FIENTE. Voir Excréments , col
2. fiente DE PIGEON. IV Reg., vi, 25. Voir Colombe, 3°, 6, col. 849.
FIÈVRE, « état maladif caractérisé par l'accélération du pouls et une augmentation de la chaleur animale. » Littré et Robin, Dictionnaire de médecine, 1873, p. 609. C'est le dernier trait qui avait frappé, et avec raison, les anciens, Hébreux, Grecs, Latins; d'où les noms , ont donnés à la fièvre et qui dérivent tous d'une racine exprimant la chaleur.
I. Noms. — La fièvre est désignée en hébreu par trois termes différents. — 1° nmp, qaddahat, du verbe qàdah, « enflammer, » signifie une « fièvre violente ». Lev., xxvi, 16; Deut., xxvm, 22 (Septante : îxttjp, Lev., xxvi, 16; n-jpEToç, Deut., xxvm, 22; Vulgate: ardor, dans le premier passage; febris, dans le second). — 2° rvpVi, dalléqét, de dâlag , « brûler, » employé seulement Deut., xxvm, 22, signifie aussi une « forte fièvre » (Septante : pîyoç, à cause des frissons de froid que donne la fièvre; Vulgate : frigus). — 3» imrt, harhur, de Ifârar, « être chaud, brûler, » ne se lit également qu'une fois dans le même passage du Deutéronome, xxvm, 22, et veut dire aussi « ce qui brûle, la fièvre » (Septante : Ëps6t<7u.t5; , mot qui s'entend proprement d'une « irritation ou excitation physique », et qui s'applique ici à l'irritation que cause la fièvre; Vulgate: ardor). — Il est impossible de déterminer la différence qui pouvait exister entre les trois mots qaddahat, dalléqét et harhur. Voir R. J. 'Wunderbar, Biblisch-talmudische Medicin, in-80>
FIÈVRE
T.iga, 1850-1860, part, iv, p. 43. — 4° Dans le Nouveau Testament grec, la lièvre est appelée r.-j-.izoz, de nOp, o feu. » La Vulgate traduit Tiupstd: par febris, qui vient de fervere, « bouillir. »
II. La fièvre dans l'Écriture. — Elle a toujours été très commune en Orient. La fièvre intermittente en particulier y sévit ordinairement au mois d'octobre, et aussi au mois de mars après la saison des pluies, surtout dans les bas-fonds et dans les endroits marécageux. Voir P. Primer, Krankeiten des Orienta, in-8°, Erlangen, 1847, p. 358-302; T. Tobler, Nazareth in Palàstina, in-12, Berlin, 1808, p. 207-208, et surtout Al. Russell, The Natural History of Alep.po, 2e édit., 2in-4°, Londres, 1794, t. il, p. 29S-3U3. Il n'est donc pas étonnant qu'il soit fait mention de la fièvre dans nos Livres Saints. Mais dans aucun endroit, excepté Act., XXVIII, 8, ils ne nous donnent de description suffisamment détaillée pour en préciser le caractère.
1» Dans l'Ancien Testament. — Il n'y est parlé d'aucun cas spécial de fièvre. — 1. Elle n'est nommée que d'une manière générale, dans deux passages du Pentateuque où Dieu menace de châtiments corporels et de maladies les violateurs de sa loi, tandis qu'il avait promis la santé, Exod., xv, 20; xxm, 25, à ceux qui l'observeraient fidèlement. Nous lisons dans le Lévitique, XXVI, 10: «Voici ce que je ferai : je ferai venir sur vous la terreur, la consomption et la fièvre (liaq-qaddahat) , qui consumeront vos yeux et rendront votre vie languissante. » Et dans le Deutéronome, XXVIII, 22 : « Jéhovab te frappera de consomption, de qaddahat, de dalleqét et de harhur. » — 2. Certains commentateurs ont cru que le mot réSéf, qui signifie « la flamme », « la foudre, » et aussi « oiseau », Job, xxxix, 27 (30); cf. Gesenius, Thésaurus, p. 1314, signifiait aussi « la fièvre » dans Deut., xxxii, 24, et Hab., m, 5. Gesenius, Thésaurus, p. 1314. On l'entend plus communément dans ces deux passages d'une épidémie ou d'une peste contagieuse. La paraphrase chaldaïque, les Septante et la Vulgate traduisent par « oiseaux » dans le Deutéronome, xxxn, 21. ,i , dans cet endroit, comme Deut., xxvm, 22, des châtiments que Dieu réserve à ceux qui violent sa loi. L'hébreu dit : « ils seront dévorés par une épidémie ; » le cbaldéen, le grec et le latin : « ils seront dévorés par les oiseaux. » — Dans Hab., m, 5, les Septante traduisent t.; -il-.y., « dans la campagne, » en dénaturant complètement le sens du verset. Le prophète, rappelant la manière dont le Seigneur a châtié, lors de la sortie d'Egypte, les ennemis de son peuple, montre les instruments de ses vengeances, qu'il personnifie, dèbér, « la peste, » et réléf, " l'épidémie, la contagion, » marchant, la première devant Dieu, la seconde à sa suite (et non pas ante, i en avant, o comme porte la Vulgate), pour exécuter ses jugements. Sainl Jérôme rend le sens général du verset, dans la Vulgate; mais il traduit inexactement réSéf par diabolus, « le diable, » parce que « Réseph, dit-il, est le nom d'un prince des démons, d'après les traditions des Hébreux,... celui-là même qui parla à Eve dans le paradis terrestre sous la forme d'un serpent ». C'est ainsi qu'il expliques;, traduction, In Hab., m, 5, t. xxv, col. 1314; mais les failles rabbiniques qu'il rapporte sont loin de la justifier, et elle n'est pas fondée. — 3. Nous lisons dans l'Ecclésiastique, XL, 32: « La mendicité a des charmes dans l' bouche de l'insensé (grec: de i'impudenl , mais un fin (nùp, ignis) brûle dans ses entrailles, i Le texte original hébreu découvert en ls'jT porte :
"■s-; p'nan wsa m «unS utm ■-: ivari isipai
I.n mendicité est agréable à l'homme affamé, Mais dans ses entrailles brûle comme un feu.
Une variante porte myis -xr. ke'êi bô'êref, « comme Un feu dévouât. I A. E. Cowley et Ad. Ncubauci, The
'original Hebrew of a portion of Ecclesiasticus, 1897, p. 8. Quelques interprètes ont vu à tort la fièvre dans ce « feu » qui brûle les entrailles ; il s'agit du tourment de la faim. — i. Tosèphe, Ant. jud., XIII, xv, 5, nous apprend qu'Alexandre Jannée, prince des Juifs, de la famille des Machabées, souffrit pendant trois ans d'une fièvre quarte (xz-zxf-xiui tiu^-im ).
2° Dans le Nouveau Testament. — Nous y trouvons trois cas de fièvres miraculeusement guéries. — 1. Notre- Seigneur guérit la belle- mère de saint Pierre. Les trois synoptiques nous racontent ce prodige. Matth.,vm, 14-15; Marc, i, 29-31; Luc, iv. 38-39. Elle était mç.i<yjov>itx, febricitans, et retenue dans son lit par une maladie que les trois Evangélistes appellent Trupe-ro; , febris. Jésus commanda à la fièvre, prit la malade par la main, et elle se leva aussitôt et servit à table le Seigneur et ses Apôtres. Saint Luc, qui était médecin, ajoute au mot r.vprcô; l'épithète de tié-ya:, « grande. » Comme les médecins anciens distinguaient tôv u.:yav ts xi! u.ixpov 7tupST<Sv,t la grande et la petite fièvre, » ainsi que s'exprime Galien, De différent, febc, i, 1, Opéra, édit. Kiihn, t. vu, 1821, p. 275 (cf. J. J. Wetstein. Novum Testamentum grssce, m Lue., iv, 38, t. i, Amsterdam, 1751, p. 684), certains commentateurs ont pensé que saint Luc avait voulu marquer par là l'espèce de fièvre dont souffrait la belle* mère de saint Pierre et y ont vu une preuve des connaissances médicales de cet Evangéuste. Quoi qu'il en soit de ce point, cet événement se passait à Capharnaûm, sur les bords du lac de Tibériade. C'est une région particulièrement fiévreuse. « Les lièvres malignes, dit Thompson, Tlie Land and tlie Book , in-8°, Londres, 1876, p. 356, y sont encore dominantes, surtout en été et en automne; elles sont dues sans doute à la chaleur extrême de ces plaines marécageuses. » — 2. Le second cas de guérison de fièvre opéré par Notre- Seigneur eut lieu également en faveur d'un malade de Capharnaûm. Un officier royal de celte ville dont le lîls était malade, ayant appris que Jésus était à Cana de Galilée, se rendit auprès de lui et obtint par ses prières et par sa foi le rétablissement de la santé de son enfant. 11 partit sur l'assurance que lui en donna le Sauveur, et à son retour ses serviteurs lui apprirent que « la fièvre avait quille' le malade à l'heure même où lui avait clé annoncée la guérison ». Joa., iv, 46-51. L'Évangéliste ne nous donne aucun détail sur la nature du mal. — 3. Les Actes, xxvm, S, nous racontent une troisième guérison opérée par saint Paul en faveur du père de Publius, Premier (c'est-à-dire chef) de l'Ile de Malte. L'Apôtre le guérit tout à la fois de la dysenterie et des fièvres qui l'accompagnaient. Voir Dysenterie, col. 1518.
III. Remèdes contre la fièvre. — Nous n'avons dans l'Écriture aucune indication sur les remèdes naturels qu'on employait pour combattre la fièvre en Palestine. Mais le Talmud nous renseigne sur ce sujet et sur les recettes dont on faisait usage chez les Juifs vers le commencement de notre ère. Les remèdes qu'on employait étaient la plupart superstitieux ou magiques. Ils consistent, par exemple (contre la fièvre quotidienne), à porter suspendu au cou avec un cordon de cheveux une pièce neuve de monnaie blanche et le même poids d'eau salée (Sabbath, 66), ou bien une grosse fourmi chargée de son fardeau, prise dans un carrefour, et enfermée dans un petit tuyau de cuivre scellé de soixante sceaux, etc. (il)id.). Vi\ autre remède, c'est de puiser dans un ruisseau, en prononçant certaines paroles, un peu d'eau avec un vase déterre neuf, qu'on fait tourner sept fois autour de la tête et qu'on jette ensuite derrière soi, en disant : « liuisseau, ruisseau, reprends ton eau, » etc. (ibid.). Le traité Gitlin, 07 a, 6,70 a, donne aussi quelques réelles plus ou moins bizarres, mais parmi lesquelles il y eu a de plus rationnelles, telles que boire de l'eau, du vin chaud, se baigner, transpirer, etc. VoirR. J. Wunderbar, Biblische talmudische Medizin, part, iv, p. 43-45. Les
FIEVRE
FICxUIER
Égyptiens vénéraient un dieu de la lièvre , auquel on attribuait la maladie et qu'on chassait par des formules magiques. H. Joachim, Papyros Ebers, in-8°, Berlin, •1890, p. 88, 93. En Assyrie, on attribuait également la fièvre à un démon, ASakku (en surnéro-accadien, Idpa). C'était, d'après Fr. Lenormant, La magie chez les Chaldéens , in-8°, Paris. 1874, p. 31 (cf. Frd. Delitzsch, Assyrisches Handwôrlerbuch , 1S96. p. 144), l'un des plus forts et des plus redoutes, a L'exécrable Idpa, dit un fragment reproduit dans les Western Asiatie Inscriptions , t. îv, pi. 29, 2, agit sur la lète de l'homme. « Fr. Lenormant, Chaldean Magic, in-8°, Londres (1877), p. 36. Voir aussi A. Laurent, La magie et la divination chez lesChaldéo- Assyriens, in-12, Paris, IS'Jt. p. il. Ce sont ces croyances qui avaient amené à se servir de pratiques superstitieuses et de formules magiques pour la guérison de la fièvre et de beaucoup d'autres maladies. Voir Magie.
F. ViGOIROUX.
FIGUE, FIGUIER. Hébreu : te'ênâh, pour l'arbre et le fruit; Septante : o-jx-îj, pour l'arbre et le fruit; uûxov pour le fruit, et g-jxîwy, suxûv, pour-un lieu planté de figuiers; Vulgate : ficus et ficulnea pour l'arbre, et ficus pour la figue.
I. Description. — Le figuier est un arbre de la famille des Urlieées, tribu des Artocarpées, caractérisé par son
653. — Rameau de figuier; fenilles et fruit. A droite, figue ouverte.
inflorescence incluse dans un rameau raccourci et renllé, formant un réceptacle clos pris vulgairement pour le fruit et nommé la figue. Cette figue reste petite et sèche chez la plupart des espèces répandues en grand nombre dans la région tropicale, mais devient charnue et comestible dans quelques autres habitant la zone tempérée, et que l'on peut rattacher à deux types principaux. — 1° Le figuier commun (Ficus Carica !.. , spontané aux bords de la Méditerranée et cultivé de temps immémorial dans celte région, d'où il s'est répandu par tous les pays où les hivers sont doux. Le tronc, formé d'un bois mou, se termine par une cime naturellement arrondie; les feuilles, alternes et pétiùlées (fig. 653), ont un limbe hérissé de I oils rudes en dessus, pubeseent en dessous, cordiforme,
ovale, plus ou moins profondément incisé, à cinq divisions principales, suivant le mode palmé, rarement indivis. Le bourgeon terminal est protégé par les stipules de la dernière feuille, qui tombent aussitôt que la feuille suivante vient à s'épanouir. Tous les tissus blessés laissent épancher un latex abondant et blanc comme du lait. Les nombreuses variétés du figuier diffèrent entre elles par la découpure du limbe foliaire, mais surlout par la grosseur du réceptacle, qui peut être en outre sessile ou assez longuement pédoncule, globuleux ou plus ordinairement piri forme, et diversement coloré à maturité. — 2» Pour le Ficus Sycomorus, voir Sycomore. F. Hy.
II. Exégèse. — /. àsbse. — 1° Nom et extension. — Le nom te'ênâh, dont l'étymologie est inconnue, semble remonter très haut dans la famille des langues sémitiques; car il se rencontre en phénicien, fin, tin, comme en arabe, en araméen, te'întâ', en assyrien littu. Le sens est sans conteste celui du figuier ou son fruit. Il n y a qu'au sujet de Gen., m, 7, qu'un pelit nombre d'exégètes ont voulu voir dans les feuilles du te'ênâh, dont Adam se fit une ceinture, celles du bananier, Musa paradisiaca. C'est à cause de la largeur de ses feuilles, et sans doute aussi parce que cet arbre ou son fruit Bgure souvent dans les monuments assyriens. E. Bonavia, The Flora of the assyrian monuments, in-8 . Westminster, 1894, p, 15 a 25, qu'on a songé au bananier. Voir t. i, col. 1426. Mais il n'y a aucune raison sérieuse de s'éearler du sens ordinaire du mot. — Comme le nom, le figuier
654. — Cueillette des figues en Egypte. XII« Dynastie. Beni-Hassan. D'après Lepsius, Dcnkmiiler, Abth. il, BI. 127.
était répandu dans toute l'Asie occidentale. On le voit figurer sur les monuments assyriens. Layard, Monuments, 2« série, pi. 14, 15, 20, 22. Il élail également très connu de l'Egypte, où on le nommait nouhi net dab,e s;, i à figues. » Une sépulture de Beni-Hassan nous représente la récolte des figues (fig. 651) ; le fruit, dont on a retrouvé quelques spécimens dans les tombeaux, était employé non seulement comme comestible, ou pour une liqueur de figues, mais servait en médecine. VoirLoret, Flore pharaonique, 2e édit , in-8», Paris, 1892, p. 47.
2° Mention dans la Bible; comparaisons. — Le figuier était très répandu en Palestine, aussi est-il souvent mentionné dans les textes sacrés. Il était regardé comme un des arbres les plus uliles : c'est pourquoi, dans la description delà Palestine, Deut., vin, 8, il figure à côté de la vigne, de l'olivier et des grenadiers. De même dans son apologue des arbres qui veulent élire un roi, Joatbam leur fait dire au figuier : « Viens régner sur nous. » Mais celui-ci répond: « Est-ce que je puis abandonner ma douceur et mes fruits si suaves pour aller balancer ma tète au-dessus des autres arbres?» Il a quelque chose de plus ulile à faire. Jud., ix, 10-11. Le figuier était souvent planté dans la vigne, Luc, xm, 6; et c'est ainsi qu'en le