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ARGOB

Liber de situ et nominibus locorum heb., t. XXI, col. 867. ;

Pour Reland, Palæstina ex monumientis veteribus illustrata, Utrecht, 1714, τ. 11, p. 958, ᾿Εργά, qu'il faut peutêtre lire ’Epyaëä, est la Ragab du Talmud, Mischna, Menachoth, ui, 3, renommée pour son huile; la Ῥαγαθᾶ de Josèphe, Ant. jud., ΧΠῚ, xv, 5, forteresse située au delà du Jourdain, dans la contrée des Géraséniens; et il voit dans ce nom un vestige de celui d'Argob. On trouve encore aujourd'hui, à l’est du lac de Tibériade, au point de jonction du Nahr er-Rukkäd et du Schériat el-Menadiréh (Yarmouk ou Hiéromax), une localité nommée Khirbet ‘Arqüb er-Rahouah. G. Schumacher croit que « c’est là le site de l’ancien Argob de la Bible, plutôt que dans la Trachonitide ou Ledjah ». Across the Jordan, Londres, 1886, p. 45. Ce sentiment nous paraît peu acceptable. Α la rigueur, ‘Arqüb pourrait rappeler le district dont nous parlons, comme, pour quelques auteurs, la ville de Bataniyéh, à l'est du Hauran, rappelle l'ancienne Batanée; mais, outre que le nom lui-même, avec ain initial et gof médial, s'éloigne de l'Argob primitif avec aleph <t ghimel, on le retrouve dans plusieurs autres endroits de la Palestine, tant à l'ouest qu’à l’est du Jourdain. Il y a même aux environs de Jérusalem un district qui porte le nom d'‘Arküb.

En somme, nous croyons que le territoire d'Argob ne doit pas être restreint au seul Ledjah, dont certains parages sont presque inhabitables; et que, d’un autre côté, sans avoir toute l'étendue du royaume de Basan, il en devait comprendre une bonne partie. Limité à l'ouest par les pays de Gessur et de Maacha, Deut., ΠῚ, 14, c'està-dire, d'après plusieurs auteurs, certaines contrées du Djaulan et celles qui s'étendent au sud et au pied de l'Hermon, il devait renfermer le Ledjah et la grande plaine qui, du Djébel Hauran, s’en va vers la Gaulanitide. Pour les villes qui en faisaient la force, voir HAYOTH Jaïr.

1. Description. — Le Ledjah est un grand plateau d'une forme ovale irrégulière, s'étendant sur une longueur de trente à quarante kilomètres au nord-ouest du Djébel Hauran, dans la direction de Damas. Compris entre l’ouadi Lououa à l'est, l’ouadi el-Haram à l'ouest et l'ouadi Kanaouât au sud, il présente, principalement à son bord occidental, de profondes échancrures qui forment comme des baies et des promontoires. (Voir la carte, fig. 253.) La surface générale, élevée de huit à dix mètres au-dessus des plaines environnantes, n’est qu'une coulée de lave vomie par la montagne volcanique. « Les caractères phy-

siques du Ledjah, dit Porter, présentent les plus singuliers phénomènes que j'aie jamais vus, et il n'y en ἃ pas, autant que je puis savoir, de semblables au monde, à l'exception du Safa. Le pays est composé de roches basal-

tiques noires, qui semblent être, par d'innombrables pores,

sorties de la terre, aux temps passés, à l'état liquide, et avoir coulé de tous côtés jusqu'à ce que la plaine ait été entièrement couverte. Avant de se refroidir, la surface fut agitée par quelque terrible tempête; et plus tard elle fut déchirée par des vibrations et convulsions intérieures. Les cratères d'où fut projetée la masse liquide sont encore visibles. » Porter, Five years in Damascus, Londres, 1855, t. 11, p. 24.

Vue même d'une petite distance, la surface du Ledjah

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