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ARABAH

d'Esdrelon, Bell. jud., IV, 1, 8. Au temps, d'Eusèbe et de saint Jérôme, ᾿Αυλών, Aulon, désignait cette « grande vallée dont l'immense longueur se déroule entre deux chaînes de montagnes parallèles, qui, commençant au Liban, vont jusqu'au désert de Pharan. L'Aulon renferme les villes illustres de Scythopolis, Tibériade οἱ Jéricho. » Onomasticon, Gættingue, 1870, p. 214; 5, Jérôme, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. xxut, col. 866. Au mot grec ’Aulwv, « fossé, dépression, » correspond le nom d'El-Ghôr (gh = r grasseyé), donné à la plaine du Jourdain par les écrivains arabes, Édrisi, édit. Jaubert, p. 337, 338; Aboulféda, Géographie, texte arabe, publié par MM. Reinaud et le baron Mac Guckin de Slane, Paris, 1840, p. 283, 245, etc., et que Freytag, Lexicon arabicolatinum, 4 in-4, Halle, 1835, t. πὶ, p. 301, rattache à la

racine sk” avec la signification de terra depressa «terre

basse, abaissée ». Aboulféda même, Tabulæ Syriæ, édit. Kôhler, Leipzig, 1766, p. 8, 9, suivant Robinson, donne au mot Ghôr toute l'extension de l’hébreu ‘Ardbäh, et l'applique à la vallée dans toute sa longueur. Cf. Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. 11, p. 186. Ce mot néanmoins a été restreint à la partie septentrionale, comme l'antique dénomination hébraïque à ia partie méridionale. Pour l'ensemble et l'examen de ces données historiques et géographiques, voir Reland, Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, Utrecht, 1714, t. 1, p. 399-366.

Il. Description. — 1° L'Arabah dans toute son étendue. Outre sa célébrité historique, cette vallée présente un des phénomènes géologiques les plus étonnants. Elle court, dans une longueur d'au moins 440 kilomètres, depuis les pentes méridionales du grand Hermon, au nord, jusqu’au golfe d'Akabah, sur la mer Rouge, au sud. Partant, si l'on veut, de la source la plus élevée du Jourdain, le Nahr el-Hasbany. à 563 mètres au-dessus de la Méditerranée, elle descend jusqu'a la profondeur de 392 mètres audessous, à l'embouchure du fleuve dans la mer Morte. C'est donc une différence de 955 mètres entre son point de départ et son niveau le plus bas; et une pareille dépression est la plus forte qui existe sur la surface du globe. De l'extrémité méridionale du lac Asphaltite, elle se relève insensiblement jusqu'à 240 mètres au-dessus de la Méditerranée. C’est, en effet, à 110 kilomètres environ au sud de la mer Morte, et à 71 kilomètres au nord du golfe Élanitique, que se trouve la ligne de partage des eaux : tous les torrents se dirigent, vers le nord, dans la mer Morte, et, vers le sud, ils vont se jeter dans le golfe Élanitique. Ainsi, pendant 250 kilomètres, la vallée d'Arabah s’abaisse de 955 mètres, pour se relever ensuite de 632 mètres, et s'abaisser de nouveau de 240 mètres. Nous ne dirons rien du Ghôr ou de la partie supérieure, renvoyant pour les détails à l’article JOURDAIN ; mais nous décrirons comme il convient la partie inférieure, qui nous ἃ conservé le nom même employé par l'Écriture.

90 L'Arabah actuel ou Ouadi el-Arabah. Si, de l'Hermon à la mer Morte, la vallée descend, par une ligne directe, du nord au sud, elle fléchit du nord-nord-est au sud-sudouest, à partir de la mer Morte jusqu'au golfe d'Akabah, Elle garde néanmoins la raideur et l'aspect général du Ghôr, encaissée comme lui entre deux rangées de hauteurs d'une élévation inégale, trait caractéristique de toute la région. Les montagnes qui la ferment des deux côtés sont la continuation de celles qui bordent la plaine du Jourdain, mais avec un caractère plus grandiose et plus désolé. Celles de l’est sont beaucoup plus élevées et plus abruptes que celles de l'ouest. Voir la carte, fig. 201.

L'escarpement occidental et le plateau qu'il termine sont de formation calcaire : c’est le prolongement des terrasses de Judée, venant, vers le sud, aboutir au Djébel et-Tih, qui couvre l'entrée de la péninsule sinaïtique. Après les vallées fertiles, les cantons verdoyants et les plaines stériles qui se succèdent en descendant d'Hébron,

on ne trouve plus, dans la partie méridionale et centrale, | que des plaines ondulées, absolument nues, plutôt pier-

reuses que sablonneuses : tristes solitudes qui ont reçu des Arabes le nom de Tih ou désert de « l'Égarement », en souvenir des longues pérégrinations qu'y firent les Hébreux. Ce plateau, qui domine de cinq ou six cents

Echelle

LThuillier. del*

40 Kilom 201. — Carte de l'Ouadi el-Arabah,

mètres la vallée d'Arabah, donne passage à un système d'ouadis incliné au nord-est, avec deux issues principales, l'Ouadi Fikréh et l'Ouadi Djéraféh. Ces torrents sont à sec la plus grande partie de l’année; mais les pluies d'hiver, quand elles sont fortes et prolongées, donnent par eux une fertilité passagère à quelques coins du désert.

La muraille orientale est formée par les monts de l'Idumée ou de Séir, lisière longue et étroite, dont le développement du nord au sud égale et suit le cours de | l'Arabah, et dont la plus grande largeur ne dépasse guère | trente-cinq kilomètres. C’est une chaine de grès, de granit | et de porphyre, où l’action des feux volcaniques ἃ laissé de nombreuses traces, et que sillonnent d'innombrables ravins descendant vers l'Arabah, gorges sinueuses que la

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