AIRE — AIRE D’'ORNAN
2. AIRE D'ATAD, nom du lieu où Joseph et ses frères pleurèrent pendant sept jours leur père Jacob, au delà du Jourdain, lorsqu'ils conduisaient à Hébron le corps du saint patriarche. Gen., L, 10, Voir ATap.
3. AIRE DE CHIDON, hébreu : Gôren Kidôn ; Septante: ἅλων avec omission du nom propre; le Codex Alexandrinus porte Χειδών, ainsi que Joséphe, Ant. jud., VIT, ιν, 32; Vulgate : Area Chidon. Nom de lieu où l'arche d'alliance fut sur le point de tomber, sous le régne de David, lorsqu'on la transportait de Cariathiarim à Jérusalem, et où Oza fut frappé de mort pour l'avoir touchée afin de la soutenir. I Par., ΧΙ, 9. D'après le contexte, cette aire était située sur la route de Cariathiarim à Jérusalem, dans le voisinage de la maison d'Obédédom, où l'arche fut déposée après la mort d'Oza; muis il est impossible d'en déterminer le site avec précision. D'après unetradition juive, Chidon, dont le sens est « javelot », aurait tiré son nom de ce qui est rapporté dans le livre de Josué, vin, 18-19. C'est là, d’après cette tradition, rapportée par saint Jérôme, Quæst. μοῦ. in I Par., xin, 9, t. ΧΧΠΙῚ, col. 4382, que le successeur de Moïse, sur l’ordre de Dieu, leva son javelot (Vulgate : bouclier) vers Haï, et donna ainsi aux Israélites cachés en embuscade le signal d'entrer dans cette ville. La topographie rend inacceptable cette croyance, parce que Haï est beaucoup trop au nord de la route de Cariathiarim à Jérusalem. Dans IT Reg., vi, 6, au lieu de Chidon, le texte porte Nachon. Voir l’article suivant. Après la mort d'Oza, cet endroit fut appelé Pérés-be‘uzzäh, Percussio Ozæ, « le lieu où avait été frappé Oza. » II Reg., var, 8.
4. AIRE DE NACHON, hébreu : Gôrên Näkôn; Septante : Ἄλως Ναχώρ; Vulgate : Area Nachon. 11 Reg, vi, 6. Au lieu de Nachon, on lit, I Par., xut, 9, Chidon. Voir l’article précédent. Nachon signifie « préparé, ferme, stable ». On ne saurait dire si l'aire était connue sous deux noms différents, ou si l’une des deux dénominations est altérée dans l’état actuel du texte. Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable. Voir Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p. 683. En tout cas, la leçon Näkôn est très ancienne, puisque Aquila prend nakôn pour un adjectif et traduit : ἕως ἅλωνος ἑτοίμης, « à l'aire préparée, » ce qui est aussi la traduction du Targum de Jonathan. La Peschito, dans les Paralipomènes, porte la leçon inexpliquée
5, Ramin, laquelle a été reproduite par la version arabe gb; Rain, au lieu de Kidôn.
Une variante grecque, conservée dans les Hexaples d'Orisène, t. xvI, col. 42, identifie l’aire de Nachon avec l’aire d'Ornan le Jébuséen : ἕως τῆς ἅλω Ἐρνὰ τοῦ Ἰεδουσαίου. On peut admettre comme probable que l'aire de Nachon ou Chidon était près de Jérusalem ; le récit de 1 Par., ΧΠῚ, 11-13, ne permet pas de douter que la maison d'Obédédom ne füt voisine du lieu où avait été frappé Oza; or l’histoire de la translation de l'arche de la maison d'Obédédom dans la cité de David suppose que cette maison était fort peu éloignée de la ville, puisqu'il est dit que « tout Israël se rassembla à Jérusalem », I Par., xv, 3, afin d'assister à cette fête. Toutefois, pour aller de Cariathiarim à Jérusalem, on ne devait pas passer par le mont Moriah, où était située l'aire d'Ornan, et la topographie rend ainsi cette variante de la version grecque peu vraisemblable. — Quant au nom de Nachon (ou de Chidon), il n’est pas possible de savoir si c’est un nom de lieu ou un nom d'homme. Les deux hypothèses sont admissibles. L'aire d'Ornan tirait son nom de son propriétaire; il pouvait en être de même pour celle de Nachon, comme l'ont supposé quelques interprètes. Voir Polus, Synopsis, in II Sam., vi, 6. F. ViGouroux.
5. AIRE D'ORNAN, hébreu : Gérên ’Âravenäh, ΤΙ Sam., xx1v, 16 et suiv. ; Gôrên ’Ornän, I Par., xx1, 15 et suiv. ; Il Par., 11, 1; Septante : ἅλως ’Opva; Vulgate : Area Areuna, Il Reg., xxIV, 16, 18; Area Ornan, 1 Par., XXI, 15, 18, 98; IL Par., πὶ, 1. Aire située sur le mont Moriah,
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qui tirait son nom du Jébuséen qui en était propriétaire, Voir OnNAN. Du temps de David, elle était hors de la ville de Jérusalem, au nord-est, Quand Dieu punit par le fléau de la peste l'orgueil du roi David, qui avait ordonné le dénombrement de son peuple, l'ange exécuteur des vengeances divines se tenait près de l'aire d'Ornan. II Reg., Χχιν, 10: 1 Par., xx1, 15. Lorsque le fléau eut cessé et que l'ange se fut retiré, après que le roi eut prié pour obtenir la cessation de la peste, le prophète Gad commanda à David d'élever un autel sur l'aire même d'Ornan. C'est ce que fit le monarque. Il acheta le terrain et les bœufs d'Ornan, pour les offrir en holocauste, au prix de cinquante sicles d'argent, II Reg., Χχιν, 24, ou de six cents sicles d'or, 1 Par., xx1, %5, et il y offrit au Seigneur le sacrifice qu'avait demandé son prophète. II Reg., ΧΧΙΝ, 17-%5; 1 Par., χχι, 16-98. Ce lieu ainsi sanctifié par cet holocauste devint l'emplacement du Temple de Salomon. II Par., at, 1. La différence du prix d'achat qu'on remarque entre II Reg., xx1v, %, et I Par., xx1, 35, ne peut s'expliquer que par l’altération d'un des deux textes, sans qu'il soit possible de déterminer exactement lequel des deux mérite ici la préférence. Si l'on se rappelle qu'Abraham avait payé le lieu de sépulture de sa famille quatre cents sicles d'argent, Gen., xxu1, 15-16, les cinquante sicles de ΤΙ Reg., xx1v, 24, sembleront bien peu de chose pour le prix d'un terrain à qui sa situation donnait une grande valeur, et le chiffre de I Par., xxt, 2, peut paraitre plus vraisemblable. Voir Keil, The Books of Samuel, trad. 1. Martin, p. 511. En admettant que le sicle du temps de David valait celui de l'époque des Machabées, cinquante sicles d'argent font environ 140 francs, et les six cents sicles d'or environ 2175 francs. F. VIGOUROUX.
Ὁ. AIRE, nid de l'aigle. (Voir fig. 55, col. 300.) Il en est question dans Job, xxxix, 27-28; Jérémie, xLIx, 16; Abdias, 4, et probablement aussi dans Habacue, 11, 9. Voir la description de l'aire de l'aigle dans l’article AIGLE |,
col. 300-301.
AIROLI. Voir AYROLI.
AKIBA-BEN-JOSEPH (ou AQÎBA’, sclon la trans-
cription plus exacte de son nom), fameux rabbin, vécut dans le 1 siècle et au commencement du 115 siècle de lère chrétienne; il mourut en 135. La tradition juive, très légendaire sur les circonstances merveilleuses de sa vie, prétend qu'il vécut cent vingt ans. Il aurait ouvert à Lydda, puis à Jamnia (Jabné), une école, très célébre par le nombre des disciples qui la fréquentaient, Comme certains docteurs de son temps émeltaient des doutes au sujet de l'inspiration du Cantique des cantiques et voulaient le retrancher du canon, R. Akiba défendit avec force l'inspiration et la canonicité de ce livre. « Les hagiographes sont saints, disait-il, mais le Cantique des cantiques est très saint. » Yadaim, 11, 5. Sclon l'interprétation traditionnelle des anciens Juifs, il l'entendait de lunion de Dieu avec son peuple d'Israël. La Mischna, commencée par Hillel, fut enrichie et développée par Akiba. Il classa les traditions orales après les avoir re-
cueillies avec soin, et ajouta un certain nombre de pré- |
ceptes de son invention, la plupart assez futiles. Avant tout, ce fut un casuiste, Dans un äge très avancé, il prit une part active considérable dans l'insurrection de Bar- Cochébas. Ce brigand illuminé, prenant ce nom, qui signilie « fils de l'étoile », prétendit être le Messie, annoncé par le prophète Balaam sous cet crmbléme. Cette prétention fut accréditée par Akiba, qui alla jusqu'à verser l'huile sainte sur la tête de cet imposteur, et à se faire son écuyer et son héraut, La révolte fut réprimée par Julius Severus, le plus habile des généraux d’Adrien. Bar- Cochébas, plus justement appelé depuis Bar-Côzibà, « fils du mensonge, » fut tué dans Béther, et Akiba, fait prisonnier, fut écorché vif. « Avec lui, dit la Mischna, s'éva-
AIRE D'ORNAN — ALABASTRUM
nouit la gloire de la Loi. » Quelques ouvrages lui sont attribués, mais à tort. Il ἃ pu sans doute avoir une certaine part dans leur composition, en poser les premières bases; mais ce sont des œuvres de rédaction plus tar dive, et le produit du travail de plusieurs générations : 10 Séfer yesiräh, Livre de la création, un des deux principaux documents de la littérature cabalistique ; 2 Séfer ‘ôtiyôt $el R. "Aqiba’, Le livre des lettres de Rabbi Akiba, in-4, Venise, 1556, et Cracovie, 1579, œuvre cabalistique de moindre importance ; c'est une étude sur les propriétés mystiques attachées aux lettres de l'alphabet hébreu, et sur les sens cachés que ces lettres nous oflrent dans le texte sacré, grâce à des combinaisons faites selon les procédés de la cabale. Au commencement de cet ouvrage est décrite une scène étrange. Les vingt-deux lettres de l'alphabet paraissent successivement devant Dieu, et chacune d'elles le supplie de la placer en tête du récit de la création. Cette prérogative est accordée à la lettre 3, b, parce qu’elle commence le mot 372, barek, « bénir. » On prouve par là que la création tout entière est une bénédiction divine. Le livre des lettres où alphabet d'Akiba a été Waduit en latin, et se trouve dans Athanase Kircher, Œdipus ægyptliacus , t. 11, p. 225, in-fo, Rome, 1652-1654. On le trouve aussi dans Bartolocci, Bibliotheca rabbinica, t. αν, p. 279. E. LEVESQUE.
ALABASTER William, théologien anglican, né en 1567 à Hadleigh, dans le comté de Sufolk, en Angleterre, mort à Therfield en avril 1640. 1] se fit catholique et redevint anglican, ce qui lui fit obtenir une prébende à Saint-Paul de Londres. II composa un Dictionnaire intitulé Lexicon pentaglotton, hebraicum, chaldaicum, syriacum, talmudico-rabbinicum et arabicum, in-f°, Londres, 1637, et plusieurs autres ouvrages remplis de singularités que lui avait inspirées l'étude de la cabale; Tractatus de bestia apocalyplica, in-12, Delphis, 1621, etc.
ALABASTRUM (grec: τὸ ἀλάθαστρον ou 6 et ñ ἀλάθαστρος ; latin : alabastrum ou alabaster). On donne commu nément le nom d'albätre à deux pierres de formation et de composition différentes, mais ayant entre elles quelque ressemblance et pouvant servir aux mêmes usages. Ce sont : 19 l'albätre gypseux (chaux sulfatée), d'une belle teinte blanche, d'un grain fin, et qui peut facilement être travaillé, celui dont les carrières les plus estimées aujourd'hui sont à Volterra en Toscane; % l'albätre calcaire (chaux carbonatée), ayant plus de dureté et d'éclat que le précédent, et provenant de stalactites ou de stalagmites en mäâsse à disposition zonaire; de là, suivant la nature des terrains traversés par les eaux calcaires, une grande diversilé dans les teintes οἱ dans les ondulations des veines. Une variété d’albätre calcaire, remarquable par la finesse de sa pâte et par ses veines sinueuses jaunätres, est connue sous le nom d'albätre oriental. Les anciens l’estimaient beaucoup et l’appelaient aussi onyx (sans doute à cause de sa ressemblance avec la pierre précieuse de ce nom, de formation siliceuse). Cf. de Lapparent, Cours de minéralogie, 1884, p. 423, 431.
Chez les anciens, alabastrum désignait : 19. la pierre dont nous venons de parler (calcaire ou gypseuse), et dont ils faisaient usage pour sculptures, vases, urnes, revêtements, ete. Cf, Athénée, xv, 686; Hérodien, 111, 15-16; Pausanias, 1, 18, et surtout Théophraste, De odorib., ἃ; De lapid., 1, et Pline, qui, après l'avoir désignée sous le nom d’onyx, ajoute : « Quelques-uns nomment cette pierre alabastrite; on en fait des vases à parfums, parce qu'elle passe pour les préserver de toute corruption... On la trouve aux environs de Thèbes d'Égypte et de Damas de Syrie. On ἃ donné la palme entre tous les albätres à celui de la Carmanie, puis à celui de l'Inde, et finalement à ceux de Syrie et d'Asie, » H. N., xxxvi, 12, traduct. Littré, 2 in-%°, Paris, 1850, τ. 11, p. 509, Et encore, xxxvir, 54, p. 560 : « L'alabastrite vient d'Alabastrum en Égypte, et
de Damas en Syrie; elle est d’une teinte blanche, qu'entrecoupent diflérentes couleurs, » La ville d'Alabastrum était située dans les montagnes de la Thébaïde. Jbid., v, 11, t. 1, p. 219. De plus, Pline, XxxvI, 59, t. 11, p. 598, paraît avoir fait la distinction entre les deux albâtres, quand il dit qu'une espèce de gypse provient d'une pierre qui ressemble ἃ l'alabastrite. Cf. aussi Théophraste, De lapid., 9.
2 Plus souvent encore les anciens désignent par alabastrum des vases de forme spéciale, et particulièrement destinés à renfermer des partums. Cf. Théophraste, De odor., M; Pline, H. N., x, 4.
Aussi la locution ἀλάθαστρον μύρου se rencontre-t-elle fréquemment, et déjà dans Hérodote, 1, 20; Elien, Ilist. variæ, 12,18; Lucien, Asin.,51; Dial. meretr., 1%, 2; Anthol., 1. 1x, n. 153; et chez les Lalins : alabaster plenus unguenti, Cicéron, Acad., 2, ou simplement alabastra unquenti, Pétrone, Satyr., 60, Cependant les alabastra pouvaient parfois servir à d'autres usages; les délicats d'Alexandrie utilisaient leur orifice étroit pour boire avec un certain raffinement.
Cf. Clément d'Alexandrie, Pædag., nu, 2,t. vis, col. 429. Aristophane, Acharn., v. 1053, parle aussi de coupes d’albâtre. — Ces vases avaient la forme d'une fiole cylindrique, légèrement renflée vers la base, sans anse, au col étroit mais parfois un peu allongé, ayant un orifice qui devait se fermer avec de la