Essai de reconstitution de l'arche
égyptiens sont riches en décorations de ce genre. Les Hébreux ont dû naturellement en choisir qui fussent dépourvues de caractère idolätrique, et empruntées soit au règne végétal, soit à ces combinaisons de lignes géométriques, dont les artistes égyptiens tiraient des effets si gracieux et si variés. Les bâtons et les anneaux qui les soutiennent ont leur place indiquée au-dessous de la corniche ou de la frise, comme dans la figure 245, où sont représentés deux prêtres portant une arche sacrée.
Il n’y a pas à hésiter quant à la forme qu'il convient de supposer aux Chérubins de l'arche d'alliance. Les orfévres hébreux avaient eu sous les yeux en Égypte des représentations analogues ; il est probable que, tout en y attachant une signification différente, ils en ont reproduit le type et l'attitude, à en juger par ce que dit l'Exode, xxv, 18-20; xxxvir, 7-9. Dans l’une de nos reconstitutions (fig. 243), les Chérubins sont debout; dans l’autre (fig. 244), ils sont agenouillés. Ces deux attitudes différentes se trouvent aux deux étages du naos de la figure 241. La description fournie par le texte sacré est trop vague pour qu'on puisse décider laquelle de ces deux hypothèses répond le mieux à l'antique réalité. On peut cependant alléguer, pour préférer l'attitude droite, que c'est ainsi que Salomon fit représenter les Chérubins du Saint des saints, IL Par., 111, 13. Il est certain en tout cas que, dans une reconstitution de ce genre, la logique réclame qu'on fasse dériver l’œuvre hébraïque de l'art égyptien. Pour qu'il en fût autrement, il faudrait recourir à une
intervention directe de Dieu, et ici il n’y a pas de raison suffisante pour la supposer.
II. Destination de l'arche. — L'arche était faite tout d'abord pour contenir le « témoignage », c'est-à-dire les tables de la loi. Exod., x, 18; Deut., x, 5. Moïse reçut ensuite l’ordre de mettre dans le tabernacle, près de l'arche, une urne d'or renfermant de la manne, Exod., XVI, 3%, et la verge d’Aaron qui avait fleuri. Num.,