher le Grand Dictionnaire de Simon. Le savant bénédictin comprit la difficulté d’une révision et préféra faire une œuvre nouvelle, en empruntant le cadre à son prédécesseur et en le remplissant par les matériaux recueillis pour la composition du Commentaire littéral et en partie non employés. C’est à ce dessein que nous devons le Dictionnaire historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible. Il comprenait d’abord seulement deux volumes in-f°, Taris, 1719. Il eut un Supplément,
aussi considérable, Paris, 1728. Tandis qu’une contrefaçon paraissait à Genève, 4 in-4°, 1729 et 1730, dom Calmet préparait une deuxième édition, dans laquelle il fondait le Supplément, en remaniant les anciens articles, en corrigeant et en augmentant le tout, 4 in-f°, Paris, 1730. Comme dans son Commentaire , l’auteur considérait surtout la lettre du texte sacré, l’histoire et la critique. Sur les rééditions et les traductions de cet ouvrage, qui a été si longtemps consulté, voir col. 75. Ajoutons seulement que la version anglaise a été retouchée par E. Robinson , Boston , 1832.
Il parut ensuite des dictionnaires de même nature, mais plus sommaires et d’un moindre format. Pierre Chompré publia, sous le voile de l’anonyme, Dictionnaire abrégé de la Bible pour la connaissance des tableaux historiques tirés de la Bible et même de Flavius Josèphe, in -32, 1766. Il a été revu et augmenté par Petitot, 1806, 1816 et 1837. Tous les noms de personnages, d’animaux, de plantes, de lieux et d’instruments, qui se lisent dans la Bible, y sont accompagnés d’explications historiques. Voir col. 716. — Pierre Barrai, Dictionnaire portatif, historique, théologique , géographique. Voir t. i, col. 1468. Cet ouvrage a été traduit en latin par Jean-François Dalmase, Dictionarium manuale biblicum ex celebratissimis potissimum dictionariis (ceux de Simon et de Calmet) , 2 in-8°, Augsbourg, 1776; cette édition est enrichie de notes, tirées de la version italienne faite par Prosper d’Aquilée. — Jean Baptiste Sébastien Colomme, barnabite, édita Notice de l’Ecriture Sainte, Description topographique , chronologique , historique et critique des royaumes , provinces, etc., dont il est fait mention dans la Vulgate, in -8°, Paris, 1773, qui fut réimprimé sous le titre de Dictionnaire portatif de l’Ecriture Sainte, 1775. Cet ouvrage est peu utile. Voir col. 851. — L. E. R[ondet], Dictionnaire historique et critique de la Sainte Bible, in -4°, Paris et Avignon, 1776. Inachevé. Voir Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, Paris, 1872, t. iv, p. 977. — J. Brown, A Dictionary of the Holy Bible, sur le plan de D. Calmet, 2 in -8°, Londres, 1769, souvent réimprimé. Voir t. 1, col. 1950. — William Gurney, A handy Dictionary of the Holy Bible, conlaining an historical and geographical Account of the persons and places, and an exploitation of the varions ternis, doctrines , laws, precepts, ordinances , institutions and figures in the sacred Oracles. La première édition est de l’an 1790 environ. Ce dictionnaire, qui joint aux renseignements biographiques, historiques, archéologiques, scientifiques, etc., l’explication des phrases et des figures de la Bible, a eu beaucoup de succès. J. G. Wreng l’a révisé et réédité, in-8°, Londres, 1879, avec quelques illustrations sans valeur, représentant des localités ou des paysages. — Dictionnaire généalogique, historique et critique de l’Ecriture Sainte, où sont réfutées plusieurs fausses assertions de Voltaire et autres philosophes du xvme siècle, in -8°, Paris, 1804. L’auteur était mort dans les premiers jours de septembre 1792. L’abbé Sicard revit son ouvrage, le corrigea et le publia. C’est un résumé qui explique les noms de personnes et de lieux. — Henri Braun ajouta à son édilion latine et allemande de la Bible un Biblisches Universallexicon, 2 in-8°, Augsbourg, 1806 et 1836. C’est l’œuvre d’Amand Mauch. Voir 1. 1, col. 381 et 1910. — A. Coquerel, Biographie sacrée, ou Dictionnaire historique , critique et moral de tous les personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament , in -8°, Amsterdam, 1825. Voir col. 954. — Jourdain Vespasiano , Dizionario universale délia S. Bibbia Volgata, 4 in-4», Venise, 1853. — Henri Joachim Jack, A Ugemeines Volksbibel-Lexieon fur Katholiken,order allgemein fassliche Erlauterung der h.Schrift durch Wort und Bild , Leipzig, 1843- 1848, pour faire suite à sa version allemande. — A. F. Barbié du Bocage publia dans La Sainte Bible en latin et en français, t. xiii, in- 4°, Paris, 1834, un Dictionnaire des noms
hébreux, un Dictionnaire archéologique et historique (d’après Calmet), un Dictionnaire géographique de la Bible. Voir t. i, col. 1456. — A Dictionary of the Holy Bible, for general use in the study of tlic Scripturies , New-York, 1856. Il a été publié par l 'American Tract Society et avait été originairement préparé par le savant explorateur de la Palestine, Édouard Robinson. On le donne comme un modèle de condensation et d'exactitude; mais il a vieilli. — A. Rost, Dictionnaire de la Bible, ou Concordance raisonnée des Saintes Ecritures, contenant, en plus de 4 000 articles : 1° la Biographie sacrée; 2° l'Histoire sainte ; 3° l'Archéologie biblique; 4° la Géographie biblique; 5° l’Histoire naturelle biblique, la Zoologie et la Géologie ; 6° l'Esprit de la législation mosaïque ; 7° des Introductions spéciales aux livres de l’Ancien et du Nouveau Testament ; 8° des Essais sur diverses portions des Écritures; 9° l'Interprétation et l’explication d'un grand nombre de passages obscurs ou mal traduits ; 10° des Directions pour l’étude de la prophétie, etc., 2 in -8°, Paris, 1849; 2e édit., revue et augmentée, Paris, 1865. Voir t. i, col. 1867. — E. Spol, Dictionnaire de la Bible, ou Explication de tous les noms propres historiques et géographiques de l’Ancien et du Nouveau Testament, in- 12, Paris, 1877. Complet mais très bref. — A. -P. Billot, Petit dictionnaire biblique, in -12, 1885.
L’Allemagne et l'Angleterre ont produit des dictionnaires semblables, plus développés. 1. George Benoit AViner, Biblisches Real-Wôrlerbuch zum Handgebrauch fur Studirende, Candidaten, Gymnasiallehrer und Prediger ausgearbeilet, 2 in -8°, Leipzig, 1820. La troisième édition, publiée en 1847-1848, est considérablement augmentée. Cet ouvrage est plein d’érudition et très utile pour l’indication des sources. — D. Schenkel, Bibellexicon, 5 in-8°, Leipzig, 1869. — Biblisches Handwôrterbuch , Calwer, 2e édition illustrée, revue par P. Zeller, 1893. — J. Hamburger, Real-Encyklopàdie fur Bibel und Talmud. Wôrterbuch zum Handgebrauche fur Bibelfreunde, Theologen , Juristen, 4 in -8°, Strelitz et Leipzig, 1866-1892. — Herm. Zeller, Biblisches Wôrterbuch fur das christl. Volk, 3e édition, 2 vol., Berlin, 1894. — 2. J. Kitto, Cyclopædia of Biblical Literature, 2 in-8°, Édimbourg, 1845. La première édition fut réimprimée à New -York, la même année. Une deuxième édition fut donnée à Édimbourg, par le Dr Burgess, en 1856. La troisième, complètement revue, notablement augmentée et améliorée par le Dr AV. L. Alexander et un grand nombre de collaborateurs, comprend 3 in-8°, Édimbourg, 1862-1865. C'est le premier ouvrage de ce genre où l’on ait réuni les travaux de spécialistes sous la direction d’un éditeur principal. — John Eadie, Biblical Cyclopædia ; or, Dictionary of Eastern Anliquities , Geography, natural hislory, sacred Annals and Biography , theology and biblical Literature, illustrative of the Old and New Testaments. La préface de la première édition est datée de Glasgow, décembre 1848; celle de la quatrième édition, de la même ville, octobre 1853. — La sixième, qui est illustrée, a été publiée à Londres, par The Religions Tract Society , sans date, in -8°. Cet ouvrage a eu pour base The Union Bible Dictionary , prepared for the American Sunday School Union, and revised by the Commiltec of Publication, Philadelphie, 1842, et dont la première édition, 1831, avait été préparée par A. Alexander. Voir t. i, col. 344. — William Smith, Dictionary of the Bible, comprising its antiquities , biography , geography and natural history , 3 in -4°, Londres, 1861-1863. C’est une œuvre historique plutôt qu’une œuvre théologique. Il a été publié en Amérique, par H. B. Hackett et E. Abbott, avec la collaboration de plusieurs savants, en 4 in -4°, New -York, 1868-1870, une édition rivale qui est plus correcte que celle de Londres. Le premier volume, augmenté d’environ du double, a paru en seconde édition, en 1893. — Ayrc, The Trca-
sury of Bible Knowledge, Londres, 1866; 2e édit., in -8°, 1868, ouvrage très bien fait, renfermant en un petit espace une quantité considérable de renseignements bien digérés. — Patrick Fairbain, The Impérial Bible- Dictionary , historical , biographical , geographical and doctrinal : including the natural history , antiquities, manners , customs and religions, rites and ceremonies mentioned in the Scripturies , and an Account of the several books of the Old and New Testaments, 2 in-4°, Londres, 1867. Cet ouvrage, rédigé par plus de quarante collaborateurs et illustré, est plus populaire que le Dictionnaire de Smith. — The Bible Dictionary illustrated ivith nearly six hundred Engravings in two volumes, 2 in-4°, Londres (sans date). Ce dictionnaire, connu sous le nom de Dictionnaire de Cassel, son principal éditeur, a pour but de résumer sous une forme succincte et populaire les résultats des travaux anciens et modernes sur l’Écriture Sainte. Il est l’œuvre d'un grand nombre de collaborateurs protestants anonymes. La rédaction et ( illustration sont médiocres. Il a déjà vieilli. — A. R. Fausset, The Englishman’s Bible Cyclopædia, Londres et New-York, 1878; 2e édit., 1881. Cette encyclopédie est l’œuvre d’un seul auteur ; elle expose et discute les questions et peut suppléer en partie à un commentaire. — Schaff, A Dictionary of the Holy Bible, including Biography, natural Hislory, Geography, Topography, Archæology and Literature, Philadelphie, 1880; 3e édit., 1882. Ce dictionnaire, publié par l’ American Sunday School Union, renferme tous les noms bibliques et contient des cartes et de nombreuses illustrations. On y a mis à profit les fouilles et les découvertes des sociétés diverses qui ont exploré la Palestine. — Signalons enfin Bourazan, A sacred Dictionary, an explanation of Scripture naines and ternis , in-8°, Londres; • — J. Macpherson, The universal Bible dictionary , based upon the latest authorilies , in -8°, Londres, 1892; — AVestoot et AVaad, Concise Bible dictionary, Londres, 1893; — Easton, Illustrated Bible dictionary and treasury of biblical history, biography, geography, doctrine and literature , in-8°, Londres, 1893.
4° 11 nous reste à signaler quelques dictionnaires d'archéologie et de géographie biblique. L. de Saulcy, Dictionnaire des antiquités bibliques, traitant de l’archéologie sacrée, des monuments hébraïques de toutes les époques, de toutes les localités célèbres mentionnées dans les Livres Saints, de l’identification des noms modernes avec les noms antiques cités dans la Bible, de la description des terres bibliques et en particulier du bassin de la mer Morte et du Jourdain, in-4°, Paris, 1859. L’auteur résume ses propres travaux, expose ses idées personnelles et parle de découvertes qu'il aurait faites, et que les savants venus après lui n’ont pas ratifiées. — Ed. Riehin, Handwôrlerbuch der biblisclien Alterlums fïir gebildete Bibelleser, 2 in-8°, Bielefeld et Leipzig, 1875-1884; 2e édit., 1894, sous la direction de Fr. Baethgen. — G. IL Withney, llandbook of Bible Geography, New- York, 1875; édition revue, 1879. — G. Armstrong, W. Wilson et R. Conder, Names and places in the Old and New Testament , 1889. — E. von Starck, Palàstïna und Syrien von Anfang der Geschichle bis zum Siégé des Islam, in-8°, Berlin, 1895, petit lexique de géographie palestinienne.
II. DICTIONNAIRES GÉNÉRAUX, TIIÉOLOGIQUES ET BI- BLIQUES. — Les sciences bibliques tiennent une place importante dans ces encyclopédies religieuses, qui ont | pris naissance au xvme siècle. La première est l’œuvre [ des dominicains Louis Richard et Giraud, Dictionnaire universel , dogmatique , canonique , historique, géographique et chronologique des sciences ecclésiastiques, 5 in-f°, Paris, 1760-17(52; avec un 6e vol. de supplément, 1765. L'Écriture Sainte y occupe le premier rang. Tous les j noms d'hommes et de lieux, sacrés et profanes, cités I dans la Bible, y ont leur article. On y trouve un truité
sommaire de l’Écriture et une introduction à chacun des Livres Saints. Ces sujets sont exposés d’après dom Calrnet. Une seconde édition a paru sous le titre de Bibliothèque sacrée, ou Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques, 29 in-8°, Paris, 1822-1827. — L’abbé Bergier avait préparé pour l’ Encyclopédie méthodique le Dictionnaire théologique , 3 in-4°, Paris, 1788-1790.
11 a été publié à part, sous le titre de Dictionnaire de théologie, 8 in-8°, Liège, 1789-1792. Sans vouloir copier le Dictionnaire de la Bible, l'auteur a donné une part suffisante à la critique sacrée, et il a justifié les personnages de l’Ancien Testament dont la vie et les vertus avaient été attaquées par les incrédules du xviif siècle. Son Dictionnaire a été réédité, 8 in -8°, Toulouse, 1819; Besançon, 1826-1830 (avec des notes de l’abbé Gousset); 4 in-8°, Lille, 1844 (avec des notes de l’abbé Lenoir);
12 in-8°, Paris, 1873-1876. — J. Aschbach, Allgemeines Kirchen-Lexicon, Francfort-sur-le-Mein, 1846-1850. Ouvrage utile et digne de confiance, écrit par de savants catholiques. — Wetzer et VVelte, Kirchen- Lexicon, 12 in-8°, Fribourg-en-Brisgau, 1847-1856; traduit en français par l'abbé 1. Goschler, Dictionnaire de la théologie catholique, 26 in-8°, Paris, 1868. Une seconde édition a été entreprise par Hergenrother et Kaulen , Kirchenlexicon oder Encyklopàdie der Katholischen Théologie und ihrer Hülfswissenschaften. Elle comprend déjà 10 in-8°, 1882-1897 (jusqu'à Saturnil). Les articles d’Écriture Sainte exposent avec clarté les derniers résultats de l'exégèse allemande. — Joseph Schàtler, Handlexicon der katholischen Théologie, 4 in-80, Ratisbonne, 1880 et suiv.
— J. -B. Jaugey, Dictionnaire apologétique de la foi catholique, in-8°, Paris (sans date).
Les protestants ont aussi bien que les catholiques leurs encyclopédies théologiques. J. J. Herzog a publié (avec G. L. Plitt et A. Hauck) la seconde édition de Real- Encyclopàdie far prolestantische Théologie und Kirche, 18 in-8°, Leipzig, 1877-1888. La première édition avait été imprimée par R. Besser, 22 vol., Hambourg, Stuttgart et Gotha, 1853-1868. C’est en Allemagne le grand arsenal de la théologie protestante dans toutes ses branches. J. H. A. Bornberger en avait commencé un résumé , The protestant Theological and Ecclesiastical Encyclopædia , being a condensed translation of Herzog’s Real- Encyclopædia , with additions from other sources, 2 in -8°, Philadelphie, 1856-1^62, resté inachevé. Une troisième édition allemande est en cours de publication, sous la direction de A. Hauck. Les deux premiers volumes ont paru, Leipzig, 1896 et 1897. — Kirchenlexicon, theologisches Handwôrterbuch , 2e édit., revue par P. Zeller, 2 vol., Calwer, 1891-1892. — J. Newton Brown, Encyclopædia of Religions Knowledge , Brattleborough , 1835 ; édition revue par G. P. Tyler, en 1858 ; réimprimée à Philadelphie, 1875. Cet ouvrage a vieilli.
— Mac Clintock et Strong, Cyclopædia of Biblical, Theological and Ecclesiastical Literature, 10 in -8°, New-York, 1867-1881, avec deux volumes supplémentaires, 1884-1887. Cet ouvrage, le plus complet de ce genre qui existe en anglais, fut commencé en 1857. Il renferme environ cinquante mille articles. — Philippe Schaff, Samuel M. Jackson et D. Schaff, A Religions Encyclopædia : or Dictionary of biblical, historical , doctrinal and practical Theology , based on the Real-Encyklopadia of Herzog , Plitt and Hauck, 3 in-4°, Edimbourg, 1883.
Les protestants de langue française ont publié, sous la direction de F. Lichtenberger, V Encyclopédie des sciences religieuses, 12 in-8°, Paris, 1877-1882. L’histoire des religions bibliques y occupe la place d’honneur. On y trouve l’explication de tous les noms géographiques et historiques de l’Ancien et du Nouveau Testament de quelque importance, une introduction critique détaillée de chacun des livres canoniques, ainsi que des études d’ensemble sur le canon, le texte, les versions, l’exégèse, la propagation
des Saintes Écritures et l’archéologie sacrée. Toutes les fractions du protestantisme français ont fourni des collaborateurs. La doctrine n’est pas une, et parfois les résultats de la critique rationaliste sont acceptés comme acquis et démontrés.
Le judaïsme lui -même a son encyclopédie religieuse: J. Hamburger, Real - Encyclopédie des Judenthums, Wôrterbuch fur Gemeinde , Schule und Haus , 2 in -8°, Neustrelitz, 1874-1888. C’est un dictionnaire juif composé par des juifs. Il traite par ordre alphabétique non seulement les sujets historiques, géographiques et scientifiques, mais aussi les questions dogmatiques, morales et juridiques qui intéressent les lecteurs de la Bible et du Talrnud. E. Mangenot.
DIDRACHME ( 8fSpayp.ov ; Vulgate : didrachma), monnaie grecque, en argent, de la valeur de deux drachmes et équivalente au demi-sicle juif. Voir Drachme et Sicle. Le didrachme représentait la somme due par chaque Juif pour l'impôt de la capitation, qui servit à l’entretien du Temple de Jérusalem jusqu’à la destruction du sanctuaire par les Romains. Cet impôt fut payé par Notre-Seigneur. Matth., xvn, 23-26. Voir Capitation, col. 217-219. Les pièces de cette valeur ont été frappées en grand nombre dans tous les systèmes monétaires du monde grec. Parmi les principaux types, on peut citer le didrachme attique, du