EGYPTE (TORRENT ou RUISSEAU D' ) (hébreu
nahal Misraint : Septante : -/eifiàppou; Aryôirvov ; Vulgate : tort e/is ou rivus .Egypli), ruisseau ou plutôt torrent ainsi appelé parce qu'il séparait de la terre de Ghana. m l'Egypte, dont la domination s'était autrefois étendue, comme aujourd'hui encore, jusqu'à cette limite. On admet communément que le Torrent d'Egypte est l'ouadi El- Arisc/i actuel, qui reçoit les eaux de la partie centrale du Sinaï et se jette dans la Méditerranée. Voir la carte d'Egypte, col. 1600.) 11 ne coule que dans la saison d'hiver et lorsqu'il pleut; il est souvent à sec. Mais lorsqu'il a plu abondamment, il roule avec impétuosité des eaux jaunâtres, rongeant ses rives et entraînant dans son cours des arbres déracinés. Il est alors très difficile de le traverser, et les caravanes sont quelquefois obligées d'attendre deux ou trois jours avant de pouvoir le franchir. Il tire son nom actuel du village A'El-Arisch, place fortifiée, entourée de murailles et llanquée de tours. Outre sa petite garnison, elle abrite une population d'environ quatre cents habitants. Elle s'élève sur le site de l'ancienne Rhinoeolure, ainsi appelée, disent Diodore de Sicile, i, 60, et Strabon, XVI, II, 31, en cela peu croyables, parce que le roi Actisane y envoyait en exil les criminels après leur avoir l'ait couper le nez. On désignait aussi quelquefois le Torrent d'Egypte par le nom de cette ville : c'est ainsi que les Septante dans Une. xxvii, 12, traduisent nahal Misraini par 'Pivoxôpoupa, « Rhinoeolure. d Cf. saint Jérôme, In Isaiam, xxvn, 12, t. xxiv, col. 313.
Le Torrent d'Egypte est plusieurs fois mentionne dans l'Écriture comme marquant la frontière de la Terre Promise au sud-ouest. Gen., xv, 18; Num., xxxiv, 5; (Jos., xin, 3;) Jos., xv, 4, 47; III Reg., vm, 65; IV Reg., xxiv, 7; (l Par., xm, 5;) II Par., vu, 8; Is., xxvn, 12. Dans deux de ces passages, Jos., xm, 3. et I Par., xm, 5, le Torrent d'Egypte, au lieu délie appelé comme ailleurs en hébreu nahal Misraini, porte le nom de Sihôr. (Voir Cumul; 2°, col. 702-703. ) Dans Gen., xv, 18, le texte original, au lieu de dire comme dans les autres endroits nahal (o torrent 9) Misraîm, écrit : nehar Misraini, « fleuve d'Egypte, » comme traduit la Vulgate. Cette expression pouvant signifier le Nil, certains commentateurs ont conclu de là, comme Calmet, Commentaire littéral, Genèse, 1715, p. 389, que Dieu, indiquant à Abraham d'une manière tout à fait générale et sans précision rigoureuse les limites de la Terre Promise, lui avait dit réellement que la terre qu'il lui donnerait s'étendrait depuis le Nil jusqu'à l'Euphrate. Cette interprétation, quoique soutenable, parait peu fondée, et il est préférable d'identifier le nehar Misraîm avec l'ouadi el- Arisch. — Voir V. Guérin, Judée, t. Il, p. 237-2i9.
F. VlGOUROLX.
I. EGYPTIEN (hébreu : Misri; Septanl ■.: A\-: .--■.,,:; Vulgate: JEgyplïus), natif d'Egypte (fig. 536). Les tiens, en général, son! souvent nommés dans les Saintes Écritures. Gen., xn, 14, etc. — Les Égyptiens donl il esl question en particulier sont les suivants: 1° Agai vante de Sara et mère d'Ismaël, élail Egyptienne. Gen., xvi. 1 : xxi. 9; xxv . 12, et elle fil épouser à son fils une Égyptienne. Gen.. xxi. 1. — 2° Moïse tua un Égyptien, dont le nom ne nous est pas connu, parce qu'il ni.dtiait.iit
Type égyptien. Musée du Louvre.
un Hébreu. Exod., 11, 11-14; Act., vu, 24, 28. — 3 1 blasphémateur, qui fut lapidé dans le désert du Sinaî en punition de son crime, était fils d'un Egyptien et d'une Israélite, Salumith, de la tribu de Dan. Lev., x.xiv, 10-14.
— 4c1 Le premier livre des Paralipomènes , m, 34-35, mentionne un esclave égyptien de Sésan, de la tribu de Juda. 11 s'appelait Jéraa. Sun maître, qui n'avait point de fils, lui donna en mariage une de ses filles. Voir JÉRAA.
— 5' La ville de Siceleg, que le roi philistin Achis avait donnée à David pendant la persécution de Saûl, ayant été pillée par les Amalécites, tandis que tous le aimes valides étaient dans l'armée des Philistins av< leui chef, le tils de .lessé les poursuivit dès son retour; il fut renseigné sur la route qu'ils avaient suivie et guidé luimême dans sa marche par un Égyptien, esclave d'un Amalécite, qui l'avait abandonné en chemin, parce qu'il était malade. I Re±.. xxx, 11-16. — 6° Parmi les exploits de Banaïas . fils de Joïada, un des gibborîm, « les vaillants » de David, l'auteur sacré signale sa victoire sur un Égyptien de taille gigantesque, qu'il terrassa avec un bâton el tua avec sa propre lance, après la lui avoir arrachée. Il Reg., XXXIII, 21; I Par., xi, 23. — 7» Le tribun romain Lysias, dans les Actes des Apôtres, xxi. 38, en parlant à saint Paul, qui venait d'être arrêté par les Juifs dans le temple de Jérusalem, lui demande s'il n'est pas « l'Égyptien qui quelque temps auparavant a excité une sédition et conduit quatre mille sicaires dans le désert ». Voir SlCAIRE. Le fait auquel il fait allusion a été raci par Josèphe. D'après son récit, Bell, jud., II, xm, û. nu Égyptien, qui était magicien et se faisait passer pour prophète, sous le règne de Néron, du temps du procurateur Félix, rassembla autour de lui 30000 hommes (nombre qui parait en contradiction avec Ant. jud,. XX, vm, 6,