‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 218 sur 486 · EMMANUEL, fils de Salomon ('Immanuel ben · texte numérisé non relu

EMMANUEL, fils de Salomon ('Immanuel ben

Ôelomo), exégète grammairien et poète juif, né à Rome vers 1272, mort dans la première moitié du xivc siècle. Après avoir vécu un certain temps à Rome, il se fixa a Fermo, dans la Marche d'Ancône. On a de lui un commentaire sur les Proverbes de Salomon, qui a ete publié, in-f°, à Naples, en 1486, avec plusieurs commentaires de divers auteurs, comme de Kimchi sur le Psautier, de Raschi sur l'Ecclésiaste, etc. Les autres commentaires d'Emmanuel sont restés manuscrits : ainsi un commentaire sur le Pentateuque (Codex de Rossi 404); un commentaire sur les Psaumes, dont de Rossi a publié des fragments sous ce titre : R. Immanuelis, f. Salom., scholia in selecta loca Psolmorum, in-8», Parme, 1806. La Bibliothèque Nationale possède un manuscrit incomplet de ce commentaire au n° 233, et aussi un commentaire sur Job, sur le Cantique des cantiques (235). Outre d'autres copies de ces deux derniers ouvrages, de Rossi signale encore des commentaires manuscrits de Ruth, des Lamentations, d'Esther, et un ouvrage manuscrit sur la grammaire et la critique biblique, intitulé 'Ébén bùhan. Il a paru du même auteur un traité sur l'état des âmes après la mort, intitulé Hattôfët vehâ'êdén , « L'enfer et le ciel, » in-8°, Prague, 1613. Voir M. Steinschneider, 7»!manuel, Biographische und literaturhislorische Skizze, in-8°, Berlin, 1843; I. Fûrst, liibliotheca judaica, in-8», 1863, t. n, p. 92-93. E. Levesq.ue.

EMMAUS

EMMAUS, nom de localité cité I Mach., m, 40, 57; îv, 3; ix, 50, el Luc., xxiv. 13. Selon plusieurs palestinologues, ce nom, clans l'Ancien Testament et dans le Nouveau, désigne une seule et même ville; selon d'autres, il est attribué à deux localités différentes. Après avoir parlé d'abord de la ville nommée I Mach., point sur lequel ni est à peu prés général, nous exposerons en second lieu la question, sur laquelle porte la controverse, de 1 Emmaiis évangélique, en résumant aussi fidèlement que ble les arguments pour et contre la distinction et en faisant connaître les diverses identifications proposées.

1. EMMAUS (selon le texte reçu : "Euip.»o-j|i; Codex Aîexandrinus : 'Au.u.aouv et 'Afi|iao'Ju : Codex Sinaiticus: 'A(i|iao-J, *Au.uao-J;, 'Au.|i«o,.Sv et 'Epuao-jv; Vulgate : Emmaum; 1 Mach., ix, 50, Ammaum; version syriaque : Ama'us; les anciennes versions arabes et presque toutes les modernes : 'Amu'âs ou 'Ammu'âs), ville de Judée. I. Nom. — Dans Josèphe, ce nom est écrit 'Eutj.ao'j;, 'Au.(iaoû; et quelquefois 'Au,ao"jç. Dans les Talmuds, l'orthographe en est très variée; on lit tantôt 'Emma'ûs ou Amma'ûs, avec ' (y); tantôt 'Emma'ûs ou 'Arrima ûs, avec ' (n), et aussi 'Emis, 'Ema'im et 'Ema'ûm. Cf. A. Neuhauer, Géographie du Tabulai, in-8°, Paris, 1868, p. 100. Les Grseca fragmenta libri nomina hebraicorum, Patr. lat., t. xxm, col. 1102, en traduisant 'Eu,[j.ao-J;, Xocôv ànopptycLvcoç, populis abjicientis, supposent la forme 'Am-mo'ês, des deux racines 'am, « peuple, » et ma'âs, «rejeter; » la traduction de saint Jérôme, populus abjectus, indique la forme 'Am-ma'ôg. Si cette élymologie est grammaticalement acceptable, sa signification la fait paraître peu vraisemblable. Conder propose le nom Ikhma (68) de la liste de Karnak comme pouvant être Emmaûs. Tentwork in Palestine, in-8", Londres, 1870, t. n. p. 345. — Un grand nombre d'entre les commentateurs ont vu dans ce nom une transcription de l'hébreu Hainmiili ou Hammât , araméen JJamta', ou de Ijummi, IJamma'i ou Hamma'im, « chaleur » ou a lieu chaud », ou encore i eaux chaudes », de la racine hdmam, « être chaud. » Cf. Polus, Synopsis criticorum, Francfort-surle-Mein, 1712, t. iv, col. 1065; Reland, PaUestina, in-4°, Utrecht, 1714, t. i, p. 428; Bonfrère, Onomasticon, édit. J. Clerc, in-f°, Amsterdam, 1707, p. 68, note 4; Christ. Cellarius, Notitite orbis antiqui, in-4», Leipzig. 1706, t. u. p. 558. Cette opinion est fondée principalement sur l'interprétation Oij>ti»,« bains chauds, thermes, » donnée par Josèphe à une localité située près de Tibériade, dont le nom est écrit 'Aiiftocoû; et "AuaoO; dans la plupart des éditions de cet historien. Ant.jud., XVIII, n, 3; Bell. jud., IV, i, 3. Mais, dans ces mêmes passages, Niese, en ses deux éditions des œuvres de Josèphe, rejette ces leçons pour adopter celle d"A(J.|xaôoûç , qui se lit dans tous les manuscrits collationnés par lui , sauf un : ce résultat infirme les leçons 'Ap.ij.ao-j; ou 'AfiaoC; el l'étymologie basée sur elles. — Quelques écrivains ont pensé qu'Emmaùs n'esl pas différente d'Amosa. Jos., xvm, 27. Cf. V. Guérin, Description de la Judée, t. i, p. 294; de Saulcy, Dictionnaire topographique abrégé de la Terre Sainte, in-8», Paris, 1877, p. 131; J.-I3. Guillemot, Emmaûs -Nicopolis, in-4», Paris, 1880, p. 11. Celte étymologie pourrait ne pas parailre invraisemblable, si les indications topographiques du livre îles Machahées el celles de l'histoire ne fixaient point , connue nous le verrons, la

position d'Emmaùs dans le territoire de la tribu de Dan, tandis qu'Amosa doit être cherchée dans les limites de Benjamin. Voir Amosa, t. i, col. 518-520; Benjamin (tribu de), t. i, col. 1589-1593. — Le H. P. van Kasteren propose connue plus probabli le nom de'Ammaôn. Il dériverait de 'an ■> . el la signification de « divinité qui unit les familles s aurait nue analogie frappante avec Baal-Méon, ville de Mm. il., dont les (lies ont fait BeeX- (xao-j;, comme ils ont fait 'Et.,vj- de Hésébon, 'AloOç (Aîï'/oj; [?]) de Aïalon. Le nom d'Emma, par lequel

Josèphe, Aal. jud., VI, xm, 6, transcrit celui de Maon; le nom d'Aramaon ou Amion donné par saint Ambroise Comment, in Lueam , 1. x, 173, t. xv, col. 1847, et en plusieurs autres passages, au deuxième disciple d'Emmaùs, et la forme du génitif 'E'j.jjiao-jvTo; el Emmauntis, confirmeraient cette opinion. Le même écrivain ajoute qu'il ne sciait peut-être pas impossible qu'une forme Hammon ou Artimon eut été allongée en 'AitaaoO;, comme Mégiddon (Mégiddo) en Jh\-;'EÔïoC;. Revue biblique, Paris, 1892, p. 648-649. — L'opinion commune chez les habitants de la Palestine tient qu'Emmaùs est le nom ancien et primitif, du moins dans ses trois radicales ' M S, quelle que soit d'ailleurs sa signification, difficile à déterminer, à cause du grand nombre de racines dont il peut dériver. Cette opinion est fondée sur des considérations historiques. L'usage simultané, eu Palestine, pour la désignation des localités, de deux onomastiques différentes, est incontestable : l'une employée par la colonie grécoromaine, l'autre par la population sémite- chamite du pays. On rencontre peu ou point d'exemples de noms nouveaux donnés par les Gréco-Romains à des localités anciennes ou simplement modifiés par eux et acceptés par les indigènes. 'Ammôu, Sippori, lièlsan. Uètgabra', Lud, Emmaiis, appelés par les étrangers Philadelphie, Diocésarée, Scythopolis, Éleuthéropolis, Diospolis, Nicopolis, sont demeurés pour les indigènes 'Amman, Safouriéh, Bessàn, Beit-djebrin, Lyd , Amo'as; Hésébon et Ma'ôn sont restés llrsbàn et Ma in. L'usage a laissé se perdre quelquefois la consonne finale des noms, et Kesàlon devenir Kesla', Aïalon ou Yalôn devenir Yàlô. 'Ânatot, 'Anàta'; mais il ne parait pas s'être conformé jamais au génie des langues grecques et latines pour accepter le s final, si ordinaire à celles-ci. Pour Emmaûs en particulier, sa première radicale, ' y), n'a pu venir des Occidentaux, qui n'ont point ce son; son usage constat le IVe siècle et même auparavant par les Fragmenta grseca, la traduction de saint Jérôme et les versions syriaques, permet de croire qu'elle s'est transmise traditionnellement depuis les temps anciens. Elle n'a pu se transmettre qu'avec le nom lui-même, et ainsi les indigènes n'avaient pas à prendre ce nom des étrangers ni en totalité ni en partie. 11 a pu en être autrement des Juifs. Les variations du Talmud ne pourraient guère s'expliquer si ses auteurs eussent trouvé le nom d'Emmaùs en usage chez eux par une tradition constante, ou s'il se fût trouve dans leurs livres sacrés ou leurs autres écrits. Ne l'ayant point conservé, et placés entre deux onomastiques, ils l'auront emprunté tantôt de l'une, tantôt de l'autre. — Quoi qu'il en soit de la probabilité respective plus ou moins grande de ces opinions et conjectures, il est besoin de documents nouveaux pour fixer d'une manière certaine l'étymologie d'Emmaùs.

II. Situation. — 1° D'après la Bible. — Emmaûs, d'après I Mach., se trouvait « dans la plaine », lv -% y» -/| itEÔivr,, m, 40, et iv, 6; au seuil des montagnes, iv. 10-21; elle appartenait à la Judée, iv, 39; elle était vers l'ouest de Gazer, puisque les soldais de Gorgias, vaincus a Emmaûs, s'enfuirent vers Gazer, pour gagner ensuite Azot et A'ainnia, IV, 15. — 2° D'après les écrivains profanes. — Les anciens ailleurs ajoutent divers renseignements à ces indications bibliques. Josèphe, Ant.jud., XII, vu, 3-4, reproduit le récit de la Bible sans \ rien ajouter; mais, Bell, jud., Il, \\. 1, el IV, vin, I, il indique le territoire d'Emmaùs comme uni et faisant suite, vers l'est, aux territoires de Lydda et de Jaffa. Les Talmuds disent qu'Emmaùs est un lieu abondant en eau, situé a la fin des montagnes et au commencement de la Séphéla, la yrj keôivïj, le itsSiov ou campus, a la plaine » de nos versions, t Depuis Béthoron jusqu'à Emmaiis c'est le pays des montagnes, dit H. Johanaii, Talmud de .bru Schebiit, ix, 2; de là jusqu'à Lod c'est la Sefêlâh. Cf. A. Neuhauer, Géographie du Talmud, p. 61 et UM\\ Reland, PaUestina, t. i, p. 309. Pline, U. .V.,v. 14, signale,

EMMAUS

pour caractériser Emmaûs, la pluralité des fontaines à eau courante: fontibus irrigua»! Emmaum,et la nomme avec Lydda et Joppé. La table de Peutinger nomme Emmaûs à dix-huit milles à l'occident d'.Elia ou Jérusalem, à l'est de Joppé, Yamuia et Lydda, à douze milles de cette dernière. Dans Reland, Pahvstina, t. i, en face la page 420. Le pèlerin juif Ishàq Ilelô (1334) va de Sara' à Gimzo, en passant par Emmaûs. Les chemins de Jérusalem, dans Carmoly, Itinéraires de la Terre Sainte, in -8°, Bruxelles, 1847, p. 245. — 3° D'après les écrivains chrétiens. — Les témoignages des anciens écrivains ecclésiastiques sont encore plus nombreux et plus précis; toutefois, avant de les citer, deux observations sont à faire : 1. pour eux la localité d'abord appelée Emmaûs est la même qui a été nommée, au me siècle, Nicopolis par les Grecs et les Romains; 2. il n'y a pour eux qu'une seule Emmaûs, et l'Ernmaûs des Machabées est aussi l'Emmaus de l'Évangile : Nicopolis désigne l'une et l'autre. Tous les documents et toute l'histoire sont constants et unanimes à affirmer cette double identification. — Faisant allusion aux faits racontés I Mach., m et IV, saint Jérôme s'exprime ainsi: « [Daniel] veut parler de l'époque de Judas Machabée, qui, sorti du bourg de Modin, assisté de ses fières, de ses parents et d'un grand nombre d'entre le peuple juif, vainquit les généraux d'Antiochus près d'Emmaûs, qui est maintenant appelée Nicopolis. » Comment, in Dan.,ym, 14, t. xxv, col. 537. La Chronique d' Eusèbe, traduite par saint Jérôme, constate ce changement de nom à l'année chr. 224 : « En Palestine, y lit-on, la ville de Nicopolis, appelée auparavant Emmaûs, a été l'ondée par Jules Africain, auteur d'une Chronique, qui avait accepté d'être député à cet effet. » I'atr. lat., t. xxvn, col. 641-642. Saint Jérôme ne cesse d'attester ce changement de nom toutes les fois qu'il nomme Emmaûs ou Nicopolis. Voir De viris illustribus, cap. lxiii, t. xxn, col. 675; In Ezech., xlviii, 21 et 22, I. xxv, col. 488; In Dan., xi, 4 et 5, ibid., col. 574; In Abdiam, f. 19, ibid., col. 1113. Tous les historiens, chronographes et pèlerins, tant latins que grecs, répètent cette assertion en termes identiques. Ainsi le Chronicon paschale, ann. chr. 223, t. xcn, col. 657; Jean Moschus, Prat. spiritual., ch. xlv, t. lxxxvii, col. 3032; Georges Syncelle, Chronographia, in-f», Venise, 1729, p. 286; Théophane, Chronograph., année C. 354, t. cvm, col. 160; Anastase le Bibliothécaire, Histoire eccl., à l'année du monde 5715, Pair, gr., t. cvm, col. 1200; M. Aur. Cassiodore, Chronique, t. i.xix, col. 1236; S. Adon, arch. devienne, Chronique, t. cxxm, col. 86; Id., De festivitatibus sanclorum Aposlolorum , ibid.. col. 193; Cedrenus, Historiarum compendium , t. cxxi, col. 582; Nicéphore Calixte, Ilist. eccl., 1. x, c. 31, t. cxlvi, col. 536.

L'identité de l'Emmaus de saint Luc et de Nicopolis n'est pas moins formellement affirmée. « Emmaûs, dit Eusèbe, d'où était Cléophas, qui est [nommée] dans l'Évangile selon Luc; c'est maintenant Nicopolis, ville célèbre de Palestine. » Onomasticon, édit. Larsow et Parthey, in-12, Berlin, 1862, p. 186; traduction équivalente de saint Jérôme, De situ et nominibus locorum hebraicorum, t. XXIII, col. 896. « Reprenant le même chemin, dit personnellement saint Jérôme racontant le pèlerinage de sainte Paule romaine, elle vint à Nicopolis, qui s'appelait d'abord Emmaûs, près de laquelle le Seigneur fut reconnu à la fraction du pain, et où il consacra la maison de Cléophas en église. » Epist. cvnr , ad Eustochium , t. xxn, col. 883. « Il y a une ville de Palestine nommée aujourd'hui Nicopolis, dit Sozomène; il en est fait mention dans le livre divin des Évangiles comme d'un village, car c'en était un alors, sous le nom d'Emmaûs. » H. E., v, 21, t. lxvii, col. 1280-1281. Le pèlerin Théodosius (vers 530) cite : « Emmaùm, qui est maintenant appelée Nicopolis, où saint Cléophas reconnut le Seigneur à la fraction du pain. » De Terra Sancta, édit. de l'Orient latin, in-8°, Genève, 1877, p. 71. L'auteur de la Vie de saint Willibald

raconte comment le saint voyageur « vint a Emaùs, bourg de Palestine que lés Romains... appelèrent Nicopolis, où il vint prier dans la maison de Cléophas, changée en église. » Act. sanct. Boll., édit. Palmé, t. h , juill., p. 515. Guillaume deTyr, Historia, 1. vu, c. 24, dans Bongars, p. 743; Id., 1. vin, c. 1, ibid., p. 716; Nicéphore Callixte, H. E., X, 31, t. CXLVI, col. 536, et un grand nombre d'autres attestent la même identité. — Il résulte de relie double identification, quelle qu'en soit du reste la valeur, que les indications données par les anciens écrivains chrétiens sur Nicopolis ou sur l'Emmaus évangélique s'appliquent en même temps à l'Emmaus des Machabées dont nous parlons, et réciproquement.

Nicopolis, selon Eusèbe, est au nord de Bethsamès, d'Esthaol et de Saraa, puisque la route venant d'Éleuthéropolis à Nicopolis passe près de ces villes, dix milles au nord d'Éleuthéropolis. De situ et nominibus locorum hebraicorum, t. xxm, col. 883, 895, 921. Nicopolis, lorsqu'on s'y rend d'^Elia, est au delà de Béthoron, qui est lui-même à douze milles environ d'^Elia. Ibid., col. 880. Elle est à quatre milles de Gazer, qui est plus au nord. Ibid., col. 900. Elle se trouve non loin d'Aïalon de la tribu de Dan. Ibid., col. 874. Saint Jérôme ajoute que « le village d'Aïalon est près de Nicopolis, au deuxième mille en allant à ,-Elia ». Ibid., col. 868. Le même docteur place, In Ezech., loc. cit., Nicopolis avec Aialon et Sélébi dans la tribu de Dan. Comme Lydda, elle appartient à « la Séphéla, c'est-à-dire la plaine ». In Abdiam, loc. cit. Elle est aux confins de cette plaine, « là où commencent à s'élever les montagnes de la province de Judée. » In Dan., xi, 44 et 45, loc. cit. Sainte Paule, montant de Nicopolis à Jérusalem, peut saluer de loin A'ialon, qu'elle laisse à sa droite, et passe par les deux Béthoron, l'inférieure et la supérieure. S. Jérôme, Epist. ad Eustoch., t. xxn, col. 883. Le pèlerin de Bordeaux (333), prenant sans doute cette même voie par Béthoron, généralement suivie alors, compte «de Jérusalem à Nicopolis xxn milles; de Nicopolis à Diospolis (Lydda) x milles ». Itinerarium a Burdiijala Hierusalem usque, t. vin, col. 792. Virgilius, pèlerin vers le commencement du VIe siècle, estime la distance « de Jérusalem à Sinoda (pour Cidona, hébreu : Kidôn, nom de l'aire, près de Cariathiarim, où fut frappé Aza, I Par., xm, 9), où fut l'arche du Testament..., vin milles; de Sinoda à Amaùs..., vin milles ». Itinera hierosol., dans Analecla sacra du card. Pitra, in-4°, Rome, 1888, t. v, p. 119. Théodosius, Genève, 1877, p. 71, porte ces deux demi-distances chacune à neuf milles, en tout dixhuit milles, comme porte la table de Peutinger. Ces deux dernières indications étant d'accord, Eusèbe donnant aussi neuf milles pour la distance de Jérusalem à Cariathiarim, et les itinéraires deVirgilius et de Théodosius n'étant que deux copies d'un même itinéraire, la leçon rirr milles deVirgilius sera très probablement une erreur de copiste pour nui milles. D'après ces deux pèlerins, il y a « d'Emmaûs à Diospolis xii milles ». Le moine hagiopolite Épiphane place « à l'occident de la ville sainte, à environ six milles, le mont Carmélion, patrie du Précurseur; mis l'occident du mont Carmélion, à environ dix-huit milles, est Emmaûs; de là, à environ huit autre milles est Ramblé (Ramléh), et prés de Ramblé est la ville de Diopolis (Diospolis) ». Descriptio Terne. Sanctie, t. cxx, col. 264. La carte en mosaïques découverte à Màdaba, en 1897, place Nicopolis dans la plaine et dans la tribu de Dan , à l'ouest de Jérusalem , plus au sud qu'elle ne devrait être, mais au sud-ouest de Béthoron. Méditha (Modin) est au nord -nord -ouest, Bara-Av/aë-r,, xai vOv B^to-Amvaoa, non loin, au nord-ouest, Vrfio.jp (Gazer), à l'ouest un peu nord; AmS est plus loin, aussi au nord-ouest. Les témoignages postérieurs sont identiques pour le fond. — Dans ces diverses indications, on constate des différences dans les chiffres déterminant les distances. Ces différences pourraient paraître des contradictions ou des indications désignant des lieux différents, si l'on n'observait

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