DARIUS LE MÈDE — DARIUS I
i, h 'iil parler, le titre de roi de cette ville, car les nombreux contrats qu'on % a trouvés, et qui ont été publiés par le 1'. Strassmaier, Xnschriften von Cynts, Kônig von Babylon, in-8», Leipzig, 1800, n» 11 et suiv., établissent qu'immédiatement après la conquête, ce fut Cyrus qui prit le titre de roi 'I'1 Babylone. Voir J. Knabenbauer, Comment, in Danielem, in-8», Paris, 1891, p. 171. — Comment concilier ce fait avec le texte de l'écrivain ute Darius comme roi? Le voici. 11 faut remarquer que le livre de Daniel dit de Darius le Mède, vi, 2 (v, 31): gabbêl malkû(â', « il reçut le royaume; » il le reçut de la main d'un autre, par l'autorité de Cyrus.
0 Cette locution, dit le P. Knabenbauer, In Daniel, p. 170, s'applique très bien à celui qui fut établi par Cyrus pour administrer à sa place et en son nom comme viceroi. » Cette même locution est employée Dan., vu, 18: Viqabbelûn malkûtâ' qadîSè 'Élyonin, « les saints du
1 rès-Haul recevront le royaume, » et il ne s'agit là aucunement d'une royauté proprement dite, mais simplement
!i puissance et de gloire. Si Darius le Mède est qualifié de rui, II. m., vt, i, 6, 8, etc., ce titre doit se prendre simplement dans le sens de vice-roi, comme pour Baltassar. Dan., v, 1. Voir t. i, col. 1421.
Ugbaru, comme on l'a vu plus haut , était gouverneur du pays de Gutium, dont le site est incertain. Il faut distinguer cet Ugbaru du Gobryas dont parle Hérodote, m, 70, 73, 78; iv, 132, 134; VU, 2, 5, l'un des sept conjurés qui conspirèrent contre le faux Smerdis (voir Darius 2). Ce Gobryas n'était pas Mode, comme le personnage du livre de Daniel, mais Perse; l'historien grec l'atteste expressément, Hérodote, m, 70, et l'inscription de Béhistoun, col. iv, 1. 8i; col. v, 1, 7, 9, fait de même; elle appelle Gobryas l'arsn Gaubaruva, t Gaubaruva le Perse, Sis de Mardoniya. i Darius Ier l'envoya plus tard contre les Susiens révoltés pour les réduire à l'obéissance. F. 11. Weissbach et W. Bang, Die altpersischen Keilinschriften, iu-'i", Leipzig, 1893, p. 28-29. Cf. J. Oppert, Le peuple et la langue des Médes, in-8°, Paris, 1879, p. 152-153. Ce Gaubaruva qui fait une campagne contre Suse est différent de l'Ugbaru qui avait pris et gouverné Babylone du temps de Cyrus. Dans le texte assyrien, le nom du général perse qui se lit dans l'inscription de Naksch - i - Roustam est écrit en assyrien Ku-bar-ra J. Menant, Le Syllabaire assyrien, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, Sujets divers, t. vu, 1869, p. 104), et il est qualifié de t saraslibara ou doryphore du roi Darius ». J. Menant, Les Achéménides, in-8», Paris, 187-2 , p. 98; C. Kossowicz, Inscriptiones palseopersicœ, in-8°, Saint-Pétersbourg, 187-2, p. 42.
F. Vicouroux.
2. DARIUS l«, fils d'Hystaspe (Vistâspa), roi de Perse, de la dynastie des Achéménides, né en 550, mort en 48(3 avant J.-C. (fig. 477). 11 était âgé de vingt-neuf ans quand un mage, nommé Gaumata, feignit d'être Smerdis (en perse, Bardiya), fils de Cyrus, qui avait été tué par son frère Cambyse tandis que ce dernier roi faisait la guerre en Kgypte, et s'empara du trône de Perse (août 522). Cambyse étant mort en Syrie au retour de sa
campagne, Darius, conjuré avec six autres nobles Perses, tua le faux Smerdis et fut reconnu comme roi (avril 52! ). Pour consolider son pouvoir, il épousa Atossa, sœur de Cambyse; mais, avant d'avoir fait accepter sa domination par tous les anciens sujets de la Perse, il dut combattre neuf antagonistes et livrer dix-neuf grandes batailles. Ces événements sont racontés par Darius dans la grande inscription trilingue de Béhistoun. Voir Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes, 6eédit., 1. 1, p. 163-166. Babylone révoltée soutint un siège de vingt mois. Darius y entra en août 519 et y séjourna près d'un an, jusqu'en mai .âl8. En 517, il affermit la domination perse en Egypte et il conquit une partie du nord-ouest de l'Inde. Il soumit aussi plusieurs iles de la mer Egée, la rive européenne du Bosphore et de l'IIellespont et les peuplades sauvages du Caucase méridional, ce qui l'amena à entreprendre une campagne contre les Scythes. En 513, il franchit le Bosphore sur un pont construit par Mandro-