‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 311 sur 486 · ET II A M · texte numérisé non relu

ET II A M

avait son vexilluni. Voir t. i, col. 995. Le vexillum fut toujours l'enseigne unique et particulière de la cavalerie romaine. Celait une pièce détone carrée, attachée par le haut à une traverse horizontale. Le cavalier qui le portait s'appelait vexillarius. Chaque cohorte avait son signum ou son vexiîlum particulier, selon que les soldats qui la formaient marchaient à pied ou à cheval Los troupes auxiliaires eurent aussi leur vexiîlum, et les

617. — Vexillarhcs. D'après Frôhner, La colonne Trajane, pi. 34.

vétérans leur drapeau séparé. Tite-Live, vm, 8; Tacite, Hist., i, 41; il, 83, 100; cf. Ann., i, 36. Quelques enseignes portaient entre autres dessins l'image de l'empereur, entourée d'une guirlande de lauriers. Végèce, Mil., 1, 7. Pilate profita de la nuit pour les faire entrer à Jérusalem. Comme la loi mosaïque interdisait absolument toute figure humaine, les Juifs réclamèrent avec tant d'insistance, que Pilate fit rapporter ces enseignes à Césarée. Josèphe, A nt. jud., XVIII, m, 1; Bell.jud., II, IX, 2. Sur le caractère idolàtrique des enseignes romaines, propria legiouum Numina , comme s'exprime Tacite, Ann., ii, 17, voir Abomination, t. i, col. 74, et fig. 8, col. 75. E. Mangenot.

ÉTERNITÉ, attribut en raison duquel Dieu n'a ni commencement ni fin. Le nom d'Éternel a été constamment donné à Dieu par les Juifs et les chrétiens. Gen., xxi, 33; Bar., iv, 7; Dan., vi. 26, xm, 42; Eceli., xvm, 1 ; Il Mach., i, 25; Rom., vi, 26. La Sainte Écriture exprime aussi l'éternité de Dieu par des figures et des comparaisons. Le nombre de ses années ne saurait être compté. Job, r.xxvi, 26. Il reste à jamais, pendant que les impies passent. Ps. îx, 8. Il habite l'éternité. Is., lvii, 15. 11 est l'Ancien des jours. Dan., vu, 9. Il est celui qui était, qui est et qui sera. Apoc, I, 4. Cette éternité sans commen-

cement est aussi attribuée au Christ, considéré comme Dieu. Mich., v, 2; Joa., vin, 58; Hebr., i, 8. La raison de l'éternité de Dieu, c'est, disent les théologiens, qu'il possède l'être par lui-même; d'où il est nécessaire qu'il soit toujours. C'est une des vérités marquées par le nom de Jéhovah : « Je suis celui qui suis. » Exod., m, 14.

L'éternité dont nous venons de parler n'appartient qu'à Dieu. Seul, il n'a ni commencement ni fin. Le ciel et la terre, c'est-à-dire toutes les créatures, ont, au contraire, été faites au commencement. Gen., i, 1. Elles n'ont donc point toujours existé. Pour Dieu, il est le principe et la fin, le premier et le dernier. Apoc, i, 8; xxi, 6; xxn, 13; Auir t. i, col. 1. Cependant il a donné à ses créatures intelligentes, non pas sans doute d'être sans commencement, mais de vivre sans fin. Leur immortalité est exprimée assez souvent dans l'Écriture, par le terme d' « éternité ». Dan., xii, 2; Eccli., xvm, 22, xxiv, 31; II Jlach., vu, 9; Matth., xvm, 8; xix, 16; Jude, 6, 7, etc. — La même expression est aussi appliquée au règne sans fin qui est promis au Christ. Dan., n, 4i; ix. 24; Luc, i, 32.

A. Vacant.

ÉTERNUEMENT (hébreu : 'âlisàh; Septante : nxapn',: : Vulgate : sternutatio), mouvement subit et convulsif du diaphragme, qui oblige les poumons à expulser l'air brusquement et bruyamment par le nez et la bouche. Le mot hébreu reproduit par onomatopée le bruit de l'éternuement. — Job, xli, 9, dit que l'éternuement du crocodile fait jaillir la llamme. Quand l'homme éternue, l'air expulsé entraîne avec lui et projette violemment au dehors les parties liquides qu'il rencontre sur son passage. De même le crocodile, quand il lève sa tête hors de l'eau, rejette brusquement, comme s'il éternuait, le liquide contenu dans sa gueule et ses fosses nasales. Ce liquide, vivement projeté au dehors, ressemble à de la vapeur, et même, sous les rayons du soleil, prend les teintes de l'arc-en-ciel pour le spectateur convenablement placé, et ressemble à la flamme. H. Lesètre.

ETH Al. Nom de trois personnages dans la Vulgate.

1. ÉTHAÏ (hébreu: 'ltlay; Septante : Se68ei ; Codex Alexandrinus : 'EOÔst, dans II Reg., xv, 19, 22, et 'E66et, dans II Reg., xvm, 2, 5, 12), Philistin, né à Geth, d'où son nom de Géthéen. Il s'était attaché à David et était devenu un de ses plus fidèles serviteurs. II Reg., xv, 19-22. Durant la guerre contre Absalom, le roi lui confia

' le tiers de son armée. II Reg., xvm, 2, 5, 12.

2. ÉTHAÏ, Benjamite, fils de Ribaï, I Par., xi, 31, appelé plus justement Ithaï, II Reg., xxm, 29. VoirlTHAl.

3. ÉTHAÏ (hébreu: 'Attay; Septante: 'h68eî; Codex j Alexandrinus : 'UW:.), un des fils de Roboam, roi de ' Juda, qu'il eut de Maacha, la petite -fille d' Absalom.

II Par., xi, 20. Ce nom propre se retrouve dans les inscriptions palmyréniennes sous la forme in», et, en composition, ir:ry, spyny.

1. ÉTHAM (hébreu: 'Êfâm; Septante: '08û|i, Exod., xm, 20; Bou6iv, Num., xxxm, 6), deuxième station des Israélites partant de Ramsès pour aller vers la mer Rouge. Exod., xm, 20; Num., xxxm, 6. La première fut Soccoth, probablement non loin du lieu de départ. La seconde se trouvait « à l'extrémité du désert » qui portait le même nom, midbâr-'Ê'tam , « désert d'Étham, » Num.. xxxm, 8, et que les Hébreux, après le passage miraculeux de la mer, parcoururent pendant trois jours avant d'arriver à Mara. La situation de ce point n'est pas facile à déterminer. On peut affirmer cependant qu'il était sur la route directe d'Egypte en Palestine, c'est-à-dire celle qui, longeant la Méditerranée, conduisait à Gaza, dans le pays des Philistins. C'est, en effet, celle que suivirent au début les fugitifs,

ÉTHAM — ÉTIIAN

jusqu'au moment où, à Étham précisément, Dieu les fît changer de direction, par un brusque mouvement vers le sud. Exod., xiv, 2. Voilà pourquoi, croyons -nous, quelques auteurs ont tort de placer cette étape au sud des lacs Amers. Cf. Robinson, Bibhcal Researches in Palestine, Londres, 1856, t. i, p. 55; Keil, Genesis und Exodus, Leipzig, 1878, p. 418. Les Hébreux, en quittant Ramsès, suivirent naturellement les bords du canal d'eau douce qui, longeant l'ouadi Toumilat, se dirige dans sa première partie d'ouest en est, vers le lac Timsah. Comme le point de départ était en somme peu éloigné de la frontière du désert où ils devaient aller, ils arrivèrent facilement, après une première étape qui fut courte, « à Etham, qui est à l'extrémité [occidentale] du désert, » situé entre l'Egypte et la Palestine. Cf. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., Paris, 1896, t. H, p. 404-405. Étham devait donc se trouver dans le voisinage, peut-être dans la ligne même des fortifications élevées de ce côté par les pharaons contre les Arabes nomades. Les découvertes égyptologiques ont, en effet, confirmé l'existence d'une grande muraille qui allait de la mer Rouge à la Méditerranée et défendait le pays contre les invasions de certaines bandes asiatiques. Un papyrus de Berlin en suppose .'érection du temps de l'Ancien Empire. Ces fortifications s'appelaient en égyptien n 2 ,? r-j , yelem, -/étant, et en copte ÇJCUO. TOU'

tôni, loin, mots qu'on cherche à rapprocher de l'hébreu DrtN, 'Êtàm, et du grec '06w|i. Cf. G. Ebers, Durch

Gosen zum Sinai, 2« édit., Leipzig, 1881, p. 521-522 (dans la carte intercalée entre les pages 72 et 73, l'auteur place Étham à l'est et presque à la hauteur du lue Ballàh). Cette opinion est acceptée par bon nombre d'auteurs actuellement. On peut se demander cependant pourquoi les Hébreux, qui avaient dans leur langue le correspondant exact, comme orthographe et comme signification, de l'égyptien -/étant, c'est-à-dire Dnn, liâldm,

« enfermer, » ont modifié ce mot, comme s'il leur avait été i tranger. — M. E. Naville, The store-city of Pitlmm. Londres, 1885, p. 23-2i, voit dans Étham une région plutôt qu'une ville ou une forteresse. Ce serait, d'après lui, « le pays d'/l(i/»a, Atma ou Aluma, » dont parlent les papyrus, habité par les Schasou nomades, et dans lequel MM. de Rougé, Chabas et Brugsch auraient à tort reconnu « le pays d'L'dom ». 11 trouve ainsi plus naturel le nom donné au « désert d'Étham ».

A. Legendre.

2. ÉTHAM (désert D') (hébreu: midbâr-'Êfâm; les Septante n'ont mis que ») êp^pioç, « le désert »), région que les Hébreux, après le miraculeux passage de la mer Rouge, parcoururent pendant trois jours avant d'arriver a Mara. Num., xxxm, 8. Pour la signification du mot midbâr, voir Désert, col. 1387. C'est une partie du désert de Sur. Exod., xv, 22. Ellr s.' trouvait ainsi à la pointe nord-ouest de la péninsule Sinaïtique, tout près de I Egypte, et elle tirait son nom d'Étham, pour ceux qui regardent cet endroit connue une ville ou une forteresse. Voir Étham 1. Cependant, comme elle s'étendait fort loin au sud, M. E. Naville, The store-city of Pilhom, Londres, 1885, p. 21, se demande si cette ville pouvait lui valoir sa dénomination, si en outre une cité égyptienne pouvait donner son nom à un désert habité par une population sémitique, et dont la plus grande partie était sur la côte opposée de la mer. Voilà pourquoi il assimile Étham à « la région d'Atuma » dont parlent 1rs papyrus. Quoi qu'il en soil, il est probable que ce territoire commençait vers les lacs Ballah et Timsah, pour descendre vers la pointe du golfe de Suez et se confondre avec le désert de Sur, comme il résulte de la comparaison entre Exod., xv, 22, et Num., xxxm, 8. Voir Sir. A. Legendre,

1. ÉTHAN (Septante: TeaSiv, III Reg., iv, 27; AlSiu; Codex Alexandrinus : Ai6iv, I Par., Il, 0), un des quatre fils de Mahol, que Salornon surpassait en sagesse. III Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11). Sur cette dénomination des fils de Mahol, voir Chalcol, t. n, col. 505- On identifie généralement 'Êtàn, Ili'mùn, Kalkol et Darda' de III Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11), avec les personnages de même nom, 'Êfân, Hémân, Kalkôl et Dura' , ou mieux Darda', de I Par., n, 6. 11 faut pour cela entendre « fils de Zara » de ce dernier passage dans le sens de « descendants de Zara ». Dans III Reg., îv, 31 (hébreu, v, 11), Éthan est appelé l'Ezrahite, hâ'ézrâhî, que le Codex Alexandrinus traduit par 'EïpaijXmiç , » Israélite, » comme s'il y avait hâ'ézrâh,a l'indigène.» Mais le Vaticanusa ZapctT^ç, c'est-à-dire descendant de Zara : ce qui est probablement le sens du nom patronymique, 'ézrâhi. Éthan de III Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11), est ainsi appelé descendant de Zara, comme dans I Par., n, 6. Il reste cependant une certaine difficulté d'expliquer Yaleph prosthétique devant le nom de Zérah , qui ne parait pas usité en pareil cas. Le Psaume lxxxix est attribué à Éthan l'Ezrahite, Ps. i.xxxix (Vulgate, lxxxviii), 1, comme le Psaume précédent à Héman l'Ezrahite : ce qui peut bien s'entendre d'Éthan fils d'Ezra. Mais il faut renoncer à vouloir identifier cet Éthan l'Ezrahite avec Éthan le fils de Cusi ou Casaia de I Par., vi, il ( hébreu, 25), et I Par., xv, 17. Ce dernier est lévite, fils de Mérari ; le premier est descendant de Juda. Voir Éthan 3 et Ezrahite.

2. ÉTHAN, lévite, descendant de Gerson et ancêtre d'Asaph le chanteur I Par., vi, 42 (hébreu, 27). Dans la généalogie des Gersonites, y. 21, le nom d'Éthan parait remplacé par celui de Joah.

3. ÉTHAN, lévite, descendant de Mérari, chef de cette famille à l'époque de David. I Par., VI, 4i (hébreu, 25). Il est dit en cet endroit fils de Cusi ( QiSi i ; le nom de son père, dans I Par., xv, 17, esl donné sous la forme Qusayliu (Vulgate : Casaia). Le Idithun (Yediïtûn) associé à Asaph et à Héman dans I Par., xxv, 1, et 11 Par., xxxv, 15, parait bien être le même personnage qu'Éthan. Voir Idithun. Dans le transport de l'arche à Jérusalem, David répartit les lévites en différents chœurs; Ethan, avec Héman et Asaph, jouait des cymbales d'airain. 1 Par., xv, 19. E. Le\esqi'E.

■4. ÉTHAN (hébreu: 'Êfân; Septante : 'HOdtu,), nom

propre qu'on trouve dans la Vulgate au Ps. i.xxm (hébreu, i.xxiv). 15. Les versions grecque et latine ont pris ici Dfl nom commun pour un nom propre; car. en réalité, 'êfân est un substantif qui signifie « perpétuité», en sorte que l'expression nahàrôt 'êfân veut dire » des fleuves perpétuels » ou intarissables. Le même mot esl employé ailleurs pour caractériser la force d'un torrent, par opposition aux courants temporaires, facilement desséchés. Tel est le sens de nuhal 'êfân (Septante : xei|uxp'po'j; iêato;; Vulgate : torrens forlis) dans Amos, v, 'li. (Test ainsi que l'ont entendu Aquila et le traducteur syriaque en le rendant par des termes synonymes de « fort ». L'idée, du reste, est parfaitement conforme au contexte. Après avoir supplié Dieu de penser à sou peuple; après avoir rappelé que l'ennemi a accumulé les ruines, tout profané et incendie, le psalmisle se demande si le Seigneur ne va pas se venger; il est tout-puissant, el il l'a prouvé jadis. Parmi les merveilles divines, l'auteur sacré mentionne principalement le passage de la mer Rouge, y. 13; puis, au v. 15, les rochers fendus au désert pour en faire sortir une eau abondante, et, par contraste, les Meuves rapides desséchés pour livrer passage aux Hébreux :

C'est toi Min as fait jaillir la source et le torrent, Toi qui as mis à sec les

ÉTHAN. Hébreu: 'Êtàn. Nomdeplusieurspersonnages. Le pluriel est une généralisation poétique. Le Jourdain

ÉTHAN — ÉTHER

est suffisamment désigne. T.e chaldéen a ainsi paraphrasé le dernier vers : « Tu as desséché le gué des rivières de l'Arnon, et le gué du Jabbok et du Jourdain, qui sont puissants. » A. Legendre.

ÉTHANIM (hébreu: 'êtànim; Septante: iôaviv, à9avelu; Vulgate : ethanim), septième mois de l'année religieuse des Juifs, de trente jours, comprenant la fin de septembre et le commencement d'octobre. Ce nom, qui signifie « ruisseaux qui coulent, courants », convient à la saison des pluies. Il a été retrouvé dans une inscription phénicienne de l'île de Chypre, écrite en encre noire et rouge. C'est pourquoi M. Derembourg pense qu'il est plutôt phénicien qu'hébreu, et qu'il a été introduit en Israël par les ouvriers tyriens qui travaillèrent à la construction du Temple de Jérusalem. Il n'est, en effet, mentionné qu'une fois dans la Bible, précisément au sujet de la dédicace de ce Temple, III Reg., vin, 2, et il y est précédé de yérah , nom phénicien du mois. Cf. Corpus mscript. semit. Phœnic, 1881, t. I,"p. 94; Sayce, La lumière nouvelle, trad. Trochon, Paris, 1888, p. 95 et 98. Le mois d'ethanim fut appelé plus tard tisri, quand les Juifs commencèrent leur année civile au septième mois de l'année religieuse. C'est dans ce septième mois qu'avaient lieu les fêtes des Trompettes, de l'Expiation et des Tabernacles, Lev., xxiii, 24-43, et qu'on annonçait l'année jubilaire, Lev., xxv, 9; qu'on acheva de recueillir, par ordre d'Ézéehias, les revenus des prêtres, II Par., xxxi, 7; que Godolias fut tué, IV Reg., xxv, 25; Jer., xu, 1, et que mourut le prophète Haname, Jer., xxvm, 1 ; qu'Aggée, H, 2, prédit la restauration du Temple de Jérusalem, et qu'Esdras rétablit le culte de Jéhovah, I Esdr., m, 1; II Esdr., vin, 1-14; enfin que Jonathas fut investi du souverain pontificat. I Mach., x, 21. Cf. F. de Hummelauer, Commentarius in Exodum et Leviticum, Paris, 1897. p. 516-517. E. Mangenot.

ETHBAAL (hébreu: 'Étba'al; Septante: 'kOegâa). ; Codex Alexandrinus : 'Ia6àaX), roi de Sidon, père de Jézabel, femme d'Achab, roi d'Israël. III Reg., xvi, 31. Ethbaal signifie littéralement « avec Baal », c'est-à-dire celui qui jouit de la faveur de Baal. Josèphe le nomme 'IÔûëaXo:, Ant.jud., VIII, XIII, 1, et EÎ6<û6aXo;, Conl. Apion., i, 18, « Baal [est] avec lui. » Le prisme de Sennachérib, dit de Taylor, col. H, ligne 48, mentionne un roi de Sidon appelé Tu-ba-' -lu , c'est-à-dire Ithobaal ou Ethbaal. Keilinschriftliche Bibliothek, t. Il, p. 90. Josèphe parle aussi d'un autre roi phénicien du même nom, contemporain de Nabuchodonosor, Ant. jud., X, xi, 1; Cont. Apion., i, 21. Cf. Eusébe, Chron. arm., I, xi, 6, t. xix, col. 131. — On s'accorde généralement à admettre que le père de Jézabel était un prêtre d'Astarthé dont il est question dans un précieux passage de Ménandre d'Ëphèse, conservé par Josèphe, Cont. Apion., i, 18. « Ithobal, prêtre d'Astarté, dit- il, tua [l'usurpateur Phélés et lui succéda sur le trône de Tyr]. Il vécut 68 ans et en régna 42. » Tyr et Sidon étaient soumis à cette époque au même souverain. Ant. j ud., VIII , xin, 1. D'après la liste de succession royale donnée par Ménandre, Ethbaal a occupé le trône de Phénicie cinquante ans après la mort d'Hiram, contemporain de Salomon, et par conséquent les premières années du règne d'Achab ont coïncide'' avec les dernières de celui du meurtrier de Phélés. C'est sans doute en sa qualité de prêtre d'Astarthé qu'Elhbaal avait inspiré à sa fille Jézabel le zèle ardent qui la distingua en faveur de l'idolâtrie phénicienne.

F. Vigouroux.

ÉTHÉCA, mot hébreu ('at(iq), employé par Ezéchiel dans la description du Temple et conservé sous cette forme par saint Jérôme, dans la Vulgate, Ezech., xli, 15, 16. Le même mot a été employé par le prophète, Ezech., xi.ii, 3,5, mais dans ces deux derniers endroits le traducteur l'a rendu par porlicus, « por-

tique, » c'est-à-dire galerie couverte et soutenue par des colonnes. Ce sens est adopté par bon nombre de commentateurs; toutefois il n'est pas certain. Saint Jérôme lui-même en a adopté un autre dans son commentaire de ce passage, In Ezech., xli, 15, t. xxv, col. 403, où il lit ecthete (èxOÉTa;), et explique ce terme par solaria, toit en forme de terrasse des maisons orientales. « En Palestine, écrit-il à Sunnia et Frétella, Epist. evi , 63, t. XXII, col. 859, on n'a pas des toits inclinés, mais des 6w|j.aTa, qu'on appelle à Rome solaria, c'est-à-dire des toits plats, soutenus par des poutres transversales. » Cette seconde signification est moins probable que celle de « portique », parce que le toit du Temple de Jérusalem n'était pas plat, tandis qu'autour des parvis il y avait des portiques. Joa., x, 23; Act., m, 11; v, 12.

ÉTHÉEL (hébreu : 'Itïêl; Septante : Aî8it|X; Codex Sinaiticus : Seôcr.X), Benjamite, fils d'Isaia, dans la liste des ancêtres de Sellum. II Esdr., xi, 7.

ÉTHÉI (hébreu : 'A/tâu; Septante : 'E86s: ; Codex Alexandrinus : 'U6(H), fils de Jéraa, esclave égyptien, et de la fille de Sésan; il eut pour fils Nathan. 1 Par., Il, 35, 36.

ÉTHER (hébreu : 'Étér; Septante : Codex Yaticanus, "I6ax, Jos., xv, 42; 'I=8ép, Jos., xix, 7; Codex Alexandrinus, 'A8ip, Jos., xv, 42; BeOép, Jos., xix, 7; Vulgate: Ether, Jos., xv, 42; Athar, Jos., xix, 7), ville primitivement attribuée à Juda, Jos., xv, 42; donnée ensuite à Siméon. Jos., xix, 7. Elle fait partie du troisième groupe de la « plaine » ou Séphélah, et elle est mentionnée entre Labana et Asan. Jos., xv, 42. Dans la liste parallèle de I Par., îv, 32, on trouve à sa place Thochen (hébreu : Tôkén; Septante: ©oxxà). Quel texte faut-il préférer? Y a-t-il faute de copiste ou deux noms pour une même localité? Nous ne savons. On a cru à tort que, dans ce dernier passage, Éther était remplacé par Etam. Voir Étam. Cf. Keil, Chronik, Leipzig, 1870, p. 70-71. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 119, 255, disent qu'Éther de Siméon était encore, de leur temps, « un très gros bourg, nommé Iethira, "Iefieipô, dans l'intérieur du Daroma, près de Malatha. » Mais ils confondent avec Jéther, aujourd'hui Khirbet 'Altîr, au sud-ouest d'Es-Semu'a, Esthamo. Cf. Onomastica, p. 133, 266. — Les explorateurs anglais ont proposé d'identifier l'antique cité dont nous parlons avec Khirbet el 'Atr, village ruiné, dont il ne reste plus que quelques arasements, et situé à peu de distance au nordouest de Beit-Djibrin, l'ancienne Éleuthéropolis. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881- 1883, t. m, p. 261, 279; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 63. Il est certain qu'à prendre le groupe dont fait partie Éther dans Jos., xv. 42, il y a correspondance exacte tant au point de vue philologique qu'au point de vue topographique. D'un côté, en effet, l'arabe JuJ\, El-'Atr, ou, sans l'article, 'Atr, reproduit parfaitement l'hébreu iny, 'Étér, avec aïn initial.

De l'autre, les villes de ce groupe semblent rayonner autour de Beit-Djibrin; citons seulement: Nésib (Beit- Nousib), Céila (Khirbet Qila) et Marésa (Khirbet Mer'asch). Voir Jl-da, tribu et carte. Si maintenant l'on examine les localités qui accompagnent Athar dans la liste concernant Siméon, Jos., xix, 7, on est contraint de la chercher plus bas, dans un cercle déterminé principalement par Remmon (Oumm er-Roumâmint), à trois heures au nord de Bersabée. Il est probable d'ailleurs que la tribu de Siméon ne remontait pas si haut que Beit Djibrin. — Dans ces conditions, ne pourrait-on pas distinguer Ether de Juda, identique à El-'Atr, d'Éther de Siméon, dont le vrai nom serait Thochen ou peut-être

ÊTIIER — ETHIOPIE

Athach? On trouve, en effet, parmi les villes auxquelles David envoya des présents après sa victoire sur les Amalécites, une localité mentionnée seulement I Reg., xxx, 30, et appelée Athach (hébreu : 'Atâk). Comme elle est précédée d'Asan , qui est généralement accompagnée il Éther, Jos., xv, 42; xix, 7, on suppose qu'il y a eu changement dans la dernière lettre , et qu'au lieu de 'Atâk, il faut lire 'Étér ou 'Atâr. Mais on peut aussi justement supposer que 'Atâk est la vraie leçon. Les versions anciennes, I Reg., xxx, 30, sont, en effet, en faveur du caph final : Codex Alexandrinus, 'A6â-r; paraphrase chaldaïque, 'A lak; version syriaque, Ta'nak. Le texte des Paralipomènes, avec Tôken, se rapproche davantage de cette forme. Les versions syriaque et arabe mettent même ici 'Atken et Adkûn. C'est au moins une conjecture qu'il est permis de signaler.

A. Legendre.

ETHI (hébreu: 'Attày ; Septante: 'Eôoi ; Codex Alexandrinus : 'Ebbzi), le sixième des vaillants guerriers gadites, qui se joignirent à David pendant son séjour au delà du Jourdain. I Par., xn, 11.

ETHIOPIE (hébreu : KûS; Septante: AîOioiri'a ; Vulgate : JEthiopia). Sur le nom hébreu de KùS, voir Cnus, col. 743-745.

I. Géographie. — La Cible hébraïque, les Septante etla Vulgate emploient, la première le mot géographique KûS, les deux autres le mot Ethiopie, tantôt dans un sens large, tantôt dans un sens strict. — 1° Dans le sens le plus large, KùS -Ethiopie désigne la partie de l'Asie où habitèrent d'abord les descendants de Chus le Chamite. Gen., Il, 13. Le chapitre x de la Genèse énumère, t- 7-10, les diverses contrées de l'Asie où s'établirent les Couschites. Les Éthiopiens dont il est question II Par., XXI, 10, et qui étaient voisins des Arabes, sont des Couschites asiatiques, d'après les uns, et, d'après les autres, les Couschites africains qui habitaient à l'ouest du golfe I'ersique, vis-à-vis de l'Arabie. — Dans tous les autres passages de l'Écriture qui nous parlent de Kùë-Éthiopie, les auteurs sacrés entendent toujours une région de l'Afrique, située au sud de l'Egypte; mais, même alors, ils donnent à cette expression géographique une acception plus ou moins étendue. — 2° Tantôt ils comprennent dans ce mot, comme le font les monuments égyptiens sous le nom de A'eii ou A'aS (H. Brugsch, Geographische Inschriften altâgyptischer Denkmâler, t. H, 1858, p. 4), les pays que nous appelons aujourd'hui la Nubie, le Sennaar, le Kordofan et l'Abyssinie septentrionale; mais ils en déterminent avec précision la frontière du nord, qu'ils placent à Syène (Assouan). Ezech., xxix, 10. — L'Ethiopie a été mal connue dans l'antiquité, même des Grecs et des Romains. Cf. Pline, H. N., v, 8, 43 ; Vivien de Saint-Martin, Le nord de l'Afrique dans l'antiquité grecque et romaine, in-4», Paris, 1863, p. 471. Au delà de l'Ethiopie, dont on ignorait les limites, on supposait qu'il n'y avait plus que des monstres. Vivien de Saint- Martin, ibid., p. 188-191. — 3» Tantôt et le plus souvent le nom de KÙS -Ethiopie s'applique particulièrement au royaume de Méroé, c'est-à-dire à la région comprise entre l'Astaboras (l'Atbara actuel) à l'est, l'Astapus ou Nil Bleu (Bahr el-Asrek) au sud-ouest et le Nil à l'ouest, depuis la jonction du Nil Blanc et du Nil Bleu jusqu'à son confinent avec VAtbara. Comme cette région était ainsi entourée de rivières, les anciens l'appelaient une île. Pline, H. N., vi, 35, etc. — Les prophètes font allusion aux cours d'eau qui arrosaient l'Ethiopie, ls., xvin, 1; Soph., m, 10, et la Vulgate, Ps. lxxiii, 14, aux crocodiles qu'on y rencontre; mais l'hébreu ne nomme pas l'Ethiopie dans ce dernier passage. — La ville de Beroua, appelée par les Grecs Méroé, qui donna son nom au pays, s'élevait sur la rive droite du Nil, non loin de la frontière septentrionale du royaume. On admet assez communément aujourd'hui que c'est le

royaume de Méroé qui est désigné dans les prophètes sous le nom de Sebà', Saba, ls., xliii, 3; xlv, 14 (Sebaim); Ps. lxxi (lxxii), 10. Cf. Josèphe, Ant. jud., II, x, 2; Strabon, XVI, iv, 8, 10 C'est en confondant le Sebà' d'Arabie avec le Sebà' d'Ethiopie, quoique l'orthographe soit différente en hébreu, qu'on a fait de la reine de Saba (Sebà'), qui visita Salomon, I (III) Reg., x, 1, une reine d'Ethiopie. Cette confusion se trouve déjà dans Josèphe, Ant. jud., VIII, vi, 5. — La reine d'Ethiopie, Candace, dont on lit le nom dans les Actes, vin, 27, était une reine de Méroé. Voir Candace, col. 129-131. — L'ancien royaume de Méroé était célèbre par sa ferlilité. Héliodore, AUlhiop., x, 5. Il abondait en pierres précieuses, Job, xxvm, 19; en mines d'or, de cuivre, de fer et de sel. Diodore de Sicile, i, 33; Strabon, XVII, II, 2. Il produisait une grande quantité de dattes. On en exportail l'ivoire et l'ébène. Ezech., xxvn, 15. Sa

C18. — Captif éthiopien. xx« dynastie. Médinet-Abou. D'après Lepsius, Denlcmàler, Abth. m, Bl. 209.

capitale, renommée pour son oracle de Jupiter Ammon, Hérodote, ix, 29, était surtout importante par son commerce. Elle servait d'entrepôt aux caravanes qui y affluaient de toutes parts, de la Libye, de l'Egypte et des porls de la mer Rouge. H. Brugsch, Geographische Inschriften, t. n, 1858, p. 4. Voir, sur ses ruines, Frd. Cailliaud, Voyage à Méroé, 4 in -8°, Paris, 1826-1827, t. H, p. 142-175.

La ville de Méroé avait supplanté l'ancienne ville de Napata, qui avait eu ses jours de gloire, principalement à l'époque de la XXVe dynastie égyptienne, et à partir de la XXII». Napata, en égyptien Nap , Napi, Napit, était bâtie au pied d'une colline, là où l'on voit aujourd'hui les ruines de Djebel Barkal, sur les bords du Nil, entre la troisième et la quatrième cataractes. Elle existait déjà du temps des Amenhotep et était le chef- lieu d'un des nomes de la province égyptienne d'Ethiopie. Lorsqu'elle fut devenue capitale, ses souverains cherchèrent à en faire comme une autre Thèbes, et elle devait plus tard donner des pharaons à l'Egypte elle-même. Un des généraux d'Auguste, Petronius, la ruina pour toujours en la livrant aux Hammes. D'après quelques égyptologues, la ville de Napata est nommée dans Isaïe, xix, 13, sous la forme NÔf (Vulgate : Memphis). H. Brugsch, Die Géographie des alten Aegypt, t. i, p. 290; Id., Dictionnaire géographique de l'ancienne Egypte, in-f°, 1879-18S0, p. 336. — Les prophètes, qui nous parlent assez souvent des Ethiopiens (fig. 618), les décrivent comme des hommes de haute stature, Is.,xlv, 14, viri sublimes, et (on redoutables. Is., xvm, 2; Jer., xi.vi, 9. Hérodote, m, 2, 114, dit aussi qu .ls « sont les plus grands et les plus beaux des hommes ». Cf. Scylax, Peripl., 112, dans les Geographi grxci minores,

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