DIACRE
Au fond, ce sont les mêmes qualités que demandent les Apôtres pour les sept premiers diacres. Act.,vi, 3. Avoir « bon témoignage du public » ou « être irréprochable », c'est tout un. Être « remplis de l'Esprit -Saint et pleins de sagesse », c'est la même chose qu'avoir « la dignité de la vie et la connaissance des mystères chrétiens dans une conscience pure ». — Voir Seidl, Der Diakonat in der kathol. Kirche, Katisbonne, 188i. J. Bellamy.
DIADÈME. Voir Couronne.
DIAMANT. Hébreu: Sàmir; Septante: âSau,awivoç ; Vulgate : adamas, adamantinxts.
I. Description. — La première des pierres précieuses par sa rareté et ses qualités exceptionnelles de brillant et de dureté, le diamant (fig.494 est une substance minérale (du carbone pur qui cristallise en octaèdre ou en dodé-
494. — Diamant «le l'Afrique du Sud, dans sa gangue. D'après M. Bauer, Eddstcinkunde , in-8°, Leipzig, 1896, pi. i.
caèdre et en bon nombre de dérivés de ces deux formes. Sa densité moyenne est 3,5. Il est le plus dur de tous les corps; il coupe le verre, raye et perce tous les autres minéraux. Les diamants les plus estimés sont entièrement blancs ; mais on en trouve aux couleurs les plus diverses : toutefois un certain éclat particulier ne permet pas de les confondre avec les autres pierres précieuses de la même nuance. Les anciens connaissaient le diamant. Théophraste, De lapid., 19; Pline, H. N., xxxvn. 15; les auteurs grecs et romains l'appellent £Sot|uxç , adamas, « indomptable, » à cause de sa dureté. 11 faut dire toutefois qu'assez souvent ces auteurs emploient ce nom comme un ternie générique, pour désigner les corps très durs ou un métal excessivement résistant. Hésiode, Theogon., 161, 168; Eschyle, Prometh., 6; Ovide, Métam., vu, lui. (Théophraste est le premier à employer le mot scauac au sens particulier de diamant.) — Les anciens ignoraient la taille du diamant; aussi n'ont-ils pas soupçonne l'éclat incomparable que pouvait revêtir cette pierre précieuse. Avec les diamants les plus transparents, a l'état de nature ou obtenus par le frottement, ils ornaient des bagues, des vases de prix. Ils l'utilisaienl surtout pour sa dureté, et s'en servaient pour graver ou percer les gemmes les plus résistantes. H.ms leurs descriptions du diamant se mêlent de nombreuses légendes sur ses propriétés: en particulier sur l'impossibilité de le brûler en le soumettant au feu le plus intense, et sur sa résistance aux chocs les plus violents. Pline, //. .V.. xxxvn, 15. Il brûle, au contraire, facilemenl et est tie> fragile, Avanl la découverte de l'Amérique tous les diamants venaient de l'Inde. Quand Pline, //. .Y. xxxv, 15, signale l'Ethiopie comme un des gisements du diamant, c'est par suite d'une confusion de nom : tout ce qu'il dit à ce sujet s'applique a l'Inde. Voir Janneltaz et Fontenay, Diamant el pierre» précieuses, in-8», Paris. 1881 ; Ch. Barbol el Baye, Guide pratique du joaillier, sans d.ite, \? édil., p. I ltj et suiv.
IL Exérèse. — Dieu dit au prophète Ézéchiel, m, 9: o Je t'ai fait un front dur comme le Sàmir, qui est plus dur que le rocher; » image marquant qu'il lui donnera la force de résister invinciblement à ses ennemis. Zacharie, vu, 12, emploie une image semblable: « Les Juifs ont rendu leur cœur dur comme le Sàmir, » c'est-à-dire ont ] résisté à toutes les avances divines. Enfin d'après Jérémie, xvii, 1, « le péché de-Juda est écrit avec un stylet de fer et une pointe de Sânûr. » Dans ces textes il est question d'une pierre excessivement dure, dont on arme la pointe du stylet pour graver ou percer les corps les plus résistants. Or ces propriétés sont excellemment i elles du diamant. Le mot garnir vient d'une racine signifiant « creuser, percer » : il aurait été donné au diamant parce qu'on l'employait pour graver ou percer les corps les plus durs. Cf. Pline. //. N., xxxvn. 15. « Adamas (le diamant ), dit saint Jérôme [Comm. in Zach., vu, t. xxv, col. 1463; cf. Comm. in Amos, col. 1073), est une pierre très résistante, qui s'appelle samir en hébreu; elle est si dure, qu'aucun métal ne lui résiste, tandis que tous sont impuissants à la réduire; aussi est-elle appelée indomptable par les Grecs. » La Vulgate traduit aux trois endroits cités le mot sàmir par adamas, adamantinus. Les Septante omettent le mot dans Ézéchiel, in, 9, et Zacharie, vu . 12. Quant au passage de Jérémie, xvn, 1, et aux quatre versets suivants, ils sont omis dans le Codex Va- Mais dans le Codex Alexandrinus, dans l'édition de Complute. on lit les cinq versets avec l'expression : èv livMX' ïcifiivTivw. Par contre, les Septante introduisent le mot « diamant » dans un passage d'Amos, vu, 7, 8, où il est question de lil à plomb dans l'original. Dans deux manuscrits cursifs de l'Ecclésiastique, dans l'édition de Complute, le syriaque et l'arabe, il est fait aussi mention du diamant au chapitre xvi, 1G : •< Il (Dieu) a séparé 1 i lumière des ténèbres arec un diamant. » Mais les principaux manuscrits n'ont pas cette addition. — Le texte de Jérémie, XVII, 1, signale un usage particulier du qui convient à merveille au diamant; il parle d'un stylet de fer armé d'une pointe de diamant, destinée à graver les pierres les plus dures. C'est un emploi bien connu des anciens. Les fragments d'un diamant concassé sont, dit Pline, H -V., XXXVU, 15, « recherchés des graveurs, qui les enchâssent dans du fer, et par ce moyen entai aisément les substances les plus résistantes. » En cet endroit la Vulgate porte : in ungue adamantino ; traduction littérale de be-sippôrén samir. La pointe est appelée « ongle » parce que le stylet en est muni comme le doigt de son ongle, et que par cette pointe il entre dans les corps durs comme une sorte de griffe ou d'ongle. En résumé, les qualités et l'emploi du sàmir conviennent donc admirablement au diamant. — Cependant l'identification est ban d'être certaine; car il est douteux que le diamant fui bien connu des Egyptiens et des Assyriens, et par conséquent des Hébreux: et les comparaisons où il entre dans l'Écriture supposent une pierre assez répandue. D'autre part, les propriétés du Sàmir conviennent également à une espèce de corindon, le corindon limpide, le yaqout blanc des Arabes, pierre plus connue, qui est employée dans l'Inde pour graver les corps durs. Selon Teifaschi, Le livre lumineux sur la proprin gemmes et des pierres rayâtes, cité par Clément Mullet, Essai de minéralogie arabe, p. il. 15: 11 attaque toutes les autres pierres, comme fait le diamant. On adapte un morceau de corindon à un foret en fer, puis on opère la perforation , comme on fait sur le bois. » Le même auteur signale un des défauts de cette pierre, le ver. « Le ver est une fente qu'on observe dans l'intérieur du corindon et que surmonte certaine portion de la terre du gisement. Souvent on voit dans cette fente un vermisseau, qui s'agite et qui meurt aussitôt qu'il a été exposé à l'air. » Il est curieux de rapprocher de ces paroles une ancienne légende rabbinique, d'après laquelle Moïse aurait gravé les pierres du rational au moyen d'un ver appelé Sàmir. Cholin,