‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 327 sur 486 · Carte du cours de l'Euphrate · texte numérisé non relu

Carte du cours de l'Euphrate

1rs plus anciens. Les Grecs le désignaient sous le nom de Xoeêwpaç. Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies ? p. 183. Cf. G. Maspero, Histoire ancienne, t. i, p. 319. L'Euphrate et le Tigre charrient des boues qui se déposent à l'embouchure du Shatt-el-Arab et font avancer le rivage d'environ seize, cents mètres par soixante-dix ans. W. K. Loftus , Travels and Researches in C/ialdœa and Susiana, in-8", Londres, 1856, p. 282; H. Rawlinson, Journal of the. Geographical Society, t. xxvn (1837), p. 186. H. Kiepert, Lehrbuch der alten Géographie, in-8°, Leipzig, 1874, p. 138, n° 2, etc. Rawlinson, Thefive great monarchies of the Eastern world, 4° édit., in-8°, Londres, t. i, p. 4-5, pensent que le progrès était beau-

lande plate, interminable, sans que le moindre accident de terrain en rompe la monotonie; des groupes espacés de palmiers et de mimosas grêles, entrecoupés de lignes d'eau scintillant à distance, puis de longs tapis d'absinthe et de mauves, des échappées infinies de plaine brûlée; un sol partout uniforme d'argile lourde, grasse, d'où les arbrisseaux et les herbes sauvages jaillissent chaque année au printemps. Une pente presque insensible l'abaisse lentement du nord au sud vers le golfe Persique. L'Euphrate s'y promène, indécis et changeant, entre des berges fondantes, qu'il remanie de saison en saison. 11 y perce des rigoles dont la plupart s'empâtent par le délayement de leurs bords presque aussitôt for-

EUPHRATE - EUROAQUILON

niés. Les joncs y pullulaient au temps des Assyriens en fourrés gigantesques. Ils atteignaient quatre ou cinq mètres de haut. Ils croissaient dans des bancs de vase putride. Les Babyloniens avaient dérivé les eaux du fleuve dans de nombreux canaux, avec lesquels ils arrosaient le limon charrié par les eaux et lui faisaient produire des récoltes extrêmement abondantes. L'Écriture fait allusion à ces canaux dans plusieurs passages : Ps. lxxxix (lxxxviii), 25; cxxxvm (cxxxvn), 1; Is., xliv, 27; xlvii, 2; Ezech., xxxi, 4, 15; Nahum, i, 4; II, 6. — Le climat de la plaine est très doux, sauf le matin, en hiver, où apparaît sur le fleuve une légère couche de glace, qui se fond aux premiers rayons du soleil. Il y pleut abondamment pendant six semaines, en novembre et en décembre. Depuis le mois de mai jusqu'au mois de novembre, la chaleur est lourde et rend les hommes et les animaux incapables de tout travail. G. Maspero, Histoire ancienne, t. i, p. 551-554; Elisée Reclus, Géographie universelle , çr. in-8», Paris, 1884, t. ix, p. 377; Col. Chesney, Tlte Expédition of the Survey of the rivers Euphrates and Tigns, in-8», Londres, 1850 ; Strabon, II, I, 23, 26, 36, 38; XI, xiv, 2, 3; XVI, i, 9, 10, 22; m, 6, etc.

II. L'EcPHRATE DANS L'ÉCRITURE SAINTE. — Elle le désigne assez souvent par son nom, Gen., n, 14; xv, 18; Deut., i, 7; XI, 24; Jos., i, 4; 11 Sam. (II Reg.), vin, 3; IV Reg., xxiii, 29; xxiv, 7; I Par., v, 9; xvm, 3; Jer., xlvi, 2, 6, 10; mais plus fréquemment encore simplement comme « le fleuve » par excellence, han-nahar. Gen., xxxi, 21 ; xxxvi, 37(voirRonoBOTH); Exod., xxm, 31; Num., xxii, 5; Jos., xxiv, 2; II Sam. (II Reg.), x, 16;

III Reg., IV, 21, 24; xiv, 15; I Par., i, 4S (voir Rohoboth); xix, 16; Il Par., ix, 26; II Esdr., n, 7, 9; m, 7 (désignation géographique dans ces trois passages, de même que dans les deux passages suivants des Psaumes ) ; Ps. lxxii (lxxi;, 8; i.xxx (lxxix), 12; Is., vm, 7; xi, 15; xxvn, 12; xi. vm. 18 (?); lix, 19 (?). La première mention de l'Euphrate se trouve dans la Genèse, n, 14. C'est un des quatre fleuves qui coulent dans le paradis terrestre et sortent d'une source commune. — Lorsque Dieu lit alliance avec Abraham, il lui donna le pays qui s'étend depuis le fleuve d'Egypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate. Gen., xv, 18. Voir aussi Exod., xxm, 31. — Moïse rappelle cette promesse dans le Deutéronome, i, 7; xi, 24; Dieu la renouvelle à Josué. Jos,, i, 4. — Jacob traverse l'Euphrate lorsqu'il retourne de Mésopotamie en Palestine. Gen., xx.xi, 21. Balaam habitait près de l'Euphrate. Num., xxn, 5. Josué, xxiv, 2, rappelle aux Hébreux que leurs pères habitaient autrefois au delà de l'Euphrate. La tribu de Ruben, avant l'époque de Saiil, s'étendit jusqu'à l'Euphrate. I Par., v, 9. — L'expédition de David contre Adarézer, roi de Soba, dans le pays d'Émath, eut pour effet d'assurer sa domination sur la rive droile du fleuve. I Par., xvm, 3; xix, 16; cf. II Reg., vm, 3-8; X, 16. L'Euphrate formait aussi la limite nordest du royaume de Salomon. III Reg., iv, 21,24; cf. II Par., IX, 26. Après le schisme des dix tribus, le prophète Allias fait annoncer à Jéroboam , roi d'Israël , que ses sujets seront déportés au delà du fleuve (l'Euphrate), III Reg., xiv, c'est-à-dire en Assyrie. — Lo.rs de l'expédition de Néchao II, roi d'Egypte, contre les Assyriens, sous le règne de Josias, IV Reg., xxm, 29, ce prince vint à Charcamis, sur le bord de l'Euphrate. II Par., xxxv, 20. Il s'en empara; mais, trois ans après, les Babyloniens, qui avaient succédé aux Assyriens, firent sous Nabuehodonosor une expédition contre Néchao et délirent l'armée qu'il avait laissée à Charcamis. Jer., xlvi, 2, 6, 10. Depuis lors les Égyptiens ne reparurent plus dans ce pays, et le roi de Babylone posséda, depuis le Torrent d'Egypte jusqu'à l'Euphrate, tout ce qui avait appartenu au roi d'Egypte.

IV Reg., xxiv, 7. — Les prophètes se servent souvent du nom de l'Euphrate pour désigner la puissance du roi de Babylone, comme ils se servent du nom du Nil pour désigner celle du roi d'Egypte. Is., VIII, 7 ; xi, 15; xxvn, 12;

UCT. DE LA BIBLE

Jer., n, 18. Les malédictions de Jérémie, I. , "8: li, 26, qui appellent la sécheresse contre les eaux du fleuve, s'appliquent à l'Euphrate. Le même prophète, d'après l'interprétation ordinaire, cacha une ceinture de lin symbolique sur le bord du fleuve où elle pourrit, pour montrer qu'Israël serait rejeté de Dieu, comme un objet devenu sans valeur. Jer., xm, 4-7. C'est en faisant lancer par Saraïas dans l'Euphrate le rouleau de ses prophéties attaché à une pierre qu'il annonça la ruine de Babylone. Jer., li, 63. L'Euphrate avec ses canaux formait « les fleuves de Babylone », sur les bords desquels les Israélites captifs pleuraient en se rappelant Sion. Ps. cxxxvm (Vulgate, cxxxvi), 1. — Le livre de Judith, i, 6, mentionne à la onzième année du régne de' Nabuchodonosor un combat livré par ce prince contre Arphaxad, roi des Mèdes, dans les environs de l'Euphrate. Holopherne traversa l'Euphrate pour se rendre en Mésopotamie. Judith, n, 14. Au temps de Judas Maehabée, «le pays qui va de l'Euphrate au fleuve d'Egypte » est une des provinces appartenant au roi de Syrie. I Mach., m, 32. Antiochus traverse le fleuve pour aller d'Antioche vers les régions supérieures de son royaume. Enfin dans l'Apocalypse, ix, 14, le sixième ange délie les anges qui sont attachés dans le grand fleuve de l'Euphrate, et il répand le contenu de sa phiala dans le lit du fleuve, pour le dessécher et préparer la voie aux rois qui viennent de l'Orient. Apoc, xvi, 12. L'Ecclésiastique, xxiv, 36, compare l'abondance de la sagesse de Salomon aux eaux de l'Euphrate.

E. Beurlier.

EUPOLÈME ( E-JTtôAs(jio; , « bon guerrier »), un des

ambassadeurs envoyés à Rome par Judas Maehabée, après sa victoire sur le général syrien Nicanor, afin de conclure une alliance entre les Juifs et les Romains, vers 161 avant notre ère. I Mach., vm, 7; Il Mach., iv. 11. Son père s'appelait Jean et son grand -père Accos (Vulgate : Jacob; voir t. i, col. 115). On connaît par Alexandre Polyhistor, Clément d'Alexandrie, Strom., i, 21, 23, t. vm, col. 877, 900, et Eusèbe, Prxp. evang., ix, 30- 34, t. xxi, col. 748-753, un écrivain grec de ce nom qui avait composé une histoire des Juifs, vers 157. Josèphe, Cont. Apion., i, 23, suppose que cet écrivain était païen. Cependant comme il est vraisemblable que seul un Juif a pu écrire à cette époque une histoire de ce peuple, beaucoup croient (Eusèbe, H. E., vi, 13, t. xx, col. 548; S.Jérôme, De vir. ill., 38, t. xxm, col. 653), malgré quelques contradicteurs, en s'appuyant sur l'identité de nom et d'origine et surle rapprochement des dates, que l'Eupolème des Machabées est le même que l'historien Eupolème. J. Freudenthal, Hellenistische Studien, i-n. Alc.tander Poli/histor, in-8», Breslau, 1875, p. 82-130, 208-215, 225- 230; E. Schûrer, Geschichte des jûdischen Yolkes, 1. 1, 2' édit. , 1890, p. 147, 172; t. n , 1880, p. 733 Gutschmid, Zeit und Zeitrechnung der jûdischen IL. toriker Demetrius und Eupolemos , dans les Jahrbïicher fïtr prot. Théologie, 1875, p. 749-7.".;:.

F. ViGOURorx.

EUROAQUILON (grec: texte reçu, EùpoxÀ-jSMv;

Codex Sinaiticus et Alexandrinus, EùpaxûXwv; Vulgate: Euroaquilo), vent est-nord-est. Lorsque le navire qui portait saint Paul à Rome se trouva à la hauteur du cap Matala (voir la carte de Crète, col. 1113), il s'éleva un vent violent, nommé Euraquilon, qui l'emporta vers l'île appelée Cauda. Act., xxvn, 14-15. Le texte reçu porte E-jpo-zX'J6o)v, mais les meilleurs manuscrits donnent Eùpa- /..)(.■;, ce qui est conforme à la traduction de la Vulgate. R. Bentley, fiemarks on a late discourse on freethinking, in- 12, Londres, 1717, p. 97. Le nom de lEuroaquilon est du reste inconnu en dehors de ce passage. Le mot Eurus est ici employé dans le même sens que dans Aulu-Gelle, Noct. attic, II, xxxn. et dans les poètes latins en général , pour désigner le vent d'est ; l'aquilon est le vent du nord -est. Le mot Euroaquilo est analogue au termj grec E-jp6voio;, qui désigne le vent intermédiaire entre

EUROAQUILOX — EUSÈBE

l'Eurus et le Notus, c'est-à-dire le vent du sud- sud-est. Jules Vars, L'art nautique dans l'antiquité, in-12, Paris, 1887, p. 204-208 Cf. pi. à la page 32. La marche de ce vent est décrite par saint Luc avec des détails d'une grande précision et d'une parfaite exactitude. Smith, Voyage and Shipwreck of St. Paul, Londres, 1856, p. 97, 144, 245; Conybeare et Howson, Life and Epistles of St. Paul, Londres, 1856, t. n, p. 401, 402.

E. Beurlier.

EUROCLYDON (EùpoxXûSov), nom donné, dans le lextus receptus grec, au vent appelé par la Vulgate Euroaguilo. Act., xxvn, 14. Voir Euroaquilon.

EUSÈBE, évèque de Césarée en Palestine, dit Eusèbe de Pamphile, naquit en 265. Palestinien d'origine, il vint tout jeune se fixer à Césarée, où il jouit longtemps des leçons du prêtre Pamphile , qui y avait ouvert une école théologique célèbre. Dans sa reconnaissance pour son maître, il voulut s'appeler ECtriêio; toû nau.cO.ou. Lorsque, pendant la persécution do Maxirnin, Pamphile fut emprisonné pour la foi, Eusèbe l'accompagna dans sa détention jusqu'en 309, date du martyre de Pamphile. Après la mort de son maître , Eusèbe quitta Césarée et s'enfuit à Tyr et en Egypte. 11 fut pourtant arrêté et passa dans les fers un temps indéterminé. En 313, il fut élevé sur le siège de Césarée. Très lié avec l'empereur Constantin, il se montra assez faible dans la question de l'arianisme; mais toutefois au concile de Nicée, en 325, il souscrivit à la formule de 1'iu.oovcrio;. En 330, Eusèbe prit part au synode d'Antioche, et, en 335, à celui de Tyr. 11 réapparut ensuite dans les annales de l'histoire pour célébrer pu- un discours, cette même année 335, la fête du trentenaire de l'avènement de Constantin et, en 337, pour faire son oraison funèbre. Il mourut quelques années plus tard, probablement vers 310. — L'activité littéraire d'Eusèbe fut immense au témoignage de S. Jérôme. De vir. M., 81, t. xxin, col. 689. Nous n'avons à signaler ici que l'œuvre exégétique d'Eusèbe. On peut y distinguer ce qui se rapporte à l'exégèse générale et à l'exégèse spéciale. I. Exégèse générale. — 1° On lit dans la Vie de Constantin écrite par Eusèbe, Vita Constantini, îv, 36, t. xix, col. 1185, que l'empereur demanda à son ami Eusèbe de faire écrire, à l'usage des églises de Constantinople, cinquante exemplaires de la Bible. Eusèbe, loc. cit., iv, 37, se rendit a ce désir et lit copier ces volumes en ternions (taiccrâ) et quaternions (TEvpao-si). M. Harnack, Geschichte d'er altchristlichen Litteratur, t. i, p. 572, ne croit pas qu'il se soit agi d'exemplaires complets de la Bible, et pour lui le sens des mots xpiici et Tc-tpjto-o-i demeure douteux. Toutefois l'opinion de M. Harnack, qui pense qu'Eusèbe a composé pour Constantin une sorte de chrestomathie biblique, est contraire au texte formel de la Vita Constantini. Des érudits se sont livrés à des recherches pour retrouver quelqu'un des exemplaires d'Eusèbe dans les principaux manuscrits bibliques qui nous restent; ces recherches n'ont pas abouti. Voir E. A. Frommann, De Codicibus sacris jussu Constantini magni adornatis, dans ses Opuscula philologica et historica, Cobourg, 1770, p. 303; Wieseler, Die Sinaitische Bibelhandschrift, dans les Theologische Studien und Kritil.cn . 1864 , p. 409. H5, 418; Scrivener, A full Collation of the Codex Sinaiticus with the received Text of the New Testament, 1864, p. xxx-xxxvn; Id., Introduction to the Criticism of the New Testament , 4e édit., 1894, p. 118, n. 2; Burgon, Last twelve Verses of St. Mark. 1872, p. 293. — 2" En tète d'un grand nombre de manuscrits tint grecs et syriaques que latins de la Bible, on trouve dix tables de concordances des Évangiles qui portent le nom de sections et .le canons. Ces tables sont précédées d'une lettre d'Eusèbe à Carpianus. Migne, Pair. </<■. , t. xxii, col. 1275- 1291. On attribuait jadis ces sections à Ammonius, voilà pourquoi elles sont souvent indiquées par l'abréviation A mm.; niais, en 1827, Lloyd [Novum

Testamentum grœcum, Oxford, p. vni-X!: cl. Burgon, Last Verses, p. 295; Tischendorf, Novum Testamentum grœcum, Prolegomena de Gregory, Leipzig, 1886, part, i, p. 143-144; G. H. G William, The Ammonian sections, Oxford, 1890. p. 241-272) a démontré qu'elles aussi sont l'œuvre d'Eusèbe. Ammonius d'Alexandrie avait, vers 220, dressé une Concordance ou Diatessaron des Évangiles. Partant du texte de saint Matthieu, il avait placé sur une même ligne les passages qui dans cet Évangile concordent avec les textes parallèles des trois autres. Comme Eusèbe le déclare dans sa lettre à Carpianus, le travail d'Ammonius lui suggéra l'idée du sien ; mais il lui donna une forme personnelle. Ammonius ne donnait en lecture suivie que l'Évangile de saint Matthieu, la suite des autres Évangiles était interrompue. Eusèbe désira fournir le texte continu de tous les récits. Il divisa donc séparément les Évangiles en un certain nombre de sections, àps6u.o:, 335 pour saint Matthieu, 236 pour saint Marc, 342 pour saint Luc, 232 pour saint Jean. En même temps, il dressait une table de dix canons, y.ivov:; , dont chacun contenait une liste de textes : le canon i, tous les passages (71) communs aux quatre évangélistes: le canon n, ceux ( 111 ) qui se trouvent à la fois dans saint Matthieu, saint Marc et saint Luc; le canon m indique les textes correspondants (22) de saint Matthieu, de saint Luc et de saint Jean; le canon iv, ceux (26) qui se répondent dans saint Matthieu, saint Marc et saint Jean; le canon v a les parallélismes (82) de saint Matthieu et de saint Luc; le canon vi. ceux de saint Matthieu et de saint Marc (47). Le canon vu compare les Évangiles de saint Matthieu et de saint Jean (7 textes), le canon vm, ceux de saint Luc et de saint Marc (14 passages); dans le canon IX on a les passages correspondants (21) de saint Luc et de saint Jean; enfin le canon x renferme les textes propres à chaque évangéliste, 62 pour saint Matthieu, 21 pour saint Marc, 71 pour saint Luc, 97 pour saint Jean. Dans le texte préparé pour l'usage des sections et des canons d'Eusèbe, chaque section est indiquée par un chiffre à l'encre noire; sous ce chiffre est marqué un autre au vermillon, pour indiquer le canon auquel se rapporte la section. En. consultant le canon ainsi désigné, le lecteur pouvait voir d'un coup d'oeil à quel passage des autres évangélistes répondait le texte en question. Exemple : saint Matthieu, xm, 54, était marqué pu.*',

a c'est-à-dire que la section 141e de saint Matthieu (?u.a') appartient au canon i (a'). Or dans ce canon ou trouve établie la concordance suivante :

MT pu.»'

MP

IÛ

c'est-à-dire que la 141e section de saint Matthieu correspond à la 50» (v') de saint Marc, à la 19e (16') de saint Luc et à la 59e (v*)') de saint Jean. Dans les diverses versions de la Bible, le nombre des sections eusébiennes n'est pas partout le même. Ainsi dans le manuscrit syriaque de la bibliothèque de Médicis. à Florence, écrit en l'an 586, il y a pour saint Jean 270 sections au heu de 232. M. Burgon, Last Verses, p. 310, a pensé que ce chiffre du manuscrit syriaque pouvait représenter la division primitive adoptée par Eusèbe. Cet avis n'est point partagé par Lightfoot, dans Smith. A Dictionary of Christian Biography , t. n, p. 335. Du reste, le chiffre des sections, tel qu'il se trouve dans les manuscrits latins, et qui concorde avec le chiffre des manuscrits grecs, est attesté par saint Jérôme. On trouve de bonnes reproductions des canons d'Eusèbe dans le Catalogue of ancien! MSS in the British Muséum, part, il, Londres, 1684, fol. 18, et surtout dans A. V.ileutini , Eusehio, Concordanze dei Vangeli Codice Queriniano, Brescia, 1887. Les canons d'Eusèbe ont été souvent publiés. — 3° 11 faut signaler, an point de vue exégétique, la part prise par Eusc! diffusion des travaux d'Origène sur la critique textuelle.

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