‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 179 sur 474 · L. Thuillier del · texte numérisé non relu

L. Thuillier del

étésiens, si nécessaires pour tempérer périodiquement les ardeurs d'un ciel de feu. De grands aqueducs versaient à flots limpides, dans des fontaines de marbre et de granit, les douces eaux du Nil. Des trois quartiers qui constituaient la superbe capitale, celui du centre ou Bruchéion, de beaucoup plus riche et mieux habité que les deux autres, puisqu'on l'appelait le quartier royal, appartenait aux Grecs. Quand Dinocrate en traça le plan, il voulut que ses principaux édifices fussent disposés de façon à laisser libre la vue sur le Grand Port et sur Pharos. La conformation du terrain s'y prétait un peu, puisque d'un de ses monuments, le Panéion, on dominait la ville entière. Le grand Gymnase et le Palais de justice se trouvaient aussi dans un site assez élevé. Venaient ensuite, en se rapprochant des quais, l'Amphithéätre, la Bourse, le Soma, où les rois voulaient tous être ensevelis autour du cercueil d'Alexandre, le Muséum et sa fameuse bibliothèque contenant 400 000 volumes d'après les uns, et 700 000 d'aprés les autres; le Théâtre et le Stade, Puis, sur les quais eux-mêmes, et à côté d'immenses docks pour les marchandises, étaient disséminés des temples, des tours et des palais.

Au levant du Bruchéion, dans une sorte de ville à part, derrière des remparts dont ils fermaient et ouvraient euxmêmes les portes, gouvernés par un alabarque ou chef de

peuple, classé parmi les personnages officiels de la cité,

94, — Plan d'Alexandrie ancienne. D'après Mahmoud -bey et Ncroutsos-bey.

autour du vieux sanctuaire de Sérapis et vers la nécropole de la cité, était demeurée la population indigène ; et ces Egyptiens ou Coptes, voués aux plus durs travaux, semblaient les serviteurs-nés ou les mercenaires des Grecs et des Juifs, qui les traitaient en race vaincue et dégénérée. Comme pour rendre un dernier hommage à leur vieille religion, les deux premiers Ptolémées avaient reconstruit sur un plan magnifique le temple de Sérapis. Là se trouvait la grande bibliothèque de 200 000 volumes, qu'Antoine apporta de Pergame pour remplacer celle du Muséum, brülée quand Jules César fit incendier la flotte alexandrine.

Diodore de Sicile dit que de son temps (58 avant J.-C), malgré le despotisme funeste des derniers Ptolémées, il y avait à Alexandrie trois cent mille hommes libres, ce qui suppose une population de près d'un million d'habitants. Le règne des premiers Ptolémées, Soter, Philadelphe et méme Évergète, marque l'apogée de la gloire d'Alexandrie pendant la période grecque. D'Épiphane à Aulètes, la grande cité décline sensiblement. Avec Cléopâtre, elle passe définitivement sous la dominatian de César et de ses successeurs, qui la traitent bien ou mal, selon leurs bizarres caprices. Toutefois les humiliations et les violences qu'elle dut subir n'entravérent jamais l'activité de son commerce, et l'on peut dire que, si la vie sociale y reçut de bonne

heure les plus funestes atteintes, au point de vue de la prospérité matérielle elle résista longtemps à toutes les épreuves,

Le courant intellectuel que les premiers rois macédoniens y avaient créé subsista lui aussi, à peu près constant, autour de ces immenses bibliothèques, trésor incomparable, que la fureur aveugle des uns et le fanatisme des autres devaient plus tard détruire, à l'éternel regret des travailleurs de l'avenir. Dans les vastes dépendances du Muséum, des savants enseignaient, prenaient leurs repas, vivaient en commun, rappelant ainsi le genre de vie du collège sacerdotal d'Héliopolis, que Ptolémée Soter avait

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