Profil du Sinaï au Liban
l'objet d'un problème aussi intéressant que difficile. Voir | joindre le cours du Ouadi el-Djeib. » Duc de Luynes, MER MORTE, VALLÉE DE Sippim. Lorsque, en 1812, Burck- | Voyage d'exploration à la mer Morte, τ. 11, p. 10-11. hardt, Travels in Syria and the Holy Land, in-%, L'énorme dépression de la mer Morte d'un côté, et de Londres, eut signalé la grande vallée d’Arabah, que nous | l’autre les deux versants anticlinaux de l'Arabah, convenons de décrire, une hypothèse, en apparence très plau- | damnent donc l'hypothèse de l'ancien écoulement du sible, fit supposer qu'elle était l’ancien chenal par où le | Jourdain dans la mer Rouge, à moins cependant de refleuve célébre allait autrefois déverser ses eaux dans le | courir encore à une autre hypothèse, celle d’affaissements golfe Élanitique. M. Léon de Laborde, en 1828, publiant | gigantesques. « Mais, dit M. Lartet, ces affaissements son Voyage de l'Arabie Pétrée, n-f°, Paris, y joignit une | n'auraient pu se produire sans déranger fortement l'horicarte sur laquelle il n'hésita pas à appeler l'ouadi Arabah | zontalité des sédiments du fond de la vallée. C’est ce que ancien cours du Jourduin. D'après lui, comme d'après | l'étude stratigraphique de ces dépôts ne permet pas d’adbeaucoup d’autres savants, les eaux du fleuve, soudaine- | mettre. L'étude attentive de la structure du sol aux enviment interrompues par la catastrophe qui bouleversa la | rons du partage des eaux de l’Arabah nous fait considérer Pentapole, avaient formé le lac Asphaltite. Cependant, | cette ligne de faite comme un barrage crétacé, séparant dès 1835, des doutes très sérieux furent émis sur cette | d’une façon complète les deux versants anticlinaux de ce hypothèse par M. Letronne, Journal des savants, oc- | désert. A cette altitude, les terrains crétacés ne sont plus tobre 1835, p. 596, et par un explorateur, le capitaine | recouverts que de leurs propres débris, et n'offrent au- Callier, Journal des savants, janvier 1836, p. 46 et suiv. | cune trace du passage d'un ancien cours d’eau se diri- Mais ce qui jeta un jour nouveau sur la question, ce fut | geant vers la mer Rouge. » Bulletin de lu Société géolola découverte faite, en 1837, de la grande dépression de | gique de France, 2 série, t. xxn1, p. 431. Cf. V. Guérin, la mer Morte au-dessous de la Méditerranée. Cette dépres- | Description de la Palestine, Samarie, t. 1, p. 79-83; sion, différemment estimée par les voyageurs, Schubert, | Ed. Hull, Mount Seir, p. 85.
de Bertou, Russeger, Symonds, Lynch, portée par eux de II. Histoire. — La vallée d’Arabah, prise dans toute 435 à 390 mètres, a été fixée en 1864, par M. Vignes, | son étendue, est, nous l'avons dit, unique au monde au à 392 mètres. point de vue géologique; elle occupe aussi une place à
Cette même année 1837 vit s'accomplir une autre | part dans l'histoire du peuple de Dieu. Nous ne dirons découverte non moins importante. M. de Bertou,suivit | rien des grands événements dont le Jourdain fut le tédans toute sa longueur, depuis la mer Morte jusqu'au | moin, depuis le jour où ses flots se séparèrent pour golfe d'Akabah, cette vallée, qu'aucun voyageur moderne | livrer passage aux Israélites marchant à la conquête de n'avait encore parcourue dans son entier. Il constata au | la Terre Promise, jusqu’à celui où ses eaux furent sancmilieu de ce désert l'existence d'un double versant, dont | tifiées par le baptème de Notre - Seigneur Jésus - Christ. la ligne de faîte est évaluée par lui à 160 mêtres environ | Voir Jourpaix. Nous devons nous borner à rappeler ici au-dessus de la Méditerranée, Voyage depuis les sources | les principaux faits de l'histoire sainte qui se rattachent du Jourdain jusqu'à la mer Rouge, extrait du Bulletin | à l'Arabah méridional. de la Société de géographie, p.16 et 53, avec deux cartes. Sur le point de quitter Cadès, Moïse, ne pouvant atta- L'exploration, reprise avec un très grand soin, en 186%, | quer le pays de Chanaan par le sud, obligé en consé-