DUT
l'heureux mariage de sa fille avec son paient. Mais il s'agit beaucoup moins ici d'une dot que d'une donation entre vifs. Ragnel a'offre pas son présent à condition que Tobie épouse sa fille, sept fois victime de la malice du démon. Content que le huitième mariage ait été enfin béni de Dieu, il fait don au jeune époux de la moitié de sa fortune, et promet de lui laisser l'autre moitié après sa mort. TuIj., vin, 24. — Chez les Égyptiens, l'usage de la dot existait, au moins dans les hautes classes de la société. Dans les grandes familles, chaque femme recevait en dot une portion de territoire, qui accroissait le domaine de son mari. Mais celui-ci à son tour, en mariant ses filles, était obligé de morceler son fief pour leur assurer une dot. Ainsi, sous Osortésen 1er, la princesse Biqit épousa Nouhri, un des princes d'Hermopolis, et lui apporta en dot le fief de la Gazelle. Maspero , Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, 1895, t. î, p. 300, 523. Par la suite, le pharaon contemporain de Salomon se conforma donc aux usages de son pays quand il donna en dot à sa tille la ville de Gazer, au moment de son mariage avec le fils de David. 111 Reg., ix, lij. A l'époque des Ptolémées, Bérénice, fille de Ptolémée Philadelphie, apporta de telles richesses à Antiochus Théos, roi de Syrie, en se mariant avec lui, qu'on la surnomma irpvo;^'-..; , o porte-dot. » — Chez les G iv», on voit Agamemnoii promettre sept bonnes villes à celui qui épousera sa tille, lliad., IX, 146 - 157.
II. Le MOHAR. — 1" Son usage en Orient. — En règle générale, dans tout l'Orient el particulièrement chez les Hébreux, ce n'était pas la jeune fille qui apportait une dot, mais le jeune homme ou ses parents qui donnaient une somme ou des présents aux parents de la jeune fille, pour obtenir celle-ci en mariage. Ce prix offert par le jeune homme porte en hébreu h- nom de mohar. <■ Dans un pays OÙ tous les citoyens considèrent le mariage comme un devoir, et où, dans certains cas, les mœurs et la loi permettent de prendre une seconde femme, les pères placeront facilement leurs filles sans les doter, et ils pourront même en réclamer un certain prix, n Munk, Palestine, Paris, 1881 , p. '203. Aussi, presque toujours, chez !'■■ i il us peuples, le premier préliminaire du mariage était l'achat de l'épouse. Chez les anciens Chaldéens, la jeune Bile apportait avec elle une dot et des cadeaux proi il.1 la générosité dis membres de sa famille. Mais le mariage « était à vrai dire une vente en bonne forme, el les parents ne se dessaisissaient de leur tille qu'en échange d un présent proportionné aux biens du prétendant. Telle valait un [sicle] d'argent pesé, et telle autre une mine, telle autre beaucoup moins; la remise du prix s'accomplissait avec une certaine solennité. Lorsque le jeune homme ne possédait rien encore, sa famille lui avançait la somme nécessaire a cet achat ». Maspero, Histoire ancienne, t. t, p. 734. Les auteurs mentionnent plusieurs fois l'existence de la même coutume chez les anciens peuples. Homère, lliad., xi, -il: Odyss., m. 281; vin. 31*; Hérodote, i, l'.il'i; Élien, l'a;-. Ilist., iv, 1; Strabon, xvi, 71.".; Tacite, Mor. Germ., 18. Une des formes du mariage reconnue par le droit romain était la coempt'w ou achat d'une femme pour laquelle on payait au père un prix convenu. La loi salique considérait aussi le ma-
ria une un marché. Ozanam, Éludes germaniques,
Paris, o- .'-.lit., 1894, t. i, p. 120, 121. Chez les Arabes modernes, o on traite du prix de la fille, que le gendre doit payer au beau-père en chameaux, en moutons ou en
1 u\... Il fini proprement qu'un garçon qui veut se marier achète sa femme, el les pères parmi les Arabes ne sont jamais plus heureux que quand ils ont beaucoup de filles. C'est la première richesse de la maison. Ainsi
lorsqu'un garçon veul traiter lui-mé avec la personne
dont il désire épouser la fille, il lui dira : Voulez-vous me donner votre fille pour Cinquante moutons, pour six chameaux, etc. 7 s il n'est pas assez riche pour faire de semblables offres, il lui proposera de la donner pour une
cavale ou pour un jeune poulain, le tout enfin selon le
mérite de la fille et la considération de sa maison, et selon le revenu de celui qui veut se marier. » De la Roque, Voyage en Palestine. Amsterdam, 1718, p. 221, 222. Ces coutumes sont encore en vigueur chez les Arabes de la Palestine actuelle. Les pères vendent leurs filles comme ils vendent leur bétail. « Dans les villes, le prix ordinaire des jeunes filles varie entre -deux mille et quatre mille piastres (environ 500 ou 1000 francs), et quelquefois davantage chez les riches; mais dans les campagnes il est presque constamment entre deux mille et trois mille piastres. Les pères des deux parties, assistés de leurs proches parents et de leurs amis, conviennent entre eux de la somme à payer, absolument comme s'il s'agissait de la vente d'une jument ou d'un chameau... Il arrive quelquefois que l'acquéreur ne peut payer immédiatement la somme arrêtée; on lui permet alors d'acquitter sa dette en plusieurs payements, et on ne lui livre la fille que quand il l'a payée entièrement. Cela fait, il reste encore a convenir des cadeaux que l'époux fera à sa future et aux proches parents de celle-ci; mais cela se règle facilement par les pratiques et usages traditionnels, b l'ierolli. La Palestine actuelle dans ses rapports avec l'ancienne, Paris, 1805, p. 244.
2" Le « mohar » dans la Bible. — 1. Ce mot et l'idée qui] exprime reviennent plusieurs fois dans les Livres Saints, les Hébreux ayant toujours suivi la coutume orientale en ce qui concerne la dot à payer par I époux aux parents de la future. Le mot mohar implique bien, du reste, une affaire d'argent. Le verbe mâhar,t acheter une épouse, 1' Exod., XXII, 15, est apparenté aux deux antres verbes mûr, « échanger, » pour vendre ou acheter, el tnâkar, « vendre. » Gesenius, Thésaurus , p. 773. — •2. Quand Êliézer vient demander Rébecca pour Isaac, il ne manque pas d'offrir de riches présents a la jeune fille, à ses frères et à sa mère. Gen.. xxiv, 22, 53. — Sichem, fils de Hémor, qui veut à tout prix posséder Dina, fille de Lia, dont il a d'ailleurs abusé, dit au père et aux i de la jeune fille : « Exigez un fort mohar, réclamez des présents, je donnerai volontiers ce que vous demanderez; accordez -moi seulement cette jeune fille pour épouse, » Gen., XXXIV, 12, — Quand on parle à David d épouser la fille de Saûl, il répond qu'il est trop pauvre pour devenu le gendre du roi. I Reg., xviii, -23. 11 sait bien que pour acquérir une pareille épouse, il aurait à verser un mohar considérable. — Osée, ni, 2, reçoit l'ordre d'épouser une femme adultère, pour signifier que la nation d'Israël esl infidèle au Seigneur auquel elle est unie. Le prophète paye pour avoir cette femme un mohar de quinze sicles d'argent (environ 45 francs , un homer (environ quatre hectolitres et un demi-cor (deux hectolitres) d'orge. Le prix n'est pas très élevé, à cause de la condition de la femme. Celui d'une esclave mise à mort était de trente suies. Exod., xxi, 32. Le prophète verse la même somme moitié en argent, moitié eu orge, dont la farine était employée dans le sacrifice pour l'adultère. N'uni., v, 15. — Quand [saie, M, 25-lv, 1, veut marquer l'état lamentable auquel la Judée sera réduite à cause de ses péchés, il dit que les hommes les plus vaillants périront parle glaive; il en restera alors si peu, que sept femmes, c'est-à-dire
plusieurs femmes à la fois, en nombre indéterminé, solliciteront le même homme de devenir leur mari. Pour l'y déterminer, chacune d'elles dira : Je me nourrirai à mes frais, je nie vêtirai de vêtements à moi. La suppression du niu/iar supposait donc un état de grande calamité publique. — 3. Parfois le mohar, au lieu d'êtn en argent el en nature, consistait eu certains services rendus. Ainsi Jacob doi* servir chez Laban pendant sept ans pour obtenir Lia, et sept autres années pour obtenir liaeh.l. Gen., xxix. IS -27: xxxi. 15. H. — t'.aleh promet sa tille Axa a celui qui prendra la ville de Cariath-Séphcr, et Othouiel devient l'époux de la jeune Bile. Jos. , XV, 10, 17. — Pour obtenir Michol, fille de Saûl, David doit fournir la preuve qu'il a tué cent Philistins. I !!.g ,
DOT -- DOTHAÏN
xvm, '2'); II Reg., ni, li. — Saint Paul faisait sans doute allusion à l'usage du mohar, quand il représentait l'Église comme l'épouse de Jésus-Christ, achetée par lui au prix de son sang. Act., xx, 2S; I Cor., vi, 19, 20; Ephes.,v, 25. — Dans les derniers temps avant J.-C, on ne connaissait point d'autre dot que celle qui était fournie par le jeune homme. Aussi les Septante traduisent -ils mohar par i^pvrj; Vulgate : dos. Gen., xxxiv, 12; Exod., xxii, 16, 17. Plus tard, les rahbins établirent l'usage d'une dot payée par le père de la jeune fille. Ketouboth, f. 52 a. Le mohar n'en continuait pas moins à subsister, et son minimum était fixé à deux cents zouz (environ 180 francs), tandis que le minimum de la dot était quatre fois plus faible. Mischna, Ketouboth, vi, 6. — 4. La loi intervenait dans un cas particulier au sujet du mohar. Le séducteur d'une
Judith, iv, 7; vu, 3; vin, 2; Aw6a:a, Judith, m, 9), ville de la Samarie.
I. Nom et identification. — Celte ville est nommée Dothan dans la Vulgate, IV Reg., VI, 13. La signification de ce nom est contestée. La plupart, à la suite de Gesenius, le croient le duel du chaldéen dot, « puits, source. » Voir Castell, Lexicon heptaglotton , Londres, 1769, t. i, col. 792; Fûrst, Hebrâisehes Handwôrterbuch, in-4», Leipzig, "1876, p. 310. — Celte localité semble avoir été située au nord de Sichem , puisque Joseph, venant d'Hébron, c'est-à-dire du sud, dut aller plus avant pour rencontrer ses frères. Gen., xxxvn, 11-17. Elle est implicitement indiquée au nord de Samarie par le récit de IV Reg., vi, 13-24, nous montrant le prophète Elisée amenant les Syriens aveuglés de Dothaïn à Sama-
Ttill-Dotân. D'après une photographie tle M. L. Heulet.
jeune fille devait donner au père de celle dont il avait abusé un mohar de cinquante sicles d'argent (un peu plus de 140 francs), et le divorce lui était interdit pour toujours. Deut., joui, 29. Le père de la jeune fille n'était cependant pas tenu de consentir à cette union, et, s'il s'y refusait, le séducteur n'en avait pas moins à verser le mohar accoutumé. Exod., xxii, 16, 17. — Dans un autre passage, Exod., xxi, 10, il est dit, d'après la Vulgate, que si un homme a acheté la fille d'un autre Hébreu pour en faire son esclave, et qu'il ne la donne pas en mariage à son fils, « il est obligé de pourvoir au mariage de la jeun% fille, sans lui refuser ni les vêtements ni le prix de sa virginité. » D'après les Septante, il ne lui refusera « ni le nécessaire, ni le vêtement, ni la familiarité». En hébreu : « Il ne retranchera pas la viande (c'està-dire la nourriture de qualité supérieure), le vêtement et la cohabitation, 'ôndh. » Il ne s'agit donc pas de donner un mohar à la jeune esclave, comme semble le dire la Vulgate, mais seulement de la garder dans la maison au même titre qu'avant l'arrivée de l'épouse de premier rang. Voir col. 906. II. Lesètre.
DOTHAÏN (hébreu : Dolainâh, Gen., xxxvn, 17, avec hé local; Dotdn, ibid., et IV Reg., vi, 15; Septante : Awôaeiu., Gen., xxxvn, 17; Awdaiy., IV Reg., vi, 13;
rie. D'après le livre de Judith , m, 9-10 (grec), et iv, 5-6 Vulgate), Dothaïn était située au sud de Scythopolis ou Bethsan et au commencement des montagnes de la Samarie, dans le voisinage de Béthulie, de Bekua et de Chelmon. Judith, iv, 6-7 (grec) ; vu, 3 (grec et Vulgate); vin, 3 (grec). Voir Béthulie, t. i, col. 1751-1752; Belma, t. i, col. 1570; Chelmon, t. n, col. 647. — Appuyés sur la convergence générale de ces données bibliques, les interprètes s'accordent à voir désignée, dans les trois passages de la Bible où Dothaïn est nommée, une seule et même localité, située dans la tribu occidentale de Manassé. Cf. Math. Polus , Synopsis criticorum, in-f», Francfort-sur-le-Mein, 1712, t. i, col. 1719. Eusèbe et saint Jérôme, De situ et nominibus locorum hebraicorum, t. xxiii, col. 890, la placent à douze milles au nord de Sébaste. — Les pèlerins du moyen âge la cherchaient aux environs de Tibériade. Les relations du xn8 siècle indiquent généralement Dothaïn à quatre milles vers le sud de celte ville. Cf. Fretellus, De Locis Sanctis, t. CLV, col. 1044; Jean de Wurzbourg, Descriptio Terrée Sanctai, t. clv, col. 1071 ; un anonyme, dans de Vogué, Les églises de la Terre Sainte, in-4», Paris, 1860, p. 423; Théodoricus, Libellus de Locis Sanctis, édit. Toble.-, in-12, Saint-Gall, 1865, p. 102. Les récits du xm" siècle et des suivants la placent, au contraire, du côté du nord, à
DOTIJAIX
quatre kilomètres du lac de Génésareth, sur la route de Tibériade a Damas, à un ancien caravansérail ou dans ses environ?. Ainsi Burkard, dans Perey r'mationes rnedii mv't quatuor de Laurent. '2e édit., in-4", Leipzig . 1S73, p. 30; Ricoldo, ibid., p. 106, et la plupart des d> tions jusrj u'à notre siècle Des identifications erronées de Béthulie avec des localités rapprochées de Tibériade, le nom de Kliùn Gibb-Yûsef, Khân de la fosse » ou de la citerne de Joseph », attaché au caravansérail dont nous venons de parler, probablement du nom de son fondateur, auront introduit et entretenu ces opinions, auxquelles il n'est guère possible de reconnaître quelque valeur. — La tradition onomastique locale conservait dans le même temps, chez les populations indigènes, le nom de Dôfàn
dans Tell -Do ta n le site où il faut chercher la Dothaïn de la Bible. Cf. Robinson et Smith. Biblical Research, s m Palestine, in -8°, Boston, 1841, t. m, p. 310-317; Victor Gui-lin, La Samarie, t. il, p. 219-222; de Saulcy, Dictionnaire abrégé de la Terre Suinte, in-12, Paris, 1876, p. 219; Rich. von Riess, Biblische Géographie , in-f°, Fribom ..m. 1872, p. 18; Id., Bibel-Alku, ibid.,
p. 9; Suruey of Western Palestine, Mémoire, in-4°, Londres. 1882, t. n, p. ils; Armstrong, Nantes and Places in the <>i<l Testament, in-8», Londres, 1887, p. 50. II. Description et histoire. — La colline nommée Tell-Do!àn s'allonge dans la direction de l'est à l'ouest et s'élève de vingt- cinq à trente mètres au-dessus du Sahel 'Arrabéh. Elle est isolée, peut être facilement et
604. — Btr Hasan at Salut 'Arrabéh. D'après une photographie de M. L. Heldet.
dans la région déterminée par les indications bibliques
et par l'Onomasticon d'Eusèbe. D'après Jean de Wurz-
-. en effet, dans sa Description, di ; I. 1058,
«entre Genuin et Sébaste, on montrait une plaine .. j . j .. ■ -
où, sur le bord du chemin, se vo 'ilen- i -lie avait été jet.- José, D
*;' s,,i I mjourd nui
Sahel lu nom d'un grand village qai la domine
•"' sud- rs l.i limite sud de cette pi, une .-si une
colline nommée aujourd'hui encoi les habitants
dupays.2 l-D tte colline est à dix-huit
kilomètres, dista lente a douze milles romains,
•"' nord .1 . . l'ancienne Samarie, la S
d'Hérode; elle esl a sepl kilomètres et ,i mi au sud du Merdj-'Ibn 'Amer, la plaine d'Esdrelon mètres et demi au sud-esl des ruines | nom de
Bel'araéh, communément identifié avec Belma du livre de Judith; à huit kilomètres au sud d proba-
blement la Kyâmon ou Chelmon du mémo livre. A cause
de l'identité du nom et de la eoi i .. , jtn.i-
tion avec les indications .1.- l'Écriture et de la tradition locale, les palestinologues sont d'accord pour reconnaître
entièrement environnée par une armée et répond bien au récit du quatrième livre des Rois, vi, 11-111. 1. phéte Elisée no cessai! de mettre le roi d'Israël en contre les embûches du roi de Syrie. Celui-ci voulut
irer de la personne du prophète. Il envoya de nuit un t oit détachement de cavalerie avec des chariots de Les soldats syriens arrivèrent devant Dothan, où luvail alors l'homme de Dieu, et le cernèrent de toutes parts. Le lendemain matin, le serviteur d'Elisée, voyant la ville enveloppée par les Syriens, vint, saisi de frayeur, l'annoncer à son maitre. Elisée lui dessilla miraculeusement les yeux, et le jeune homme vit le prophète el environné par une multitude de chevaux et de chariots do feu, qui couvraient toute la montagne. Dothan ne puait pas avoir étg en état d'opposer de la résistance, cai les soldats l'envahirent aussitôt, pour se du prophète. Elisée demanda au Seigneur de les frapper
clément, - Ce n'est pas ici, leur dit -il, le chemin ni la ville: suivez-moi, et je vous ferai voir l'homme que
herchez. » L't il les conduisit a Samarie. — Un
il de térébinthes, ombrageant un ouêly musulman à moitié ruiné, couronne le sommet de la colline. Elle
DOTHAIX — DRACHME
est livrée à la culture, mais la terre est mêlée de nombreuses pierres de construction de modeste appareil et d'innombrables fragments de poterie; ce sont les témoins de l'existence d'une ville ruinée en cet endroit. Au pied du tell, au sud, au milieu d'un jardin planté d'orangers, de citronniers, de grenadiers, de figuiers, et entouré d'une haie de cactus , se dressent une blanche maison d'origine récente et un moulin. Non loin, jaillit une source abondante; une seconde, un peu plus bas vers le sud, forme un petit ruisseau qui, se dirigeant vers l'ouest, arrose un instant la plaine, puis se perd dans les terres. La verdure persiste assez longtemps en cet endroit, et c'est peut-être ici que les fils de Jacob faisaient paître leurs troupeaux, quand Joseph, leur frère, vint de la vallée d'Hébron pour prendre de leurs nouvelles. « Voici le rêveur, se dirent-ils, tuons-le et jetons-le dans une vieille citerne. — Ne le tuez pas et ne versez pas son sang, répliqua Ruben; mais jetez-le en cette citerne, dans le désert. » Lorsque Joseph les eut rejoints, ils le dépouillèrent de sa robe aux diverses couleurs, et le déposèrent dans une vieille citerne qui n'avait point d'eau. Gen., ntxvil, 19-24. Les vieilles citernes ne font pas défaut à Tell-Do!àn, sur la colline, dans la plaine et les montagnes qui la bordent. La Société anglaise d'exploration, dans Map of Western Palestine in 26 slieets , Londres, '1880, sheet XI, en signale plusieurs, et l'on m'en a montré d'autres ; il n'est pas possible cependant d'assurer que c'est de l'une d'elles dont parle l'Écriture. Les frères de Joseph s'assirent ensuite pour manger, lorsqu'ils virent venir des marchands ismaélites se rendant de Galaad en Egypte. Gen.. xxxvil, '25. La route suivie par la caravane était selon toute apparence celle qui vient de la plaine d'Esdielon, passe par Djénin et près des ruines de Bel- 'âméh, traverse toute la plaine du nord-est au sud-ouest, pour s'engager dans les montagnes de la Samarie, près de Tell-Dolàn, et se diriger vers la mer. Une seconde route vient d'Esdrelon, passe sous le village de Burqin, par une étroite vallée où en plusieurs endroits il est impossible à deux cavaliers de passer de front, traverse le Sahel 'Arrabéh, à l'ouest de l'autre chemin, et entre dans les montagnes non loin du village d"Arrabéh. Le grand prêtre Éliachim semble faire allusion spécialement à cette voie, dans sa lettre aux habitants des villes situées aux alentours de « la plaine qui est près de Dothaïn », pour les engager à garder les passages étroits par où l'on pouvait se diriger vers la Judée et pour en empêcher l'accès à l'année du roi d'Assyrie, conduite par Holopherne. Judith, IV, 5-7. Si le Dotàn actuel doit être identifié avec la Dothaïn biblique, « la plaine qui est près de Dothaïn, » hXï)<t£ov AwOaiu, ne semble pas pouvoir être différente du Sahel 'Arrabéh moderne. Les habitants de Béthulie, dont la ville était située sur un des cotés de la plaine de Dothaïn, xaxâ Kpô-rtoTrov toO n&Siou toO ttXt,iriov Atoôxiji, s' étant mis en état de résistance, les Assyriens s'avancèrent contre eux et inondèrent la plaine. L'armée d'Holopherne se composait de cent vingt mille fantassins et de vingt-deux mille cavaliers, sans compter les captifs. Le Sahel pouvait les contenir facilement : dans sa longueur d'est à ouest, il a plus de dix kilomètres d'étendue, et n'en mesure guère moins de six du nord au sud : c'est une surface d'environ trente millions de mètres carrés. Le camp de l'ennemi s'étendit près de la fontaine qui est sous Béthulie, vraisemblablement Bir- Hasan (fig. 504), jusqu'à Dothaïn, jusqu'à Belma et jusqu'à Chelmon ou Kyamon. Judith, vu, 3 (grec et Vulgate). La plaine de Dothaïn devait être le théâtre d'une des plus grandes victoires remportées par le peuple de Dieu sur ses ennemis. La foi et le courage de Judith devaient en ■lie l'instrument. Voir Béthulie, t. i, col. 1751. — Les documents font défaut pour déterminer l'époque de la ruine de Dothaïn; du récit de Jean de Wurzbourg, cité plus haut, il semble qu'elle n'existait plus au xns siècle en tant que localité habitée. L. Heidet.
OOTHAN. La Vulgate écrit ainsi IV Reg., vi, 13, le nom de lieu qu'elle écrit ailleurs Dothaïn. Voir Dothaïn.
DOULEUR (SIGNES DE). Voir Deuil.
DOUZE (LES) (oi ooiSexa), expression par laquelle les Apôtres sont plusieurs fois désignés par abréviation dans le Nouveau Testament, parce qu'ils étaient au nombre de douze. Matth., xxvi, 14,20 (la Vulgate, Mattlr, xxvi, 20, ajoute le mot « disciples »); Marc, IV, 10; VI, 7; ix, 35 (Vulgate, 34); x, 32; xi. 11, etc.; Luc.,vm, 1; ix, 12; xvm, 31 ; xxn, 3, etc.; Joa., vi, 67 (Vulgate, 68), etc.; Act., vi, 2. Après la mort de Judas Iscariote, les Apôtres sont désignés quelquefois sous ce nom ; « les onze, » Luc, xxiv, 0, 33; mais l'habitude de les désigner par leur nombre primitif était alors si bien prise, qu'on les appelait aussi quelquefois « les douze », comme le fait saint Paul, I Cor., xv, 5, où l'expression serait inexacte, si elle n'avait pas été justifiée par l'usage : les Apôtres n'étaient, en effet, alors que onze; mais la locution « les douze » désignait tous les Apôtres alors vivants. Voir R. Cornely, In priorem Epistolam ad Corinlh., 1890, p. 454. (La Vulgate et quelques manuscrits grecs portent, I Cor., xv, 5, « les onze, » au lieu de : « les douze, » qu'on lit dans le texlus receptus et dans la plupart des manuscrits grecs.) — Le nombre douze était comme un nombre sacré chez les Juifs, parce qu'il était celui des tribus d'Israël et aussi celui des mois de l'année. 11 avait encore pour eux une importance particulière à cause du système arithmétique des Clialdéens, qui était, au moins en partie, le système duodécimal. Les Hébreux, originaires de Chaldée, l'avaient conservé et l'appliquaient non seulement aux mois de l'année, mais aussi aux mesures. Cf. F. Vigoureux, Manuel biblique, 10" édit., t. i, n» 188, p. 324. Voir Mesures et Nombre.
DRACH Paul Auguste, exégète fiançais, d'origine juive, né à Paris, le 12 aoùl 1821, mort dans cette ville le 29 octobre 1895. Après avoir étudié à Rome, au collège de la Propagande, il revint à Paris, où il reçut la prêtrise, en 1X10, étant professeur au petit séminaire de Saint- Nicolas. Successivement vicaire à Clichy, à Boulognesur-Seine, à Saint -Merry, à Saint-Jean-Saint-François, a Saint-Médard, curé de Sceaux, il mourut chanoine de Notre-Dame de Paris. On a de lui : Épitres de s, mil Paul, introduction critique et commentaires, in-8°, Paris, 1871; Épitres catholiques de saint Jacques, s, mit Pierre, saint Jean, suint .Inde, introduction critique et commentaires, in-8", Paris, 1879; Apocalypse de saint Jean, introduction critique et commentaires, in-8°, Pans, 1879. O. Rey.
DRACHME (SpaxvA), monnaie grecque, ci irgent, d'un poids et d'une valeur variables suivant les , poques, mais valant toujours un peu moins d'un franc de notre monnaie. — 1. 1" Dans II Esdras, vu, 70, 71, 72, la Vulgate traduit par drachma le mot hébreu darkemôn. Il s'agit là de dariques, voir Darique. — 2" Dans 11 Maçhabées, xn, 43, il est dit que Judas fit une collecte destinée a offrir des sacrifices pour les morts, et dont le montant s'éleva à douze mille drachmes d'argent. — Dans le Nouveau Testament, Notre- Seigneur, voulant montrer combien est grande la joie que cause dans le ciel la conversion d'un seul pécheur, se sert de la parabole suivante ; « Si une femme a dix drachmes et qu'elle en perde une, elle allume sa lampe et cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle retrouve la pièce de monnaie, et, lorsqu'elle l'a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines el leur dit : Réjouissez -vous, car j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue. « Luc, xv, 8-9. Dans ces deux passages, il est question de la drachme proprement dite