‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 135 sur 486 · Rameau, fleurs et fruit de l'ébénier · texte numérisé non relu

Rameau, fleurs et fruit de l'ébénier

obligé d'aller chercher l'ébène au loin, par exemple au pays des Somalis. Du temps de Virgile, Georg., n, 115, les Romains le tiraient de l'Inde :

Sola India nigrum Fert ebenum.

Cependant Pline, H. N., xn, 8, parle aussi de l'ébène d'Ethiopie, tout en constatant que l'ébénier J était rare « depuis Syène, limite de l'empire, jusqu'à Mi Lucain, Phars., x, 304, et Diodore de Sicile, i, 19, le disent abondant dans l'île de Méroé. E. Levesque.

ÉBEN - ÉZER (hébreu: kd-'Ébén hâ-'Ézér, avec l'article devant les deux mois, « la Pierre du Secours, » 1 Eteg., IV, 1 : 'Ébén hâ-'Ézér, I Reg., v, 1; à la pause, 'Ébén hâ-'Azér, I Reg., vu, 12; Septante: 'AëEvIÇEp, Codex Alexandrinus : 'A6EvviÇ;p, I Reg., iv, 1; Codex Valicanus, 'Aëew^p; Cod. Alex., 'AêsvvéÇsp, I Reg., v, 1; Vulgate : Lapis Adjutorii, dans les trois passages), nom de l'endroit où Samuel éleva une pierre commémorative, pour rappeler la victoire que Dieu lui fit remporter sur les Philistins. I Reg., VII, 12. Vingt ans auparavant, les Israélites y avaient campé, au moment de soutenir contre les mêmes ennemis un combat dans lequel ils furent vaincus. I Reg., IV, 1. L'arche d'alliance, qui y avait été apportée de Silo, fut prise par les vainqueurs et transportée à Azot. I Reg., v, 1. Dans ces deux derniers passages, le nom est mis par anticipation; c'est ainsi que plusieurs localités sont mentionnées dans la

ÉBEN-ÉZEB — ECBATANE

Bible sous l'appellation qu'elles eurent plus tard, mais qu'elles n'avaient pas à l'époque des événements racontés; par exemple: Horina, Num., xiv, 45; xxi, 3, etc.

La situation d'Ében-Ézer est certainement un des plus difficiles problèmes de la topographie biblique, parce qu'il n'a guère que des inconnues. Voici, en elt'et, quelles sont les données de l'Écriture. — 1° Cet endroit se trouvait non loin tl' Aphec, mais un peu au-dessus ou plus avant dans le territoire d'Israël par rapport au pays des Philistins, puisque les deux camps ennemis étaient en face l'un de l'autre : celui des Hébreux à Eben-Ezer, celui des adversaires à Aphec. I Reg., IV, 1. — 2° Il était au-dessous, c'est-à-dire au sud ou au sud-ouest de Masphalh, puisque le peuple de Dieu, vainqueur plus tard à son tour, poursuivit les Philistins depuis celle ville «jusqu'au lieu qui est au-dessous de Bethchar », évidemment dans la direction de la Séphéla. I Reg., vu, 11. — 3° Et c'est « entre Masphath et Sen » que Samuel plaça « la Pierre du Secours », en disant : « Le Seigneur est venu jusqu'ici à notre secours. » I Reg., vu, 12. — 4° Enfin la distance qui le séparait de Silo ne devait pas être très considérable, puisqu'un courrier, parti à la fin du combat, put arriver dans celle ville « le jour même », avant la nuit. I Reg., iv, 12, 13, 16, 17. La position d'Ében-Ézer est donc à chercher en lie Masphath d'un côté, Sen, Aphec et Bethchar de l'autre. Or Masphath ou Maspha, localité delà tribu de Benjamin, est elle-même l'objet de discussions entre les palestinologues. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1850, t. i, p. 100, l'identifie avec le village actuel de Nëbi Samouïl, au nord-ouest de Jérusalem. Y. Guérin, Judée, t. i, p. 395, l'assimile à Scha'fat, situé plus bas, directement au nord de la ville sainte. Enfin une opinion récente la rejette bien plus haut, jusqu'à El-Biréli. Cf. L. lleidet, Maspha et les villes de Benjamin, Gabaa, Gabaon et ISêroth, dans la Bévue biblique, Paris, 1891, p. 3-21 -356. Sen (hébreu : ha'é-Sên, « la dent») semble indiquer un rocher pointu ou un village situé sur une sorte de pic; mais sa position est inconnue. On ignore également l'emplacement exact d'Aphec et de Bethchar. — Dans la tradition, nous n'avons à relever que le témoignage d'Eusèbe et de saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 96, 226, qui placent Abénézer «entre .Elia el Ascalon, près de Bethsamès » (aujourd'hui 'Ain Schems, au sud-ouest de Jérusalem).

Sur ces bases, quelles conjectures établir? Voici les deux principales opinions. — 1° M. Conder et M. Clermont-Ganneau croient pouvoir reconnaître Eben-Ezer dans Deir Alain, à trois milles (environ cinq kilomètres) à l'est d'Ain Schems. Si le premier mot Deir, « couvent, » nous reporte à une origine chrétienne, le second rappelle bien l'un des éléments du nom biblique. Ensuite, au point de vue topographique, cette identification semble cpncorder assez exactement avec le récit sacré, d'après lequel les fails mentionnés I Reg., IV, V, VI, vu, se passèrent sur les confins du pays philistin. Enfin elle est conforme au sentiment d'Eusèbe et de saint Jérôme. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1876, |i. 149; 1877, p. 154-156. Laissant de côté les autres assimilations proposées pour Maspha = Kliirbet Se hou fa, Delhi bar = 'Aqour, Aphec = Ltetled el-Foqù . qui n'ont guère de fondement solide, on peut faire à celte hypothèse les reproches suivants. En supposant que le rapprochement onomastique soit suffisamment établi, la dislance qui si 'pare Deir Ahùn de Maspha (Nëbi Samouïl ou Scha'fat, vingl ou vingt-cinq kilomètres) justifiet-ellc la phrase de I Écriture : « Entre Masphath et Sen? » Les locutions de ce genre dans la Bible indiquent ordinairement des localités plus [approchées, par exemple : " entre Béthel et Haï, » Gen., xm, 3; « entre Rama et Béthel,! Jud., îv, 5, eic. Mais la difficulté est plus grande encore lorsqu'il s'agit du chemin de Deir Abàn à Sdo. Il n'y a pas moins de quarante -huit kilomètres entre les

deux endroits, et cependant le messager qui porta à Héli la nouvelle du désastre arriva « le jour même », c'està-dire le soir de la bataille. I Reg., iv, 12. Comme il ne partit pas avant la fin du combat, y. 16, 17, el qu'il était à Silo avant la nuit, y. 13, il est permis de regarder la route comme trop considérable, même pour un bon coureur.

2° \V. F. Birch et Th. Chaplin placent plus haut le champ de bataille. Acceptant l'identification de Maspha = Nëbi Samouïl, ils cherchent Sen à Deir Yesin, à cinq kilomètres vers le sud, et dont le nom répond exactement au Beth-Yasan des versions syriaque et arabe. Ében- Ézer est, pour le premier, Kliirbet Samouïl, à seize cents mètres au sud de Nébi Samouïl, et, pour le second, Beit Iksa, un peu plus bas: tous deux reconnaissent Aphec dans Kîistul ou Qastal, localité située au sud-ouest des précédentes et au nord-ouest de Deir Yesin. Cf. Palestine Expl. Fund, Quart. Statement, 1881, p. 100-101 ; 1882, p. 262-264; 1888, p. 263-265. M. Chaplin, Quarterly Statement, 1888, p. 263 265, a montré comment on pourrait adapter au récil biblique les différents points de cette topographie. Voir Aphec 3, t. i, col. 728-729. Si cette hypothèse s'éloigne de la tradition conservée par Eusèbe et saint Jérôme, elle rapproche à une distance convenable Ében-Ezer et Silo. Elle aussi cependant repose sur des conjectures qui sont loin de donner une solution pleinement satisfaisante au problème que nous venons d'exposer. A. Legendre.

ÉBER. Nom de cinq personnages ("12T, 'ébèr), dont

le nom est toujours écrit dans la Vulgalc Ileber. Voir Hëbeb.

ÉBIONITES (ÉVANGILE DES). Voir Hébreux (Évangile des).

ÉCAILLE (hébreu: qasqéséf ; Septante: aetti; ; Vulgate : squama), ensemble de laines minces et plaies qui couvrent le corps de la plupart des poissons. — 1° Les écailles des poissons sont mentionnées Lev., xi, 9, 10, 12, et Deut., XIV, 9, 10. Moïse permet de manger les poissons qui ont des nageoires et des écailles, et interdit de manger ceux qui n'en ont pas. — 2° Ézéchiel, xxix, i, comparant le roi d'Egypte à un crocodile, lui attribue métaphoriquement des écailles, comme à cet amphibie. — 3° Dans un sens figuré, les lamelles de métal de la cotte do mailles de Goliath sont désignées sous le nom d'écaillés (Vulgate: lorica squamala), I Sam. (I Re xvn, 5. Voir Cotte de mailles, col. 1057. — 4° L'espèce de taie qui tomba des yeux de saint Paul aveugle, lorsqu'il eut reçu le baptême et recouvra la vue, est comparée à des écailles. Acl., ix, 18. — Dans la Vulgate, Job, xi.l, 6, il est question des écailles (squaniis) des crocodiles. Le texte original ne les désigne qu'indirectement, Job, xli, 7, en parlant du « fort bouclier » du crocodile. F. VlGOUROUX.

ÉCARLATE, couleur d'un rouge vif. Les Hébreux ne distinguaient pas rigoureusement les nuances îles Couleurs. De là vient que le même mot est rendu de différentes manières par les divers traducteurs, selon qu'ils jugent que la couleur dont il est question dans le texte se rapproche davantage de telle ou telle nuance. Ainsi l'hébreu idni, Septante: xôxxivov; Vulgate : coccinum, est rendu dans les versions françaises tantôt par « écarlale », tantôt par « cramoisi ». 11 parait désigner plutôi le, .h late que le cramoisi, dont le rouge est plus sombre, dans Is., i, 18, de. Voir Cochenille, col. 816-817; Couleurs, col. 1066.

ECBATANE (chaldéen : 'Ahmettï; grec: 'ExêiTuva; on trouve aussi dans les historiens grecs l'orthographe 'Ay6o(T«va, Hérodote, I, 98; u, 153; Ctésias, dans Dio-

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