DANIEL LE PROPHÈTE — DANIEL (LE LIVRE DE
mêmes. Leur orgueil était extrême; ils voyaient la terre entière (moins l'Egypte, et encore combien affaiblie !) « faire silence devant eux, » et ils en rapportaient la gloire à leurs dieux. C'était pour eux un dogme que la victoire d'un peuple était la victoire de son dieu sur le dieu des vaincus. Israël et Juda avaient succombé. Donc Jéhovah, leur Dieu, était censé vaincu par Bel-Mardouk, ou Nébo; il n'était plus qu'un dieu local, secondaire, abaissé et diminué. Telle était leur conviction, qui risquait d'être partagée par les Juifs, hésitants et troublés. Daniel fut suscité pour écarter ce scandale, et relever aux yeux des Chaldéens la gloire humiliée du Dieu unique et souverain. C'est pourquoi, à cinq ou six reprises, des faits d'un surnaturel extraordinaire se produi-
p. 24-36; C. Keil, Der Prophet Daniel, Leipzig, 1869, p. 4, 5-10. E. Philippe.