‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 102 sur 200 · IN . DE . DELF . SE VIMKEL I D · texte numérisé non relu

IN . DE . DELF . SE VIMKEL I D

dans le magasin de Delft I[nde] D[essel].

IMPRESSION (Décor par). La décoration sur faïence ou sur porcelaine par des procédés d’impression s’obtient en reportant sur la pièce à décorer une épreuve faite sur une planche de cuivre ou d'acier au moyen d’encres spéciales contenant des oxydes colorants mélangés avec de l’huile de lin qui s’évapore au feu. Cette épreuve, tirée sur un papier fin, sans colle et convenablement humecté, est appliquée sur la pièce préalablement enduite d’un mordant ou d’une mixture saline, et décalquée par pression à l’aide d’un tampon de feutre ou d’un petit rouleau. Le papier s’enlève ensuite avec facilité, et comme la gravure qu’il portait a été transportée sur la glaçure de la poterie, il ne reste plus qu’à la fixer au moyen de la cuisson au feu de moufle.

La première application du procédé d’impression à la décoration de la céramique fut faite à Liverpool, vers 1 y5o, par John Sadler et son associé Guy Green { . Il fut employé ensuite à Marieberg, près Stockholm, en 1760, puis en France, à la manufacture de Sèvres, où les premiers essais qui en furent faits n’aboutirent pas à un résultat assez satisfaisant pour qu’il fût adopté; ce n’est que plus tard, tout à fait à la fin du siècle dernier, qu’on s’en servit d’une manière suivie.

Les faïences fines anglaises décorées par impression offrent généralement un grand intérêt par suite de la grande variété de sujets qui sont entrés dans leur ornementation et qui reproduisent ainsi sur émail et

1. D’après une note de Y Almanach de Gotha , ce serait à un « sieur Herzberg, Silésien, que l’on doit l’invention d’appliquer sur la poterie des estampes en taille-douce et de les y cuire au four ». Nous ne savons sur quelle base repose cette assertion. Peut-être Herzberg introduisit-il le premier, en Allemagne, l’application de la gravure à la décoration, mais, jusqu’à preuve du contraire, il faut considérer Sadler et Green comme les véritables inventeurs de ce procédé.

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‘sous une forme souvent satirique toute l’histoire politique et religieuse de l’Angleterre dans la dernière moitié du xvme siècle.

ISLE D’ELLE (LT — Vendée). Les produits de cette petite manufacture, dont l’histoire n’est pas connue et ne mérite guère de l’être, sont assez grossiers mais ne manquent pas cependant d’une certaine originalité ; la pâte en est épaisse et l’émail gris craquelé. Un décor que les potiers de l’Isle d’Elle semblent avoir affectionné est formé par un oiseau sur terrasse tenant dans son bec une branche de feuilles ; ce décor assez habilement dessiné en manganèse est, tantôt en camaïeu d’un bleu ardoisé, tantôt en couleurs d’une harmonie agréable; un large filet bleu pâle tourne autour du bord du marli. Un petit tonneau du Musée de Sèvres décoré d’oiseaux en couleurs et d’arbres en bleu posé à plat sans modelé porte sur chacun des côtés les noms suivants :

joseph girard notere pierre girard 1741

ISLETTES (LES — Meuse). — C'est à tort que cette faïencerie est désignée sous le nom de fabrique des Islettes; en réalité elle était située au Bois-cVEpense (Marne), hameau contigu au village des Islettes dont il n’est séparé que par la Biesme, petit cours d’eau qui forme la limite des départements de la Marne et de la Meuse; mais comme la plupart des ouvriers employés dans la faïencerie habitaient les Islettes et que quelques-unes des dépendances de l’usine se trouvaient sur le territoire de cette commune, l’usage a prévalu de donner à ses produits la dénomination de faïence des Islettes. Cependant, sur les listes des faïenciers de la fin du siècle dernier, la fabrique est mentionnée sous le nom de Bois-d’Epense.

Ce n’est guère qu’à dater de 1785, avec François Bernard, successeur de son père, que la fabrique des Islettes, qui existait depuis longtemps déjà, commença à acquérir une certaine importance, et c’est surtout sous la direction de son fils, Jacques-Henri, que ses produits prirent ce caractère particulier d’éclat et de franchise de tons qui les font reconnaître entre tous et constituent leur originalité. Le pourpre de Cassius, le cobalt pur, le jaune vif et le vert de cuivre dominent presque toujours, dessinés — on pourrait même, dans beaucoup de cas, dire soulignés — par des traits bruns ou noirs fortement accentués.

Les sujets qui décorent les faïences des Islettes sont des plus variés ; ce sont principalement des fleurs formant de gros bouquets noués par un ruban rose ou groupés dans une corbeille en vannerie, des oiseaux et surtout des coqs, des Chinois et des paysages. Mais ce sont particulièrement les sujets à personnages (pl. 7), scènes familières ou égril-

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