‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 177 sur 474 · Médaille d'Alexandrie · texte numérisé non relu

Médaille d'Alexandrie

Tête diadémée de l’empereur Adrien, à droite. HADRIANVS

AVG COS III PP. — À. ALEXANDRIA. Alexandrie personnifiée, debout, à gauche, tenant un sistre de la main droite,

L'illustre conquérant macédonien avait trouvé, dans les eaux profondes qui s'étendent entre l'ile et le continent, la place toute naturelle d’un double port destiné à devenir le boulevard de sa puissance, et peut-être la pierre d’attente de ses visées ambitieuses sur l'Occident. C'était un point de jonction indiqué entre les deux parties du vieux monde. Là, l'Europe devait venir acheter les produits de l'Inde et de l'Egypte, apportés du désert par les caravanes, et déposés dans les eaux du lac Maréotis par mille barques sillonnant les bras du Nil. C’est à Dinocrate, l'architecte du nouveau temple de Diane à Éphèse, que fut confié le soin de créer le port et de bâtir la ville dont Alexandre avait, dit-on, tracé lui-même le plan, mais dont il ne vit pas l'achèvement. On sait que l'honneur d'en avoir élevé les principales constructions revient à ses successeurs, Ptolémée Soter et Ptolémée Philadelphe.

La grande cité, bâtie entre le lac Maréotis au sud et la Méditerranée au nord, affectait dans son développement la forme d'une chlamyde grecque. Un large môle, long de sept stades (1300 mètres environ), d'où son nom d'Heptastade, défendu par un fort à chacune de ses extrémités, et percé de deux vastes ponts, mettait en communication la cité et l'ile de Pharos. Celle-ci, étroite et allongée de l'ouest à l'est, jusqu'au petit rocher qui portait le célèbre phare de Sostrate de Cnide, constituait une jetée naturelle fort propice pour briser les lames de la haute mer et couvrir simultanément les deux ports, qui s'arrondissaient en anses très favorables, l'un à l'est et l’autre à l’ouest de l'Heptastade. Le premier s'appelait le Grand Port, le second était désigné sous le nom d’'Eunostos, ou « Port d'heureux retour ». Dans le Grand Port, entre le promontoire de Lochias et l'ilot d'Antirhodos, se trouvait en outre le port feriné, où s’abritaient les galères royales, et dans l'Eu-

Fr

nostos le bassin du ÆKibôtos ou « Coffre », qui mettait la mer en communication avec le lac Maréotis et la branche canopique du Nil. Voir le plan, fig. 9%.

A la hauteur de l'Heptastade, deux rues se coupaient à angle droit. Elles mesuraient l'une, de l'est à l'ouest, c'est-à-dire de la porte Canopique à celle de la Nécropole, 40 stades (près de 8 kil.), et l'autre, du sud au nord, c'està-dire de la porte du Soleil à celle de la Lune, 8 stades seulement, et avaient toutes la largeur d'un pléthre, qui était la sixième partie du stade, soit 31 mêtres. Ces deux artères principales devaient rendre facile dans l'immense cité la circulation, non seulement du mouvement commercial qui en faisait la fortune, mais surtout de ces vents

Page 1