ÉPITRES APOCRYPHES — ÉQUERRE
la même rubrique (finale) et jointes l'une à l'autre par d'habiles transitions, rien n'établit que cette unification n'est pas l'œuvre du traducteur copte. Et à supposer que la correspondance ait fait partie intégrante des Acta Pauli grecs, n'y était -elle pas une pièce rapportée? La conjecture de Zalm, même après la découverte de Schmidt, ne nous semble donc point démontrée. Mais il reste que la tendance antimarcionite de la susdite correspondance en peut faire une composition de la seconde moitié du if siècle, contemporaine des Acta Pauli et Theclœ. — Voir les textes dans A. Carrière et S. Berger, La correspondance apocryphe de saint Paul et des Corinthiens, ancienne version latine et traduction du texte arménien, Paris, 1891 ; Bratke, Ein zweiter lateinischer Text des apok. Briefwechsels zwischen P. und die À"., dans la Theol. Literaturzeilung , 1892, p. 585-588; Harnack, Gesclachte , i, 37-39; Vetter, Der apok. III Korinlherbrief , Tubingue, 1894; Harnack, Chronologie, p. 5U6-508; Analecta Bollandiana, 1898, p. 231.
9° La correspondance de Sénèque et de saint Paul, huit lettres du philosophe, six de l'Apôtre, n'a jamais eu place en aucun canon. Elle est signalée pour la première fois par saint Jérôme, De viris ill., 12, qui est le seul Père qui l'ait connue. Elle est signalée encore par la Passio Pauli du pseudo-Linus. Zahn, op. cit., p. 613. Ces fausses lettres sont d'un Latin qui a du travailler au IVe siècle, avant 392, date de la composition du De viris de saint Jérôme. M. Kraus en a donné une édition critique dans la Theologische Quarlalschrift , 1867.
10» Une épître de saint Pierre à saint Jacques se lit en tête des Homélies clémentines , auxquelles elle prétend servir d'authentique : saint Pierre enjoint à saint Jacques, « seigneur et évêque de la sainte Église, » de ne pas communiquer aux païens les livres qu'il lui a envoyés et qui contiennent son enseignement. La pièce n'est pas moins apocryphe que les Homélies clémentines. P. de Lagarde, Clementina, Leipzig, 1865, p. 3-4; Migne, Patr. gr., t. H, col. 25-28.
11" Les Actes apocryphes de saint Jean qui portent le nom de Prochorus, et qui sont une fiction des environs de l'an 500, peut-être d'origine palestinienne ou syrienne, renferment une sorte d'épitre de saint Jean à (d'esprit de python qui possède le rhéteur Apollonidès ». Th. Zahn, Acta Joliannis, Erlangen, 1880, p. 63. L'Apôtre somme l'esprit d abandonner le jeune homme! Ce texte est aussi fictif que tout le roman de Proehorus.
12» Le catalogue arménien des livres canoniques et non canoniques, donné par M'Khithar d'Aïrivank, dans sa Chronique, en 1297, mentionne « les épitres catholiques de Barnabe, de Jude, de Thomas, de Clément ». Cette épitre de saint Thomas est encore inconnue d'ailleurs. Harnack, Ceschirhte, I, 791. Pour celle de saint Barnabe, voir t. i, col. 1464.
13» M. B. James a publié dans les Apocrgpha anecdota, il (Cambridge, 1897), le texte d'une lettre de Pilate à Hérode et d'une lettre d'Hérode à Pilate, où ces deux personnages racontent les misères physiques et morales qu'ils endurent depuis qu'ils ont condamné Jésus. Ces deux pièces sont à peine antérieures au VIe siècle, et la fiction en est puérile. P. Batii-fol.