‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 267 sur 486 · EPISCOPAT EPITRES APOCRYPHES · texte numérisé non relu

EPISCOPAT EPITRES APOCRYPHES

buée à luiuxoTiiî, parce quepeqûdàh a en effet en hébreu, non seulement dans ce passage mais dans quelques autres, le sens de « fonction, charge ». Num., iv, 16; I Par., xxiv, 19; xxvi, 30, etc. — 3° Saint Paul, I Tim., m, 1 , a donné un sens chrétien particulier à ce mot en s'en servant pour désigner la dignité épiscopale et les fonctions qui lui sont propres : « Si quelqu'un désire l'épiscopat, il désire une bonne chose. » A la suite de l'Apôtre, les écrivains ecclésiastiques l'ont fréquemment employé avec cette signification spéciale. Voir ÉVÊQUE.

F. VlGOUROUX.

ÉPÎTRE (hébreu : séfér; grec : ima-zrAr, ; epislola, « lettre, épitre ») (fig. 596). Il faut distinguer dans la Bible l'épître de la lettre; celle-ci, toujours officielle ou publique dans l'Ancien Testament, est un message, un ordre ou une communication de faits, tandis que l'épître a un but [dus général et est devenue dans le Nouveau

59C. — Ancienne épître ou lettre grecque écrite sur papyrus, roulée et liée. D'après Notices des manuscrits. Papyrus grecs du Louvre et de la Bibliothèque nationale, t. xvm. Planches, in-fo, Paris, 1865, pi. xlvi (u° 18 ter avant son ouverture).

Testament, à l'exception de l'Épitre à Philémon, comme un discours public fait à des auditeurs absents. Si l'on excepte les lettres de Jérémie aux exilés à Babylone, reproduites Jer., xxix, 1-32, et Baruch, VI, l'Ancien Testament mentionne simplement l'envoi de lettres sans les rapporter. II Beg., xi, 14, 15; 111 Reg., xxi, 8, 9; II Par., xxi, 12; IV Reg., v, 5-7, etc. Il est question aussi dans le Nouveau Teslament de lettres envoyées: Act., IX, 2; XVIII, 27; I Cor., vit, 1, etc. Voir Lettres. — Quant aux Épitres, nous avons dans le Nouveau Testament vingt écrits qui portent ce nom, quoique deux d'entre eux, l'Épitre aux Hébreux et la première Épitre de saint Jean, n'aient pas la forme ordinaire des lettres. Il y a treize Épilres de saint Paul, rangées en une collection appelée autrefois 6 ir.ovraXo; , et sept Épitres qui ont reçu le nom de « catholiques », soit à cause de leur caractère général, soit parce qu'elles sont adressées à la collectivité des fidèles. Voir col. 350. Les Épitres sont désignées dans le Nouveau Teslament par le nom de ceux auxquels elles" sont adressées : Épitre aux Romains, à Timothée; ou par le nom de l'auteur: Épitre de saint Pierre, de saint Jacques. Nous n'avons pas toutes les lettres qui ont été écrites par les Apôtres. Saint Paul,

II Thess., m, 17, afin de mettre en garde les Thessaloniciens contre les lettres fausses, les avertit, II Thess., Il, 2, que « dans toute lettre » il met sa signature; ce qui indique l'existence de lettres perdues, puisque nous n'avons qu'une seule lettre antérieure à celle-là. Nous n'avons plus la lettre dont parle saint Paul aux Corinthiens, I Cor., v, 9; ni celle qu'il écrivit aux Laodicéens, Col., iv, 16, à moins que cette lettre ne soit l'Épitre aux Ephésiens; ni la lettre que saint Jean a envoyée à l'Église.

III Joa., 9. Nous ne savons pourquoi ces lettres n'ont pas été conservées; leur perte est probablement accidentelle; mais, étant donné l'intérêt qu'elles présentaient, ce qui cependant ne les a pas préservées, il est à craindre que nous n'en ayons perdu d'autres, qui pouvaient être aussi très importantes. — La forme des Épitres

est, sauf deux exceptions, exactement la même pour toutes. Elles commencent par le nom de l'écrivain et par

celui du ou des destinataires : « Paul, apôtre, aux

Églises de Galatie, » Gai., i, I, 2; « Pierre, apôtre de Jésus- Christ, aux élus étrangers de la dispersion. » I Petr., i, 1. L'Épitre aux Hébreux et la première Épitre de saint Jean n'ont pas de sùscription. Viennent ensuite des formules de salutation, où se retrouvent toujours les mots yipiî, « grâce; » eîp^vï], « paix, » Rom., i, 7; I Cor., i, 3, etc.; I Petr., i, 2; II Petr., i, 2; ou -/ifu;, s).eo;, « miséricorde, » eîpvjviri. I Tim., i, 2; II Tim., i, 2. L'écrivain parle ensuite à la première personne, indistinctement au singulier, Rom., i, 8, 9, ou au pluriel. Boni., i, 5; II, 2. Quand ce qui fait l'objet de la lettre a été écrit, l'auteur envoie ses salutations particulières et celles de son entourage. Bom., xvi, 3-23; I Cor., xvi, 19, etc. ; I Petr., v, 13. Lorsque la lettre n'a pas été écrite tout entière par l'apôtre, comme c'est le cas pour l'Épitre aux Galates, ainsi que le fait remarquer expressément saint Paul, vi, 11, l'auteur, après avoir dicté la lettre , y appose sa signature, en mentionnant qu'elle est de sa propre main, I Cor., xvi, 21; Col., iv, 18; II Thess., ni, 17, et en ajoutant quelques mots : « Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous, » I Cor., xvi, 23; ou : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. » Phil., iv, 23. Dans l'Épitre aux Romains, xvi, 22, le secrétaire, Tertius, a ajouté sa salutation personnelle. — Les Apôtres dictaient ordinairement leurs lettres à un secrétaire, Rom., xvi, 22; I Petr., v, 12; ceci nous explique certaines différences de style existant entre les lettres du même auteur: les premières Épitres de saint Paul, par exemple, et les Épitres pastorales. Il est même probable que pour l'Épitre aux Hébreux saint Paul n'aura fourni que les idées, et que la forme extérieure de la lettre, la langue, le style, la dialectique, la manière de citer l'Ancien Testament, ne soient le fait de l'écrivain. TrenVXe, Einleitung in das Neue Teslament, in-8°, Fribourg, 189S, p. 92. Ainsi s'expliquerait aussi la bonne grécité de l'Épitre de saint Jacques, lequel, Hébreu de race et d'habitudes, aurait dû écrire plutôt le grec hébra'isant, que nous retrouvons dans la plupart des autres livres du Nouveau Testament. — Les porteurs des Épitres de saint Paul étaient, tantôt des messagers spéciaux, tels que Titus et les envoyés des églises pour la collecte pour la seconde Épitre aux Corinthiens; Tychique pour les Épitres aux Colossiens et aux Ephésiens; celui qui porta la première Epitre aux Corinthiens , ou bien des messagers d'occasion, tels que Philémon pour l'Épitre qui porte son nom; Épaphrodite pour l'Épitre aux Philippiens; Phœbé, diaconesse de Cenchrées, probablement, pour l'Épitre aux Romains. Nous ne savons rien sur les porteurs des I . catholiques. — Les Épitres sont en général des écrits de circonstance; pour celles de saint Paul en particulier, nous voyons assez facilement les événements qui les ont provoquées. Pour les Épitres catholiques, on ne peut que faire des conjectures d'un caractère général. Les Épitres étaient destinées à la lecture publique, et ordinairement devaient être communiquées aux communautés chrétiennes a voisinantes , ainsi que l'indique la recommandation de saint Paul aux Colossiens. Col., IV, 16. Nous voyons que tel était l'usage dans l'Église primitive. Polycarpe transmet à l'Église de Philippes toutes les lettres que l'Église de Smyrne possédait de saint Ignace d'Antioche. Polycarpe, Ad Philip., xill, 2, t. i, col. 1016. — Sur la manière dont on expédiait et transportait les lettres dans l'antiquité, voir Courrier., col. 1089-1090.

E. Jacquier.

ÉPITRES APOCRYPHES. Cette classe de textes apocryphes n'est nullement comparable à celle des apocalypses ou des évangiles, pour le développement ou l'intérêt. Quelques pièces d'époques fort diverses, toutes d'origine chrétienne, la composent. La littérature épistolaire a été, en effet, une des plus anciennes formes de

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