‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 132 sur 486 · EAU DE JALOUSIE (hébreu : mè hammârim · texte numérisé non relu

EAU DE JALOUSIE (hébreu : mè hammârim

Septante : -h ûSwp toO èXîynoO ; Vulgate : aquse amarissimœ), eau dont on faisait usage dans le sacrifice de jalousie, minhat qenaôt, 6u<rta ÇïiXotutcicgç, sacri/icium zelotypiœ. Num., v, 11-31. — Quand une femme était convaincue d'adultère, elle encourait la peine de mort. Lev., xx, 10; Deut., xxn, 22; Joa., vin, 5. Quand elle était seulement soupçonnée de ce crime, voici comment on devait procéder. Le mari citait sa femme devant le prêtre, qui offrait un sacrifice spécial à ce cas particulier, le « sacrifice de jalousie ». Au cours de cette cérémonie, le prêtre prenait de l'« eau sainte », c'est-à-dire puisée dans les vases du sanctuaire, et y mêlait « un peu de poussière du sol du Tabernacle ». Cette poussière servait probablement à symboliser la pénitence et l'humiliation. Voir Cendre, col. 407, 2». L'eau et la poussière étaient recueillies dans le Tabernacle, pour indiquer l'intervention du Seigneur dans la révélation et le châtiment du crime. L'adultère, en effet, intéressait d'autant plus la justice divine qu'il était le symbole de l'idolâtrie, de même que le mariage était celui de l'union de Jéhovah avec la nation d'Israël. Le prêtre prononçait ensuite une malédiction qui appelait le châtiment sur la femme coupable : « Que le Seigneur fasse de toi un objet de malédiction et un exemple pour tout son peuple; qu'il fasse que ta hanche tombe, et que ton ventre se gonfle; que les eaux maudites entrent dans ton ventre, que ton sein se gonfle et que ta hanche tombe.» Num., îv, 21-22 La maladie ainsi appelée sur la femme coupable était une sorte d'hydropisie, qui la rendait radicalement incapable de remplir désormais les devoirs qu'elle avait trahis. L'eau maudite semblait ainsi s'arrêter dans le corps pour le défigurer, et le châtiment se trouvait être en rapport avec le crime. La femme répondait par deux fois : Amen! comme pour se vouer elle-même à la justice divine si elle était coupable. Alors le prêtre écrivait la formule de malédiction sur un morceau de papyrus ou d'autre matière appropriée, délayait cette écriture dans l'eau de jalousie, et faisait boire cette eau à la : mme soumise à l'épreuve. Saint Paul fait probablement allusion à cet usage quand il dit que le communiant indigne « mange et boit son jugement ». I Cor., xi, 29. Le texte de la loi mosaïque ajoute enfin que, si la femme est coupable, l'effet annoncé se produira sur elle. Num., v, 12-31. — Ce rite avait pour but de calmer les doutes du mari et d'assurer la paix à la femme, au cas où celle-ci n'avait rien à se reprocher. Mais, si l'adultère existait réellement, les menaces formulées par la Loi se réalisaientelles toujours? Certains auteurs ne veulent reconnaître dans ce rite qu'une menace, ou tout au plus un appel solennel à la justice divine, destiné à effrayer la coupable et à lui faire avouer son crime. Munk, Palestine, Paris, -1881 , p. 205. Moïse n'aurait prescrit alors qu'une sorte d'ordalie ou jugement de Dieu, analogue aux épreuves tentées pour la recherche de l'adultère chez les anciens peuples, Rosenrnùller, Vas aile und neue Morgenland, Leipzig, 1818, t. il, p. 226; Winer, Biblisches Realviôrterbuch, Leipzig, 1833, t. I, p. 356, et souvent encore chez des peuples postérieurs au christianisme. Hergen-

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