‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 376 sur 486 · FAMINE — FARD · texte numérisé non relu

FAMINE — FARD

David fui invite par Dieu à choisir l'un de ces trois fléaux, sept années de famine, trois mois de fuite devant ses ennemis ou trois jours de peste. David choisit la peste. Il Reg., xxiv. 13, 14. Les Septante marquent seulement trois ans de famine, et le même chiffre, qui doit être le vrai, a cause de la gradation et de l'analogie visiblement cherchées dans la durée des châtiments, se lit aussi I Par., xxi. 12. — Sous Achab, la sécheresse et la famine régnèrent en Israël et à Samarie, pendant qu'Élie était nourri miraculeusement chez la veuve de Sarepta. III Reg., xvii, 1; xvm, 2; Eccli., xi.vm, 2: Lue., rv, 25.

— l'ne famine se lit sentir à l'époque d'Elisée. IV Reg., i\. 38. — Une autre famine de sept ans fut annoncée par le même prophète, et, sur son conseil, la femme de Sunam. dont il avait ressuscite le (ils. alla passer ce temps chez les Philistins. IVReg.,viit, 1-3. — Au retour de la captivité, le peuple engagea tous ses biens pour avoir du pain pendant la lamine. II Esdr.. v. 3. — l'ne famine sévit en Judée après la mort de Judas Machabée. I Mach., ix, 30. — Le prophète Agabus annonça une famine qui devait arriver sous l'empereur Claude. Act., xi, -S. Tacite, Annal., xn. 43. dit qu'il y eut à l'époque indiquée « une disette de céréales d'où provint une lamine ». Josèphe, Ant.jud., XX. v. 2. signale également, sous Claude, la grande famine qui affligea la Judée, et durant laquelle la reine Hélène acheta a grand prix du blé en Egypte pour le distribuer aux indigents. — 2° Les famines accidentelles. — Pendant le sie^e de Samarie par Benadad, une épouvantable famine se déclara dans la ville. Des femmes mangèrent leurs enfants. Le fléau cessa subitement, quand les Syriens, pris de panique, quittèrent précipitamment leur camp en abandonnant leurs provisions. IV Reg., VI, 24-30; vu. 4-20.

— La famine, au dire de Judith, désolait Béthulie pendant qu'Holopherne t'assiégeait. Judith, xi. 10. — Une forte famine fut encore la conséquence du sie^e de Jérusalem par les Cbaliléens. IV Reg., x\\. 3; .1er.. i.M. 6.— D'autres famines se produisirent à Jérusalem assiégée par Eupalor, 1 Mach.. VI, ."Ci. et dans la citadelle de la ville.

assiégée par Simon. 1 Mach., xin, 43. — Notre -Seigneui

. ms la famine au nombre des fléaux précurseurs de la ruine de Jérusalem et de la lin du monde. Mallh.. XXVII, 7; Luc. x\i. Il ; Apec., VI, S; w ni. S. La tannin' lut en effet terrible dans Jérusalem pendant le siège de celle ville par Titus, au point qu'une mère en vint à manger son enfant, comme autrefois a Samarie. Josèphe, Bell.jud., VI, m. 3, 4. Moïse avait aussi prédit ces horreurs à Israël infidèle à son Dieu : .. Tu serviras, avec la faim, la soif. le dénuement et la disette de toutes choses, les ennemis que le Seigneur enverra contre toi .. l'ne nation fondra sur toi d'un vol d'aigle... Elle t'assiégera a toutes tes portes... Dans l'angoisse et la détresse où te réduira ton ennemi, tu mangeras le fruil de tes entrailles, la chair de tes fils et de tes Biles, i Deut., xxvin, 48, 19. 52-57. 11. La cause de la famine. — 1° La famine est ordinairement causée en Palestine par le manque .le pluies ee. par les guerres. IV Reg., VI, 21-30. etc. Dans toute la Syrie, en n'a de récoltes qu'autant qu'on a de la pluie. Les sources -ont lies raies; les cours d'eau font presque

complètement défaut. île sorte que l'irrigation est impos-

. même dans les plaines. Si la pluie ne I le pas

suffisamment en novembre el en décembre, la sécheresse

en est la conséquence, et non seulement les champs ne produisent pas de moissons, mais les pâturages qui servent a la nourriture îles troupeaux sont sans herbe, el hommes et béies souffrent i gaiement do la famine. III Reg., xvn, 1, 7; xvm, 1-2, 5, 15, etc. — Dieu se servait de ce fléau c, iiiu.e d'un châtiment pour punir les infidélités di son peuple. Lev.j xwi. 19-20; Deut., xi, 10-17; wviii. 12. 2(1-23: 1s.. v, 13; \i\, 30; n. 19; bar., u. 25; Eccli., \wi\. 35; \i , l.b Jérémie en parle trente-deux foi- ,1.01ses prophéties, trois fois dans les Lamentations, cbiel douze fois, comme d un fléau que déchaîne la jus-

tice de Dieu, conjointement avec le glaive, la peste, la captivité. .1er., xiv. 12; xv, 2. etc.,; Lam., 11. lit; iv, 9; v. Kl; Ezech., vi. 1 1 : xn, 16, etc. Jérémie, xiv. 10. annonce la famine qui doit désoler Jérusalem au moment du siège. Les Juifs, comme l'avaient fait les patriarches, Gen., xn, 10: xil, 5, se proposent de fuir en Egypte, où ils ne manqueront pas de pain; le prophète leur déclare que la famine et la mort les y poursuivront. Jer., xui, 14-16. — C'est le Seigneur qui délivre, quand il lui plaît, de la famine. IV Reg., vu, 1, 2; Ps. xxxn (xxxm 1. 19; xxxvi (xxxvii), 19. Dans sa prière solennelle à l'inauguration du Temple, Salomon demanda au Seigneur d'exaucer Israël quand il viendrait prier pour être délivré de la famine. IV Reg., vin, 37; II Par., vi. 28. Josaphat renouvela cette prière. II Par., xx, 9. — En Egypte, la famine était causée par l'insuffisance de l'inondation du Nil. Cf. Gen., xli, 17-18. H. Lesètre.

FANGE (hébreu : bos, borner, Is., xx, 6; xxvn, 16; xxx. 1U, voir Argile; iji'nen. réféi, 1s., lvii, 20; Septante: \X\i(, rniXo;; II Petr., n, 22: popëopo;; Vulgate : cœnum, limus, lutum), mélange boueux que forme la pluie en tombant sur le sol et qui s'attache aux pieds des passants. — 1° Au sens littéral, la vase et la fange sont agitées par la mer en furie, Is., LVII, 20, et labourées par le ventre du crocodile comme par une i Job, XLI, 21. La fange occupe la place d'où les eaux de la mer se sont retirées, llabac., m, 15, et le fond de la citerne où l'on descend Jérémie, .1er., xxxvin. 6. Le pourceau se vautre dans la fange. II Petr., 11, 22. Avec cette matière inconsistante, cm ne peut faire des murailles qui tiennent. Job, xm, 12. — Pour guérir l'aveugle -né, Notre -Seigneur fait un peu de boue en crachant à lene et en frotte les yeux de l'infortuné. Joa., ix, 6-15. Les Pères et les commentateurs expliquent le choix de cette substance par les raisons suivantes : Notre-Scigneur veut ainsi rappeler la manière dont l'homme a été crée ; il choisit une substance plutôt propre à aveugler qu'à rendre la vue, afin que le miracle soit plus saillant; il se sert de la matière pour montrer qu'elle n'est pas mauvaise en soi; enfui il fait intervenir son humanité comme Foi de sa puissance divine. Cf. Knabenbauer. Evang. see. . Paris. 1898, p. 309. 310. — 2» Au sens figure, la désigne les choses qui abondent au point d'en être

avilies, connue les \ éléments chez le riche impie, .lob, wvii, ll>. el l'or dans la ville de Tyr. /.acb., IX, 3. — Elle est limage de l'ennemi vaincu et foulé aux pieds comme la boue des rues. Il Reg., XXII, 413; Ps. xvn (-XVIH), 43; Is.. \, ti; xi. 1. 25; Mich.. \n. 10; Zach.. x, 5. — Enfin elle symbolise l'épreuve et le malheur, dans lesquels l'homme s'enfonce comme dans une houe profonde. Job, >.xx, 19; Ps. xl (xxxixi, 3; Jer., xxxvm, 22. Un autre psalmiste s'écrie ; t renfonce dans la boue, sans pouvoir m'y tenir... Retire-moi de la boue pour que je n'enfonce plus, Ps. i.xix ( i.xvm I, 3. 15. Pendant les mois d'hiver, la fange abonde dans eeil. un- chemins de la Palestine, l'a est souvent obligé de suivre nu sentier parallèle dans les champs pour l'éviter, quitte à rencontrer pire que ce que l'on cherche à éviter, l'.u fois les animaux enfoncent jusqu'aux naseaux dans le terrain détrempé, et l'on a mille peines à les retirer. De Saulcy, Voyage autour de la mer Morte et dans les terres bibliques, Paris, 1853,

1. 11, p. 64-69, 147,339, .il. 116, 159, parle .les mésaventures que lui ont values les boues .le Palestine au .ours d'un voyage d'hiver dans la Sabkah, au sud de la mer Molle, dans les ravins du Nahr el-Kelt, dans la plaine d'Esdrelon, dans les environs de Nazareth, el. fanges de la ville .1* Naplouse son. légendaires. Liévin, .te. .le, usalem, 1887, t. m. p. .'.0; Landrieux, Au pays du Christ, Pans, 1897, p. 181.

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