‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 94 sur 486 · DIMANCHE — DIME · texte numérisé non relu

DIMANCHE — DIME

mier jour de la semaine pour la fraction du pain, c'està-dire pour la célébration de la liturgie eucharistique. Ce n'était pas là un événement accidentel, mais régulier; l'expression dont se sert saint Paul, /.itx u,(av aaêoizov, suppose un fait hebdomadaire, et qui avait lieu le premier jour de la semaine. La locution de l'Apôtre, que la Vulgate a traduite par per unam sabbali , contient deux hébraïsmes : anatn esl mis pour pritnam, selon l'habitude dis Hébreux, qui se servaient de chiffres cardinaux a défaut de nombres ordinaux; sabbatum est mis pour hebdon aaine. Saint Paul estimait avec raison que le dimanche, autrement dit le jour où les lidèles se réunissaient spécialement pour les cérémonies de leur culle, étail aussi le moment favorable pour accomplir les œuvres de charité. De là la recommandation expresse qu'il adresse aux Corinthiens de prélever pour les pauvres, « le premier jour de chaque semaine, une portion de leuis gains ou de leurs revenus, « ce que chacun aura ré. » — Il est moins certain qu'on ait donné dés l'origine le nom de dies dominica ou o dimanche » au premier jour de la semaine chrétienne. Le texte de saint Jean, fui in spiritu in die dominica, n'est pas un argument décisif en faveur de l'opinion affirmative. Cette expression peu! désigner, par exemple, le jour de Pâques, qui était par excellence le jour du Seigneur. Ce qui donne hypothèse une certaine vraisemblance, c'est d'abord l'absence d'uniformité dans la terminologie des premii re siècles pour désigner le premier jour de la semaine chrétienne, et ensuite le témoignage de l'historien Nicép]

Callixte, //. E., 1. vu, c. xlvi. t. c.xt.v. col. 1320, qui attribue à l'empereur Constantin l'honneur d'avoir Dxé d'une manière définitive la dénomination qui a prévalu depuis, « jour du Seigneur. » La question, on le voit, reste indécise. — L'Église s'est appuyée sur un fondement biblique pour choisir le dimanche comme jour officiel de la célébration du culle chrétien. C'est, en effet, en ce jour qu'ont eu lieu les deux grands faits de la résurrection de Jésus-Christ el de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. Cf. Joa , xx, I-1S; Luc, xxiv, 1-P2: Marc, xvi, 1-11; Matth., xxvm, 1-15, el Act., n. Le dimanche est ainsi le mémi i . de la Pàque et de la Pentecôte chrétiennes.

J. Bel la m y.

DIME (hébreu : ma'àiêr, de 'ésér, « dix; » Septante: 5exâT>), Séxxtov ; Vulgate : décima), redevance il'un dixième sur les fruits de la terre, les troupeaux ou toute source ,ie revenus.

I. ORIGINE DE la DÎME. — 1° Chez plusieurs peuples de l'antiquité, un constate un prélèvement du dixième sur

les biens de la terre cl l'affectation de ce produit au culle de la divinité, ou a l'entretien de ceux qui la représentent ou la servent, le prince et le prêtre. En Egypte, l'impôl I- m ier payé au prince s'élevait à la dîme du produit brut du sol. Il en étail ainsi au temps des Ptolémées, comme en fait foi l'inscription de Philae (Lepsius, Denkmâler, Alith. iv, i;i. 27 6), ci probablement aussi a l'époque des anciens pharaons. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient cla ique, Paris, 1. 1, 1895, p. 330. Quand Joseph

■ uee an pi>.e. t. m sept années d'abondance que sui-

vronl sepl années 'le disette, il lui recommande de perpendanl le- sept premières années le cinquième des produits du sol, e est-à-dire la double dlme, en prévision de la période suivante durant laquelle les impôts "e pourront ir. On., xi.t. 31. — Abraham, qui

venail de Chaldée, donne à Melchisédech, prêtre du

Il lut. la dm [tee qu'il possède, lien.. XIV, 20.

Jacob pi' i au Sei meur la di le tout ce qu'il recevra de lui. lien., XXVIII, '2-2. Celle même redevance ,-e

retrouve en , ueur chez le- anciens peuples de Suie.

I Reg., vin, 15; chez les Grecs el les n .uns, soit

comme impôt civil, soit surtout comme tribut payé aux dieux. Hérodote, <■ . 89; n, 135; rv, 152; v, 77: vu". 132: ix, 81; Diodore de Sicile, v, 12: ai, 33; xx, 14; Sénophon, Anabas., V, in, 0; Hellenic, III, v, 5; VI, m,

20, etc.: Plutarque, Romul., 18; Camill.,8; Pausanias, V, x. 2: X. x, 1; Macrobe, Sat., m, 6; Justin, xvii. 7: xx, 3; Polybe, ix, 39; Cicéron, Vert:, II. m. 0. 7; Pro leg. moud.. 0; Pline, H. N., XII, 11, etc. Les Séleucides percevaient aussi la dîme, I Mach., xi, 35, et César autorisa Jean Hyrcan et ses enfants à se la faire payer par les Juifs. Josèphe, Ant.jud., XIV. x . ti. — 2» Rien ne permet de penser que cette offrande d'un dixième des récoltes ou des biens acquis soit la conséquence d'une révélation divine faite aux premiers hommes. La dîme est donc d'institution purement humaine. Mais pourquoi le choix de celte fraction, un dixième, plutôt que celui dune autre fraction ou plus faillie, comme un douzième. ou plus forte, comme un septième? Bàhr, Symbolik des mosaischen Quitus, Heidelberg, 1S37, t. i. p. 175-183, cherche a démontrer que le nombre dix implique l'idée symbolique le lulalilé, de plénitude et de perfection. Comme cette plénitude esl en Dieu et vient de lui. luiites les fois que l'homme y participe en recevant dix portions de Mens, il en consacre une à Dieu pour témoigner de -a reconnaissance; autrement dit. il olfre la dlme des biens qu'il a reçus. Mais ce symbolisme du nombre dix est surtout Iras.'- sur des exemples postérieurs à l'existence de la dlme dans l'histoire du peuple il.- Dieu, 'I même, malgré les exemples cités, la fixation de l'idée de perfection dans le nombre dix garde toujours quelque chose d'arbitraire. Lu réalité, bien que ladimeappa tout d'abord dans l'histoire avec un caractère relij et qu'elle ne soit payée au prince el au prêtre qu'à de leur qualité de représentants ou de serviteurs directs de la divinité à laquelle tous les biens de la terre appartiennent excellemment, la quotité de celle redi "in 'e tenir à une cause purement profane. Le m décimal était exclusivement en usai., dans la numération des Égyptiens ; chez les Chaldéens, il se combinait avec le

systèi luodécimal. Dans l'écriture cunéifoi me. les chiffres

étaient groupés par dizaines, comme dans notre système actuel. Il esl donc fort probable que, dès le principe, la fraclion du dixième -e sera imposée comme d'un usage plus facile pour des peuples qui employaient le svslèine décimal. L'expérience munira d'ailleurs qui ement constituait en général une offrande suffisamment respectueuse pour Dieu, sans être trop onéreuse peur l'homme. II. La DiML D'APRES la LOI MOSAÏQUE. — I ' Au Seigneur appartient la diuie de luiil ce que produit la grains mi fruits de- arbres. Elle doit être payée eu nature; mais si quelqu'un veut ta racheter, c'est-à-dire la remplacer par sa valeur en argent, il ilnii majorer cette valeur d'un cinquième. Celle majoration représentait suit les fiai- de transport dent s'exonérait le possesseui la plus-value qu'il espérait recueillir des biens en nature,

— Suai également sujets a la dlme tous les animaux, bœufs, brebis, chèvres, qui passent sous la verge du pasteur, c'est-à-dire qu'on mené paître dans les champs. Quand un les comptait. 1 pasteur frappait chaque dixième

bâton, et celui-là appartenait au Seigneur, que

i t'ai , railleurs bon ou mauvais. Quand le nombre

dix atteignait une belle bête, le possesseur pouvait être

tenté de lui en substituer un.- autre de qualité inférieure. Pour punir cette déloyauté, le Seigneur revendiquait

abus les deux animaux, le I el le mauvais, el interdisait en même temps la faculté de rachat, c.eiie dernière

clause Suppose que les animaux pouvaient êtri I

aux mêmes conditions que tes céréales et le- fruits, bien que la lui ne le dise pas positivement. I.ev., XXVII, 30 33.

— 21 Le produit des dimes est attribué aux lévites et constitue leur unique moyen coexistence, puisqu'ils -nui

- au service du Tabernacle. A leur tour, les

lévites doivent prélever la dixième paille de ce qu'ils nt. par conséquent la dlme de la dime, et la ilmi-

ner au grand prêtre, pour l'usage des autres prêtres,

Seule. nent ils n'ont pas la faculté dont bénéficiait l'Israélite ordinaire de réserver au Seigneur même 1 animal

Page 1