ELCANA, premier ministre d'Achaz, roi de Juda
II fut tué par un guerrier d'Éphraïm dans la guerre de Phacée, roi d'Israël. II Par., xxviii, 7. E. LEVESQUE.
ELCÉSI (hébreu: 'ÊlqâS), patrie du prophète Nahum. Nah., i, 1. Ce mot n'apparaît qu'en ce seul passage de l'Écriture, sous la forme dénominative, avec l'article, hâ-'ElqôSi; Septante: 6 'EXxetraïo;; Codex Sinaiticus : !, 'EXxataso; ; Vulgate: Elcesseus , « l'Elcéséen » ou l'homme d'Elqos. Ce n'est dune pas un nom patronymique, comme le prétendent quelques-uns, mais un nom d'origine. Son identification est encore un problème, et elle a donné lieu aux hypothèses suivantes : — 1" Une tradition remontant au xvie siècle place le berceau de Nahum à Alqousch, village situé sur la rive orientale du Tigre, à une certaine distance de Mossoul, près du monastère de Rabban Hormùzd. 11 y a là un tombeau, également vénéré par les chrétiens, les juifs et les musulmans, et qui passe pour être celui du prophète. Mais le monument et le bourg n'ont, comme la tradition, rien d'ancien. Cette opinion est probablement née de la similitude des noms et de certains rapprochements entre Nahum, qui prophétisa sur Ninive, et Jonas, dont on montre également le tombeau dans ces parages. D'autre part, rien n'autorise la supposition d'après laquelle Nahum serait né en Assyrie, de parents déportés en ce pays après la prise de Samarie. Cf. J. Knabenbauer, Conimentariua in Prophelas minores, Paris, 1886, t. Il, p. 1-2. — 2° D'autres, comme Hitzig et Knobel, croyant retrouver le nom du prophète dans celui de Capharnaùm (Kefar Nahum, «village de Nahum »), ont regardé ElqôS comme l'antique dénomination de celte ville bien connue dans le Nouveau Testament. Mais si elle est célèbre dans l'Évangile, elle est absolument inconnue dans l'Ancien Testament. Puis il n'est pas sur que le second élément du nom composé puisse se rapporter à Nahum. On peut rattacher à la même conjecture celle de R. J. Sehwarz , Bas heilige Land, Francfort-sur-le-Main, 1852, p. 149, plaçant le tombeau de Nahum à Kefar - Tanljtûm ou Kefar -Nahûm, au nord de Tibériade. — 3° Le pseudo- Êpiphane, dans son De Yitis prophetarum , t. xi.m, col. 409, met Elcési « au delà, c'est-à-dire à l'est du Jourdain, à Bégabar, B^yaSap, de la tribu de Siméon », endroit où Nahum serait mort et aurait été inhume'. 11 j .i évidemment là une erreur, puisque la tribu de Siméon se trouvait à l'ouest du fleuve. Mais un autre manuscrit porte simplement n au delà de Bethabarem, Hr.-ocoapf,»., de la tribu de Siméon. » Cf. t. xi.ni, col. U7. On pense même qu'il faudrait lire Beth-Gabrê. 11 s'agirait alors de Bethogabra, aujourd'hui Beit-Djiliriu . l'ancienne Éleuthéropolis , sur les confins de l'ancien pays philistin. Pourrait-on, dans ce cas, reconnaître Elcési dans le lieu ruiné de Qessiyéh, au sud-est de eetle ville'.' C'est une question difficile à trancher. Cf. E. Nestlé, ll'o ist der Geburlsort des Propheten Xuhum tu suchen? dans la Zeitschrift des deulsrlien PlUâstina- Vereins, Leipzig, t. i, 1878, p. 222-225.— 4» La plus ancienne hypothèse et jusqu'ici encore la plus plausible est celle de saint Jérôme, Comment, m Nahum, t. xxv, col. 1232. D'après le saint docteur, Elcési était, de son
temps, un petit village de Galilée, connu des Juifs, et qui lui fut montré à lui-même par un de ses guides. Gesenius, Thésaurus, p. 1211, cherche sans raison à infirmer ce témoignage. Saint Jérôme ne dit pas qu'il demanda où se trouvait Elcési, question à laquelle un guide peu consciencieux eût pu répondre en indiquant n'importe quel site; mais que celui qui le conduisait lui montra de lui-même l'emplacement traditionnel, d'ailleurs bien connu des fils d'Israël. On croit alors qu'ElqoH pourrait être identifié avec El-Kùzali, non loin d'Êr- Raméh, l'ancienne Ramah( Vulgate :Ara ma) de Nephthali.
A. Legendre.
1. ELCHANAN, Elhanan, guerrier dont la Vulgate a traduit le nom par Adeodatus. II Reg., xxi, 19; I Par., xx, 5. Voir Aliéodat.
2. ELCHANAN (hébreu : 'Élhânàn,d Dieu fait grâce» [cf. phénicien pnbs]; Septante: 'EXsaviv), un des officiel supérieurs de l'armée de David, cité dans la liste de II Reg., XXIII, 24, et dans le passage parallèle de I Par., xi, 26. Il •'lait de Bethléhem et fils de Dodo, nom propre que la Vulgate a pris pour un nom commun, patruus ejus, chaque fois qu'il se présente dans le texte hébreu. Voir Dodo. Ce guerrier parait différent de Elhanan , mentionné II Reg., xxi, 19; I Par., xx, 5 : ce dernier, que la Vulgate nomme Adeodatus (voir ce mot ), est dit fils de Jaïr, tandis que le premier est fils de Dodo. On ne pourrait les identifier qu'à la condition de voir dans un des deux noms. Jaïr ou Dodo, le nom du grand-père ou d'un ancêtre. — Nos éditions de la Vulgate modifient légèrement le nom de notre guerrier dans II Reg., xxm, 24; elles l'appi Éléhanan, au lieu de Elchanan dans I Par., xi , 26.
E. LEVESQUE
ELDAA (hébreu : 'Éldâ'âh, « appelé de Dieu(?); » Septante : 'K'/.Sayï; Codex Alexandrinus, ©epyafm ; Codex Cottonianus, [(-)]ipisxy.[i]; Codex Bodleianus , 'Aperça, Gen., xxv, 4; 'E).6aôoî; Codex Vaticanus, 'E'/'/txcâ; Code~c Alexandrinus, 'EXBao, I Par., i, 33), un des fils de Madian, descendant d'Abraham par Céthura. Gen., xxv, i ; I Par., i, 33. Ce nom ethnique n'a pu jusqu'ici être identifié. On l'a rapproché d'un nom de personne, Yedi'a'il, qu'on trouve dans les inscriptions hirnyarites. Cf. Corpus utscriplitjiium semilicarum , part, iv, Paris, t. i, 1889, p. 15; Frz. Delitzsch, Genesis, Leipzig, 1X87, p. 348. On a également tenté d'assimiler les deux derniers fils de Madian, Abida et Eldaa , aux deux tribus importantes, Abidalt et Ouâda'ah, dans le voisinage des Asirs, population des montagnes de l'Hedjàz, sur les confins septentrionaux du Yémen. Cf. Keil, Genesis, Leipzig. 1878, p. 222.
a. Legendre.
ELDAD (hébreu : 'Eldâd, « Dieu aime; » Septante : 'EXSâS), Israélite qui avait été désigné pour faire partie des soixante-dix anciens appelés à aider Moïse clans le gouvernement du peuple. Mais lorsque le serviteur de Dieu fit ranger ces anciens devant le Tabernacle [ionique l'Esprit du Seigneur se répandit de lui sur eux, Éldad et Médad se trouvèrent absents. Cependant ils ne laissèrent pas d'être remplis alors de l'Esprit-Saint et de prophétiser au milieu du camp. Comme ils n'avaient pas reçu ce don par l'intermédiaire de Moïse, Josué, croyant l'autorité de son maître intéressée, voulut les empêcher de parler au nom de Dieu. M, os Moïse lui fit cette belle réponse : « Plut à Dieu que tout le peuple prophétisât et fût rempli de l'Esprit d'en haut. » Num., xi, 24-29.
E. Lf.vesque.
ÉLÉALÉ (hébreu : 'El'âlêh; Septante: 'EXe^), ville de la tribu de Ruben, à l'est du Jourdain, dans une région riche en pâturages. Num., xxxn, 3, 37. Elle ne resta pas toujours dans la possession des liubénites. Du temps d'Isaïe, xv, 4; xvi , 9, et de Jérémie, xi.viii, 34, ellt appartenait aux Moabites. Ces deux prophètes annoncent les maux qui doivent fondre sur cette ville en même temps que sur ses voisines. Elle n'est aujourd'hui qu'un
ELEA.LÉ
ELEAZAR
vaste monceau de ruines, qui portent le nom arabe de el-'AI, « l'élevée. » C'est une transformation de son ancien nom d'Eléalé, qui faisait probablement aussi allusion à sa situation, sur une montagne de 334 mètres d'altitude, à larges gradins naturels, d'où l'on a une vue très étendue sur la plaine de toute la Belka méridionale. Elle était située à environ deux kilomètres d'Hésébon. Du temps d'Eusèbe, Onomasticon, Berlin, 1862, p. 182, Eléalé était encore une localité importante, mais quelques siècles après elle fut abandonnée; car, si l'on y trouve les restes d'une église et d'une tour byzantine , on n'y découvre aucun l'esté de construction arabe. On y voit encore des pressoirs taillés dans le roc, cf. Is., xvi, 9; Jer., xlviii, 33-34; des murs de maisons hauts de trois à six mètres, de nombreuses cavernes taillées dans le calcaire, dont plusieurs servent aujourd'hui d'étables pour les bestiaux, d'abondantes citernes, des débris de colonnes, etc. « Toute [la] montagne, ses flancs et sa base évasée, ainsi que la vallée [profonde] au-dessous sont couverts d'arbres et d'arbustes. L'humidité qui doit régner longtemps sur ces régions élevées y entretient une végétation abondante pour la contrée. » De Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, t. i, p. 140. — Voir B. Tristram, The Land of Moab, in-12, Londres, 4873, p. 339-340; The Survey of Eastern, Palestine, 1889, t. i, p. 16-19; F. Buhl, Géographie der alleu Paltïslina, in-8°, Fri bourg- en -Brisgau, 1890, p. 200.
F. Vigouroux.
ÉLÉAZAR. Hébreu : 'Él'âzàr, « Dieu aide ; » Septante : 'EXsaÇap. Nom de onze Israélites.
1. ÉLÉAZAR, lils d'Aaron et son successeur comme souverain pontife. Aaron avait eu de sa femme Elisabeth quatre fils : Nadab, Abiu, Éléazar et Ithamar. Exod. VI, 23; Num., m, 2. Par le fait de la mort de ses deux frères, Nadab et Abiu, qui ne laissaient point de fils, Num., m, 4, il se trouva l'aîné des enfants d'Aaron et par conséquent l'héritier de sa dignité de grand prêtre. Il avait épousé une des filles de Phutiel, dont il eut Phinées, qui devait plus tard lui succéder dans la suprême sacrificature. Exod., VI, 25. 11 reçut en même temps qu' Aaron la consécration sacerdotale des mains de Moïse, avec ses trois frères. Lev., vin; Num., m, 3. Nous le voyons, Num., m, 32, honoré du titre de « prince des princes des Lévites, placé à la tête de ceux qui veillent à la garde du sanctuaire » ; et, Num., iv, 16, il est dit que les fils de Caath seront sous ses ordres, quand il faudra envelopper et transporter les vases et les ustensiles sacrés, et qu'à lui sera confié le soin d'entretenir l'huile des lampes, le parfum de composition, le sacrifice perpétuel, l'huile de l'onction, tout ce qui appartient au service du Tabernacle et tous les vases qu'il renferme. — Le nom d'Éléazar revient assez rarement dans le récit sacré jusqu'à son entrée en fonction comme grand prêtre. Après la mort tragique de Nadab et d'Abiu, il reçut de Moïse, ainsi qu' Aaron et Ithamar, la défense de pleurer sur les coupables et l'ordre d'achever le sacrifice interrompu par cet événement. Lev., x, 1-2, 8, 12-13. 11 encourut dans cette circonstance , avec son père et son frère, les reproches de Moïse, parce que, dans le trouble où cette catastrophe les avait jetés, ils avaient mal exécuté les prescriptions du législateur d'Israël. Lev., X, 10-20. — Nous retrouvons plus tard Éléazar dans l'épisode de la révolte de Coré. Après le châtiment des révoltés. Dieu ordonna qu'il dispersât le feu de leurs encensoirs, dont l'airain, fondu et mis en forme de lames par ses soins, serait appliqué par lui à l'autel des holocaustes. Num., xvi, 30-40. Voir Coré, col. 971. Le Seigneur, après avoir confirmé d'une manière éclatante et terrible les droits généraux du sacerdoce aaronique, indiquait ainsi le droit spécial au souverain pontificat qu'il voulait conférer à Éléazar et à sa descendance. Cf. Num., xxv, 13. Bientôt après, il donna encore aux enfants d'Israël une autre marque de la prééminence du futur successeur
d'Aaron. Il régla que, pour mettre le grand prêtre à l'abri de la souillure légale résultant de l'immolation de la vache rousse, Num., xix, 7, ce serait Éléazar qui immolerait cet animal, ferait avec son sang sept aspersions sur les portes du Tabernacle et enfin le livrerait aux flammes. Num., xix, 1-7. — Ce fut apparemment peu de temps après l'institution de ce rite qu'arriva la mort d'Aaron. Sur le sommet du mont Hor, où il était monté par ordre de Dieu, Aaron fut, avant d'expirer, dépouillé de ses vêtements sacerdotaux par Moïse, et celui-ci en revêtit aussitôt Éléazar en signe de l'investiture de la charge de grand prêtre, qu'il allait désormais exercer. Voir Aaron, t. i, col. 8.
Dans la seconde période de la vie d'Éléazar, qui commence ici, non plus d'ailleurs que dans la première, nous ne trouvons aucun trait personnel, comme on en rencontre dans l'histoire de son père Aaron ou de son fils Phinées. Tout ce que l'Écriture nous raconte de lui se rapporte exclusivement à ses fonctions et aux faits auxquels sa dignité l'appelait à prendre part. C'est d'abord l'ordre qu'il reçoit, conjointement avec Moïse, de procéder au recensement du peuple après le châtiment des Israélites prévaricateurs. Num., xxvi , 1-63. Plus tard, les filles de Salphaad adressent à Éléazar, à Moïse et aux anciens leur requête concernant l'héritage de leur père, mort sans enfants mâles. Num., xxv, 1-3. Peu après le règlement de cette affaire, Moïse, averti par Dieu de sa mort prochaine, amena, selon les prescriptions divines, Josué son successeur à Éléazar. Cette présentation eut lieu en présence de tout le peuple, que son nouveau chef devait conduire d'après les instructions que le Seigneur donnerait en réponse à la consultation faite par le grand prêtre. Num., xxvn, 12-23. Dans l'intervalle entre ce dernier fait et la mort de Moïse, Éléazar nous apparaît encore associé à celui-ci dans quelques circonstances mentionnées au livre des Nombres. La première est la répartition, après la défaite de Madian, du butin qui leur est amené, et dont une partie déterminée est prélevée comme prémices à offrir à Dieu. Num., xxxi, 12-5't. La seconde est la demande des terres situées au delà du. Jourdain par les tribus de Gad et de Ruben, xxxn, 1-2, au sujet de laquelle il reçoit avec Josué les instructions de Moïse. Num., xxxn, 28-33. Enfin en ce qui concerne le pays en deçà du Jourdain, dont le partage ne devait être fait que plus lard, Dieu désigna à Moïse Éléazar pour être placé avec Josué à la tête des répartiteurs, désignés aussi par leurs noms, et qui étaient les chefs de leurs tribus respectives. Num., xxxiv, 10-29. Ce partage eut lieu en conséquence, quand le moment fut venu, sous la direction du grand prêtre Éléazar et de Josué, et par la voie du sort, comme Dieu l'avait prescrit. Jos., xtv, 1-2, cf. xix, 51. — C'est le dernier renseignement que ! Me nous donne sur Éléazar. Sa mort est mentionnée a la fin du livre de Josué : « Éléazar, fils d'Aaron, dit l'écrivain sacré, mourut aussi, et on l'ensevelit à Gabaath, [ville] de Phinées, son fils, qui lui fut donnée en la montagne d'Éphraïm. » Jos., xxiv, 33. Il eut pour successeur dans la charge de grand prêtre son fils Phinées. Num., xxv, 13.
F,. Palis.
2. ÉLÉAZAR, fils d'Aminadab. Quand l'arche du Seigneur, renvoyée par les Philistins, fut portée dans la maison de son père, sur la colline (hag-gib'âh; Septante: ev ra gouvw; Vulgate : Gabaa) de Cariathiarim, Éléazar fut chargé' de la garder. I Reg., vu, 1. Le texte dit qu'il fut consacré, c'est-à-dire exclusivement appliqué à cette fonction. Probablement il était lévite, bien que le texte n'en dise rien : au moins rien ne s'y oppose, et Josèphe, Ant.jud., VI, i, 4, lui donne cette qualité.
3. ÉLÉAZAR, fils de Dodo l'Ahohite, c'est-à-dire descendant d'Ahoé, dans la tribu de Benjamin. II Reg., xxm, 9; I Par., vin, 4. Il est compté parmi les irois gibbôrim ou vaillants guerriers qui se trouvaient avec David à Éphesdammim, dans la guerre contre les Philis-
KLEAZAR
ELECTA
tins. II Reg., xxm, 9; I Par., xi, 12-13. Il tint longtemps tête à l'ennemi et en fit un tel carnage, que sa main se raidit par une contraction nerveuse et resta attachée à son épée. 11 Reg., xxm, 10. Dans 1 Par., xi, 13, l'auteur racontai! les mêmes exploits; mais, par la faute d'un copiste, un verset et demi a été omis. Après le début qui concerne Éléazar, 1 Par., n, 13*, et qui correspond au \ 9 de II lieg., xxm, le texte des Paralipomènes passe aux exploits de Semma, y. 13b, qui correspond à llb de II Reg., xxm. On pourrait croire d'après la Yulgate, Il Reg., xxm, 13, qu'Eléazar faisait aussi partie des trois braves qui allèrent puiser de l'eau pour David dans la citerne de Bethléhem, en passant parle campdes Philistins, et c'est aussi l'opinion de Josèphe, Ant. jud., VII, xn, 3; mais le texte original donne plutôt à entendre que ces trois braves, y. 13, sont différents des précédents, \ . 8-12, et font partie des trente dont la suite du chapitre donne les noms. y. 23-39. Éléazar était chef de la garde royale pendant le second mois, comme le suppose I Par., xxvil, 4, restitué d'après XI, 12. Voir Dodo 3.
4. ÉLÉAZAR , fils de Moholi et frère de Cis. Il n'eut pas de fils, mais seulement des filles, qui se marièrent selon la loi, Num., xxxvi, 0-9, à leurs cousins-germains, les fils de Cis. I Par., xxm, 21, 22; xxiv, 28.
5. ÉLÉAZAR, fils de Phinées. Il fut un des lévites chargés par Esdras de vérifier le poids de l'or, de l'argent et des vases apportés de Babylone. I Esdr., vm, 33.
G. ÉLÉAZAR, Israélite, fils de Pharos, qui répudia la femme étrangère qu'il avait prise pendant la captivité contre la loi. La Yulgate le nomme Éliézer. I Esdr., x. '25.
7. ÉLÉAZAR, prêtre qui prit part à la fêle de la consécration solennelle des murs de Jérusalem sous Néhémie. II Esdr., xn, 42.
8. ÉLÉAZAR ("EXeâ&xp, quelques manuscrits 'E},ei- Capoç), quatrième fils de Mathathias et frère de Judas Machabée. I Mach., n, 5. La Vulgate lui donne le surnom d'Abaron, qui n'est que la transcription du grec, A-Japiv. I Math., n, 5; Josèphe, Ant.jud., XII, vi, 1; IX, 4, Aùpiv. Dans I Mach.. VI, 43, il est appelé dans le latin filius Saura : c'est la traduction de la leçon dis Septante, ô -jejapiv, qu'on a interprété comme s'il y avait h rou i^apiv. Celte lecture des Septante parait provenir d'une leçon 'E).cj;apo; Aùapâv, dans laquelle la terminaison D{ a été séparée du premier nom et (irise pour l'article ô, avec la leltre ; rattachée au mot suivant. Aussi certains manuscrits ont simplement : 'EXeiÇap Aùapâv. Le sens de ce surnom (Aùapiv, Abaron) n'a pu encore être déterminé avec certitude : ou l'a rattaché à la racine hâvar, guidé en cela par la version syriaque, qui porte Itavron ; ce qui donnerait pin, « celui qui
frappe un animal par derrière. » J. D. Michaelis, Supplementa ad lexica hebraica, t. i, p. 690. C'est une allusion à l'exploit d'Eléazar. Pendant qu'Antiochus Eupator assiégeait Bethsur, dans une sortie, Éléazar, aperce.ml un éléphant plus grand que les autres et plus richement harnaché, crut qu'il devait être monté par le
roi. Alors, dans le dessein de délivrer son peuple et de se faire un nom immortel, il se fit jour à travers les ennemis, se glissa sous l'animal et le frappa de son épée; mais l'énorme bêle en tombant l'écrasa sous son poids. I Mach., vi, 43-46: Josèphe, Ant.jud., XII, ix, 4; liell.
jud., I, I, 5, 11. lus ce dernier endroit, l'historien juif,
regardant comme erronée l'idée d'Eléazar, s'efforce Bans
succès de montrer que cet éléphant n'appartenait pis au roi, mais à un simple particulier, et que l'acte de ce héros n'était qu'un acte de bravoure, qui ne pouvait en rien contribuer au salut de la Judée. Dans un combat antérieur, livré pies d Emmaûs, contre Nicanor, Eléazar
(Vulgate: Esdras) fut chargé de lire avant le combat un passage des Livres Saints, afin d'enflammer les courages. Cf. Deut.. xx, 6, et xxvm, 1. Puis on donna pour mot d'ordre « le secours de Dieu », c'est-à-dire le nom d'Eléazar. II Mach., vm, 23; cf. 1 Mach., IV, 3.
9. ÉLÉAZAR, père de Jason. I Mach., vm, 17. Ce dernier fut un des ambassadeurs que Judas Machabée envoya a Home pour contracter alliance. On a prétendu, mais sans raison positive, que cet Éléazar était le même que le frère de Judas.
10. ÉLÉAZAR, célèbre scribe ou docteur de la loi, qui soutînt le martyre dans la persécution d'Anliochus IV Lpiphane, à l'âge de quatre- vingt -dix ans. II Mach., vi, 18-31; cf. I Mach., I, 57-63. On voulut le forcer de manger de la chair de porc, aliment impur défendu par la loi, Lev., xi, 7; mais le vieillard préféra la mort. Il cracha même le morceau de viande qu'on lui avait mis de force dans la bouche, y. 20 (grec). On lui fit subir le supplice du tympanum. V. l'.i (grec). Pour le sauver, sis amis lui proposèrent de faire apporter des viandes permise-, pour feindre d'avoir mangé les viandes défendues. Mais il s'y refusa, protestant qu'il ne voulait pas par cette lâche simulation déshonorer sa longue vie et donner le mauvais exemple aux jeunes. Du reste, que gagnerait-il à sauver ainsi sa vie, puisqu'il n'échapperait pas au jugement de Dieu? y. 21-28. Cetle fermeté irrita ses bourreaux: mais lui supporta tout dans la crainte d'offenser Dieu, laissant au peuple un grand exemple de courage et de vertu, y. 29-31. Josèphe, De Mach., 5-7, dit que ceci eut lieu en présence d Autiochus lui-même, et il ajoute plusieurs circonstances sur la mort 4 1 ! comme des détails sur les tourments du tympanum, le déchirement du corps avec des instruments de fer et le supplice du feu. D'après lui aussi, De Mach., 5, et d'après le IVe livre des Machabées, v, 3, Éléazar aurait été prêtre . mais le texte du II' livre des Machabées, VI, 18, qui eu l'ait expressément un scribe, sans dire qu'il fut un prêtre, porte à croire que cette indication n'a pas une valeur historique. Encore moins peut -on dire avec Joseph (iûrion, llisl. Judseor., m, 2 et 4, in-4°, 1700, qu'il fut grand prêtre et qu'il fit partie des soixante -dix interprètes de la version grecque, ce qui ne s'appuie sur aucun témoignage ancien. Les auteurs sonl partagés sur la question de savoir si ce fui a Jérusalem ou a Anlioche qu'il souffrit le martyre. Plus gémi .dénient ou le place au même lieu que les sept frères Machabées, par quent dans cette dernière ville.
11. éléazar, fils d'Éliud et père de Nathan, dans la généalogie de saint Joseph donnée par saint Matthieu, I, 15. 11 est d'ailleurs inconnu. E. LeVESQI K.
ELECTA (grec 'ExXexnî), destinataire de la seconde Épltre de saint Jean. II Joa., 1. Dès l'antiquité on s'est demandé si ce nom désignait uni' personne ou une Église, et la question a été résolue en des sens très divers. I Pour ceux qui ont pensé qu'il s'agissait d'une personne, les uns, comme la Vulgate clémentine, probaa lilemeiil. el comme Nicolas de Lyre, dans Biblia eum glossa ordinaria, in-f", Anvers, I634, t. \i. col. 1421; YVetstein, JVor»i» Testamentum grsece, iii-'r, Amsterdam, 1752, t. n, p. 729. etc., croient qu'elle s'appelaîl 'Iv/.'/.£'/.tt, ; mais il n'est guère vraisemblable qu''ExXexrrç soit un nom propre, puisque au v. 13 saint Jean donne le même nom à sa sœur. D'autres auteurs, comme l'auteur de la Synopsis Scriptural Sacrx , Patr. ;/r.. t. xxvm, col. 409, et plusieurs modernes (11. Poggel, Der zweite und drille Brief des Johannes, in-8°, Paderborn, 1890, p. 127-132), lui donnent le nom de Kupfa (et. araméen : Kmç, Maria , Domina). Sans doute on
trouve Kvpîa employé chez les Grecs comme nom propre.
ÉLECTA
ELECTRLM
niais il devrait y avoir dans l'adresse : Kupi'a -r, IxXsxttj; puis, au -i . 5. ce nom puait un titre plutôt qu'un nom. Aussi d'autres erégètes, comme Cornélius a Lapide, Conim. in Epist. canon., édit. Vives, t. xx, p. 633, pensent que le nom propre n'est pas exprimé, et que l'adresse porte seulement : i a la -lame élue, a Cet exégète va même jusqu'à rapporter, d'après la Chronique de Lueius Dexter, une tradition qui lui donnait le nom de Drusia ou Drusiana. Il est bien difficile de croire qu'il d'une personne privée, quand on voit l'apôtre employer des expressions comme celles-ci : Tous ceux qui connaissent la vérité aiment ses enfants comme lui les aime; o Je te prie, x-jpîa. domina, que nous nous aimions les uns les autres. » v . ô : et i J'ai trouvé de les /ils qui marchent dans la vérité », v. 4, quelques versets après s'être adressé à elle et à ses enfants. — 2° Ces difficultés ont amené de nombreux interprètes à penser que saint Jean avait désigné une Église. Saint Jérôme, Ep. * .VA/// ad Ageruchiam, t. xxn. col. 1053, semble avoir en vue l'Église universelle. Mais-plus communément, et avec raison, on entend une Eglise particulière. Cassiodore, Complex. in Epist. Apost., t. i.xx, col. 1373; Serarius, Prolegomena biblica et comni. in Epist. canon., in-f°, 1704, p. 99. L'apôtre s'adresse à une Église qu'il appelle l'élue, et lui envoie en terminant des salutations de la part des membres d'une autre Église, qu'il nomme sa sœur l'élue. De plus l'Église, comme épouse du Seigneur, K-jp:o;, peut bien porter le titre de Kupîcc, domina. Quant au nom d' « élue » donné à une Église, ne trouvons-nous pas dans saint Ignace, Ep. ad Trall., t. v, col. (573, la même expression? On peut comparer aussi la façon dont saint Pierre, v. 13. nomme l'Église de Rome : f, èv BaSuXûvt <n)vsx>exrrj. Cf. ï/.'iiv.-o:;. I, 1. Tout porte à croire que « l'élue », ïiXv/-it, dont parle saint Jean est une Église personnifiée sous la figure d'une femme, avec les enfants qu'elle a mis au monde pour le Seigneur. Cette forme de langage est tout à fait en harmonie avec le style de saint Jean ». H. de Valroger, Introduction historique et critique au Nouveau Testament, in-8», Taris. 1861. t. n.p. 'slO. Quelle est cette Église? On a mis en avant Corinthe, Rome. Jérusalem, sans raison valable; la lettre de saint Jean s'adresse probablement à une des Kiffises de l'Asie .Mineure. Cf. Cornelv, ïntroductio specialis m X. T. libros, in-8», Paris, 1886, p. 682-683. E. Levesque.
ELECTION, choix qu'on fait de quelqu'un pour lui confier certaines fonctions importantes. En hébreu, le verbe bâhar, qui signifie « choisir » et « élire », désigne ordinairement la mise à part d'un homme ou d'un objet, à raison de leurs qualités éminentes. Aussi le substantif mibhar, « élection, » se prend-il toujours dans le sens concret de « chose de choix, chose excellente. » Il faut distinguer l'élection divine et l'élection par le peuple.
I. Élection divine. — Comme les Hébreux sont soumis au régime théocratique , c'est Dieu qui élit directement les hommes qu'il veut mettre à la tète de son peuple , Moïse, Ps. cvi (cv), 23; Saiil, II Reg., xxt. 6; le Messie, Is.. xt.ii, 1, etc. Chacun d'eux est alors un bàhîr, i/.îxTo;, electus. De même, sous la Loi nouvelle, Notre-Seigneur fait en personne l'élection de ses Apôtres. Luc, VI, 13; Joa.. VI, 71; xih, 18; xv, 16: Aet.. i, 2. L'appel à la vie surnaturelle et au salut est également appelé « élection », iz'/oyr, , electio. Rom., xi, ô, 7, 28; I Thess., i, i; Il Petr., i, 10. Le nom d'« élus », âxXextot, est donné à ceux qui obéissent sur la terre à cet appel, Matth., xx, 16; xxn, 11; xxiv, 22, 24, 31 ; Rorn., vm, 33; Col., m, 12; II Thess., il, 12; II Tim., il, 10; I Petr., i, 1 ; u, 9; Apoc, xvi'. Il, et à ceux qui, en conséquence de leur fidélité, parviennent à la gloire éternelle. Voir ÉLU. Saint Paul, Rom., vm , 28-34, justifie ce mot d' o élection » en montrant que toute prédestination, comme toute glorification, vient de Dieu. Voir Prédestination.
IL Élection par le peuple. — 1° Dans l'Ancien Testament, on ne voit guère en usage l'élection populaire proprement dite. Saiil, le premier roi. est désigné directement par le Seigneur, I Reg., ix, 17, bien que les anciens du peuple aient pris 1 initiative de l'établissement de la royauté. I Reg., vm, 5, 18. Mais plus tard, même quand David a été choisi par le Seigneur, I Reg., xvi . 12, les tribus rassemblées à Hébron confirment son élection, II Reg.. v, 1-3, et ensuite les anciens de Juda la ratifient de nouveau après la révolte d'Absalom. II Reg., xix, 11-14. Les rois suivants se succèdent ordinairement par voie d'hérédité; mais assez souvent c'est la violence qui se substitue au droit, et dans le royaume d'Israël plusieurs rois ne sont que des usurpateurs. — 2" Dans le .Nouveau Testament, les Apôtres préparent par voie d'élection la désignation du successeur de Judas. Joseph Barsabas et Mathias sont élus parmi les disciples ; mais c'est au Seigneur qu'est réservé le choix définitif entre ces deux candidats. Act., i, 23-26. — Les sept premiers diacres sont élus par l'assemblée des fidèles et présentés aux Apôtres, qui leur confèrent l'ordre et la mission en leur imposant les mains. Act., VI, ô, 6. — L'assi de Jérusalem, composée des Apôtres, des anciens et des fidèles, élit Judas Barsabas et Silas pour accompagn Paul et Barnabe à Antioche. Act., XV, 22, 25. Ces deux derniers exemples montrent l'élection en usage pour désigner des hommes auxquels doivent être confiées des missions spéciales. Mais on ne la voit jamais employée pour la désignation des pasteurs de 11. H. Lesètre.
ÉLECTRUM (hébreu : haimal; Septante : rj).ex-pov), expression latine, calquée sur le grec v.Exrpov, qui a servi à désigner l'ambre jaune, un alliage d'or et d'argent et même, dans la basse latinité, l'émail. Ce mot se lit dans les Septante et la Vulgate pour rendre le terme hébreu haSmal, qui se rencontre seulement dans deux chapitres d'Ézéchiel. Dans la vision dite des chérubins, le prophète aperçoit d'abord dans le lointain s'avancer vers lui une nuée sombre, et, au milieu de la nuée et projetant son éclat sur elle, un globe de feu, au centre duquel brillait comme l'éclat du haSmal. Ezecli., I, 4. Quand la vision, rapprochée de lui, se aissa voir dans ses détails, Ézéchiel remarqua comme une sorte de firmament d'un éclat éblouissant étendu sur la tète des chérubins, et au-dessus un trône de saphir, occupé par une apparence d'homme, v. 26. Au verset suivant et au chapitre vm, 2, il décrit ainsi ce personnage: Depuis les reins jusqu'en bas, on aurai! dit l'aspect du feu, dont l'éclat rejaillissait tout autour, et depuis les reins jusqu'en haut, on apercevait quelque chose de plus éclatant encore, comme l'aspect du haSmal. Sur la nature de ce haSmal trois opinions ont été émises.
1° Quelques commentateurs ont pensé qu'il s'agissait de l'ambre jaune OU succin. Il est certain que les Grecs du v* et ive siècle avant J.-C. donnaient à l'ambre le nom d'f,)iExvpov, et que c'était même alois la signification la plus usitée de ce mot. Cette substance était bien connue, car on a trouvé dans de nombreux tombeaux antiques de la Grèce et de l'Italie des colliers en grains d'ambre et divers objets ornés avec cette substance servant de matière incrustante. En particulier, on a rencontré en Étrurie l'ambre mêlé à des objets d'importation phénicienne ou carthaginoise. Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, in-4°, Paris, 1892, t. il, p. 534. De plus, M. Oppert, L'ambre jaune les Assyriens, dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie égyptienne et assyrienne, t. n, 1880, p. 33, croit pouvoir lire le nom de l'ambre dans une inscription cunéiforme; mais cette lecture a été contestée, et jusqu'ici les fouilles de Chaldée ou d'Assyrie n'ont jamais découvert le moindre morceau de cette substance. G Perret, Histoire de l'art, t. Il, p. 768-769. Cette raison ne permet guère d'identifier le haSmal avec l'ambre, bien
KLECTRUM