DIOT. DE LA E1ULE
exterminé le peuple de Rabbath et des villes de Moab en les faisant passer sous des scies, des herses, des haches de fer, tandis qu'il les condamna simplement aux travaux forcés. Il les mit à la scie, aux pics et aux haches de fer, c'est-à-dire aux travaux de la scie, du pic, de la hache, comme d'extraire et de scier de la pierre, de couper du bois. II Reg., xn, 31 ; I Par., xx, 3. Cf. Condamin, ATo(es critiques sur le texte biblique, dans la Revue biblique, 1898, p. 253-256.
V. Comparaisons et symboles. — Le nom du fer revient fréquemment dans les comparaisons bibliques, surtout à cause de sa solidité, de sa dureté et de sa rigidité. Ainsi on dit un sceptre de fer, Ps., n, 9; Apoc, n, 27; xn, 5; xix, 15; un joug de fer, Deut., xxvm, 48; Eccli., xxvin, 24; Jer., xxvm, 13, 14 (Vulgate, au jt\ 13, « chaîne »); une terre, un ciel de fer. Deut., xxvm, 23; Lev., xxvi, 19. Une colonne de fer est une métaphore appliquée à un homme, Jer., i, 18; une muraille de fer est un rempart inexpugnable. II Mach., xi, 9. Les côtes de Béhémoth sont comparées à des barres de fer, Job, XL, 13; mais quelque solide que soit ce métal, Léviathan le brise comme de la paille. Job, XLI, 18. L'obstination est marquée par une barre de fer. Is., xlviii, 4. — Le métier de la fonte du fer était extrêmement pénible : c'est pourquoi on appelle l'Egypte une fournaise de fer pour les Israélites durant leur dure servitude. Deut., iv, 20; III Reg., vm, 51; Is., xi, 4. — « Le fer aiguise le fer » est un proverbe qui s'applique au bien que les hommes se font entre eux par ces frottements continuels qui aiguisent, pour ainsi dire, les esprits et les cœurs. Prov., xxvn, 17. Si le fer n'est pas bien aiguisé, dit l'Ecclésiaste, x, 10, et a perdu son fil, le fendeur de bois devra redoubler d'efforts : ainsi, dit-il, il faut souvent un long travail pour acquérir la sagesse. — On prend le fer comme comparaison à cause de son poids, Eccli., xxn, 18 (grec, 15); on fait allusion à sa valeur dans Isaïe, lx, 17: pour peindre la prospérité du royaume messianique, le prophète dit qu'au lieu de fer Dieu donnera de l'argent, et au lieu de pierres du fer. De même dans Isaïe, VI, 28 : au lieu d'or et d'argent qu'on devrait trouver dans le creuset d'Israël, il n'y a que du cuivre et du fer. — Dans les prophéties par action le fer est employé : Jérémie portait un joug de bois pour marquer le joug que le roi de Babylone imposerait aux nations de l'Asie occidentale; le faux prophète Hananie brisa ce joug, voulant lui aussi donner par là un symbole de la délivrance. Mais le Seigneur dit à Jérémie de s'en faire un autre en fer. Jer., xxvm, 10, 13, 14. La corne, en Orient, est un symbole de puissance ; une corne de fer marque une grande force. Mich., iv, 13. Le faux prophète Sédgcias se mit des cornes de fer et prononça comme au nom du Seigneur ces paroles : « Avec ces cornes , vous soulèverez toute la jusqu'à son entière destruction. » III Reg., xxn, 11. Dans la fameuse statue que Nabuchodonosor vit en songe. Dan., n, 33, les jambes étaient de fer, les pieds de fer mêlé d'argile. C'était le symbole d'un quatrième empire, empire de fer, qui réduirait tout en poussière; mais la puissance romaine désignée par là sera périssable et sera brisée par le royaume messianique. Dan., il, 40-43, 45. De même dans la vision des bêtes symbolisant les empires, la quatrième avait des dents et des ongles de fer. Dan., vu, 7, 19. Comme au chapitre n, le fer s'applique ici au quatrième empire, l'empire romain.
E. Levesque.
FÉRI Jean, frère mineur allemand, passa la plus grande partie de sa vie à Mayence, où, pendant vingtquatre ans, il fut le prédicateur le plus goûté dans cette ville et même, dit- on, dans l'Allemagne. Il y mourut saintement, en l'an 1554. Il a laissé quantité de bons ouvrages, notamment des Commentaires sur presque tous les Livres Saints, dans lesquels il a résumé d'une faeon merveilleuse la science des commentateurs qui l'avaient précédé. Malheureusement, beaucoup de ces ouvrages