DE NOË
Adversus Læreses, 1, t. ΧΙ, col. 260, et saint Isidore de | Séville, Etymolog., XIV, 8, t. ἘΧΧΧΤῚ, col. 521, ont enregistré cette tradition. Dans le 1e et le 1115 siècle de l'ère chrétienne, les autorités sacerdotales d'Apamée de Phrygie firent frapper des médailles qui ont pour type l'arche ouverte, renfermant Noé et sa femme (fig. 246). La ville elle-même s'appelait Kiéwrés. Les premiers chrétiens du
Ÿ δ οἱ Ke IT AMENN nec sect 7 2 ἊΣ 846. — Monuaie d’Apamée de Phrygie.
AYTOK. A. ΣΕΠΤ ZEOYHPOS, Tête diadémée de l'empereur Septime Sévère, — À. EIII AIONOGETOY AP- TEMA Γ΄ En exergue : AINAMEOQN. Sur l'arche : NQOE, Dans l'arche sont Noé et sa femme. Au-dessus sont deux oiseaux : l’un est perché sur le navire, l'autre arrive en volant vers le premier. Devant l'arche, à gauche, on voit Noé et sa femme sortis du vaisseau qui les ἃ sauvés.
pays bâtirent au lieu désigné par la tradition comme le point d'arrêt de l'arche un couvent, dit le monastère de l'Arche, où ils célébraient une fête annuelle en mémoire de la sortie de Noé et de sa famille.
L'arche de Noé a reçu dans le christianisme de nombreuses significations mystiques. L'abbé Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2e édit., art. Noë, p. 501-502, a recueilli celles que lui donnent les monuments figurés. Les Pères, s'appuyant sur 1 Petr., 111, 20, ont surtout vu dans l'arche la figure de l'Eglise. L'arche était pour les contemporains de Noé le seul moyen de salut : en dehors de l'unique arche sacrée du Christ, les hommes ne peuvent se sauver. Cf. Jos. Brucker, L'universalité du déluge, Bruxelles, 1886, p. 38-49; Ch. Robert, La non-universalité du déluge, Paris et Bruxelles, 1887, p. 28-42. L'arche renfermant des animaux purs et impurs représentait l'Église, composée de justes et de pécheurs. Ces animaux d'espèces différentes et de tous les genres étaient l'image de la belle variété des membres de l'Église et de sa catholicité. Fortement ballottée sur les eaux du déluge, l'arche ne fut ni renversée ni submergée : symbole de l'Église, sans cesse roulée par les flots agités de l'océan du monde, sur lequel elle vogue, et échappant toujours à la tempête. Voir Tailhan, Christologia Veteris Testamenti, autographie, Laval, p. 37-41; Hurter, De arca Noe Ecclesiæ typo Patrum sententiæ, dans ses Opuscula Patrum selecta, Inspruck, 1868, τι 111, p. 217-233.
Bibliographie. — S. Ambroise, De Noe et arca, VI-1x, | t. xIV, col. 368-374; Arias Montanus, Exemplar, sive de sacris fabricis Noah, etc., Anvers, 1672; Jean Butéo, De arca Noe, Lyon, 1554; Athanase Kircher, Arca Noe, Amsterdam, 1675; * Matth. Hosti, /nquisitio in fabricam arcæ Noe, Francfort, 1575, et Leyde, 1695; * G. Mœbius, Arca Noe conservatrix generis kumani, Leipzig, 1686; * ἃ, Gaspard Kirchmaier, Dissertatio de paradiso, arca Noe, diluvio, etc., Wittenberg, 1662; Matthieu Petitdidier, Dissertationes historicæ, etc., diss, XVIT, sect. 17, Toul, 16%; Pereira, Comment. in Genesim, 1. x, De arca Noe, diss. 1-13, Mayence, 1612; Noël Alexandre, Historia ecclesiastica Veteris Testamenti, dissert. x; Jean Le Pelletier, Dissertation sur l'arche de Noé, Rouen, 1700; Bernard Lami, De tabernaculo fœderis, 1.11, €. 11, Paris, 1720; Bible de Vence, Paris, 1767, t. 1, p. 400-413.
EL. MANGENOT,
ARCHÉLAÜS (᾿Αρχέλαος, « chef du peuple, ») fils d'Hérode le Grand et de la Samaritaine Malthace (fig. 247). Il fut élevé à Rome avec son frère Hérode Antipas. A la
mort de son père (4 avant J.-C.), il était âgé de dix-huit |
ans. D'après le dernier testament d'Hérode le Grand, Archélaüs devait, avec l’assentiment de l'empereur Au-
guste, hériter de la Judée, de la Samarie et de l'Idu- |
mée, et recevoir le titre de roi. Avant même les funé-
247. — Monnaie d'Hérode Archélaïüs, HPQAOY. Grappe de raisin avec une feuille de vigne, — à. EONAPXOY. Casque avec une double aigrette et deux paragnathides. Dans le champ, à gauche, un caducée.
railles d'Hérode, qu'il fit d’ailleurs magnifiques, il se fit reconnaître par les soldats, et il essaya ensuite de gagner la faveur des Juifs par une diminution d'impôts. Mais ceux-ci, rassemblés pour les fêtes de Pâques, sur le refus d'Archélaüs de destituer le grand prêtre Joasar, fils de Boéthos, crurent le moment venu de se débarrasser de la famille d'Hérode, et se révoltèrent. Archélaüs réprima cruellement l'émeute : trois mille Juifs furent tués. Joséphe, Ant. jud., XVII, 1x, 1. Une députation juive alla à Rome demander à l'empereur Auguste de rattacher la Judée à la province de Syrie. De leur côté, Archélaüs et son frère Antipas se rendirent aussi à Rome, pour plaider chacun leur cause devant l'empereur. Quelques commentateurs ont cru que Notre-Seigneur avait fait allusion à ces événements dans une de ses paraboles, rapportée par saint Luc., xx, 12-14: « Un homme de grande naissance [le fils d'Hérode] s’en alla en un pays lointain [à Rome] pour recevoir un royaume {la Judée] et revenir ensuite... Or ceux de son pays [les Juifs] le haïssaient, et ils envoyèrent après lui une ambassade [à l'empereur Auguste], disant : Nous ne voulons point que cet homme règne sur nous. » Les ambassadeurs juifs n’obtinrent pas gain de cause. Pendant leur absence, la Judée s'était révoltée contre l'autorité romaine.
Auguste confirma en partie le dernier testament d'Hérode, et Archélaüs eut en partage la Judée, la Samarie et l'Idumée, avec les villes de Césarée, Joppé et Sébaste ; il avait six cents talents de revenu. L'empereur lui accorda seulement le titre d'ethnarque, mais lui promit celui de roi, s'il s'en rendait digne. Il ne l'obtint jamais. C'est donc dans son acception générale de «gouverner », que saint Matthieu, 11, 22, emploie le terme βασιλεύει en parlant d’Archélaüs. Josèphe cependant appelle Archélaüs βασιλεύς, Ant. jud., XVIII, 1V, 3; mais les monnaies le qualifient toujours de ἐθνάρχης, «ethnarque ». De Sauley, Recherches sur la numismatique judaïque, p.133-138 ; Madden, History of Jewish Coinage, p. 91-95.
Aucun événement important ne signala le règne d'Archélaüs ; il fit rebâtir avec magnificence le palais de Jéricho et fonda la ville d'Archélaüs. Malgré la défense de la loi mosaïque, il épousa la veuve de son frère, Glaphyra, fille d'Archélaüs, roi de Cappadoce, laquelle avait eu des enfants de son premier mari. Il se montra digne fils de son père Hérode par ses cruautés et sa tyrannie. Poussés à bout, ses sujets, Juifs et Samaritains, portérent plainte à l'empereur Auguste. Appelé à Rome, Archélaüs dut se défendre contre les accusations des premiers personnages de la nation. N'ayant pu se justifier, il fut dépouillé de ses biens, et envoyé en exil à Vienne, en Gaule. Il avait régné dix ans.
C’est donc avec raison, et parce qu’il connaissait la cruauté d'Archélaüs, que saint Joseph, à son retour de
ARCHÉLAUS — ARCHÉOLOGIE BIBLIQUE
l'Égypte, ne voulut pas, par crainte de ce fils d'Hérode, retourner en Judée, Instruit en songe, il alla demeurer à Nazareth, en Galilée, dans les États d'Hérode Antipas, dont le gouvernement était beaucoup plus doux. Matth., 1, 22-93. E. JACQUIER.
ARCHÉOLOGIE BIBLIQUE. C'est la science des choses anciennes qui se rapportent à la Bible, et dont la connaissance est nécessaire, ou du moins utile, à l'intelligence du texte sacré. ,
I. Son objet. — En principe, cette science devrait comprendre tout ce qui concerne la doctrine philosophique et théologique de la Bible, l'histoire, la géographie, la linguistique, etc., en un mot tous les ordres de connaissance impliqués par le texte sacré. Mais plusieurs de ces matières sont si importantes, qu'elles forment à elles seules des sciences à part. L'archéologie restreint d'autant son domaine, ce qui lui permet de l'étudier plus à fond. Les objets dont elle s'occupe sont les suivants : 1° Antiquités domestiques : la famille, le mariage et ses conditions, les enfants, la santé et les soins qu'on lui donne, la mort et les funérailles, le vêtement et la parure, l'alimentation et les festins, la chasse et la pêche, les travaux de l’agriculture, de l'élevage et des métiers mécaniques. — % Antiquités sociales : les, lieux habités, villes et villages, les relations amicales, hostiles (guerre et armées) et commerciales, les monnaies, les poids et mesures, la division du temps, les institutions politiques et les fonctionnaires, les lois et leur sanction. — 3° Antiquités religieuses : le culte du vrai Dieu et des idoles, le culte primitif, patriarcal et mosaique, les lieux du culte (tabernacle, temple de Salomon, de Zorobabel, d'Hérode, synagogues), les jours de fête, le sacerdoce (ses droits, ses pouvoirs, ses fonctions, ses vêtements), enfin les corporations d'ordre religieux, prophètes, sectes, etc. — 4° Antiquités littéraires et artistiques : écriture, poésie, musique et instruments, peinture, sculpture, architecture, épigraphie, étude et restitution des monuments anciens, etc. La géographie biblique, tant physique qu'historique, forme une science indépendante. Mais la configuration du pays est si nécessaire à connaître, pour se rendre compte des mœurs et des usages de la population et s'expliquer une foule de particularités du texte sacré, qu'on en joint ordinairement l'étude à celle de l'archéologie proprement dite. Du reste, il est souvent impossible de trouver à la topographie une autre base que l'épigraphie et l'examen des monuments. Enfin le peuple juif n’a été isolé ni géographiquement ni historiquement. Nous le voyons en relations tantôt amicales, tantôt hostiles, avec les Égyptiens, les Arabes, les Chananéens, les Phéniciens, les Assyriens, les Perses, les Grecs et les Romains. L'archéologie biblique doit done, pour être complète, faire les emprunts indispensables aux archéologies de ces différents peuples. Sans nul doute la doctrine révélée est suffisamment claire par elle-même, indépendamment de toute notion archéologique; mais du moment que la révélation ἃ eu un cadre historique, il y a un intérêt majeur à connaître par le détail tous les éléments qui composent ce cadre : le texte n’en est alors que mieux compris, et son authenticité trouve un point d'appui inébranlable dans l'impossibilité où sont les rationalistes d'adapter convenablement l'histoire sacrée à un … milieu différent de celui que lui assigne la tradition.
Π. Son développement. — A vrai dire, les écrivains sacrés ont été les premiers à se préoccuper de fournir des éléments à l'archéologie. S'ils supposent beaucoup de choses connues de leurs lecteurs, il en est un grand nombre d’autres sur lesquelles ils prennent soin de les renseigner. Malheureusement ils ne pouvaient guère répondre qu'aux besoins de leurs contemporains, et n'avaient pas à prendre souci des détails qui seraient ignorés de longs siècles après eux. C'était l'enseignement oral qui suppléait chez les Juifs à l'insuffisance des connaissances