IL. Aaron grand prêtre, — 11 n'entrait pas dans les
désseins de Dieu de rétracter à cause de ce péché le choix qu'il avait fait d'Aaron; il l'avait appelé lui-même au sacerdoce, Hebr., v, #, il lui suffisait de l'avoir instruit par
cette humiliante leçon. Lors donc que le moment fut venu, Moïse procéda, conformément aux prescriptions divines sommairement énoncées dans le chapitre xx1x de l'Exode, à la consécration d'Aaron comme grand prêtre, et à celle de ses fils Nadab, Abiu, Éléazar et Ithamar comme prêtres. Voir GRAND PRÈTRE.
Le Seigneur voulut que cette cérémonie eût lieu avec un appareil et une pompe propres à donner à Israël la plus haute idée du nouveau sacerdoce qui devait présider à ses destinées religieuses. Les Hébreux, réunis dans cette même plaine d'Er-Rahah, théâtre de leur idolätrie, avaient devant eux, sur le Djébel-Moneidjah, une des ramifications orientales du Sinaï, le tabernacle nouvellement construit. Là, devant la porte du tabernacle et à la vue de tout le peuple, Moïse, prêtre et médiateur, Gal., ut, 19, agissant comme représentant de Dieu, offrit les divers sacrifices et accomplit les nombreuses cérémonies de cette consécration, sacrifices et cérémonies qui furent répétés sept jours consécutifs, durant lesquels Aaron et ses fils demeurèrent complètement séparés du reste d'Israël. Quand, à la fin, le grand prêtre eut inauguré ses fonctions de sacrificateur par l’immolation des victimes, il bénit le peuple, sans doute selon le rite prescrit au livre des Nombres, vi, 24-96, et il entra avec Moïse dans le tabernacle comme pour en prendre pôssession. ἃ leur sortie, Dieu ratifia solennellement tout ce qui s'était fait : sa gloire apparut sur le tabernacle, et un feu céleste consuma la chair des holocaustes. Lev., ὙΠῚΙ et 1x.
L'institution du sacerdoce aaronique était une des plus importantes de la loi nouvelle que Dieu donnait à son peuple. Elle devait avoir pour la conservation de la religion véritable une influence très grande. Mais c'était en même temps une innovation qui, malgré le soin avec lequel elle avait été préparée en la personne d’Aaron, étonna les tribus d'Israël et suscita des mécontentements qui plus tard se manifestèrent au grand jour. D'après les coutumes patriarcales, c'était l'aîné de la famille qui remplissait les fonctions de prêtre. Le sacerdoce semblait donc revenir de droit à la tribu de Ruben. Jacob mourant lui avait, il est vrai, enlevé les privilèges de la primogéniture; mais ses descendants ne se résignèrent pas si aisément à être privés d'un si grand honneur. Le peuple, de son côté, avait bien été accoutumé en Égypte à voir une organisation sacerdotale particulière, qui aurait pu le préparer à accepter l’organisation mosaïque; cependant telle est la force des traditions et des coutumes chez les Orientaux, qu'on n'accepta pas sans quelque peine les ordres divins. Ce ne fut que par des prodiges que Dieu put imposer sa volonté à Israël.
ΤΙ lui fallut aussi des exemples terribles pour enseigner aux nouveaux prêtres de quelle manière ils devaient remplir leurs fonctions sacrées, avec quelle exactitude et quel respect ils devaient accomplir les rites prescrits. Le jour même de la consécration d’Aaron, à l'heure du sacrifice de l’encens, Nadab et Abiu, les fils aînés d’Aaron, ayant manqué, dans les cérémonies, aux prescriptions divines, Num., 111, 4; xxvI, 61, sur-le-champ une flamme partie probablement de l'autel des parfums les foudroya, et ils furent emportés hors du tabernacle encore revêtus de leurs habits sacerdotaux. Témoin de cette triste scène, Aaron en fut abattu et troublé au point de négliger lui-même une cérémonie importante; mais sa résignation fut absolue, et la foi du pontife imposa silence aux plaintes du père. Lev., x.
Peu de temps après avoir donné à Aaron cette leçon indirecte de respect pour les saintes cérémonies du culte, Dieu lui donna de sa propre bouche une leçon d'humilité, en lui montrant que, malgré sa dignité de grand prêtre, il restait toujours de beaucoup inférieur à son frère, dont il venait de méconnaitre l'incomparable grandeur. C'était