‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 73 sur 486 · DÉMONIAQUES -- DENIER · texte numérisé non relu

DÉMONIAQUES -- DENIER

chasser par des hommes qui travaillaient à l'extension de sa domination. Il y avait adresse de sa part à accréditer ceux qui en définitive servaient sa cause. Voir Magie. Mais, par sa doctrine et par ses œuvres, Notre- Seigneur combattait ouvertement le règne de Satan. Il n'était donc pas possible qu'il tint de Satan un pouvoir qui tendait à anéantir la domination des esprits de ténèbres parmi les hommes. « Si c'est Satan qui chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc

subsistera son royal ? » Matth., xn, 26. Jésus chasse

le démon par le pouvoir divin qui lui est propre, les fils des Juifs par le pouvoir divin qui leur est communiqué. De part et d'autre, la cause de l'expulsion est la même. C'est pourquoi les exorcistes juifs auraient droit de s'élever contre les calomniateurs qui attribuent à Satan le pouvoir qu'ils exercent eux-mêmes. — 4° Toutes les fois qu'il veut délivrer nu démoniaque, Notre- Seigneur s'adresse impérativement au démon. 11 lui parle en Dieu, et le démon ne résiste pas. Dans le cas de la fille de la Chananéenne, la délivrance s'opère même à distance. Matth., xv, 22; Marc, vu, 25. Les démons se sentent au sup- , plice en présence de Jésus-Christ, Matth., v, 7 ; Luc, VIII, 28, et ils lui disent qu'il vient les torturer avant le temps, Matth., vin, 29, c'est-à-dire les chasser des corps où ils ont la liberté de nuire et les refouler dans l'enfer, d'où il ne leur sera plus permis de sortir après le dernier jugement. Ils demandent, comme une sorte de compensation, d'être autorisés à entrer dans le corps de pourceaux, et ils ne peuvent le faire qu'avec la permission du Sauveur. Matth., vin, 31, 32. — 5° Notre-Seigneur communique à ses Apôtres le pouvoir de chasser les démous. Matth., x, I ; Marc, VI, 7; Luc, IX, 1 ; il le donne ensuite aux soixante-douze disciples, Luc, x, 17, et le promet à ceux qui croiront en lui. Marc, xvi, 17. Ce pouvoir ne constitue pourtant pas un mérite. Luc, xvn, 20. Parfois même il semble lié, pour l'humiliation de ceux qui l'ont reçu ; les Apôtres ne peuvent chasser le démon du lunatique qu'on leur amène au pied de la montagne de la Transfiguration, et Notre -Seigneur leur enseigne que certains démons ne sont expulsés que par la prièn et le jeune. Matth., xvn, 15, 20; Marc, ix, 27, 28; Luc, ix, 40. L'exorcisme au nom de Jésus n'est donc pas toujours efficace par lui-même; il y laut joindre la pratique de certaines vertus particulièrement antipathiques aux démons. Certains Juifs exorcistes d'Éphèse, les sept fils de Scéva, en firent l'expérience à leurs dépens. Il- disaient aux démons : « Je vous adjure par Jésus que prêche Paul. » l'n démoniaque très dangereux se jeta sur deux d'entre eux, en disant : « Je connais Jésus, je sais qui est Paul; mais vous, qui ètes-vous? » il les

dépouilla et les blessa giieve nt. Aet., xix, 13-16. —

6° Le pouvoir conféré par Notre -Seigneur aux Apôtres el aux disciples se conserva dans l'Église. Pendant les trois premiers siècles, tons les chrétiens, clercs et laïques, réussissaient a conjurer les esprits. Tertullien, Apologet., xxin, t. i, col. MO. Plus tard, l'Église institua un ordre particulier, celui des exorcistes, auquel fut dévolu ce pouvoir. Martigny, lHi-iimiintire des antiquités chrétiennes, Paris, 1877, p. 312. 11. Lesètre.

DÉMOPHON (At)|aoçJ>v), gouverneur syrien, qui resta en Judée après le départ de Lysias et la trêve faite entre Antiochus Eupator et Judas Machabée. Comme les autres gouverneurs îles provinces, il ne l'ut pas fidèle an conditions convenues et ne cessa d'inquiéter les Juifs. 11 Mach., xn , 2.

DÉNABA (hébreu : Dinhâbâh; Septante : A=wa6di), ville du roi iduméen Bêla, lils de Béor. ('.en., xxxvi, 32; I Par., i. ci. Gesenius, Thésaurus, p. 347, suppose que le mot est composé de di, « maître, i c'est-à-dire < lieu», el de nehâbâh,t pillage, tel veut due un « repaire de voleurs ». Si l'interprétation étail bien fondée, le nom

aurait une signification assez caractéristique. Quoi qu'il en soit, il n'est pas inconnu dans les pays situés à l'orient de la Palestine. Ptolémée, v, 15, mentionne Aaviga dans la Palmyrène, et, suivant Zosime, Hist., in, 27, il v avait une Aavi6r) en Babylonie. Cf. Frz. Delitzsch, Genesis, Leipzig, 1887, p. 433. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 114, 24'J, identifient « Dannaba, la ville de Balac, fils de Béor, roi d'Édom », avec une localité existant encore de leur temps, « le bourg (xû|u), villa) de Dannaia (Aawei), à huit milles (près de douze kilomètres) d'Aréopolis (aujourd'hui Er-Rabbali), en allant vers l'Arnon. » Ils signalent en même temps « une autre Dannaba sur le mont Phogor, à sept milles (plus de dix kilomètres) d'Esbus (Hésébon) ». Ces deux endroits, appartenant à Moab, ne sauraient désigner la capitale de Bêla. L'une ou l'autre pourrait tout au plus indiquer son lieu « d'origine », si tel est le sens qu'il faut donner au texte, d'après certains auteurs.

A. Legendre.

DENIER (Sïjvâptov, denarius), monnaie romaine, qui à l'époque d'Auguste pesait 33r,898 et valait en francs 0',87.

1° Le denier dans le Nouveau Testament. — Le denier (fig. 493) est souvent mentionné dans le Nouveau Tes-

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