‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 195 sur 486 · ELISABETH · texte numérisé non relu

ELISABETH

bien fragile le fondement de celte hypothèse, « qu'aucune preuve et aucune tradition ne justifient, et où fies auteurs] ont été guidés par l'idée fausse qu'Elischàh devait être en dehors de Yàvân, qui embrasse tous les Grecs. » Fr. Lenorniaut, Les origines de l'histoire, Paris, 18K4, t. Il, 2e part., p. 35. — 2" Moins acceptable encore est celle qui veut voir Carthage dans Elisa, p. nie que la légendaire fondatrice de cette ville est appelée Elissa en même temps que Didon. Cest la conjecture qu'émet, avec un point d'interrogation, Fried. Delitzsch, Wo lag dos Parodies? Leipzig, 1881, p. 250. « Quarth-Hadaschih ou Carthage, dit encore justement M. Fr. Lenormant, loc. cit., était une fille de Kéna'an. Jamais l'idée ne serait venue à un Phénicien ou a un Hébreu de la ranger parmi les enfants île Yàvàn. » — 3° La majorité des commentateurs reconnaît ici la population de la Créée européenne, ce qui est plus conforme à la tradition. Mais encore à quelle tribu spéciale faut -il remonter?

Si l'on regarde 'Elisait connue un nom indigène, que les Phéniciens n'ont pas forgé , et dont il faut chercher la source dans la nomenclature géographique ou ethnographique de l'ancienne Grèce, on trouvera trois termes auxquels les exégétes l'ont comparé : 'E/./i;, '11/t; et AioXEïç. — .1. I). Michaelis, Spicilegium geogr. Hebraeorum, Gœttingue, 17(58-1770, t. i, p. 79, prend le premier terme de comparaison; mais les lois de la linguistique s'opposent à ce sentiment. La forme la plus ancienne de "ËXXïjve; est SsXXo!. Dans la forme postérieure Hellên, }'s initial primitif s'est changé en h, et le thème s'est développé par l'addition d'un n final. Une transcription aussi vieille que celle de la Bible conserverait nécessairement la sifflante du début, qui appartenait à la racine originaire, sal ou sel. — S. Bochart, Pltaleg., lib. in, cap. iv, Caen, lOifi, p. 170, se reporte à '11X;'; du l'eloponèse, mais la l'orme première de 'll/sîoi est l-V/.eîFoi, avec double digamma; celle de FocXeïoi était si bien consacrée par la tradition dans l'usage local, que, jusqu'au milieu du Ie1' siècle avant l'ère chrétienne, la légende des monnaies des Éléens reste FAAEUIN. La transcription sémitique devrait donc présenter un rav correspondant au digamma initial, ce qui n'existe pas. — 11 est donc plus conforme à la philologie de rapprocher 'Elisait de AîoXieùç, pluriel AIoXiéeç, AtoXiEtç; forme primitive : AioXieFù;, pluriel AcoXiÉFe;. I.a transcription phénicohébraique est d'autant plus acceptable qu'elle a pu se faire sur une forme AïXisFùç, AIXieù;, où Vo était tombe, comme on l'observe dans «ïXou^oç, pour zidXoupo;, et dans la comparaison de aïvw avec aiovâu. Cf. A. Knobel, Die Vôlkertafel der Genesis, Giessen, 1850, p. .SI. I.a correspondance de 'EliSâh avec AiXisFù; est tout à l'ait analogue à celle de la transcription égyptienne du nom des Acheens, A-qa-y-vaSa, avec son prototype A/xA'r,-, devenu ensuite 'A^anSc.

Les Eoliens sont une des deux divisions des Hellènes proprement dits, opposés aux Ioniens, quand, dans les populations de la Grèce, on ne distingue que des Doriens, des Éoliens et des Ioniens. La tradition généalogique plus habituellement répandue compte chez les Hellènes propres ou Grecs occidentaux trois branches: Koliens, Doriens .-i Achéens. Dans ce sens restreint, les Eoliens sont un peuple qui a eu pour berceau la Thessalie, où la légende fait régner leur père Aiolos. De là ils s'étendirent sur l'Eubée, sur la Béotie, et enfin sur l'Ltolie, où ils trouvèrent déjà établis les Étoliens et les Éléens. Quelques tribus pénétrèrent également il. ois le Pélopo-

llése. Les Phéniciens, qui ne durent avoir de relations qu'avec les côtes de la Grèce, et ne purent, en Macédoine et en Thessalie, connaître que la population du littoral, c'est-à-dire les Eoliens, en étendirent le nom, altéré dans leur propre langue, à toute race protohellénique ou dorienne qui s'était mêlée avec les Koliens. Cette extension eut lieu d'ailleurs Mans la bouche et les traditions

des Grecs eux-mêmes, ( Et l'auteur du tableau ethno-

graphique du chapitre X (le la Genèse était ainsi auto' risé à appliquer, comme il l'a manifestement t'ait, l'appellation de 'Elisdh =A!oXi£sç à toutes les populations de la Grèce européenne, à l'ensemble des Hellènes proprement dits, à une époque où les Doriens n'étaient pas encore descendus de leurs montagnes sur le terrain où s'étendent ses connaissances géographiques, et peut-être n'avaient pas encore constitué leur individualité spé distincte de celle des Éoliens. » F. Lenormant, Les origines de l'histoire, t. n, 2e part., p: 13.

M. J. Halévy, Hecherches bibliques. Paris, t. i, 1895, p, 260-264, précise davantage la question. Pour lui, 'EliSâh représente, en particulier, une contrée spi du Peloponèse, la Laconie. D'abord, le parallélisme, intentionnellement établi par l'auteur sacré entre les deux premiers fils de Javan, Elisa et Tharsis d'un côté, et Céthim (Chypre) et Dodanim ou Rodanim (Rhodes) de l'autre, montre qu'il ne tant pas chercher dans ceux-là de grands pays continentaux, mais des des, tout au plus des péninsules, que les anciens englobaient d'ordinaire dans cette dénomination. Ensuite l'identité d"ElîSâh avec la I, aconit- résulte de l'abondance en coquilles de pourpre qui rendit ce pays célèbre dans toute l'antiquité, ce a quoi fait allusion Ezéchiol , XXVII, 7. Quant au nom luiloèiue. il doit être emprunté à une ville maritime n tante de la Laconie propre. Il doit en outre représenter un dérivé ethnique .lu nom indigène de celte ville, résulte de la forme des deux dernières personnifications: Céthim [hébreu: Kittim) et Dodanim hébreu: I nim et Rôdânim), qui sont les pluriels des noms ethniques Kitti/i et Rôdânî, tires l'un de K^tiov, et l'autre de 'PiSBoç. Voir Céthim, col. 166, et Dodanim, col. li"i>. Ainsi 'EliSâh est un nom ethnique dérivé de la ville de "EXo; en Laconie. Les fréquente rapports des Phéni avec cette cité maritime ont été constatés dans ces derniers temps par les inscriptions phéniciennes et grécochypriotes découvertes dans l'île de Chypre. On connaissait déjà des ex-voto voués par les Phéniciens à Apollon Amycléen. Des trouvailles récentes y ont ajouté le culte d'Apollon d'Hélos, 'ATtoXXuv 'EXetTi)Çi r"-s ---, ou c7'ô""N "•-■. en dialecte 'AitefXov 'EXsrn); ou 'AXioewrT,:. De ces deux formes ethniques dérivées d'Hélos, l'une, 'EXeiT»|Ç, Se rapproche beaucoup de la forme classique et est rendue en phénicien par r>'~x, avec élision du suinta final; la seconde, populaire, revêt la physionomie jadis entièrement inconnue de 'AXooiwriit, dont la transcription littérale en caractères sémitiques serait :r':-N ou -iT'r'-N. Le fait que la transcription phénicienne le rend par :r'-"S. avec un -, Itr , au lieu de ;, samedi, montre seulement qu'au IVe siècle avant notre ère la lettres placée entre deux voyelles se réduisait, dans le dialecte Chypriote, a une faible aspiration. Le nom hébreu ô"--"n.

'Llisalt, anciennement r-'>-s, 'EUSàt, s'est don c

loppé sur la base de'A).afftut(T|;) — (r)rv--'-x, 'Alasiôf(s).

L'altération consiste, d'une part, dans le rejet de la sibilante finale, ï-, .<■, après la dentale, n, { ; de l'autre, dans la métathèse subie par la voyelle i. — La discussion, ou le voit, repose uniquement sur la comparaison des mots. C'est une base fragile assurément; mais c'est la seule que possède la science actuelle, dont nous avons donné les derniers résultats, A. Legendre.

ELISABETH, nom de deux femmes, une de l'Ancien, l'autre du Nouveau Testament.

1. ELISABETH (hébreu : 'ÊliSéba', t dont le serment est Dieu; d Septante: 'EXma6l8), épouse d'Aaron. Exod., vi, 2ii. Elle était fille d'Aminadab, de la tribu de Juda, et mère de Nadab, Abiu, Éléa/.ar, Ithamar. Elle était sœur de Naasson, chef de la tribu de Juda dans le désert du Siu.iï. Exod., vi, ïi; Niim., Il, ;!.

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