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ornées, comme on en voit de si belles dans les manuscrits de l’époque carolingienne. Hauteur : 50 cent.; largeur: 34, Nous reproduisons ici (fig. 117) le fac-similé de la moitié d'une page du manuscrit, contenant : Luc., 1v, 32-37, et 1v, #1-v, 3. Le manuscrit ne forme qu'un volume de 1029 feuillets. Il contient le texte intégral de la Vulgate, chaque livre précédé de son introduction ou prologue par saint Jérôme.
Au verso du premier feuillet du manuscrit, on lit l'inscription que voici, en vers: CENOBIUM AD EXIMII MERITO | VENERABILE SALVATORIS || QUEM CAPUT ECCLESLÆ | DEDICAT ALTA FIDES || PETRUS LANGOBARDORUM | EXTREMIS DE FINIB. ABBAS || DEVOTI AFFECTUS | PIGNORA MITTO MEI || MEQUE MEOSQ. OPTANS | TANTI INTER GAUDIA PATRIS || IN CÆLIS MEMOREM | SEMPER HABERE LOCUM. Le sens de cette dédicace était : « Pierre, abbé à l'extrémité du pays des Lombards, envoie ce gage de son tendre dévouement au vénérable couvent du Sauveur, que la foi tient pour la tête de l'Eglise. » Cet abbé Pierre était inconnu; l'expression de CAPUT ECCLESLE, appliquée au couvent de Monte-Amiato, était bien singulière. Ajoutez que les mots CENOBIUM, SALVATORIS et PETRUS LANGOBARDORUM, sont des mots écrits de seconde main sur un grattage. Évidemment le manuscrit ayant à un moment donné changé de propriétaire, on avait démarqué la dédicace. Mais quel était le destinataire primitif? Bandini, au siècle dernier, dressant le catalogue des manuscrits laurentiens, avait proposé de corriger ainsi le premier vers:
Culmen ad eximit merilo venerabile Petri.
Du même coup, on remettait l'hexamètre sur ses pieds, δὲ l’on accordait ce premier vers avec le second :
Quem caput ecclesiæ dedicat alta fides.
Le manuscrit devenait ainsi un manuscrit offert à l'Église romaine, caput ecclesiæ. Restait le Petrus Langobardorum. Bandini proposait de restituer: Servandus Latii. En effet, en tête du Lévitique, on lisait le nom d’un copiste ayant travaillé à l'exécution du manuscrit : Ὁ KYPIC CEPBANAOCG AI IIOIHCEN. On connaissait un abbé Servandus, du vr siècle, ami de saint Benoît, et des environs d’Alatri, à l'extrémité du Latium. Le Codex Armiatinus fut considéré comme un manuscrit du vi: siècle, d'origine italienne ; il fut accepté comme tel par Tischendorf.
La découverte de l’origine véritable et de l’âge du Codex Amiatinus est une des plus brillantes divinations de M. de Rossi. Dans un mémoire sur les origines de la bibliothèque du Saint-Siège, publié en 1886, — ce mémoire sert de préface au catalogue des manuscrits de la bibliothèque Vaticane, — il rappelait comment, au vue et au vire siècle, les évêques et les abbés d'au delà les Alpes aimaient à se faire donner des manuscrits par les papes, à ce point que le pape Martin (649-653) pouvait écrire : « Codices jam exinaniti sunt a nostra bibliotheca, unde ei [le porteur de la lettre | dare nullatenus habuimus; transcribere autem nou potuit, quoniam festinanter de hac civitate egredi properavit, » Benoît Biscop, le fondateur de l'abbaye de Wearmouth et de celle de Jarrow, était de ces prélats du vue siècle dévots aux choses et aux livres de Rome : cinq fois (en 653, en 658, en 671, en 678 et en 684) il avait fait le pélerinage de Rome, en rapportant chaque fois, au témoignage de Bède, « innumerabilem librorum omnis generis copiam. » Il était mort laissant à ses deux abbayes « bibliothecam quam de Roma nobilissimam copiosissimamque advexerat ». [l avait eu pour successeur Ceolfrid, qui devait être le maître de Bède, et dont Bède nous rapporte qu'il prit grand soin de la bibliothèque de Benoît Biscop, et que particulièrement il fit exécuter trois manuscrits de la Sainte Écriture d’après un exemplaire apporté de Rome, qu’il donna une copie à chacune de ses deux abbayes, Wearmouth et Jarrow, et que, partant pour Rome, il prit la troisième copie pour l'offrir en don au Saint-Siège. Ceolfrid mourut en chemin, à Langres (25 sep-
AMIATINUS (CODEX)
tembre 716); mais les moines qui l’accompagnaient pour= suivirent leur route vers la ville éternelle, et il est à supposer qu'ils accomplirent les intentions de leur abbé, ainsi exprimées par Bède : « Inter alia donaria quæ aflerre disposuerat, misit ecclesiæ sancti Petri pandectem a beato Hieronymo in latinum ex hebræo vel græco fonte translatum... » Il envoyait à l'église de Saint-Pierre un exemplaire de la Vulgate hiéronymienne. C'est sur ces faits que s'appuya M. de Rossi pour conjecturer qu'il fallait lire dans la dédicace du Codex Amiatinus non point Petrus Langobardorum , ni davantage Servandus Latii, mais Ceolfridüus Britonum. Les deux mots devinés par M. de Rossi tenaient normalement la place du grattage. La quantité seule souffrait : M. Samuel Berger proposa Céülfridüs Anglorum. Les revues anglaises parlaient pour et contre cette conjecture, qui abaissait au vie siècle le plus important manuscrit de la Vulgate hiéronymienne, et en faisait une œuvre anglo-saxonne, lorsque M. Hort signala dans une Vie anonyme de Ceolfrid, vraisemblablement l'œuvre de Béde, publiée pour la premiére fois en 1841, et à laquelle personne n'avait songé, un passage où il est rapporté, dans les mêmes termes que ci-dessus, comment Ceolfrid fit faire trois copies de la Bible romaine qu'il possédait, qu'il voulut offrir une de ces trois copies à l'église de Saint-Pierre à Rome, qu'il mourut au cours de son pèlerinage, mais que la Bible qu'il destinait à Saint- Pierre portait en tête les vers suivants :
Corpus ad exlmii merito venerabile Petri Dedicat ecclesiæ quem caput alta fides, Ceotfridus, Anglorwm ezxtimis de finibus abbas, Devoti affectus pignora mitto mei, etc.
On ne saurait souhaiter pour une conjecture une plus parfaite vérification. Le Codex Amiatinus a donc ainsi été exécuté entre 690, date de la mort de Benoît Biscop, et 716, et plutôt vers 690 que vers 716, dans le Northumberland, soit à Jarrow, soit à Wearmouth, et il est la copie d'un manuscrit de la Vulgate hiéronymienne apporté de Rome.
On a voulu préciser davantage, et comme l'Amiatinus se présente avec un prologue sur les divisions de la Bible en livres, prologue dont le texte se retrouve à peu près identiquement dans le De institutione divinarum litterarum de Cassiodore, on ἃ cru pouvoir avancer que l’Amiatinus sortait de la librairie de Cassiodore. Le problème avait été posé par M. Corssen, Die Bibeln des Cassiodorius und der Codex Amiatinus, dans les Jahrbücher für protestantische Theologie, Leipzig, 1883, p. 619-633, et repris en Angleterre, en 1887, par MM. Wordsworth, Hort, Browne, etc. On peut considérer comme acquis : 1° que le Codex Amiatinus est absolument indépendant de Cassiodore, et 2° que le prologue sur les divisions de la Bible, qui remplit les premiers feuillets de l'Amiatinus, est d'origine cassiodorienne, mais n'a pas été fait pour l'Amiatinus. Voir l'article de M. Corssen dans l'Academy du 17 avril 1888.
Le Codex Amiatinus est, à l'heure actuelle, considéré comme représentant le plus ancien état du texte de la Vulgate hiéronymienne, ou, autrement dit, comme se rapprochant le plus du texte donné par saint Jérôme. En outre, il a joué un rôle considérable dans l'histoire de la Vulgate hiéronymienne et de la Bible au moyen äge. « C’est du Northumberland que les bons textes de la Vulgate se sont répandus non seulement sur l'Italie, à laquelle l'Angleterre payait ainsi sa dette, mais bien plus encore sur la France ; car Alcuin était d'York, et c'est lui que Charlemagne choisit pour corriger le texte de la Bible. » Samuel Berger, De l'histoire de la Vulgate en France, Paris, 1887, p. 4. Enfin l’on sait que le Codex Amiatinus ἃ été utilisé pour la constitution du texte de l'édition sixtine de la Vulgate. Tischendorf a publié le texte du Nouveau Testament du Codex Amiatinus : C. Tischendorf, Novum Testamentum eæ Codice Amiatino, Leipzig, 1850-1854, Mais il nous manque une reproduction phototypique du
manuscrit tout entier. Voir Bandini, Bibliotheca Leopoldina Laurentiana, Florence, 1791, t. 1, p. 701-732; 1. Wordsworth, Novum Testamentum Domini Nostri lesu Christi latine, p. x1, Oxford, 1889; de Rossi, La Bibbia offerta da Ceolfrido abbate al sepulcro di 5. Pietro, Rome, 4888; J. White, The Codex Amiatinus and its birthplace, dans les Studia bibliea, Oxford, 1890, t. 11, p. 273-308. P. BATIFFOL.
AMICO Bernardino, moine franciscain, né à Gallipoli, dans le royaume de Naples, était prieur de son ordre à Jérusalem, en 1596. Pendant un séjour de cinq ans en Palestine, il étudia avec soin la géographie de la Terre Sainte, et à son retour en Italie, il publia un Trattato delle Piante et Immagini de Sacri Edifizj di Terra Santa, disegnate in Jerusalemme, imprimé d’abord à Rome, in-f°, 1609, puis à Florence, 1620, avec des additions. Les gravures de la seconde édition de cet ouvrage, qui représentent les édifices sacrés de la Palestine, sont du célèbre Callot (47 estampes sur 35 planches, parmi lesquelles nous signalerons celle du ch. xLiv, f. 55 ὃ, représentant Jérusalem telle qu'elle était au xvie siècle); les gravures de la première édition sont d'A. Tempestini. Voir G. Mazzuchelli, Scrittori d'Italia, t. τι, 1753, p. 62; E. Meaume, Recherches sur la vie et les ouvrages de J. Callot, 3 in-8, Paris, 1853-1860, t. 111, n°5 455-489, p. 311; M. Vachon, J. Callot, in-4°, Paris (1886), p. 66.
AMINADAB, hébreu : ‘Amminädäb, « mon peuple est noble ; » Septante : ᾿Αμιναδάβ.
4. AMINADAB, fils de Ram (dans Ruth οἱ 5. Matthieu : Aram), de la tribu de Juda. Sa fille Élisabeth devint la femme du grand prêtre Aaron; et son fils Nahasson fut le chef de sa tribu, à l'époque de la sortie d'Égypte. Il vécut donc sous la dure servitude des Pharaons et dut mourir avant l'exode. Exod., vi, 39; Num., 1, 7; π, 3; vu, 19, 17; x, 14; Ruth, 1v, 19, 20; I Par., πι, 10. Il est compté parmi les ancêtres de Notre-Seigneur Jésus-Christ. S. Matth., 1, 4; 5. Luc, πὶ, 33.
2. AMINADAB, un des fils de Caath, et père de Coré, de la famille de Lévi. I Par., vi, 22. Aïlleurs, Exod., vi, 18; I Par., vi, 2, 18, il est appelé Isaar. Le texte du Codex Alexandrinus des Septante ἃ de même, Ἰσσαάρ. Aussi on peut croire à une erreur de copiste dans I Par., vi, 22.
3. AMINADAB, frère et chef des cent douze fils d’Oziel, lévite de la famille de Caath, au temps de David. I Par., xv, 10-13. Le pieux roi l'envoya, avec d’autres lévites et les prêtres Sadoc et Abiathar, pour transporter l'arche sainte à Jérusalem.
4. AMINADAB, hébreu : ‘Amminädib, au geri, nom propre, ou ‘ammi nädib, en deux mots, au ketib, nom commun, « mon noble peuple. » Cant., γι, 11 (hébreu 12). Dans ce dernier cas, plus régulièrement l’article devrait être joint à l'adjectif, kannädib. S'il s’agit d'un nom propre, il désignerait un célèbre conducteur de chars. Les Septante et la Vulgate ont Aminadab. Peut-être les traducteurs grecs ont-ils vu ici une allusion à II Reg., vi, 3, où le char qui porte l'arche est dit sortir de la maison d'Abinadab (grec : ᾿Αμιναδάβ).
AMITAL (hébreu: Hämütal, « allié, c'est-à-dire semblable à la rosée; » Septante : ᾿Αμιτάλ, ᾿Αμειτάαλ), fille de Jérémie de Lobna, et l’une des femmes du roi Josias. Elle fut mère de Joachaz, IV Reg., xx, 31, et de Sédécias. IV Reg., xx1v, 18; Jer., LI1, 1. Dans ces deux derniers passages, le ketib porte Hämütal.
AMIZABAD (hébreu : ‘Ammizäbäd, « peuple ou serviteur du donateur, c'est-à-dire Jéhovah [?]; » Septante : Z21645), fils de Banaïas, le plus vaillant capitaine de David.
AMIATINUS (CODEX) — AMMAH (COLLINE D’)
Amizabad commandait sous son père le troisième corps de troupes, qui entrait en fonctions le troisième mois pour la garde du roi. 1 Par. xxvir, 6.
4. AMMA (hébreu : ‘Ummäh; Septante : ᾿Αρχόδ, ’Auuä), ville de la tribu d'Aser, Jos., xix, 30. Le ᾿Αρχόδ est évidemment une faute, et paraît être le déplacement de Rohob (hébreu : Rehôb), qui suit presque immédiatement, bien qu'ordinairement ce nom soit rendu par Ῥαάθ ou Powé. L'emplacement d'Amma est difficile à déterminer, les villes qui la suivent, c'est-à-dire Aphec et Rohob, ne pouvant elles-mêmes offrir aucun point de repère. Eusèbe et saint Jérôme ne font que la mentionner, sans autre indication. Onomastica sacra, 1870, p. 90 et 22%. Cependant M. V. Guérin propose de l'identifier avec Khirbet Amméh (Kh. Ummiéh, dans la carte anglaise, Londres, 1890, feuille 6), au nord-ouest d'El-Djich (Giscala), et tout près de Beit-Lif, vers l’est. Voir la carte de la tribu d’Aser. « Ces ruines, dit-il, sont disséminées sur une colline dont les pentes sont cultivées et dont le sommet est couvert de térébinthes, de lentisques et de chênes verts. On distingue, au milieu de ce fourré, les arasements de nombreuses petites maisons, bâties toutes avec des pierres de taille de moyenne dimension, qui paraissent n'avoir point été :imentées; les vestiges d'un monument orné de colonnes monolithes aujourd'hui brisées, et dont il subsiste encore les assises inférieures d’une abside, ce qui prouve que c'était une église; une trentaine de citernes, la plupart remplies de terre et de décombres; plusieurs tombeaux, soit creusés en forme de fosses, soit renfermant des fours à cercueil pratiqués dans les parois d’une chambre sépulcrale, un pressoir à vin excavé dans le roc, etc. Le nom d'Amméh donné à ces ruines fait penser immédiatement à celui de ‘Oummah... Au premier abord, nous serions tenté de la rapprocher plus près de la côte; mais néanmoins les limites orientales de la tribu d’Aser pouvaient peut-être comprendre notre Kharbet ‘Amméh. » Description de la Palestine, Galilée, t. τι, p. 114-115. En réalité, cet endroit nous semble trop enclavé dans la tribu de Nephthali, formant la pointe la plus orientale, c’està-dire la plus éloignée, d'un triangle terminé à l’ouest par Beit-Lif (Héleph), et au sud-ouest par Khirbet Haziréh (Enhasor), deux villes qui appartenaient à cette dernière tribu.
D'autres savants placent Amma plus près de la mer, à ‘Alma ou ‘Alma ech-Chaoub, à une faible distance de Ras en-Nagoura. Cette opinion, émise par Thomson dans la Bibliotheca sacra, 1855, p. 822 et suiv., citée par Van de Velde, Memoir to accompany the map of the Holy Land, 1859, p. 354, a été admise, avec réserves toutefois, par différents auteurs, entre autres par les explorateurs anglais. Cf. Armstrong, Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, au mot Ummah, p. 178. Il y a, en effet, analogie entre l'arabe ‘Alma (avec ain initial) et l'hébreu ‘Umma (également avec ain; le lam compensé par le daguesch),. « Alma est un petit hameau sur le sommet de l'Échelle des Tyriens (Scala Tyriorum), à environ cinq milles (8 kilom.) de la côte à Ras en-Naqoura, et est le seul village habité dans cette partie de l'Échelle. » W. M. Thomson, The Land and the Book, Londres, 1890, chap. xx, p. 295. S'il est permis d'adopter l’une ou l'autre des opinions que nous venons d'exposer, il est impossible d’admettre celle qui place Amma « à Kefr Ammeih, dans le Liban, au sud d'Hammana, dans le district d'El-Djurd », au sud-est de Beyrouth. Cf. F. Keil, Biblischer Commentar über das Alte Testament, Josua, Leipzig, 1874, p. 158. La tribu d’Aser ne montait pas si haut. A. LEGENDRE.
2. AMMAH (Colline d’) (hébreu : Gib‘at *Ammaäh ; Septante : 6 βουνὸς ᾿Αμμάν; Vulgate: collis aquæ ductus), lieu où parvinrent Joab et Abisaï poursuivant Abner après le combat de Gabaon et la mort de leur frère Asaël,
IL Reg., 11, 24. « À un âge pastoral où chaque colline, chaque arbre, pour ainsi dire, portait un nom propre, cette colline devait certainement avoir le sien : c'est donc un nom propre qu'il faut lire ici. » F. de Hummelauer, S. J., Commentarius in libros Samuelis, Paris, 1886, p. 280. C’est ainsi que l'ont compris la plupart des versions, la Peschito et l'arabe, en traduisant Gabaath maris (peut-être les interprètes ont-ils lu yam ou yammäkh au lieu d’’Ammäh); le Targum de Jonathan et Josèphe en rendant plus exactement : « la colline d'Amta, » ou « le lieu appelé ’Agparav », Ant. jud., VII, 1, 8; enfin les Septante en se conformant davantage encore à l'hébreu : « la colline d'Amman, » Théodotion (ὑδραγωγός) est d'accord avec la Vulgate, qui nous donne : « la colline de l'aqueduc. » Eusèbe s’est contenté d'ajouter au nom propre ᾿Αμμά ces mots mêmes du texte sacré : ὁδὸς ἐρήμου Γαδαών, « le chemin du désert de Gabaon, » Onomasticon, 1870, p. 226; et saint Jérôme : « Amma, in desertum euntibus Gabaon. » Liber de situ et nominibus locorum heb., t. XXII, col. 870.
Cette colline était « vis-à-vis de la vallée sur le chemin du désert de Gabaon ». II Reg., 11, 2%. Ici encore les versions diffèrent : la Vulgate, Symmaque et Théodotion ont lu ΝᾺ où Nn, gé”, « vallée, » tandis que les Septante, le
Targum de Jonathan, le syriaque et l'arabe, ont fait un nom propre de l'hébreu n1, giak, que J. Fürst, He-
braïsches und Chaldaïisches Handwôrterbuch, Leipzig, 4876, t. 1, p. 257, et Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p. 381, rapprochent du mot « source » en raison de l'étymologie « jaillir ». De quelque manière que le mot soit considéré, il n’est d'aucun secours pour déterminer l’emplacement d'Ammah. Tout ce que nous pouvons supposer, c'est que cette colline devait se trouver à l’est ou au nordest de Gabaon, puisque Abner s’en alla avec ses gens à Mahanaïm (d’après l'hébreu), au delà du Jourdain. II Reg., 1, 29. Le « désert de Gabaon » indique probablement les steppes qui s'étendent à l'est d’El-Djib. A, LEGENDRE.