‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 282 sur 486 · Minerve surveillant le travail des esclaves · texte numérisé non relu

Minerve surveillant le travail des esclaves

Bas-relief trouvé a. Capoue. D'après Holin, Deecke et Soltau,

KuUunjeschichte des klassiscUcu Alttrtliums , 1897, p. 327.

hébreux la pensée de les attacher à leur service par de bons traitements. La législation hébraïque était beaucoup plus humaine pour les esclaves que celle des autres peuples de l'antiquité, chez qui ils étaient souvent durement traités I ;fig. 603 .

III. Les esclaves chez les Hébreux. — 1° Avant la captivité. — La présence des esclaves est souvent signalée par la Sainte Ecriture chez les principaux personnages. A l'exemple des chefs étrangers, du roi de Moab en particulier-, Jud., in, 24, Gédéon a ses esclaves. .Itid., VI, 27. Samuel prédit aux Israélites que le roi qu'ils se donneront voudra avoir des esclaves et au besoin s'emparera des leurs. I Reg., vm, 14-16. De fait, les esclaves abondent autour de Saûl, I Ree;., xvi , 17; xvm, 22; de David, I Reg., xii, 1S, 19; x'm, 31, 36; de Salomon, III Reg., x, 8; Eccle., n, 7. Les esclaves de Salomon se joignent à ceux du roi de Tyr, Hiram. pour la construction du Temple. III Reg.. v, l-'j; ix. 27; II Par., il, 8. Ce prince a même pour le service du Temple une classe particulière d'esclaves dont nous voyons reparaître les descendants après la captivité. I Esdr., n, ôS. Voir Nathinéens. Ézéchias a des esclaves. IV Reg. , xix, 5. Le cadavre de Josias est rapporté du champ de bataille de Mageddo par ses esclaves. IV Reg., xxm, 30. Joas et Amon sont assassinés parleurs esclaves. IV Reg., xii, 20; xiv, 5; xxi, 23. — 2° Après la captivité. Sur les Juifs emmenés en esclavage par les Assyriens et les Chaldéens, voir col. 228, 3°; 233, 2°. Raguel a des esclaves à Rages. Tolx.viii, 1 1, 20. Esther, II, 18; m, 2. etc., vit au milieu des esclaves de la cour d'Assuérus. Durant la guerre des Machabées, il se fait un grand commerce d'esclaves juifs pris dans les combats. Quand l'armée syrienne de Nicanor pénètre en Judée, des marchands des pays voisins accourent de toutes parts pour acheter à bon compte des prisonniers qu'ils revendront comme esclaves. I Mach., m, 41; II Mach., vm, 10, 11. Moïse avait prédit aux Israélites infidèles qu'un jour ils s'offriraient en vente à leurs ennemis, pour être esclaves, et qu'il ne se trouverait personne pour les acheter. Deut., xxviu, 68 La prophétie s'accomplit particulièrement à la suite du siège de Jérusalem par Titus. Il y eut en tout pendant la guerre quatre-vingtdix-sept mille prisonniers. On ne savait qu'en faire, après la prise de la ville. Ceux qui avaient plus de dix-sept ans

furent envoyés aux mines d'Egypte ou aux arènes des villes des provinces romaines. Ceux qui avaient moins de dix-sept ans furent vendus à l'encan pour être esclaves. L'n très grand nombre d'autres périrent de faim ou de désespoir. Josèphe, Bell, jud., VI, ix, 2, 3. — 3» Esclaves remarquables. — La Sainte Ecriture nomme ou signale quelques esclaves qui ont joué un rôle plus ou moins important : Agar, l'esclave égyptienne de Sara, Gen., xvi, 1; Éliézer, l'intendant des biens d'Abraham, Gen., xv, 2; Zelpha, esclave de Lia, fille de Laban, Gen., xxix, 24; Râla, esclave de Rachel, Gen., xxxv, 25; Doeg, l'esclave de Saûl, 1 Reg., xxn. 9; l'esclave égyptien qui conduit David contre les Amaléeites, I Reg., xxx , 13-16; Siba, l'esclave de Saûl, qui renseigne David sur la descendance du feu roi, II Reg., m, 2-11: Zambri, l'esclave (ou simplement le serviteur) du roi Éla , qui prend la place de son maître, 111 Reg., XVI, 9, 10; Giézi, l'esclave du prophète Elisée, IV Reg., v, 20-27; l'esclave juive qui indique a Naaman le Syrien le pouvoir du prophète Elisée, IV Ue",., v. 2-4; Asaias, esclave du roi Josias, IVReg., xxn, 12; Jéraa, esclave égyptien, qui devient la souche d'une famille juive, I l'ai'., n, 34; l'esclave qui accompagne Judith au camp d'IIolopherne, Judith, vin, 32; x, ô; XIII, 11; celle qui soutient Estlier en présence d'Assuérus, Esth., xv, 10; Tobias, esclave ammonite au service des satrapes perses II Esdr., n, 10, 19. Voir chacun de ces noms. — 4° Remarques bibliques sur les esclaves. — La condition de l'esclave fait souvent l'objet du mépris. Goliath traite d'esclaves les soldais de Saûl. I Reg., XVII, 8. Xabal, épouse d'Abigaïl, méprise David et les siens, comme des esclaves échappés à leurs maîtres, des gens venus en ne sait d'où. I Reg., xxv, 10, 11. Michol reproche à David de s'élre découvert devant des esclaves pour danser en avant de l'arche. II Reg.,vi. 20. Jéivmie, n. II. proteste parce que les ennemis veulent le traiter comme un esclave acheté ou né dans la maison. — La vie de l'esclave au travail esl pénible; il soupire après l'ombre. Job, vu, 2. — Il ne faut pas accuser un bon esclave devant son maître, Prov., xxx. 10. ni lui causer de tort. Eccli, vu, 22. On doit, au contraire, l'aimer. Eccli., vu, 23. — C'est un malheur que l'esclave ambitieux et incapable vienne à commander et a régni r. Prov., xix,10; xxx, 2; Eccle.. x, 7. L'indocile n'appi end rien de ce qu'on lui enseigne. Prov., xxix, 10. Le paresseux ne veut pas entendre parler de travail. Eccli., xxxvn, 14. A de tels esclaves conviennent les ch itiments. Eccli.. xxxiu, 27-30. IV. Les esclaves invs le Nouveau Testament. — Rien souvent nous traduisons en français SoOXoç, servus, paru serviteur . parce que ceux qui portent ce nom dans les Évangiles remplissent des offices aujourd'hui dé\elus aux serviteurs. En réalité, ces serviteurs sont presque toujours des esclaves proprement dits, hommes ou fi de condition inférieure, mais s'élevant parfois, grâce à leur instruction et à leur savoir-faire, à une situation importante. — 1° Il faut donc regarder comme des esclaves le serviteur dont le centurion, son maître, demande la guérison à Notre-Seigneur. Mat th., vm. Ô-13; Luc, vu, 2-10; le serviteur du grand prêtre, Malchus, auquel saint Pierre coupe l'oreille, Matth., XXVI, M; Marc. XIV, i7 ; Luc. xxn. 50; Joa., xvm, 10, 13, 26; les valets et les portières du palais de Caïphe, qui provoquent le reniement de saint Pierre, Matth., xxvi, 09, 71; Marc, xvi, 06, 69; Joa., xvm, 17, 1»; cet Onésime dont saint Paul demande la grâce à Philémon. Philem., 8-21. — 2° Dans les paraboles, Notre -Seigneur parle souvent d'esclaves que le père de famille envoie faire la moisson, Matth., xiu . 27, 28, ou la vendange, Matth., xxi, 31-30; Marc, XII, 2-4; Luc. xx, 10, 11; auxquels le maître demande leurs comptes, Matth., xvm. 23-32. ou confie de l'argent à faire valoir. Matth., xxv, 14-30; Luc, xix, 13-22; qui vont chercher les invités au festin, Matth., xxn, 3-10; Luc, XIV, 17-23; qui servent chez le père du prodigue. Luc, xv. 22-20. Notre-Seigneur daigne même esquisser

ESCLAVE — ESCOL (VALLÉE D*)

en quelques traits instructifs le portrait des esclaves employés dans une maison. Le serviteur fidèle et prudent, que le maître a chargé de veiller sur ses gens et de leur distribuer la nourriture, se verra confier des fonctions encore plus importantes, si son maître le trouve toujours à son devoir. Quant a l'esclave négligent, qui abuse de l'absence de son maître pour battre ses compagnons, manger et boire avec les débauchés , il sera maltraité comme il le mérite. Matth., xxiv, 45-51. L'esclave vigilant se tient en costume de service et la lampe à la main pour attendre le retour de son maître, à la deuxième ou à la troisième veille, c'est-à-dire même après minuit passé. Le châtiment atteindra l'esclave qui a connu la volonté du maître et ne l'a pas exécutée, et, proportion gardée, celui qui n'a pas connu la volonté de son maître, mais s'est mal comporté. Luc, xn, 35-38, 42-48. Quand l'esclave revient des champs, il a encore à préparer le souper de son maître, à le ceindre, à le servir, à attendre qu'il ait fini son repas. C'est seulement ensuite qu'il peut songer à sa propre nourriture. En servant son maître le premier, malgré sa propre fatigue, il ne fait que son devoir, sans qu'on ait à lui en rendre grâces. Luc, xvn, 7-9. — 3" Dans leurs Épitres, les Apôtres rappellent adx maîtres les devoirs de justice qu'ils ont à remplir vis-à-vis de leurs esclaves, Col., iv, 1 , et à ceux-ci la soumission à laquelle ils sont obligés a l'égard des maîtres. Eph.,71, 5; Col., in, 22; TH., tl, 9; I Petr., ti, 18.

V. Les esclaves dans le sens métaphorique ou spirituel. — 1" La Sainte Écriture prend quelquefois le mot 'ébëd dans un sens moins strict que celui d'esclave proprement dit. Elle appelle de ce nom ceux qui tiennent à quelque supérieur par un lien de dépendance, comme les ministres d'un roi, Gen., XL, 20; Exod., v, 21; 1 li ig., xvi, 18; xxix, 3, etc., ceux-ci pouvant d'ailleurs parfois être des esclaves de naissance; les soldats qui obéissent à un chef militaire. II Iteg., n, 12, 13; ni, 22, etc. — 2» La politesse orientale exige que quand on parle à un supérieur, on se dise son esclave. Le mot 'ébêd revient continuellement dans les textes sacrés avec ce sens métaphorique. Gen., xxxn, 18, 20; xxxni, 5; xlii, 10; xliii,28; xi.iv, 7; xi.vi, 34; xi.vn, 3; Num., xxxi, 49; xxxn, 25; Ruth, II, 13; m, '.I; 1 Reg., XVIII, 32, etc. Abigaïl fait même répondre à David, qui lui propose de l'épouser, qu'elle est son esclave ( 'âmàh ) pour être l'esclave (iifhâh) qui lavera les pieds des esclaves ('abdim) de son seigneur. 1 Reg., XXV, il. Il est difficile de pousser plus loin la formule de l'humilité. — 3° A plus forte raison, on prend le nom d'esclave quand on parle a Dieu. tien., xviil, 3, 5; XIX. 11); XXXII, 10; Exod., i\. In. Ici, le mol 'ébéd ne constitue plus une simple formule, puisque Dieu est le maître de l'homme beaucoup plus que celuici ne l'est de son esclave. Le nom d'esclave ou de serviteur du Seigneur est donné à Moïse, Deut., xxxiv, ■">: à Josué, xxiv, 29; à Samuel. I Reg., in, 9. Marie prend le nom de BoiiXï) Kvptou, « esclave du Seigneur, » Luc, i, 38, pour marquer son total acquiescement a la volonté divine, qui lui esl révélée par l'ange. Dieu se plaît luimême a appeler son 'ébéd, « son esclave, » c'est-à-dire son serviteur parfaitement obéissant, Moïse, .los., i, 2, 7: Job, i, S; n, 3; David, 11 lteg., vu, 5; 111 lie-., XI, 13; etc. Il appelle aussi de ce nom sou peuple élu, ls., xli, * . Jer., xi.vi, 27, 28, pour indiquer ce qu'il devrait die plutôt que ce qu'il esl, et même Nabuehodonosor, Jer.",

xxv, 1); xxvii, li, eu tant qu'agissant au nom de Dieu pour

h- châtiment des Israélites. — 4" Les Apôtres aimcnl a s'appeler dans un sens ligure les g esclaves de .1 >■- m - -

Cluist », c'est-à-dire ses ministres, Rom., i, I; Phil., î, 1 ; .lac, î, I ; Il Petr., i. I : Jude, 1. Saint Paul fail prof ion d'être l'esclave de ions. 1 Cor., îx, lit; II Cor., iv, 5. Les chrétiens, jadis i esclaves du péché », Joa.,

VIII, 31; Hum., VI, 17; Il Petr., n, 10, sont devenus par ice « esclaves de la justice », Rom., VI, 18, et du Christ. 1 Cor., vu, 22.

VI. Le Messie 'ébêd de Jéhovah. — Par deux fois, le Seigneur promet d'envoyer au inonde son 'ébéd. Is. , xlii, 1; Zach., ni, 8. Jésus- Christ a été cet 'ébéd ; « il s'est anéanti en prenant la forme d'esclave, » Phil., n, 7, et n'a vécu sur la terre que pour faire la volonté de son Père, comme un esclave fidèle fait celle de son maître. Joa., vi, 38. Cf. H. Hottinger, De servo Dei eleclo, dans le Thésaurus de Hasée et.Iken, Leyde, 1732, t. i, p. 892-897. — Voir M. Maimonide, De servis el ancilli» tracta tus, trad. de .1. C. Kall, Copenhague, 1741: M. Mielziner, Die Yerhâltnisse der Sklaven bel den alten Ilebruern, nach biblischen und talmudischen Quellen durgestellt , in -8°, Copenhague, '1859; Sam. Meyer, Die Rechte der Israeliten, Athener and Homer, 2 in-8°, Leipzig, 18112-1800, t. n, p. 40-67. IL Lesêtre.

ESCOBAR Y MENDOZA Antoine, jésuite espagnol, né à Yalladolid en 1589, mort dans la même ville le 4 juillet 1669. Entré au noviciat des Jésuites le 10 mars 1005, il fut presque toute sa vie appliqué à la prédication et se fit un nom dans la chaire; il prêcha pendant cinquante ans le carême. Ses ouvrages sur l'Écriture Sainte se ressentent un peu de ce ministère, auquel il s'adonna spécialement. Mais c'est surtout comme théologien moraliste qu'il est connu, grâce à Pascal, qui a immortalisé son nom. Ses ouvrages exégétiques sont : 1" In caput 17 Joanniê de augustUsimo ineffabilis Eucharisties arcano, in-f°, Yalladolid, 1624. — 2° In Evangelia Sanctorum el temporis, Cliristi, Deij Apostolorum... Tomus primus tir San: lis. Cllt Volumen prias, in-f", Arcos,1637; — Volumen T. VI. Lignum vitale, in-f°, Lyon, 1642-1048. Chacun de ces volumes a un sous- litre : Chris ti vita, — Cliristi solemnia, — Maria vera, — Sunamitis, — Apostoli, — Religionum fundatores , — Angeli, martyres, confessores..., defunctorum obsequia. — 3" In Evangelia temporis commentarii. Lignum vitale Cliristi miracula, — perseculiones , — colloquia, — sermones, — prophétise, parabolse, 0 in-f», Lyon, 1618. — 4° Velus ne Novum Testamentum litteralibus et moral/bus contmentariis illustration, 8 in-f", Lyon, 1652-1667. — .V lu Canticum commentarius sire de Mariai Deiparse elogiis, in-f°, Lyon, 1669. C. SOMUERVOGEL.

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