Démon du vent du sud-ouest
Figurine de bronze du musée du Louvre. Réduite du tiers.
divine, L'histoire de Job, 11,6, le montre. Ce saint personnage ne songe pas même à expliquer ses souffrances par les maléfices. Il n’a recours qu'à Dieu, bien qu'il sache quel peut être l'effet de certaines malédictions. Job, 111, 9. Mais, de même que les cultes idolätriques et polythéistes, ainsi la magie et son cortège de pratiques superstiticuses ne pénétrèrent que trop souvent dans la nation
sainte, malgré la révélation mosaïque. Les reproches des prophètes font souvent allusion aux sorciers et aux devins auxquels le peuple a recours; par exemple, Is., vx, 19; Ezech., xt, 9. Il n’est pas étonnant de trouver dès lors des amulettes figurant, comme chez les nations païennes, parmi les objets de toilette (fig. 130). Déjà Jacob, revenant de la Mésopotamie, dut enlever à ses gens, avec les idoles des faux dieux, des pendants d'oreilles auxquels on devait attacher quelque vertu occulte. Gen., ΧΧΧν, 4. Cet ancien récit vaut autant que le texte de loi le plus formel, pour montrer combien la religion des patriarches réprouvait ces pratiques superstitieuses. Les pendants d'oreilles servaient si généralement d’amulettes, que leur nom en araméen, gedaÿaya, signifie « choses sacrées ». Parmi les vingt et un objets qu'Isaïe, πὶ, 18-33, distingue dans la toilette des femmes de Jérusalem, il en est deux qui devaient être des amulettes ; c'est ce que nous indique : 4 la forme du premier, ÿ. 18, $ahärônim, des lunes ou croissants lunaires (Vulgate : lunulæ). Les Madianites suspendaient aussi, comme amulettes, des $ahärônim au cou de leurs chameaux. Jud., vin, 21. La Vulgate traduit ici doublement : ornamenta ac bullas. 2 Le nom du second, ÿ. 20, lehaëÿon, qui doit être traduit par amulettes ou talismans (Vulgate : inaures, d’après les Septante ; Targum, geda$aya). Le mot lahaë a plusieurs fois le sens d'incantation ; au pluriel et figurant parmi des objets de toilette, il ne peut s'appliquer qu'à des amulettes. Mais le nom ne nous indique pas en quoi ces objets consistaient, si c'était une plaque de métal ou une pierre avec inscription, ou bien un sachet d’étoffe renfermant quelque plante ou racine aux vertus mystérieuses. — Les bijoux dont parle Osée, 11, 13 (hébreu, 15), et dont on se revêtait «aux jours des Baalim », pouvaient aussi avoir quelque chose de suspect. — Les totafôt ou fefillin, c'est-à-dire ces petites poches de cuir qui contenaient des passages de la loi, écrits sur du parchemin, et qui plus tard portèrent le nom de « phylactères », Matth., xx1, 5, n'étaient pas à l’origine des amulettes ; ils n'étaient pas destinés à servir de protection contre les maléfices ou les démons ; mais, comme l'indique expressément la loi, ils devaient rappeler sans cesse au fidèle les préceptes de Dieu, Exod., x, 9, 16; Deut., vi, 8; x1, 18; c'était pour lui un signe, un monument, en prenant ce mot dans son sens étymologique : ‘of, zikkarôn. Plus tard les Juifs attachèrent aux tefillin des vertus prophylactiques et en firent de véritables amulettes, comme le montre le Targum du Cantique des Cantiques, vin, 8. — Voir Hübner, Amuletorum historia, Halle, 1710; Emele, Ueber Amulete, Mayence, 1827. J. ΤΗΟΜΑΒ.
AMYRAUT Moïse, théologien et exégète protestant, né à Bourgueil, dans la Touraine, en 1596, étudia la théologie dans l'académie protestante de Saumur. Après avoir suivi les leçons de Caméron, il fut nommé pasteur de l'Église réformée de cette ville (1626), recteur de l’académie, et en même temps fut chargé de professer la théologie; mais il n’entra en fonctions qu'après les épreuves nécessaires d'un concours public (1633). Il occupa ce poste jusqu’à sa mort (1664) et s’acquit une grande réputation parmi ses coreligionnaires ; il parlait et écrivait très bien le latin et le français. Ses œuvres exégétiques sont nombreuses et non sans valeur, surtout le commentaire sur les Psaumes, très estimé de Michaelis. Paraphrases sur l'Épiître aux Romains, in-8°, Saumur, 1644 ; — sur l'Épître aux Galates, in-8, Saumur, 1645; Observations sur les Épiîtres aux Colossiens et aux Thessaloniciens, in-8e, Saumur, 1645 et 1665; Considérations sur l'Epitre aux Éphésiens, in-8°, Saumur, 1645 ; Paraphrases sur l'Épitre aux Hébrieux (sic), in-8°, Saumur, 1644-1645; aux Hébreux, 1646 ; Paraphrases sur l'Épiître aux Philippiens, in-8&, Saumur, 1646; — sur les Épiîtres catholiques de saints Jacques, Pierre, Jean et Jude, in-8°, Saumur, 1646; Considerationes in cap. vu Epist. D. Pauli ad Roma-