STÉ
STO
sous quelques rapports au cognassier-, il jette une quantité de petites branches; ses feuilles, ovées et péliolèes, ont 6 à 8 centimètres de long, sur 4 à S de large ; ses fleurs, semblables à celles des orangers, sont d'un blanc de neige et terminent en bouquet l'extrémité des branches; elles répandent une odeur fort agréable ; le fruit est une espèce de petite noix qui contient deux graines, dures, lisses et d'un goût très acre. Une résine transparente, blanchâtre ou d'un rouge brun, tendre, plus agréable à l'odorat qu'au goût, découle de cet arbre, soit naturellement, soit par le moyen d'incisions qui, en rendant le produit plus abondant, nuisent cependant au développement et à la vie de l'arbre. — On a cru aussi que l'hébreu nekoth, traduit par drogues, Gen. 37, 25. 43, 4t., désignait le stacte ou le storax; les Septante l'ont rendu par aromates en général ; le sens n'en est pas exactement déterminé; l'analogie de l'arabe fait supposer qu'il s'agit d'une espèce d'astragale, le tragacanlhe (légumineuses), qui produit une gomme blanche et dure, sans goût ni odeur, que l'on trouve sous ce nom dans nos pharmacies. — C'est aussi par stacte que Luther a traduit à tort l'hébreu sbehhelelh. ». Onyx.
STADE. 4° Mesure de chemin, grecque d'origine, et qui depuis Alexandre le Grand, fut généralement admise en Orient; elle est souvent employée dans les Apocryphes, régulièrement dans Josèphe, et quelquefois dans le N. T., Luc 24, 43. Jean 6, 49. 44 , 48. Apoc. 44, 20. 24, 46. Le stade olympique comptait 600 pieds grecs, ou 425 pas romains (625 pieds), environ 212 à 220 mètres (Bouillet, 485 m); 8 stades faisaient un mille, soit la 4e partie d'une lieue géographique, ou la 60e partie d'un degré.— 2° Le mot lice, 4 Cor. 9, 24., cf. Hébr. 42, 4 . devrait proprement se traduire par stade. On appelait ainsi le lieu où' se. faisaient les exercices publics de la course, parce que la longueur était précisément d'un stade. Celui qui arrivait le premier, recevait du juge des jeux le prix de la course, une couronne, 4 Cor. 9, 25., de verdure. Chaque ville un peu considérable de la Grèce, et des colonies grecques de l'Asie, avait un lieu destiné a ces exercices, indépendant ou agrégé au gymnase. Le N. T. renferme plusieurs allusions aux jeux publics, et à celui-là en particulier.
STATÈRE, Maltb. 47, 27., pièce de monnaie de la valeur d'un sicle, q. v. — v. aussi Monnaie. — Le statère d'or valait près de 20 fr. (49 fr. 82 c); le statère d'argent, Matth. 47, 24. valait 4 fr. 66 c.
STÉPHANAS (couronne), disciple de Corintbe, dont Paul avait baptisé la famille, la première de l'Acbaïe qui se fût convertie au
christianisme, 4 Cor. 4, 46. 46, 45. Cette famille se distingua par sa piété et son hospitalité, et Paul en recommande l'exemple aux fidèles de Corinthe ; quelques-uns de ses membres remplissaient, à ce qu'on suppose, des charges importantes dans l'Eglise. On croit que Sléphaoas était mort lorsque l'Apôtre écrivait aux Corinthiens.
STÉRILITÉ. Ce mot qui s'emploie parfois en parlant d'un pays, 2 R. 2, 49., d'animaux ou de plantes, Ex. 23, 26, Mal. 3, 44., s'emploie plus habituellement en parlant des femmes, Deut. 7, 4 4. Os. 9, 44. Une espèce de flétrissure s'attachait chez les Hébreux au fait de la stérilité; ce qui rendait l'épreuve plus amère, ce n'était pas seulement la privation d'une des grandes joies que la nature peut offrir au cœur d'une mère, c'était encore et surtout l'exclusion de cet avenir de paix et de bonheur que les prophètes annonçaient au peuple d'Israël : ceux qui devaient y renoncer pour eux-mêmes se réjouissaient au moins d'y participer dans la personne de leurs descendants : n'avoir poiut d'enfants, c'était donc être en quelque sorte exclus des bienfaits de la promesse. La longue stérilité de plusieurs femmes aussi distinguées que Sara, Rébecca, Rachel, la mère de Sam son, Anne, Elisabeth , Jérusalem elle-même (cf. Ps. 49, 49-24. 54, 4.) était une éeole d'humilité et de foi, destinée à manifester avec éclat la grâce et la puissance de Dieu; Ps. 4 43, 9. Annoncer la stérilité comme un bonheur, c'était prédire des temps de calamités extraordinaires., Luc 23, 29. — Au sens figuré, v.Til. 3, 4 4. 2 Pierre 4,8. Jud. 42. Eph. 5, 44.
STOÏCIENS. Cette secte que l'Evangile rencontra de bonne heure sur son chemin, et contre laquelle Paul fut appelé à lutter à Athènes, Act. 47, 48., cf. v. 23-34., représentait la propre justice, et correspondait ainsi aux pharisiens d'entre les Juifs, comme les épicuriens (ibid.) répondaient aux sadducéens par le sensualisme et le matérialisme de leurs doctrines. La philosophie avait alors rempli le cercle de la pensée humaine livrée à elle-même, et tout ce qu'elle a enseigné depuis ne sont que les mêmes idées sous d'autres formules avec des lambeaux de vérité arrachés au christianisme (Gerlach); elle oscille sans cesse, et ne connatt que deux pôles extrêmes. La vérité ne peut être saisie que par l'esprit de vérité.
Zénon fut le fondateur de cette secte. Né en Chypre vers 340 ans av. C. (la même année qu'Epicure, d'autres disent en 362), il se retira du commerce après y avoir éprouvé des pertes considérables. A Athènes , il se mit en relation avec le cynique Cratès, le mégarique Stilpon, et d'autres philosophes, et ne tarda pas à se
STO
lui-même à la philosophie. U s'établit dans un local nommé 2x<5a TcotxtXtj ; c'est de là que son école fut nommée le Portique, et ses partisans stoïciens. Il réunit autour de lui un grand nombre de disciples, et captiva même le roi de Macédoine, Anligone Gonatas, qui l'honora toujours d'une estime particulière. Son but était de rendre à l'homme sa vigueur première qui tendait à s'énerver par le luxe et la mollesse. Il parvint à un âge très avancé, et ayant fait une chute, il pensa que la terre le rappelait, et il donna l'exemple du suicide. 11 était matérialiste. La nature, qui dicte à l'homme ses devoirs, était pour lui un enchaînement de lois immuables qui régissent l'homme invariablement; le fatalisme en devait découler, et, comme Zénon maintenait le fait de la volonté individuelle, il ne pouvait se tirer de celte contradiction entre ses dogmes que par un sophisme. Sa logique était trop subtile; Sénèque, qui était lui même stoïcien, blâmait leur genre de dialectique, et l'a parodiée dans le raisonnement bien connu : Mus est animal, sed mus etiam syllaba, igitur animal est syllaba. La théologie de Zénon était le panthéisme, sans que peut-être il s'en rendit bien compte à luimême. En morale, et c'était la partie principale de sa philosophie, Zénon voulait que la vertu (segui naturam) fût le seul mobile de la conduite de l'homme. Il n'admet d'autre bien que la vertu, d'autre mal que le vice, et trace du vrai sage un tableau idéal qui le place bien audessus de l'humanité ; il condamne toutes les passions comme autant de faiblesses et de maladies de l'ame, et donne ainsi à sa morale quelque chose de paradoxal et de farouche.
M. Vinet, dans ses Essais de Philosophie, p. 30 et suiv., tout en reconnaissant qu'on peut * s'humilier devant le stoïcisme, et l'admirer, mais avec effroi, avec compassion, » le juge et le condamne en ces termes : « Le stoïcisme, c'est l'homme qui, pour avoir un Dieu, se fait dieu lui-même. Le stoïcien, a la vérité, parle quelquefois des dieux, mais dans un sens sur lequel il ne faut pas se tromper. Us sont un autre nom de sou idéal, non la règle ni la raison première de sa volonté. Le stoïcien a conçu la vertu sous la notion de la force, non sous celle de l'obéissance. Elle ne se présente pas à lui sous l'aspect du devoir, mais sous celui de la dignité , soit personnelle, soit collective. Sans doute que dans le lointain, le sentiment obscur du devoir se décèle comme la source de cette notion de la vertu; mais le stoïcien se cache à lui-même cette origine; et si, dans cette religion de l'orgueil, le mot devoir se prononce encore, c'est d'un devoir envers soi-même qu'il est question, et le respect envers soi-même est le motif et la substance de
STO
tout bien. Il y a dans cette religion les apparences d'une hostilité permanente, d'une guerre à mort contre la volonté, mais seulement les apparences; car s'obéir à soi-même ce n'est pas obéir, et des devoirs dont on est le premier et le dernier terme, ne sont pas des devoirs. Encore ici, la volonté propre est déifiée; on l'exalte, a la vérité, on l'élève en quelque manière au-dessus d'elle-même, aOn de pouvoir plus convenablement l'adorer; on la rend presque inaccessible, afin de pouvoir se figurer, dans la volonté, quelque chose d'autre et de plus grand que la volonté ; mais tous ces artifices involontaires sont inutiles; et voici ce qui arrive : ou l'on rabaisse enfin jusqu'à soi la règle afin de pouvoir y atteindre ; ou bien on la maintient à sa première hauteur, et l'orgueil, sévèrement averti de son impuissance, devient du désespoir. On s'avoue que Dieu n'aurait pas mis la règle si haut qu'on l'a mise; que Dieu qui a fait la nature, n'aurait pas tué la nature : il n'en avait pas besoin ; le sacrifice implicite delà volonté est tout ce qu'il aurait demandé; dès lors plus de tension , plus d'efforts démesurés; une disposition tranquille et sereine, fondée sur la confiance en Dieu et sur la promesse de son secours; et, dans les grandes occasions, la certitude que la force viendra, 1 humble appel au donateur de cette force, l'amour, dont le ressort n'a point de limites connues, l'amour qui transforme toutes choses, jusqu'à se faire de la souffrance un aliment exquis, l'amour enfin, qui veut un objet hors de l'âme, et qui, par conséquent, est étranger au principe d'action du stoïcien, dont la vertu n'est qu'un mouvement de rotation sur son axe. Quelle que soit la valeur rationnelle et morale du stoïcisme, il a ses hommes, et, dans chacun d'eux, son domaine et son temps. Il est moins un système et une foi que le tempérament de quelques âmes fortes ; et dans ces âmes, il ne s'applique pas à tout, comme lait l'amour ; il ne cultive qu'une portion du champ de l'âme; il est ordinairement obligé de se faire dur pour être fort; et surtout, viennent des moments inattendus, il apprend enfin à se mesurer; après avoir brisé des rochers, il se brise contre un grain de sable ; il n'avait pas recouvert uniformément et également l'âme entière; sa cuirasse d'airain, son ses triplex, fait toujours défaut quelque part ; il se donne de terribles démentis; il ne plie pas peut-être, mais il rompt ; il ne se courbe jamais, mais il tombe, et ses chutes sont d'autant plus éclatantes qu'il tombe de plus baut; car le stoïcisme est la forme la plus spirituelle de l'orgueil : et l'orgueil, dit l'éternelle sagesse, marche devant l'écrasement. »
STORAX. v. Stacte.
StJK
STRYMON. La plupart des commentateurs voient dans le Strymnn qui coule à 4 4 lieues de Philippe», le fleuve désigné Art. 46, 13., mais il est évident que c'est l'aller chercher beaucoup trop loin. Rillicl pense, avec beaucoup plus de vraisemblance, qu'il s'agit dans ce passage, d'un courant d'eau formé par la réunion des sourds qui s'échappaient du pied de la colline sur laquelle Philippes élait bâtie, ou de la rivière Gangitès, qui n'était qu'à 48 stades (3 kilom.) de la ville.
SUAH, fils d'Abraham par Kélurah, Gen.
25, 2. Bildnd était originaire du lieu peuplé par les descendants de Suah, Job 2, 1 1 . 8, 4 . «5, 1 ., c'est-à-dire de la Saceaïa à l'est de la Balance, on plutôt (Raumer) de Szychan dans les monts de Séliir, au sud de Dltana ; v. Huz.
SUCCOTH (tentes, cabanes). 4° Premier campement des Israélites dans le désert, Nomh. 33, 5. Ex. 42, 37. C'était un campement, ou un village nomade, et l'on ne saurait par conséquent en déterminer la position. — î° Ville de la tribu de Gad, située au delà du Jourdain dans une vallée, Jos. 4 3, 27. Ps. 60, 6. Jug. 8, 5. 4 R. 7, 46., cf. Gen. 33, 47. Elle existait encore du temps de lérôme dans la Scythopole, et Rtirrkhardl croit en avoir retrouvé les ruines au sud de Byzan; anj. Sukkùth.
SUCCOTH-BKNOTB, 2 R. 47, 30. Ce nom hébreu qui signifie tentes des filles, est donné à l'un dos objets du culte idolâtre des Babyloniens que les colons de Babylone transportèrent en Samarie. Comme les mots parallèles sont des noms de faux dieux, on a cru que ce mot devait être aussi le nom d'une divinité païenne, et les rabbins, le rendant par la poule et ses poussins , l'entendent de la Poussinière (ou des Pléiades), de sorte que nous aurions ici te nom, conforme a la théologie de Babel, d'une divinité astrologique. Winer, d'après Selden et Grolius, pense qu'il s'agit de tentes dans lesquelles les tilles se prostituaient en l'honneur de la Vénus babylonienne , Milylta, et le parallélisme ne combat pas d'une manière absolue celte interprétation, que recommandent d'ailleurs plusieurs autorités, et notamment Hérodote 4, 409. Hengstenberg traduit par : petits temples des Olles (de Bel et de MHytta). Gesenius enlin modifie le texte, et lit : les tentes des hauteurs, ou des hauts lieux.
SUK1ENS, 2 Chr. 42, 3., peuplade africaine qui, avec les Libyens et les Cusites, prit parla l'expédition de Sisak; elle est du reste inconnue. Les Septante et la Vulg:ite traduisent par Troglodytes, et pensent sans doute à ces Troglodytes éthiopiens qui habitaient la côte occidentale de la mer Rouge, et étaient célèbres par la rapidité de leur course et leur habileté à manier la fronde. D'après Pline 6, 29.,