AMMONITES — AMNON
il ne nous reste rien. Eusèbe s'est du reste trompé au sujet d'Ammonius, en confondant cet écrivain chrétien avec le philosophe Ammonius Saccas. Voir ἢ. À. Fabricius, Bibliotheca græca, édit. Harless, t. v, p. 713-714; Th. Zahn, Forschungen zur Geschichte des N. T. Kanons, t. 1, 1881, p. 31-34.
2. AMMONIUS d'Alexandrie, prêtre et économe de l'église de cette ville, souscrivit, en 458, la lettre des évêques d'Égypte à l'empereur Léon pour la défense du Concile de Chalcédoine. Il jouit, parmi les anciens, de la réputation d'habile exégète. Anastase le Sinaïte, en particulier, en fait un grand éloge. Hodeg., XIV, & LXXXKX, col. 244. Ses œuvres ont péri ; il n’en reste que quelques fragments, qui ont été recueillis dans les Chaînes des Pères grecs, sur les Psaumes, Daniel, saint Matthieu, saint Jean, les Actes et la première Épitre de saint Pierre. Ils ont tous été publiés dans la Patrologie grecque de Migne, t. Lxxxv, col. 1361-1609. Les plus importants sont ceux qui se rapportent à l'Évangile de saint Jean et aux Actes des Apôtres. Voir J. À. Fabricius, Bibliotheca græca, édit. Harless, t. v, p. 722-723.
AMNER Richard, théologien unitarien, né en 1736, à Hinckley, dans le comté de Leicester, en Angleterre, mort le 8 juin 1803. Il entra à la Daventry Academy en 1755, devint pasteur de la chapelle unitarienne de Middlegate Street à Yarmouth, en 1762, d'où il alla à celle de Hampstead à Londres, en 1765. En 1777, il devint pasteur de Cosely, dans le comié de Straflord, et en 1794, abandonnant le ministère pastoral, il se retira à Hinckley, sa ville natale, où il passa les dernières années de sa vie. Son premier écrit (anonyme) est intitulé : À Dissertation on the weekly Festival of the Christian Church, Londres, 1768. Son ouvrage principal est An Essay towards the interpretation of the Prophecies of Daniel, with occasional Remarks upon some of the most celebrated Commentaries on them, in-8, Londres, 1776; 2e édit., 1798. Le but de l’auteur est de chercher à établir, contre l’enseignement traditionnel, que les prophéties de Daniel ne se rapportent pas au Messie, mais à la persécution d'Antiochus Épiphane. Voir S. A. Allibone, Critical Dictionary of English literature, 1880, t. 1, p. 58.
AMNON, hébreu :
᾿Απιηῦη, « fidèle ; » Septante :
1. AMNON (hébreu : 'Amnôn,une fois *Aminôn, II Sam... xt, 20), fils ainé de David οἱ d’Achinoam la Jesraélite. Il naquit à Hébron, dans le temps où son père ne régnait encore que sur la tribu de Juda. II Reg., 11, 2. Ce prince nous est connu seulement par une action criminelle racontée II Reg., ΧΠῚ, et par la mort tragique qui en fut la punition. Il avait conçu pour sa sœur Thamar, fille de David et de Maacha, une passion si violente qu'il en tomba malade, désespérant de pouvoir arriver à ses fins parce que Thamar était soigneusement gardée et qu'elle habitait, comme les autres enfants de David nommés dans cette histoire, une maison séparée. IL Reg., χπὶ, 7, 8, 20. Cette sorte de dispersion de la famille, conséquence ordinaire de la pluralité des femmes, rendait plus difficiles et plus rares les relations entre les enfants. De là devait aussi résuller une certaine altération et un amoïndrissement de l'amour fraternel, assez faible déjà entre ces demifrères, enfants de mères toujours rivales, souvent ennemies, cf. I Reg., 1, 4-7; ils pouvaient finir par se considérer plus ou moins comme des étrangers les uns vis-à-vis des autres. C’est ainsi que put s’allumer dans le cœur d'Amnon la flamme impure qui le consumait et le faisait dépérir à vue d'œil.
Jonadab, son cousin et son ami, lui arracha un: jour le secret de ce mal étrange. IT Reg., xur, 2, 4. Le résultat de cette confidence fut le détestable conseil que Jonadab
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donna à Amnon de feindre une aggravation de sa maladie et de s'aliter, Le roi ne manquerait pas de venir le visiter, et alors Amnon, simulant une envie de malade, demanderait à son père que Thamar vint préparer en sa présence quelque mets appétissant qu'elle lui servirait de ses propres mains. Ce plan fut exécuté de point en point. David ne pouvait soupçonner l’abominable dessein que cachait cette prière d'Amnon : il acquiesça à son désir et lui envoya Thamar, Celle-ci prépara sous les yeux de son frère des gâteaux appelés lebibôt, et les lui présenta. C’est à ce moment qu'Amnon lui découvrit son infime affection et la pressa d'y correspondre. Sa sœur repoussa cette proposition avec horreur. Elle le conjura de ne pas commettre un tel crime et, ignorant sans doute qu'une telle union était contraire à la 10], Lev., xvin, 9, elle le pria de la demander, comme épouse, à leur père David, Il Reg., x, 13; mais il resta sourd à ses supplications, et la force brutale eut raison de toutes ses résistances. Aussitôt après, peut-être par l'effet de la honte et du remords, son ardent amour pour Thamar se changea en une haine plus forte encore ; il lui ordonna de sortir surle-champ. Vainement elle protesta contre cette nouvelle injure, dont l'éclat allait rendre public son déshonneur ; il ne voulut rien entendre, et, appelant un serviteur, il lui commanda de la jeter dehors et de fermer la porte derrière elle. II Reg., xur, 17.
Lorsque David apprit ce qui s'était passé, il en fut extrémement afiligé (hébreu : irrité). Le texte original n’en dit pas davantage. La Vulgate et les Septante ajoutent : « Mais il ne voulut pas contrister le cœur d’Amnon, son fils, car il l’aimait tendrement parce qu'il était son aîné. » Il Reg., xur, 21. Il laissa donc sa faute impunie, comme le donne à entendre le silence du texte sacré. Ce n’est pas la seule fois que David se soit montré faible pour ses enfants, cf. ΠῚ Reg., τ, 5-6 ; mais il est permis de penser que, dans cette circonstance, le souvenir de sa propre chute toujours présent à son esprit, Ps. L, 5, contribua aussi à lui ôter ie courage de châtier un fils qui ne faisait qu'imiter son exemple. L'inceste d’Amnon était d’ailleurs à ses yeux le commencement des malheurs prédits par Nathan, II Reg., ΧΙ, 11, et xvr, 10, et c'était encore pour David un autre motif d'indulgence.
Absalom, fils de David et de Maacha comme Thamar, vit d'un autre œil l'attentat dont sa sœur avait été la victime. Dans les familles fondées sur la polygamie, les frères germains sont les protecteurs naturels de leurs sœurs. Cf. Gen., xxxiv, 31. C'est pour cette raison que Thamar alla porter ses plaintes, non chez David, mais chez Absalom, qui dès ce jour résolut de la venger quand le moment serait venu. II Reg., xt, 32. En eflet, après avoir dissimulé son ressentiment pendant deux ans, temps suffisant pour ôter à Amnon toute crainte de représailles, Absalom invita les princes, ses frères, à un grand festin qu'il donnait dans son domaine de Baalhasor, à l’occasion de la tonte des troupeaux, et, pendant le repas, lorsque Amnon, excité par le vin, fut tout entier à la confiance et à la joie, les serviteurs d'Absalom l’assassinérent à sa place même, sur un signal donné par leur maître. II Reg., Χπι, 22-29. Voir ABSALOM.
L'histoire d'Amnon est en même temps l’histoire d’une passion, dont l’auteur sacré nous retrace les progrès, les ravages et les plus terribles excès aboutissant à une amère déception, cf. Eccle., 11, 2, premier châtiment auquel vient enfin s'ajouter celui d'une mort violente ; et ainsi se trouve appliquée une fois de plus cette loi de la justice divine : « L'homme est puni par où il a péché. » Sap., πτ͵, 11, E. PaLis.
2, AMNON, fils de Simon, de la tribu de Juda, I Par., 1v, 20.
AMOC (hébreu: ‘Âmôq, « profond ; » Septante:'Au£x), chef d'une famille sacerdotale qui revint de la captivité