‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 461 sur 474 · ARME — ARMÉE CHEZ LES HÉBREUX · texte numérisé non relu

ARME — ARMÉE CHEZ LES HÉBREUX

etc., ou säbà”, de säbà”, « se rassembler (en troupe organisée). » Π Sam. (Reg.), vur, 16; x, 7; I Par., x1x, 8, ete. Bien que les Hébreux ne fussent pas un peuple conquérant et guerrier, ils eurent besoin dès l'origine de recourir aux armes pour se défendre contre leurs ennemis, puis, après la sortie d'Égypte, pour conquérir le pays de Chanaan et garantir leur conquête contre l'invasion des peuples voisins. Sous les rois, il y eut des guerres offensives comme des guerres défensives.

I. L'ARMÉE AVANT LES ROIS. — Du temps des patriarches, il n'existait aucune organisation militaire. Quand Abraham, pour délivrer son neveu Lot fait prisonnier, voulut poursuivre Chodorlahomor, roi d'Élam, et ses alliés, il rassembla trois cent dix-huit de ses serviteurs, armés de ce qu'ils purent trouver, et c'est avec cette troupe et le secours de quelques habitants d'Hébron qu'il surprit les ennemis et leur enleva leur butin. Gen., xt, 13-46. — À l'époque de la sortie d'Egypte, tous les hommes capables de porter les armes furent soldats. On voit alors apparaître une organisation rudimentaire, se rapprochant sans doute de celle des Égyptiens, que les Israélites avaient eue si longtemps sous les yeux, mais calquée aussi sur l'organisation politique des douze tribus. Num., 1-1v. Chaque tribu fournit comme une sorte de régiment, ayant ses chefs, Num., x, 14-27, ses étendards, Num., 11, 2. Tout était soigneusement réglé dans cette armée : la position de chaque division dans le camp, Num., m1, 2-2); l'ordre de marche et les signaux, Num., x, 5-6; et l'ordre qui y régnait était si remarquable, comparé à la confusion des rassemblements armés des tribus arabes, qu'il excitait l'admiration de Balaam. Num., xx, 6. Les magistrats civils établis par Moïse, d'aprés le conseil de Jéthro, et présidant à des sections de mille, cent, cinquante et dix hommes, Exod., xvinr, 21-22, semblent avoir été transformés en chefs militaires, et chargés de conduire au combat ceux dont ils réglaient les différends, L'âge de vingt ans fut fixé pour le commencement du service. Nurmn., 1,2-3. Jéhovah lui-même marque cette limite d'âge. Num., 1, 1; xxvi, 1-2. Elle fut toujours maintenue depuis, II Par., xxv, 5; mais les lévites et les prêtres furent à toutes les époques dispensés du service militaire. Num., 1, 47, 49. Ainsi formés, ces contingents n'avaient aucun service actif en temps de paix. L'Écriture ne dit rien de la durée régulière du service; Josèphe, qui donne comme limite extrême l'âge de cinquante ans, s'appuie uniquement sur l’analogie du service des lévites, qui cessait à cet âge. Num., 1v, 3. Mais comme, d’après la loi, un homme de soixante ans était réputé vieillard, Lev., xxvI1, 3, 7, on est fondé à croire que le service militaire obligatoire n'allait pas au delà. — Sous les Juges, les chefs de famille furent, en cas de besoin, les chefs militaires; mais il n'y avait aucun pouvoir central qui pût commander à toute la nation et lui faire prendre les armes. La véritable organisation militaire en Israël ne commence qu'avec la royauté. Lorsque Abimélech tenta, par une révolution politique, de se faire roi, il s'efforça du même coup de créer une armée organisée. C'était la première fois peut-être qu'on voyait en Israël des soldats se battre pour une cause qui n'était pas celle de leur défense personnelle. Jud., 1x, 25, 34, 35, 43. Cette tentative échoua par suite de la mort d’Abimélech, et l'organisation militaire demeura imparfaite, jusqu’au jour où elle fut transformée par Saül, Damd et Salomon.

II. L'ARMÉE SOUS LES ROIS. — 1° Son origine. — L'armée d'Israël, qui jusqu'à l'époque des rois n'avait été qu'une institution temporaire, répondant à des nécessités accidentelles, commença sous Saül à devenir une institution permanente. Ce ne fut d'abord qu'un petit corps de troupes, composé de trois mille hommes, destinés, le cas échéant, à former le noyau d’une armée plus. considérable, I Reg., x, 2, et pour cette raison recrutés avec soin parmi les plus vaillants. 1 Reg., χιν, 52; χχιν, 3;

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χχν, 18; xxvr, 2. Saül apportait lui-même le plus grand soin à ce recrutement; car, «€ aussitôt qu'il avait reconnu qu'un homme était vaillant et propre à la guerre, il le prenait près de lui. » 1 Reg., x1V, 52. David, qui, avant d'arriver au trône, avait toujours été assisté par sa fidèle troupe de quatre cents, I Reg., ΧΧΗ, 2, puis de six cents hommes, L Reg., xx11, 13, continua après son avénement à avoir près de lui, même en temps de paix, cette garde d'élite, éprouvée par tant de privations et de combats. I Reg. xx, 2; xx, 133 xxV, 18; xxXVIT, 2-8; xxX, 1-9; II Reg. ἘΠ 3; v, G.

% Garde du corps. — L'Écriture dit que les soldats qui la composaient étaient en partie Philistins d'origine. IT Reg., xv, 18. Malgré les divergences des éditions des Septante sur ce verset, et le silence du Textus receptus grec, en cet endroit, sur les six cents Philistins de Geth mentionnés dans la Vulgate, cf. Hummelauer, Comment. in lib. Samuelis, p. 380; malgré aussi la répugnance de plusieurs, Tostat et Thenius, par exemple, à admettre que David ait enrôlé dans son armée régulière six cents hommes des ennemis séculaires d'Israël, et la correction qu'ils croient devoir faire de Git{üm (Géthéens) en gibborim (héros), il semble néanmoins qu'il faille maintenir le texte de la Vulgate, avec la mention des Géthéens, dont la nationalité est d'ailleurs essentiellement liée à celle de leur chef « Éthaï le Géthéen », qualifié expressément d'« étranger-». Π Reg., xv, 19. Car autrement comment des gibborim, ces vaillants d'Israël, eussentils accepté d’avoir pour chef un Philistin? La présence de ces étrangers dans la garde ordinaire du roi est suffisamment expliquée par les relations d'amitié qui avaient uni David et Achis, roi de Geth, 1 Reg., xxvH1, 2-19; xxix, 2-11, et les services qu'il avait tirés d'eux dans les campagnes contre les troupes de Saül et d’Absalom.

La garde des Géthéens était distincte d'une autre légion étrangère instituée par David d'une manière permanente, et composée de Céréthiens et de Phéléthiens, II Reg., vx, 18; cf. I Reg., xxx, 14; II Reg., xv, 18; xx, 7, 23; ΠῚ Reg, 1, 38, ἘΠ; I Par., xvurr, 17: soldats probablement sortis de deux tribus alliées des Philistins, ou même faisant partie de ce peuple, I Reg., xxx, 16; Ezech., xxv, 16, où, selon l'hébreu, les Céréthiens sont mentionnés avec les Philistins, comme ailleurs avec les Phéléthiens, ce qui fait croire que Phelethi équivaut à Philisthæi. Cf. Soph., 1, 5. Voir CÉRÉTHIENS, PHÉLÉTHIENS. Cette légion formait la garde du corps du roi.

C'est par erreur que quelques exégètes, comme Weiss, David und seine Zeit, Munster, 1880, p.173, soutiennent que les gibborim de David dont il est question II Reg., ΧΧΠΙ, 8-39; 1 Par., x1, 10-46, sont les six cents Géthéens de II Reg., xv, 18.

30 Les « gibborim » de David. — Les gibborim ne sernblent pas avoir formé une cohorte spéciale, mais plutôt un ordre de vaillants soldats que le roi prenait comme ses aides de camp, et auxquels il donnait des commandements ou des missions de confiance, suivant la nécessité du moment. Quand ils n'avaient ni commandement ni mission à remplir, ils faisaient fonction .de gardes du corps, cf. II Reg., xx1, 17, et c'étaient eux qui, à tour de rôle, commandaient les sections de vingt-quatre mille hommes qui chaque mois fournissaient le contingent de la garde royale. 1 Par., xxvir, 1-15, Saül paraît avoir été l’instituteur de cette sorte d'état-major. 1 Reg, XIV, 92. Amizadab, fils de Banaias, commandait cette garde à Ja place de son père, retenu par un autre commandement. 1 Par., xxvi1, 6. Quatre gibborim, Jesbaam, Éléazar, Sernma et Abisaï, avaient le haut emploi de #äliÿim ‘en chef; deux autres, Banaïas, avant d'être général en chef, et Asaël, étaient simples #älifim, 11 Reg., ΧΧΠΙῚ, 8, 13, 18, 93, %5, ce qui indique clairement que les gibborim étaient inférieurs aux #alifim. L'Écriture nomme plusieurs gibborim: trente-sept dans IL Reg, ΧΧΠΙ, 99;

ARMÉE CHEZ LES HÉBREUX

cinquante-trois dans 1 Par., ΧΙ, 10-46. Rien n'indique d'ailleurs que cette énumération soit complète.

40 L'infanterie. — Avant Salomon, tous les Israélites combattaient à pied. Même après lui, la plus grande partie des troupes furent des fantassins. L'infanterie, selon la différence des armes, se divisait en deux sections : l'infanterie légère, armée du petit bouclier, mâgén, IT Reg., x, 17, et comprenant elle-même deux subdivisions, dont l'une combattait avec l'arc, l’autre avec la fronde; et la grosse infanterie, dont les armes étaient le grand bouclier, sinnäh, ΠῚ Reg., x, 16, l'épée et le javelot ou la lance. Bien qu'aucune règle πὰ! prescrit à chacune des tribus d'Israël l'emploi d’une arme plutôt que d'une autre, ce fut pendant longtemps un usage parmi elles d’avoir une spécialité d'armes pour ses guerriers, ce qui dans l’ensemble constituait une armée complète de soldats exercés. La tribu de Benjamin, par exemple, dont les guerriers étaient armés à la légère, IT Par., x1v, 8, s’adonnait avec un rare succès au maniement de la fronde, Jud., xx, 16; IL Par., χιν, 8; ses frondeurs étaient si adroits, « qu'ils auraient pu même frapper un cheveu, sans que la pierre se füt le moins du monde écartée. » Jud., xx, 16. Ils lançaient d’ailleurs la pierre avec la main gauche aussi bien qu'avec la droite. I Par., x11, 2. Les hommes de Juda, armés d'ordinaire plus pesamment, I Par., x, 2%; II Par., χιν, 8, donnaient cependant d’importants contingents d’habiles archers. IT Par., Xvir, 17. Gad et Nephthali fournissaient avec Juda la grosse infanterie; Juda et Gad, les lanciers armés de la lourde lance, rômah, 1 Par., χα, 8, 24; IT Par., χιν, 8; Nephthali, les lanciers armés de la courte lance ou javelot, haänit. I Par., χα, 34. Ainsi, quand sonnait l'appel aux armes, l'armée d'Israël se trouvait immédiatement formée sur le pied de guerre avec la variété de ses différentes unités, et chaque tribu étant tenue d'envoyer tous ses hommes disponibles, I Par., x, 24-37, leur réunion formait une armée considérable, capable de tenir tête aux armées étrangères.

50 Cavalerie. — Salomon créa le premier un corps de cavalerie, à l'exemple des peuples voisins, surtout des Syriens, qui comptaient dans leur armée de nombreux chariots, II Reg., x, 18, des Assyriens et des Chaldéens, IV Res., vi, 14, et même des Philistins, où la cavalerie formait une légion de six mille hommes au temps de Saül. 1 Reg., xn1, Ὁ; cf. II Reg., 1, 6. L'absence des représentations de troupes à cheval dans les monuments des anciennes dynasties de l'Égypte donne lieu de penser que pendant longtemps la cavalerie ne fut pas employée par les Égyptiens pour les opérations militaires. Cf. Fr. Lenormant, Sur l'antiquité de l'âne et du cheval, ue partie; Lefébure, Sur ancienneté du cheval en Égypte, dans l'Annuaire de la faculté des lettres de Lyon, 2 année, p. 1-11. Cependant ils devancèrent certainement les Hébreux, qui ne réalisèrent ce progrès qu'après tous leurs voisins, retard qu'on s'expliquerait difficilement, si Dieu, pour garantir le caractère théocratique de leur état politique, ne leur avait maintes fois recommandé de ne pas mettre leur confiance dans les chevaux, et de ne pas en multiplier le nombre. Deut., xvir, 16. A cette recommandation la voix des prophètes fera écho jusqu'à la fin, alors même que la nécessité des temps aura amené les rois de Juda et d'Israël à pourvoir leur armée de ce renfort. Surtout lorsqu'ils verront le peuple oublier l'appui de Jéhovah, et ne penser qu'à s'assurer pour la guerre le secours de la cavalerie et des chars égyptiens, ils feront entendre le même reproche, y joignant de terribles menaces. Is., 11, 8-21; xxxvI, 6, 8-10; Ose., 1, 7; Mich., v, 10; οἵ, Ps. x1x, 8. La cavalerie instituée par Salomon formait un contingent de douze mille hommes. III Reg., x, 26; IT Par., 1, 14; 1x, 95. Elle ne se composait pas de cavaliers montés sur des chevaux, mais de guerriers combattant sur des chars, Dès leur entrée en Chanaan, les Hébreux avaient appris à

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