DUGONG
rures, dit à Jérusalem que Dieu lui a donné des souliers de tahas. — 2° Les anciens ont pris ce mot pour la désignation d'une couleur, Septante : 5fpiix-:« 0ax(v8iva, •JixivOov; Josèphe, Aiit. jutl., 111, VI, 1, 2: oâxtBov; Aquila, Symmaque : lâv8tva; chaldéen et syriaque: sasgônd' , « rouge éearlate ; » Vulgate : prîtes ianthmœ, ianthinum. Bochart, llierozoicon, Leipzig, 1793, t. n, p. 387, et Rosenmûller, Ezechiel , Leipzig, 18o8, p. 420, regardent aussi tahas comme le nom d'une couleur tirant sur le pourpre. Cette opinion a contre elle d'abord l'usage du pluriel tehàsim, qui ne s'explique pas si tahaS est le nom d'une couleur, et qui est pourtant répété six lois dans l'Exode. De plus, les peaux qui servent à couvrir le tabernacle sont de deux sortes : des peaux de bélier teintes en rouge et des peaux de tahaS. Exod.. xxvi. 1 i : xxxv. 7. 23, etc. Pourquoi, d'une part, l'indication de l'animal qui fournit la peau, et, de l'autre, la simple indication de la couleur? — 3° Les talmudistes les premiers soutinrent que le mot tahas était le nom d'un animal et que cet animal ressemblait au furet Sc/iabbatli , n, '28. D'après Robertson, Thésaurus liiigux sanclss, Londres, 1680,
gine étrangère, si même on l'a tiré de l'hébreu ta liai, ce que rien absolument ne démontre, il n'y aurail pas encore la de preuve pour identifier le taxus avec l'animal nommé par Moïse. — 4° D'autres auteurs ont reconnu dans le tahas un mammifère marin. D'après Etau, Coinmenlalin de lis '/».i ex \rabia in usum Tabernacuti fuerunt peïita, Utrecht, 1755, et Faber, Archéologie der Hebrâer, Salle, 1773, p. 115, ce mammifère sérail le phoque. Sans exclure le blaireau, Gesenius pense que le (aliaS peut être identifié avec le /«Ans arabe, c'est-à-dire le dauphin ou le phoque. Les phoques abondaient dans la Méditerranée, Strabon, xvi, 7(37, et chez les anciens on couvrait les tentes de peaux de phoque qui avaient, croyait- on, la propriété de les préserver de la foudre. Plutarque, Sympos , v, 9; Pline, H. N., n, 56; Suétone, Octav., 90. On a présumé aussi que le tahas pourrait être le trichecus, » morse » ou « vache marine », identification impossible, puisque le morse ne fréquente que les mers glaciales. Les voyageurs qui, depuis le siècle dernier, ont visité les bords de la mer Rouge et ont pu étudier sur place les coutumes des riverains, comme
Le dugong.
p. 1290, et quelques autres interprètes, le tahas doit s'identifier avec le blaireau. Mais ce dernier, commun en Palestine, est très rare dans la presqu'île Sinailique. Iles raisons de diverse nature devaient d'ailleurs empêcher Moïse de l'employer. Voir Blaireau. Wood, Bible
animais, Londres, ISS1, p. 72, trouve cependant que la rareté du blaireau et la difficulté de le capturer en grand nombre rendaient sa peau plus précieuse, plus digne par conséquent d'inspirer au peuple une haute idée des objets recouverts d'une pareille enveloppe. Mais cette raison est sans valeur. 11 s'agissait pour Moïse de l'aire un toit pour le Tabernacle, et ce qui importait ici, c'était beaucoup moins la richesse de la matière que sa solidité. Cette toiture devait, en effet, résister pendant de longues années non seulement à la fatigue du transport, mais
aussi à l'effet des intempéries, et particulièrement de ces pluies torrentielles qui fondent tout d'un coup sur les différents points de la presqu'île. Cf. Zschokke, Historia sacra antiqui Testamenti, Vienne, 1888, p. 105. D'autre part, le toit .In Tabernacle était formé de deux espèces de peaux : de peaux de béliers, qui étaient en dessous, et de peaux de tubas, par-dessus les premières. Exod., xxvi,
14; XXXVI, 1!). 11 va de soi que les peaux les plus résistantes étaienl celles du dehors, et que les peaux de béliers auraient été placée pai dessus les peaux de blaireaux, ai ces dernières avaient été employées. Le nom du blaireau, mêles taxus, ne saurait être an argument
I confondre le taxus avec le tahas. Le mot taxus est
relativement récent, On le lil pour la première fois, sous la loi me taxon, dans le De mirabilibus Scripturse, imprimé parmi les œuvres de saint Augustin, t. ww, col. 2158, mais bien postérieur à ce Père. si. comme l'insinue Gesenius, Thésaurus, p 1500, le mot a une ori-
Rûppel, Burckhardt, Ed. Robinson, etc., ont constaté qu'on utilisait la peau du lamantin et du dugong pour faire des chaussures, et en ont conclu que ces mammifères pourraient être le tahas biblique. Cf. Rœdiger, dans le Thésaurus de Gesenius, p. 1501. — 5° Aujourd'hui l'on admet communément que le tahas n'est autre que le dugong. Cet animal abonde dans le golfe d'Akaliili et sur les bords de la mer Rouge, et il est d'une facile capture. Rappel l'avajt appelé halicore tabemaculi, estimant
(pie c'était l'animal dont la peau avait servi à couvrir le Tabernacle; ce dugong est probablement le même que celui qui est connu sous le nom de halicore heinprichii. Les Arabes des environs du Sinaï l'appellent tûto. Sa
peau, grossière et commune, peut fort bien servir de couverture. On en fait des chaussures, dont se servent encore le- Bédouins de nos jours. Les sandales fabriquées avec une autre peau, même celle de chameau, seraient vite coupées par les arêtes de rochers. Cf. Robinson, Biblical researelws in Palestine, mount Sinai and ifl Pelrsea, Londres, 1867, t. I, p. 116; Jullien. Siaai
et Syrie, Lille, 1893, p. 149; Tristram, The nalural history of the Bible, Londres. 1889, p. 44, 16. Les peaux de dugong ont été très propres a l'usage qu'indique
Moïse, à raison de leur épaisseur et de leurs dimensions, 11 n'est pas impossible non plus, bien que l'Écritun parle pas, que les Israélites se soient fait des chaussures
de même matière. — Le dugong ne se trouvant que sur Us rivages delà presqu'île Sinaïtique, on s'explique très bien que l'emploi de sa peau ait cessé a partir de l'établissement du peuple en Palestine. — 6° Les souliei de femme, dont parle Ezechiel, xvi, 10, sont également en
peau ne t.ihos. Celte peau semble à Robinson, /or. cit., bien grossière pour qu'on en puisse fabriquer des chai -