II — M
ÉPHÉSIENS (ÉP1TRE AUX
xiv, 9; Phil., m, 10. — 7. Les doctrines sur les anges sont plus développées que dans les autres Épitres. En effet, Eph., i, 21, saint Paul a ajouté x-jpi<fc>i; aux listes d'êtres célestes, données Rom., vm, 38; I Cor., xv, 24. Mais l'exaltation de Jésus-Christ au-dessus des anges, Eph., I, 20, est enseignée aussi dans Phil., Il, 10.
///. RAPPORTS USTRE LÉl'ITln: AUX ÉPHÉSIESS ET L'ÉPITRS AUX COLOSSIENS. — La liste des passages parallèles des deux Épilres a été donnée plus haut, col. 874. 11 y a des ressemblances d'idées et souvent identité d'expressions. De là on a conclu à une dépendance entre ces deux Épitres; les uns ont soutenu que l'Éptlre aux Ephésiens était la lettre originale, d'autres ont cru la trouver dans l'Épilre aux Colossiens. Holtzmann, Kritik der Ephescr vmd Kohsser-Briefe, p. 26, marchant sur les traces de Honig, établit que dans un certain nombre de passages la priorité est du côté de l'Epilre aux Éphésiens; il suppose donc qu'il a du exister une lettre primitive de saint Paul aux Colossiens, à l'aide de laquelle un interpolateur a confectionné l'Epilre aux Ephésiens; puis celle dernière a fourni des passages à l'Epilre actuelle aux Colossiens. C'esl assez compliqué et très subjectif. En fait, les rapports entre ces deux Épitres s'expliquent par les circonstances qui leuront donné naissance. Les Épitres aux Colossiens et aux Éphésiens ont élé écrites a la même époque et peut-être à quelques jours de dislance seulement; elles étaient destinées à combattre les mêmes erreurs el à établir des vérités dogmatiques et morales identiques au fond. Les deux lettres étaient cependant 1res différentes dans la marche de l'argumentation, parce que l'Epilre aux Colossiens, étant une lettre à une Eglise en particulier, était plus polémique et attaquait l'erreur plus directement, tandis que l'Epilre aux Éphésiens, étant une circulaire, se plaçait à un point de vue plus général. La première établissait la dignité suréminente de Jésus- Christ an-dessus de tous les êtres créés, et la seconde la grandeur des bienfaits que Dieu a accordés à l'Eglise en Jésus-Christ. Aussi, quoique dans celle partie dogmatique on rencontre des passages parallèles, il est ;i remarquer qu ils ne se trouvent pas dans une mémo suite d'idées; il y a des sections entières, Eph., i, 3-14; i, 15- il, 10, qui n'ont pas de parallèles dans l'Épitre aux Colossiens, sinon de courts passages, qui se retrouvent dans de tout autres développements. Si les passages sont parallèles, Eph., m, 1-21, et Col., i, 24-29, ils sonl exprimés en termes différents. La partie morale des deux Épitres offre beaucoup plus de ressemblances, ainsi qu'on devait s'y attendre; cependant peut-on dire que les conseils aux époux, donnés Eph., v, 22-23. ne sont qu'une amplification verbeuse de Col., m, 18, 197 Ces ressemblances de termes et d'idées dans deux exposés assez différents s'expliquent lies facilement par ce l'ait que saint Paul a écrit ces deux lettres à la même époque, alors qu'il étail sous l'impression des mêmes circonstances el pénétré des mêmes idées, de sorte qu'il en esl résulté qu'il a employé les mêmes expressions. Il n'a pas cherché à exprimer différemment des idées qui dans les deux Epitres étaient les mêmes. lTn faussaire aurait mieux déguisé ses emprunts, et en tout cas aurail écrit une lettre • lui extérieurement aurait ressemblé davantage aux autres Épitres de l'Apôtre.
On a signalé aussi îles ressemblances entre l'Epitre aux Éphésiens et la première Épitre de saint Pierre : Eph., î, 3, et I Petr., i, 3; Lph., H, 18, 19, 20, 22, et 1 Petr., il, 4, 5, (i; Eph., I, 20, 21, 22, el 1 Petr., m, 22; Eph., III, 5, 10, et I Telr., i. 10, 11, 12. On a relevé encore des termes identiques ou des pensées analogues dans l'Épitre aux Éphésiens el l'Épitre aux Hébreux, l'Apocalypse et l'Évangile selon saint Jean. Voir Abbott, Epistle to the Ephesians, p. xxiv-xxix. La plupart des ressemblances sont fortuites ou s'expliquent parce fait que les écrivains de ces différents livres puisaient dans le mémo fonds de tradition chrétienne Cependant les rapports entre l'fcpllrc
aux Ephésiens et la première Epitre de saint Pierre sont à diverses reprises si littéraux, la suite des idées si concordantes, Eph., I, 5-15, et 1 Petr., i, 5-13, que l'on est obligé de conclure à des relations de dépendance littéraire entre ces deux Épilres, et cela d'autant plus qu'il y a aussi des ressemblances entre la première Épilre de saint Pierre et l'Épitre aux Romains. Diverses explications ont été proposées. Il est possible que saint Pierre ait connu les Épitres de saint Paul; 11 Petr., m, 15, le prouve, malgré certains critiques, qui nient l'authenticité de celte Épilre. Lors de son séjour à Rome, saint Pierre a pu connaître les Epitres aux Romains et aux Éphésiens. Enfin, et ceci paraît l'hypothèse la plus probable, si la première Épitre de saint Pierre a été écrite ou peut-être composée par Silvanus, sous l'inspiration de saint Pierre, on comprend liés facilement que le fidèle compagnon de saint Paul y ait introduit des idées et même des mots empruntés aux lettres de son maître.
VI. Texte de l'Epitre. — Des vingt manuscrits onciaux qui contiennent les Épilres de saint Paul, dix la possèdent en entier ou en très grande partie; deux autres en ont seulement des fragments. Voir Tischendorf, Noruin Teslamentum graece, t. ni, Prolegomena, auctore C. R. Grcgory, p. 418-435, 073-075, 801-1128. Les manuscrits présentent quelques variantes. Deux seulement sont à relever: chap. il, 14, et v, 30. Voir Tischendorf, Novum Testamentum qne.ee, t. H, p. 303-901, et t. m, p. 1286-1297.
VIL Citations de l'Ancien Testament.— 11 y a vingt citations de l'Ancien Testament dans l'Epilre aux Éphésiens; neuf livres sont cités: les Psaumes, six fois, 1,20, 22; II, 20; IV, 8, 26; V, 0; la Genèse, quatre l'ois. IV, 24; v, lo, 30, 31; le Deutéronome, deux fois, II, 26; vi. 9, ainsi qu'ls.iîe. ii, 13; vi, 14, 17, et les Proverbes, iv, 9, 10; v, 18; l'Exode, une fois, vi, 2, 3, ainsi que les Chroniques, vi, 9; Daniel, v, 16, et Zacharie, VI, 25. Sept citations sont littéralement ou presque littéralement empruntées au texte grec, ou à l'hébreu, quand celui-ci ressemble au grec, de sorte qu'on doit conclure que la source est plulot le texte grec, Eph., i, 22; iv, 8, 26; v, 10, 18; VI, 2, 3, 14, 17. les autres n'offrent que des ressemblances de mois ou d'idées. Deux citations, iv, 8. et v, 14, sont introduites par Si') >;■>='.. La citation v, 14, n'est pas empruntée a l'Ancien Testament; il est possible que saint Paul l'ail empruntée à un écrit extra -canonique ou ait reproduit un ancien hymne chrétien ainsi mesuré
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Ces iletix hypothèses paraissent improbables à Jacobus, Eph., v, 14, dans Theol. Studien, p. 9-29; il croit que le passage dérive de Jouas, I, 6.
VIII. Analyse lie l'ÉpItre aux Ephésiens. — Elle commence par la alutation ordinaire, i, 1-2, et se divise en deux parties : la première dogmatique et la seconde morale. Pour la partie dogmatique, il est difficile d'établir un plan dont les parties s'enchaînent logiquement; c est plulot une suite de bénédictions, d'actions de grâces, de prières.
A PARTIS DOGXATIQI i.l, 3-iu, 21. — 1» Actions de grâces pour les bienfaits reçus de Dieu en Jésus-Christ, I, 3-14; — 1. pour les bénédictions spirituelles de Dieu, qui nous a bénis, nous a élus et prédestines pour la justification et l'adoption en Jésus-Christ, 3-6; — 2. en qui nous avons la rédemption, et pour la connaissance du mystère de sa volonté de réunir toules choses dans le Christ, 7-12; — 3. les Éphésiens, appelés à la loi, oui été scellés du Saint-Esprit, arrhes de l'héritage futur, IL — 2° Actions de grâces et prière pour les Ephésiens, 'mit Paul a appris la foi et la charité, I, 15, 10; il demande à Dieu pour eux la connaissance de leur vocation, de la gloire de leur héritage et de la grandeur de la puissance
ÉPHÉSIENS (ÉPITRE AUX
divine, 17-19, qui s'esl montrée — 1. en Jésus-Christ dans sa résurrection et son élévation au-dessus de toutes les créatures et dans son établissement comme chef de l'Église, 20-23; — 2. dans le salut de tous les croyants, il, 1-10; en eux, païens, qui, de même que les Juifs, étaient morts par leurs péchés, 1-3, et que Dieu a ressuscites et exaltés avec Jésus-Christ pour manifester les richesses de sa grâce, 4-7; car c'est par la grâce, par la foi . qu'ils sont sauvés , pour opérer de bonnes œuvres , 8-10; — 3. dans le changement opéré en eux, n, 11-22; ils étaient païens dans la chair, sans Christ, séparés du peuple de la promesse, sans espérance et sans Dieu, 1 1, 12; maintenant ils sont rapprochés par le sang du Christ, notre paix, qui a aboli les ordonnances légales, détruit le mur de séparation entre Juifs et païens, et a donné la paix à tous et accès auprès du Père dans un même Esprit, 13-18; ils ne sont donc plus des étrangers, mais ils font partie de l'Église, dont Jésus -Christ est la pierre angulaire, et où Dieu habite, '19-22. — 3° Apostolat de Paul pour la révélation de ce mystère, le salut de tous, m, 1-13, et reprise de la prière pour les Éphésiens, ni, 14-21.
— 1. Ce mystère du salut des païens, participants à la promesse en Jésus -Christ, a été communiqué à saint Paul par une révélation spéciale, III, 1-6, et il a reçu la mission de proclamer les richesses du Christ et de faire connaître à tous les hommes et aux anges ce mystère, caché en Dieu, 7-13. — 2. Pénétré de ce mystère, saint Paul demande au Père de fortifier les Ephésiens dans la foi, dans l'amour, pour qu'ils comprennent l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, lit, 14-19; gloire à Dieu dans l'Eglise en Jésus -Christ, 20-21.
//. partie morale, iv, 1 - vi , 9. — 1° Conséquences pratiques des enseignements dogmatiques, iv, 1-16. — 1" Exhortation de Paul à répondre à leur vocation et à conserver l'unité de l'Esprit, non seulement extérieure, mais surtout intérieure, IV, 1-3; car ils forment un seul corps, relié par la même foi et le même Dieu, 4-6, et cette unité se montre : — 1. en ce que le Christ, distributeur de la grâce, la donne à chacun selon sa mesure, 7-10; — 2. donnant des charges diverses, mais destinées à promouvoir l'unité de la foi et de la connaissance, la réalisation du corps mystique du Christ par la foi et la charité, 11-16. — 2° Exhortations pratiques générales, iv, 17-v, 20. — Ils ne doivent plus vivre comme les païens, IV, 17-19; car ils connaissent le Christ, de qui ils ont appris à se dépouiller du vieil homme pour revêtir l'homme nouveau, 20-24; qu'ils s'abstiennent donc du mensonge, du péché par la colère, du vol, des paroles mauvaises, pour ne pas attrister l'Esprit de Dieu, 25-31 ; qu'ils exercent la charité fraternelle, qu'ils soient les imitateurs de Dieu, et qu'ils marchent dans la charité, imitant Jésus-Christ, qui s'esl oftert pour nous à Dieu, IV, 31 -v, 2; qu'ils s'abstiennent de tous les vices du paganisme, 3-5, qu'ils prennent garde aux séducteurs, 6-7, et puisqu'ils sont passés des ténèbres à la lumière, ils doivent marcher dans la lumière et s'abstenir des œuvres de ténèbres, 8-14; ils doivent se conduire comme des sages, racheter le temps, ne pas s'enivrer de vin, être remplis du Saint-Esprit dans des actions de grâces et des prières continuelles, 15-20. — 3° Précepte pour la vie de famille, v, 21-vi, 9; selon le précepte de la soumission mutuelle, 21, Paul établit : - 1. Les devoirs des époux, v, 22-31); les femmes doivent être soumises à leurs maris, car l'homme est la tête ou le chef de la femme, comme le Christ est la tête de l'Église, 21-24; les maris doivent aimer leur femme, comme le Christ aime l'Église, qu'il a comblée de bienfaits, 25-27; et cette union est une imitation de l'union du Christ avec l'Eglise, 28-33. — 2. Devoirs des parents et des enfants, VI, 1-4; les enfants doivent obéissance à leurs parents, 1-3; les parents ne doivent pas irriter leurs enfants par leur sévérité, 4.
— 3. Devoirs des serviteurs et des maîtres, vi, 5-8; les esclaves doivent obéir à leurs maîtres comme au
Christ, 5-8, et les maîtres voir dans leurs esclaves des frères , 9.
///. ÊeiLOQUK, vi, 10-24, — 1" Exhortation à se fortifier dans le Seigneur et à se revêtir des armes de Dieu pour combattre les esprits méchants, 10-12; qu'ils prennent donc les armes de Dieu, qui sont la vérité, la justice, la paix, la foi, l'assurance du salut, l'Esprit et la parole de Dieu, 13-17; mais surtout qu'ils persévèrent dans la prière pour tous et pour lui, afin qu'il parle librement pour faire connaître le mystère de l'Evangile, 18-20; Tychique leur dira tout ce qui le concerne; afin qu'ils soient consolés, 21-22; vœux et prière de l'Apotre pour ses frères, 22, 2 't.
IX. Bibliographie. — Pires grecs: S. Jean Chrysostome, Homiliœ in Epist. ad Ephesios, t. LXII, col. 0-176; Théodore de Mopsueste, //( Epist. B. Pauli Commentaria,l. LXVI, col. 911-922; Théodoret, Opéra, t. lxxxii, col. 507-558; Œcuménius, Commentarius , t. cxvm, col. 1166-1256; Théophylaete, Explanalio, t. cx.xiv, col. 1033- 1138; S. Jean Damascène, £oci seleeli, t. xci, col. 821-856.
— Pères latins : Ambrosiaster , Comm. in tredecim Episl. B. Pauli, t. XVII, col. 371-404; Pelage ou un pélagien, dans les Œuvres de saint Jérôme, t. xxx, col. 823- 842; Primasius Adrum., Commentaria, t. lxviii, col. 607- 626; Sedulius Scotus, CoUeclanea , t. cm, col. 195-212; Walafrid Strabon, Glossa ordinaria, t. exiv, col. 5S7-602.
— Moyen âge: Haymon d'Albeislaill, Expos, in Ep. P., t. cxvil, col. 699-734; Hugues de Saint-Victor, Qusest. in Ep. P., t. clxxv, col. 567-576; Hervé de Bourges, Comm. in Ep. Pauli, t. clxxxi, col. 1201-1281; Pierre Lombard, CoUeclanea, t. cxcn, col. 169-222; S. Thomas d'Aquin, In omnes divi Pauli apostoli Epist. Commentaria, Parme, 1861, t. xiu, col. 441-505. — xvi" - xviu' siècle: Cajetan, Literalis Expositio, Rome, 1529; Gagnrcus , Brevissima scholia, Paris, 1543; Benoit Justinien, Explorationes , Lyon, 1612; Estius, Commentarius , Douai, 1614; Picquiguy, Triplex Expositio, Paris, 1703; Noël Alexandre, Commentarius literalis, Paris, 1715; Cornélius a Lapide, Commentarius, Anvers, 1614; dom Calmet, Commentaire , Paris, 1707. — Commentaires modernes spéciaux. — Catholiques : Schnappinger, Ber Brief l 'auli an die Epheser erklàrt, in-4», Heidelberg, 1793; Bisping, Erklàrung der Briefe an die Epheser, in-8", Munster, 1866; Maunoury, Commentaire sur l'Épitre aux Calâtes, aux Éphésiens, etc., Paris, 1881; Henle, Der Epheserbrief erklàrt, in-8», Augsbourg, 1890; Brunet, De l'authenticité de l'Épitre aux Éphésiens, Preuves philologiques, in-8", Lyon, 1897. — Non catholiques. Pour les ouvrages antérieurs au xixe siècle, consulter Abbott, i-ritical Commentanj on UteEpistlc to the Ephesians, in-8», Londres, 1897, p. xxxv-xxxvm.— xix' sièi le B arten-Crusius, Comment, ûber die Briefe Pauli Eph. itnd Kol., Iéna, 1847; Beet, Commentanj on the Epistle to the Ephesians, in-8», Londres, 1800; Beck, Erklàrung des Br. Pauli an die Epheser, Gùtersloh, 1891; Dale, Epistle to the Ephesians; ils Doctrine and Elhics, 1884; Davies, The Epistle to the Ephesians, Londres, 1884; Eadie, Commenlary on the Greck Text of the Epistle of Paul to the Ephesians, Edimbourg, 1883; Ellicott, Critical and grammatical Commentanj on Ephesians, Londres, 1855; Harless, Commentar ûber den Brief Pauli an die Epheser, Stuttgart, 1858; V. Ilofmann, Der Brief Pauli an die Epheser, Nordlingue, 1870; A. Klopper, Der Brief an die Epheser. Gœ.ltingue, 1891; Macpherson, Commentai*/ mi SI Paul's Epistle to the Ephesians , Edimbourg, 1892; Meier, Commentar ûber des Brief Pauli an die Epheser, Berlin, 1834; Meypr, Kritisch-exegetisches Bandbuch ûberd. Pauli an die Epheser, 6« édit., par Woldemar Schmidt, Gœltingue, 1886; Oltramare, Commentaire sur les Épitres de saint Paul aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philemmi , Paris, 1891; Sadler, Galatians, Ephesians, Philippians, Londres, 1889; Von Soden, Die Briefe an die Kolosser,
Epheser, 1893; G. Wohlenberg, Die Briefe an die Epheser, Munich, 1895; Holtzmann, Krilik der Epheser-und Kolosserbriefe, 1872; F. J. A. Hort, Prolegomena to the St. Pattl's Epistle to the Romans and the Ephesians, Londres, 1895; Koster, De echtheid van de brieven aan de Ko]., en aan de Eph., Utrecht, 1S77; Lunemann, De Ep. ad Ephesios autlientia, Gœttingue, 1842; Soden, Epheserbrief, dans les Jahrbûcher fur proteslantische Théologie, 1887; Haupt , Die Gefangenschaftbriefe, Gœtlingue, 1897; Gore, An Exposition of the Epistle to the Ephesians, Londres, 1898. E. JACQUIER.
ÉPHÉS1ENNES (LETTRES). Voir Amulette, t. i, col. 528.
ÉPHI (hébreu : ns's [el nsx, Lev., v, 15; xi, 13], 'éfâh), mesure de capacité pour les solides, d'environ 38 litres 88. Elle avait la même contenance que le balli (voir t. i, col. 1306), Ezech., xi.v, 10; mais celui-ci servait pour mesurer les liquides, tandis que l'éphi servait pour mesurer les solides. S. Jérôme, In Ezech., xi.v, 10, t. xxv, col. 410; S. Eucher, Instruct . a, 14, t. l, col. 821. On le considérait comme l'unité de mesure. Dent., xxv. 14; xxv, 10; Lev., xix, 30; Amos, vm, 5; Mich., V, 10. La Volgate, dans un grand nombre de passages, a conservé', comme les Septante, le nom même de la mesure hébraïque, mais en modifiant la terminaison âli en i, à l'imitation des traducteurs grecs, qui ont a\y. (voir H. Hody, De Bibliorum texlibus originalibus, l.n,c. iv,6, in-t", Oxford, 1705, p. 113); k'?i, d'après l'édition de saint Jérôme par Vallarsi , Patr. lat., t. xxv, col. 149.
1» Origine. — D'après M. Oppert, La notation des . \té . dans la Zeitschrift fur Assyi iologie, t. i, 1886, p. 89, l'éphi est assyrien, s Le ap, ^L|, dit-il, était Vépha originaire. «Mais la plupart des hébi lisants de nos jours croient que les Israélites ■■min notèrent cette mesure à l'Egypte. D'accord avec eux, les
égyptologues identifient i'êfâh hébreu avec le I *+,ap-t égyptien et l'oine, .viin, oycDin, ci> i i i i , copie. (Cf. en grec oî^î, olji, o?e{, ici.) « Ce mot, apparenté avec la racine I * , ap (cf. une, numerus e1 men-
sura), désigne une ure de solides, une sorte de
boisseau, et le vase lui-même qui serl à mesurer, dît II. Brugsch, qui le traduit par epha, Hieroglyphischdemotisches Wôrterbuch, t. i. Leipzig, 1867, p. (9-50. — «L'identité d'origine de l'épha, ns'S, et de l'ape-t ou ape, I" -ai , esi bien évidente; car le», t. jouait en
égyptien un rôle tout à l'ait analogue à celui de n— r (ou s — s) des Hébreux el des arabes, dit aussi M. E. !!■■villout, Comparaison des mesures égyptiennes et hébraïques, dans la Hrrjtc égyptologigue, t. n, 188:2, p. 195. P. E. Jablonsky avait déjà admis l'origine égyptienne de l'éphi. Panthéon Mgyplvorum , 3 in -8°, Francfort-surle-Main, 1750-1752, t. II, p. 229-230; Opuscula, i in-8», Leyde, 1804-1813, t. I, p. 182-183. Son opinion a été acceptée pai Gesenius et Rédiger, Thésaurus linguœ hebrsese, p. 83; Addenda, p. 68-69. Voir aussi E. Rodiger, dans Ersch el Grûber, Allgemeine Encyklopâdie, sect. i, t. xxxv, p. 308; P. de Lagardi . Erklârung hebrâischer Wôrler, dans les Abhandlungen der Gesellschaft der Wissenscliaften iu Gôtlingen, t. xxvi, 1880, p. 2-3; l'r . liulil. Gesenius' Hebraisches Handwôrterbuch , 12 édit, 1895, p. 'Si.
2» Contenance. — I. Comme pour toutes les autres mesures hébraïques, il y a désaccord parmi les intérêt les métrologistes au sujet de la contenance de l'éphi. Sa valeur relative nous esl du moins connue par l'Écriture elle-même. Ézéchiel, xi.v, 11, nous dit qu'il a la même capacité que le bath. L'Exode, xvi, 30, nous apprend qu'il vaul dix gomors. La tradition juive confirme
ÉPHÉSIENS (ÉPITRE AUX) -- ÉPHI
et complète ces données. « W'êfâh, dit Rabbi Salomon, contient trois se'âh; le se'âh , six qabs; le qab , quatre logs ; le log a la capacité de six coques d'œuf, d'où il résulte que la dixième partie d'un 'éfâh a la contenance de quarante-trois coquilles d'œuf, plus un cinquième. » Dans G. \Yaser, De antiguis mensuris Hebrseorum , in-i, Heidelberg, 1600, p. 74. La paraphase chaldaïque justifie ce que dit Rabbi Salomon : elle rend l'éphi par pse n")n, telat se'in, « trois se'âh. » Exod., xvi, 37; Ruth, n, 17, etc. Les rapports ainsi établis entre les mesures hébraïques de capacité sont admis par tout le monde. Voir Mes! — '2. Quant aux évaluations de l'éphi que nous ont laissées les écrivains de l'antiquité, elles sont pour la plu pari contradictoires. (Voiries lextes dans Frd. Hultsch, Métro? logicorum scriptorum religuise, 2 in-12, Leipzig, 1864, t. i, p. 259, 200, 200; t. n, p. 167, 223, 233.) Josèphe luimême n'est pas conséquent dans ses écrits. 11 dit, A ni. jud., VIII, II, 9, que le bath, piôoç, dont la contenance esl 'gale à celle de l'éphi, comme on vient de le voir, vaut soixante et douze .restes (Eî^tïç), ce qui fait un métn te allique. Mais dans le même ouvrage, XV, IX, 2, nous lisons que le cor, xrfpo;, c'est-à-dire dix éphis. équivaut à dix médimnes attiques, ce qui donne à l'éphi une valeur île quatre-vingt-seize xestes. Ce dernier passage a induit en erreur bon nombre d'interprètes. Aujourd'hui on admet généralement, sur les bonnes preuves qu'en données Bô'ckh, Metrologische Untersuchungen, in-8°, Berlin, 1838, p. 239, que la première appréciatioi seule exacte, et par conséquent que l'éphi équivaut au métrète altique ou à soixante et douze xestes. Comme le :='7tt,; ou sextarius romanus valait 0,5i centilitres (C. Alexandre, Dictionnaire grec- français . 21e édit., is:i2, p. 1025; E. Pessonneau, Dictionnaire grec-fra 7'vdil., 1895, p. 1601), il s'ensuit que l'éphi vaiait 38 litres88. 11 f.uii remarquer cependant que l'on ne pi avec une exactitude rigoureuse el avec une entière certitude les mesures anciennes, soit parce que la comparaison qui en a été faite avec les mesures d'un peuple étranger n'était pas absolument exacte, soit parce que la valeur n'en a pas été toujours la même, soit pour d'autres causes encore. De là vient que les différents auteurs donnent des valeurs plus ou moins divergentes pour l'éphi hébreu. AinsiV. Queipo, Essai sur les systèmes et monétaires des anciens peuples, 3 in -8°, Paris, 1859, t. i, p. 141; t. Il, p. 138. admet que l'éphi primitif valait 29 litres 376, et que, depuis le retour de la captivité de Babylone, il ne valut plus que 21 litres 420. D'après Saigey, Traité de métrologie ancienne et moderne, in 12, Paris, I83i, p. 21, l'éphi ne contenait que 18 litres i1^*. D'après .1. Benziger, Hebràische Archéologie, in-8°, Fribourg-en-Brisgau, 1894, p. 181, l'éphi égale 36 litres il; d'après Ad. Kinzler, Die biblischen Altertûmer, (i* édit., Calw, 1884, p. 399, il égale 39 litres 392, etc. Voir aussi !'. m. lui. Métrologie ou Traité des mesures, in-4°, Paris, 178ti, p. 218, 251, 250. La conclusion à tirer de Ci nions si diverses, c'est que nous ne connaissons la valeur de l'éphi que d'une manière approximative.
3° L'eplit dans l'Écriture. — L'éphi est une des me sures dont il est le plus souvent fait mention dans l'Ancien Testament il n'est pas nommé dans le Nouveau), mais
la Vulgate ne l'a pas rendu uniformément par le m
tenue; elle a traduit l'hébreu 'éfâh par cinq expressions différentes. — 1. Elle se sert du mot original un peu modifié, éphi, Exod., xvi , 36 ; « le gomorest la dixième partie de l'éphi, >■ Septante: Tpuàv uiipiov; Lev., v, 11; vi. 20 (hébreu, 13); Num., xv, 4 (hébreu: iièârdni i dixième de l'éphi »); xxvm. 5, Septante ; oïçs (dans tous ces passages, il est question d'un dixième d'éphi de (leur de farine pour l'oblation des sacrifices); Ruth, « un éphi d'orge » (o!?i); I Reg., xvn, 17 (Septante M y6|j.op) : « un éphi de grain- rôtis; » Ezech., xi.v, 10, II. 13, 24; xi. vi, 5, 7, 11, 14 (Septante : (lÉTpov, -/oîvcÇ et 7iÉu.u.a). — 2. La Vulgate traduit 'éfâh par le mot général
EPHI
EPHOD
do mensura, « mesure, » Prov., xx, 10 ([lîtpov); Amos, vin, 5 (jiltpov); Micli., vi, 10 (non rendu dans les Septante), parce que, dans ces trois endroits, l'hébreu 'êfàh est employé dans le sens générique de mesure de capacité. — 3. Elle s'est servie du mot modius, « boisseau, » au lieu d'éphi, Lev., xix, 36 (-/où;, « congé »), et Deut., xxv, 14, 15 ((i=Tpov), pour exprimer également une mesure en général; mais elle a rendu avec moins d'exactitude 'êfàh, qui a là un sens précis, par modius, dans Jud., M, 10 (oîpi), I Reg., I, 24 (oïçi); Is-, v, 10 (u.:toov). Voir Boisseau, t. i, col. 18i0. — 4. Dans un seul endroit, Num., v, 15, elle a mis au lieu « d'un dixième d'éphi de farine d'orge » , qu'on lit en hébreu : « un dixième de satum. » Voir Se'aii. — 5. Enfin, dans la version de Zacharie, saint Jérôme a traduit cinq fois 'êfàh par amphora , « amphore. » Septante: pixpov. Zach., V, 6, 7, S, 9, 10. Voir Amphore, t. i, col. 521. h" êfàh apparaît dans la vision de Zacharie comme une mesure de capacilé, susceptible, à cause de sa forme, de recevoir une feiiiiiie symbolique, qui figure les iniquités d'Israël et qui y est enfermée. Un ange place au-dessus d'elle, à l'ouverture du vase, un couvercle de plomb pour l'empêcher d'en sortir, et deux femmes, à qui des ailes de cigogne (hébreu) permettent de voler, emportent V'êfâh et son contenu dans la terre de Sennaar, c'est-à-dire dans la terre de la captivité, en Babylonie. Ce sont >.nis doute ces divers détails qui ont porté saint Jérôme, quoiqu'il ne s'explique pas là-dessus, In Zach., v, 5, t. xxv, col. 1410, à adopter ici le mot « amphore »; celle-ci était bien connue de ses lecteurs latins, sa capacité était considérable, et ses deux anses permettaient de l'enlever et de la transporter facilement. U'êfàh signifie dans cette vision, ou bien que les péchés d'Israël avaient atteint la mesure déterminée par Dieu pour les punir, cf. Gen., xv, 16, ou bien que les pécheurs sont comme des grains de blé qui sont amoncelés dans une mesure. Voir J. Knabenbauer, Comment, in proph. min., t. n, 1886, p. 277. — L'indication de 1' 'êfâlt est probablement sous-entendue dans le texte hébreu, lîuth, m, 15, 17, et Agg., il, 16 (Septante et Vulgate, 17), comme étant l'unité de mesure des grains. La Vulgate a suppléé dans ces trois passages le mot modius, « boisseau; » les Septante ont reproduit le texte original sans addition dans les deux premiers, et ils ont ajouté rjita (voir Se'aii ) dans le troisième. F. VlGOUROUX.
1. ÉPHOD (hébreu : 'Êfôd; Septante : Souci; Codex Alexandrinus : OJyto'), père de Hanuiel, de la tribu de Manassé. Num., xxxiv, 23.
2. ÉPHOD (hébreu: 'êfôd; Septante : irMtxi;, ÈçoûS, iyui'j, o-t'jXï- ; Vulgate : superhumerale , ephod), sorte de vêtement sacré, diversement orné, suivant qu'il était porté par le grand prêtre, ou par d'autres personnes dans des fonctions religieuses, ou parfois même employé à des usages idolàtriques.
I. ÉPHOD du grand prêtre. — 1° Description. — L'Ecriture ne décrit nulle part d'une façon complète ce vêtement; mais en réunissant les différents textes, en y ajoutant les explications de Josèphe, et surtout en rapprochant ces données des monuments égyptiens, comme l'a fait très heureusement V. Ancessi dans son livre, L'Egypte et Moïse, in-8», 1875, p. 32-46, 57-69, on arrive à se faire une idée juste et claire de ce qu'était l'éphod. On peut voir assez fréquemment sur les monuments égyptiens, porté par Jes dieux ou des pharaons, un vêtement ainsi composé : une large bande d'étoffe aux couleurs diverses ceint le buste depuis le milieu du corps jusqu'aux aisselles; à la partie inférieure une riche ceinture le retient appliqué autour des reins; à la partie supérieure, sur le dos et sur la poitrine, à gauche et à droite, partent deux bandelettes qui viennent se rejoindre et s'agrafer sur l'épaule comme des bretelles (iig. 589).
Cf. Lepsius, Denhmâler, Abth. m, Bl. 224, 242, 27i ; A. Erman, Aegypten und àgyptisches Leben im Altertum , in-8°, Tubingue, 18S5, p. 358. Quelquefois une sorte de jupe descendant jusqu'aux genoux semble faire partie du même vêtement. Lepsius, Denkmâler, Abth. m, Bl. 110, 172; Champollion, Monuments , pi. 252. Mais plus ordinairement, comme dans les exemples cités plus haut, il parait distinct du pagne ou schenti, porté habituellement parles
- Uni ogypti<:n portant l'éphod. Thi-bes. \v D'après Lepsius, Denkmâler, Abth. ru, Bl. 224.
Égyptiens de toutes les époques. D'après les monuments, ce vêlement se compose donc de trois parties : le corselet, la ceinture et les épaulières ; or il en est ainsi dans l'éphod du grand prêtre. — Le corselet, il est vrai, n'est pas décrit dans le texte sacré, mais il est implicitement marqué. Le verbe ceindre de l'éphod, II Reg., Il, 18, suppose une sorte de ceinture, et cependant ce n'en était pas une proprement dite, puisqu'il est question de la ceinture de l'éphod. Exod., xxviil, 8 (hébreu). « L'éphod; dit Josèphe, Ant. jud., III, vu, 5, est large d'une coudée et laisse à découvert le milieu de la poitrine. » Or une large bande d'étoffe ceignant le buste à partir de la ceinture jusqu'aux aisselles, telle que nous la montrent les monuments égyptiens indiqués plus haut, remplit parfaitement ces conditions. Josèphe, Ant. jud., III, vu, 5, suppose de plus que l'éphod avait des manches, mais l'Écriture n'en mentionne nulle part ; et l'auteur juif pouvait du reste avoir en vue les manches de la tunique sur laquelle on mettait l'éphod. Le tissu du corselet était
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de fin lin (Ses) retors, brodé de fils teints couleur hyacinlhe, pourpre, écarlate, et broché de lamelles d'or. Exod.. XXVIII, fi; xxxix, 2. Cf. Josèphe, Ant. jud., III, vu, 5. — La ceinture est expressément désignée, Exod., xxvin, 8: le Ijrséb, rendu texlura par laVulgate, est traduit par ceinture dans les versions syriaque, chaldéenne ; Josèphe a également Çwv^. Cette ceinture retenait la partie inférieure du corselet; elle était de même étoffe et de même couleur. Exod., xxvm, 8, 27, 28; xxix. 5; xxxix, ô, 20. 21 ; Lev., vin, 7. — Mais ce qui distinguait particulièrement l'éphod et en faisait un vêtement bien différent d'une tunique, c'étaient les épaulièi es; aussi est-ce la partie surtout décrite ou rappelée dans le texte sacré. Deux bandes d'étoffe, appelées ketèfôt (d'après l'étymologie, « épaulières ») « seront fixées à l'éphod à ses deux extrémités, et ainsi il sera attaché », dit l'Exode, xxvm, 7. Cf. xxxix, 4. La Vulgate traduit ketrfôl par oras, ce qui rend la description inintelligible; les Septante, au contraire, en mettant è7t(.iu.£Be;, emploient l'expression grecque équivalente au mot hébreu. De chaque côté du corps, à droite et à gauche, une bandelette partait du bord supérieur du corselet sur la poitrine et sur le dos; et ces quatre bandes se rejoignaient deux à deux sur les épaules à la façon de bretelles, comme nous le voyons sur les monuments égyptiens. Ces bandes étaient de même tissu cl de même couleur que le corselet. Exod., xxvm, 8. Et à l'endroit où elles s'agrafaient sur chaque épaule se trouvait une pierre fine, sertie dans un chaton d'or. Exod., xxv, 7; xxvi il, 11-12; xxxv, 9, 17; xxxix, 10-19. Josèphe, Ant. jud., III. vu, ô, dit également que ces deux cabochons reliaient entre elles les bandelettes de l'éphod à la façon d'une agrafe. Les noms des enfants d'Israël (et par conséquent des douze tribus) étaient gravés sur ces pierres précieuses, six sur l'une et six sur l'autre, selon l'ordre de leur naissance. Exod., XXVIIII, 9-10. D'après la tradition juive, les noms des six aines étaient sur l'épaule droite, et les noms des puînés sur l'épaule gauche. Josèphe, Ant. jud., III, vu, 5. — En terminant cette description des trois parties de l'éphod, il est curieux de constater que, malgré le peu de clarté dis textes pris eu eux-mêmes, et indépendamment de la lumière que leur donnent les monuments égyptiens, un rabbin du moyen âge, Haschi, arrive aux mêmes conclusions. « Personne, dit -il dans son Commentaire sur l'Exode, au J. G du chapitre xxvm, ne m'a jamais indiqué, et je n'ai jamais trouvé dans la tradition quelle était la forme de l'éphod; mais je pense que le grand prêtre était ceint de l'éphod [Exod., xxvm, 8), comme de ces larges ceintures que portent les princes quand ils montent achevai. Telle devait être, en effet, la forme de la partie inférieure de l'éphod, comme nous pouvons le conclure de ce passage [I Reg., H, 18) où il est dit que David se ceignit d'un éphod de lin. L'éphod était donc une espèce de ceinture. Mais l'éphod ne consistait pas seulement en une ceinture, car nous lisons dans le I.évitique, vin, 7, qu'on plaça l'éphod sur le grand prêtre et qu'on le ceignit belfêieb hâ'êfôd, « par la ceinture de » l'éphod. » Le hi'seb était donc une ceinture, et l'éphod était le vêtement placé' au-dessus de cette ceinture. On ne peut pas dire non plus que l'éphod soit les deux bandelettes, puisqu'on les appelle les bandelettes de l'éphod. Nous devons donc conclure que le nom d'éphod, Exod., XXVMI, 8, s'applique à une partie du vêtement, tandis que les baudelelles désignent une autre partie, comme la ceinture eu désigne une troisième. » Cf. V. Aneessi, L'Egypte et Moïse, p. 12-43.
2» Usages. — L'éphod, tel qu'il vient d'être décrit, était un des vêtements dont le grand prêtre devait se revêtir pour exercer ses fonctions sacerdotales. Exod., xxvm, 4; i ev., vm, 7; 1 Reg., il, 28. il ne l'avait donc pas d'une façon habituelle; aussi le voyons-nous suspendu dans le tabernacle et couvrant l'épée de Goliath. I Reg., xxi, 9. En le revêtant, le grand prêtre portait ainsi sur les
épaules les noms des douze tribus d'Israël, qu'il représentait devant le Seigneur. Exod., xxvm, 12: Lev., vm, 7. L'éphod servait aussi à attacher le rational ou pectoral dans l'espace laissé vide entre le bord supérieur du corselet et les deux bandelettes. C'est bien ce que dit Josèphe. Ant. jud.. III, vu. 5 : « L'éphod laisse à nu le milieu de la poitrine, et c'est là qu'est placé le pectoral...; il remplit exactement le vide de l'éphod. » Il était suspendu par deux anneaux d'or à deux chaînes d'or fixées par l'autre extrémité aux deux agrafes des bandelettes, agrafes placées non pas sur les épaules, mais un peu en descendant vers la poitrine, comme on peut le voir sur les monuments égyptiens. Exod., xxvm, 13-14, 23-28. Voir Pectoral. L'éphod ainsi muni du pectoral servait à consulter Jéhovah. David, pour connaître les desseins de Saùl et des gens de Ceila contre lui, pria le grand prêtre Abiathar d'apporter l'éphod. Et le Seigneur répondit par l'éphod. I Reg., xxiii. ti-9. Un pieu plus tard. David demanda au même Abiathar de mettre l'éphod pour lui et de consulter le Seigneur. I Reg., xxx, 7. Dans I lteg., xiv, 3, où il s'agit de la guerre de Saùl avec les Philistins, il est bien dit qu'Achias le grand prêtre portait l'éphod; mais quand le roi veut consulter le Seigneur pour connaître l'issue du combat, on lit dans le lexte hébreu massorétique, y. 18: « Saûl dit à Achias: Faites approcher l'arche d'Élohim (car l'arche d'Élohim était alors avec les enfants d'Israël). Mais les Septante portent: « Saûl dit à Achias : Faites approcher l'éphod ; car il portait alors l'éphod devant les enfants d'Israël. » C'est évidemment la vraie leçon, en harmonie avec le y. 3, avec le verbe haggiiâh, expression propre à l'usage de l'éphod. I Sam., xxm, 9; xxx, 7. Déplus, c'est avec l'éphod qu'on interrogeait le Seigneur; et l'on ne voit pas d'ailleurs que l'arche eut été alors apportée de Cariathiarim. Enfin Josèphe, Ant, jud., VI, vi, 3. ne parle pas de l'arche en cette circonstance; mais il dit que Saùl ordonna au grand prêtre de prendre l'éphod, (tto)^v ip-/i = par:iy.r,-<, pour prophétiser sur l'avenir. La confusion s'explique d'ailleurs facilement entre --:s, 'êfôd, et "x, 'ârôn.
II. Éphod ordinaire. — Nous voyons un éphod porté pu île simples piètres: Doëg l'Idumëen, sur l'ordre de Saûl, massacre quatre-vingt-cinq prêtres revêtus de l'éphod. I Reg.. xxii. 18. Un simple lévite, encore enfant, Samuel, était ceint de l'éphod. I Reg., II, 18. David luimême, dans le transport de l'arche de la maison d'Obédédom à Jérusalem, marchait devant Jéhovah, ceint d'un éphod. Il Reg., vi, 11; I Par., xv, 27. Ce vêtement, porté
pin de simples prêtres ou des lévites ou par le roi dans une fonction religieuse, étant nommé éphod, devait avoir la forme générale de l'éphod du grand prêtre; mais il faut remarquer que dans tous |,< exemples qui viennent d'être cités l'éphod est dit 'êfôd bad, et non pas simplement 'êfôd, comme lorsqu'il s'agit de celui du grand pi Ce dernier éphod d'ailleurs était en SëS et non en bad. Exod., xxvm, 7; xxxix, 2. Le $ëi ''lait le lin lin d'une éclatante blancheur; le bad parait être le lin écru. De plus, l'éphod ordinaire n'avait pas les ornements d'or et de couleurs variées de l'éphod du grand prêtre, et surtout il ne servait pas à attacher le pectoral. Les Septante, pour l'éphod porté par David, Il Reg., VI, H; I Par., XV, 27, semblent avoir voulu bien distinguer ce vêlement de celui du grand prêtre en traduisant par