Vue d'Alexandrie actuelle, D’après une photographie
tenté de reconstituer à Alexandrie. Un prêtre, désigné
d'abord par les rois d'Égypte, et puis par les empereurs romains, était recteur de cette université, où sembla renailre, mais à un degré inférieur, la vie littéraire qui s'éteignait en Grèce. L'école d'Alexandrie eut plus de grammairiens, de rhéteurs et d’archéologues que de poètes; plus de mathématiciens, de médecins, d’astronomes et de géographes que de philosophes. Les vraies intuitions du génie y demeurèrent rares, mais les efforts de l'esprit y furent sérieux. On a eu raison de dire que l’éclectisme et la critique furent le champ préféré de ses triomphes. Au moment où les vieilles religions tombaient en décadence, elle chercha à découvrir dans les mythes anciens des idées philosophiques très modernes, et, à ce travail, elle fit souvent preuve de beaucoup d'esprit.
En contact avec ces idéologues qui remplissaient du bruit de leurs nouveautés l’école et l'agora, le judaïsme, de plus en plus prospère, subit lui-même jusqu'à un certain point leur influence. Sans cesser de vénérer à Jérusalem le centre réel de la religion théocratique, les Juifs d'Égypte avaient bâti un temple à Léontopolis. Ils
les conceptions de la philosophie grecque ; et de ces influences réciproques sortit une préparation générale des esprits, qui devait, non pas faire éclore ou compléter l'Évangile, mais inspirer ses plus célèbres apologistes et ses premiers défenseurs. C'est par ce côté qu'Alexandrie se rattache à l’histoire biblique, beaucoup plus que par les très rares passages des Livres Saints où cette ville est mentionnée.
Les Juifs d'Alexandrie sont cités parmi les adversaires d'Étienne à Jérusalem, Act., vi, 9, et nous savons qu'un des plus éloquents prédicateurs de l'Évangile, Apollon, âme ardente et esprit puissant dans la science des Écritures, était originaire d'Alexandrie. Act., xvIn, 24, 95. Ces simples indications portent à croire qu'un centre si important parmi ceux où vivaient les Juifs de la dispersion et si heureusement préparé par la philosophie platonicienne à recevoir l'Évangile, fut abordé dès la première heure par les ouvriers apostoliques. D'après Eusèbe, H. E., πὶ, 16, t. xx, col. 173, c'est saint Marc qui, étant allé annoncer la bonne nouvelle à Alexandrie, y établit une Église chré= tienne ; mais il est très probable que les Alexandrins et
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les Cyrénéens présents à la Pentecôte l'y avaient devancé, En tout cas, on peut voir un indice de l'intensité de vie religieuse nouvelle qui se manifesta de très bonne heure à Alexandrie dans ces sectes gnostiques, qui, dès le commencement du second siècle, y pullulérent avec Basilide, Valentin et les autres, non moins que dans la vigoureuse formation chrétienne des grands apologistes qui, cent ans plus tard, y enseignèrent l'Évangile avec tant d'éclat. Les Actes des Apôtres parlent des navires d'Alexandrie, qui depuis la décadence de Tyr, de Sidon et de Carthage, étaient les principaux auxiliaires du commerce dans les ports de la Méditerranée. Le vaisseau sur lequel saint Paul fit naufrage était alexandrin, Act., XxvI1, 6-44, de même